Une économie contrastée

Building - Istanbul

Building – Istanbul

L’économie turque est contrasté : elle connaît toujours une forte croissance et possède de belles perspectives, tant dans le domaine agricole (augmentation des rendements) que dans l’industrie (ouverture vers les capitaux privés et étrangers, notamment de l’UE).
De belles perspectives également dans le domaine des travaux publics où la Turquie conquiert d’importants marchés au Moyen Orient, et dans le tourisme.
La contrepartie de cette croissance rapide est l’inflation et son corollaire, une dévaluation de la livre turque. La répartition des activités économiques, et donc des niveaux de vie, oppose vigoureusement les deux moitiés du pays : l’ouest industrialisé et urbanisé, avec des taux d’alphabétisation et de fécondité proches du niveau européen ; l’est rural, sous industrialisé et pauvre, surtout au sud (zone de peuplement kurde). Enfin, l’ouverture sur l’extérieur, dans les deux sens, complète les ressources endogènes.
Depuis les années 1960, la Turquie a alimenté une forte émigration de main-d’oeuvre vers l’Europe occidentale, principalement l’Allemagne, puis vers les pays pétroliers du Golfe. Cette diaspora, forte de près de 3 millions de personnes, apporte au pays des devises non négligeables et un savoir-faire. Toutefois, elle tend à prendre de plus en plus d’autonomie par rapport à la mère-patrie.

Une agriculture dominante

L’économie de la Turquie est fortement dominée par l’agriculture qui emploie 52,4 % de la population active. La superficie des terres cultivées représente 279 000 km2, soit 37 % du territoire ! Le blé, l’orge et les légumineuses (haricots secs en particulier) forment les principales cultures. Le tabac turc, de réputation mondiale, ainsi que le coton, la betterave à sucre et les fruits secs (noisettes, raisins et abricots) complètent cette importante production. Côté élevage, la Turquie se place parmi les douze premiers pays producteurs du monde. Elle occupe le quatrième rang pour les caprins avec plus de 18 millions de têtes, le cinquième pour les ovins avec plus de 41 millions de têtes, le douzième pour les chevaux, avec près d’un million de têtes, et les buffles, plus d’un million de bêtes.
La balance des échanges agricoles est toujours positive malgré une forte augmentation de la population. La modernisation de l’agriculture, engagée dans les années 1950 avec les débuts de la mécanisation en Thrace, en Anatolie centrale et dans la Cilicie, s’est traduite par le recul de la jachère et l’accentuation des spécialisations régionales. La population paysanne représente encore près de la moitié de la population active.

Tisseuse de tapis

Tisseuse de tapis

L’industrie

L’industrie turque connaît un développement certain qui démontre surtout le faible niveau de la puissance industrielle turque et ses grandes possibilités de développement. Après les premières créations remontant à l’époque ottomane, industries légères (textile et agroalimentaire) dans les grandes villes occidentales, le début de la période républicaine a vu un effort de redistribution de l’industrie à travers tout le territoire, soutenu par un secteur public important. Mais les résultats restent imparfaits, surtout depuis que la politique de privatisations, engagée au cours des années 1980, a redonné le premier rôle au secteur privé. L’industrie, qui n’occupe encore que 20 % de la population active, reste concentrée dans les grandes agglomérations urbaines. Istanbul réunit à elle seule le quart des emplois industriels du pays.
Le textile reste l’une des principales branches industrielles : filature et tissage du coton dans les villes de la Cilicie et de l’Egée, de la laine et de la soie à Bursa, du mohair (poil des chèvres angora) à Ankara. Il faut y ajouter la confection à Istanbul et un artisanat du tapis toujours bien vivant. Des industries de base ont été développées : sidérurgie (à Karabük, Iskenderun, Ereggli), chimie lourde, raffineries de pétrole, fabrication d’engrais et de matières plastiques.

Un sous-sol varié

La Turquie est faiblement dotée en combustibles minéraux. La production charbonnière du bassin houiller de Zonguldak-Eregli, le long de la mer Noire, plafonne autour de 5 millions de tonnes ; elle est complétée par d’abondants gisements de lignite à faible pouvoir calorifique (45 millions de tonnes) destiné aux centrales thermiques. Pauvre en hydrocarbures, la Turquie, dont la production ne couvre qu’une infime partie des besoins (le gisement de Batman, dans le sud-est, ne fournit que 4,2 millions de tonnes), s’est dotée d’une capacité de raffinage de 35 millions de tonnes pour traiter le pétrole importé du Moyen Orient. L’effort déjà ancien de mobilisation d’un important potentiel hydroélectrique, actuellement poursuivi avec le gigantesque projet d’aménagement des bassins de l’Euphrate et du Tigre, fait du pays le premier producteur d’électricité hydraulique de la région.
Parmi les minerais métalliques, les seuls à présenter quelque importance économique sont le fer de Divriggi (Anatolie orientale) et de la région d’Izmir, la bauxite, l’antimoine et, surtout, le chrome du Taurus occidental et de la région de Van.

Le tourisme, fer de lance du secteur tertiaire

Développé plus vite que l’industrie, grâce à l’amélioration des communications et au renforcement de l’appareil administratif, le secteur tertiaire a suivi les progrès de l’urbanisation : le taux de population urbaine (25 % en 1950) est désormais de 65 %. Deux agglomérations se partagent les fonctions de commandement : la nouvelle capitale (Ankara) et l’ancienne (Istanbul).
La Turquie dispose d’un fort potentiel touristique grâce à un climat agréable, à des sites naturels attractifs et à un patrimoine historique et archéologique unique et varié, symbolisé par Istanbul. Le tourisme s’est vigoureusement développé depuis les années 1960, à mesure que saturaient les pays méditerranéens situés plus à l’ouest. Les grandes régions touristiques sont Istanbul, le Cappadoce, les côtes de la mer Égée et de la Méditerranée. Le nombre de visiteurs, essentiellement allemands, britanniques, français et américains, a connu un léger recul consécutif aux guerres du Golfe et aux troubles politiques.

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