Le Mayo

Le comté de Mayo s’organise autour des Nephin Beg Mountains. Il apparaît beaucoup moins fréquenté que le Connemara. Ce désert de pierre et de tourbe est le domaine privilégié des randonneurs et des pêcheurs. Certains de ses paysages côtiers comptent parmi les plus impressionnants de l’île.

Wesport
Situé entre le Connemara et le nord déchiqueté du comté, Wesport constitue une halte exquise. Cette petite ville prospère est le berceau de la famille paternelle de Grace Kelly. Elle doit ses larges avenues bordées de tilleuls, sa jolie place centrale de Octogon Place, ses immeubles aristocratiques à James Wyatt, célèbre architecte du XVIIIe siècle. Beaucoup de magasins et de pubs dans Bridge Street.

Wesport House
Près de Louisburgh Road. Ouvert tlj de mai à septembre. Entrée payante.
Tout est parti de cette demeure géorgienne construite à l’ouest de Wesport. Elle a appartenu au marquis de Sligo, à l’origine du développement économique de la ville et de la région. A l’extrémité de la baie de Clew, c’est la parfaite maison de landlord, raffinée à l’extrême. Ornée de portraits de famille et de lustres en cristal de Waterford, sa salle à manger est vraiment splendide. L’escalier en marbre aussi, qui occupe l’entrée. Dans le parc, train miniature, zoo pour les enfants, location de bicyclettes, etc. : autant d’activités qui ne s’imposaient pas forcément en pareil lieu.

Fenêtre sur parcours
Avec 367 parcours de golf et un tiers des links du monde, l’Irlande comble les amateurs du drive, y compris les plus exigeants. L’Irish Open a su se hisser au rang des plus grandes compétitions mondiales. Les joueurs français apprécient tout particulièrement les golfs irlandais de la façade atlantique. De Galway Bay Course à Wesport Connemara Course et de County Sligo à Narin et Portnoo, les terrains prestigieux rivalisent d’herbe moelleuse et d’horizons flatteurs. L’ennemi, c’est le vent qui balaie parfois ces parcours entre ciel et eau. Il n’est pas toujours facile à dompter. Mais qu’on se rassure : les Irlandais disent qu’il ne souffle que 364 jours par an…

Croagh Patrick
Au-dessus de la baie de Clew, piquée d’innombrables îlots, il constitue le lieu de pèlerinage le plus fréquenté par les catholiques irlandais. Bien des croyants gravissent ses 765 m pieds nus, quelques-uns à genoux, sous la protection d’une immense statue de saint Patrick. Sur deux jambes et avec de bonnes chaussures, l’ascension de cette montagne sacrée apparaît aisée. Du sommet, le panorama sur l’océan est de toute beauté. D’en bas, il est facile de répondre à l’appel du large, en rejoignant Clare Island, ou, plus au nord, Achill Island.

Clare Island
Tous les jours, ferries réguliers pour Clare Island au départ de Roonagh, 25 min de traversée.
Battue par les vents, ce fut le fief de Grace O’Malley, célèbre reine des pirates au XVIe siècle. La fière tour de son château domine le port (ne se visite pas). Son corps reposerait sous les ruines de la petite abbaye cistercienne. Les habitants de l’île sont peu nombreux, 170, mais très chaleureux.

Killybegs, Donegal © nicksarebi

Killybegs, Donegal © nicksarebi

Achill Island
Un pont basculant la relie à la terre ferme. Avec 22 km de longueur et 19 km de largeur, elle se présente comme la plus grande des îles irlandaises. Il faut absolument y suivre la superbe Atlantic Coast Drive, une route étroite qui court sur la crête des falaises au départ de Achill Sound. Attention aux moutons : ils la traversent sans crier gare ! Au sud-ouest, entre Dooega et Keel, se dressent les spectaculaires falaises de Minaun Cliffs et Cathedral Rocks. Inutile de chercher la moindre terre cultivable : Achill Island, c’est de la pierre et de la tourbe, plus quelques jolies plages. On y voit aussi quelques ruines intéressantes, dont celles de l’église et du château de Kildavnet.

Ballina
Tout à fait au nord du comté, à 60 km de Wesport par les N60, R310 et N57.
Centre de pêche au saumon très réputé, son principal titre de gloire est d’occuper l’estuaire de la poissonneuse rivière Moy, qui attire les pêcheurs du printemps à l’automne. Ses environs, eux, offrent quelques curiosités à découvrir.

Céide Fields
Près de Ballycastle. Ouvert tlj de mi-mars à octobre, de 10 h à 18 h 30. Entrée payante.
Flirtant avec les spectaculaires falaises de Céide, un immense site de l’âge de la pierre que la tourbe a avalé. Certains des murs qui clôturaient les champs ont pu être dégagés. Dans le musée, expositions et films présentent la botanique et la géologie locales.

Foxford Woolen Mills
St. Joseph’s Place, Foxford. Ouvert tlj. Entrée payante.
A deux pas du lac Conn, cher aux pêcheurs, une fabrique de tweed centenaire. Aujourd’hui, elle fournit les grands couturiers. Visite des ateliers, audiovisuel retraçant son histoire.

Là-haut vers le Donegal

Sligo et sa région ouvrent le chemin du comté le plus retiré de la république d’Irlande : le Donegal, et fascinant, et attachant. Il a toute la rudesse de l’Ouest. Toute sa richesse aussi, avec ses montagnes et ses déserts de pierre, ses falaises à pic qui se teintent de rouge au soleil couchant, ses landes à crépuscule venteux et les vagues de l’Atlantique qui déferlent sur ses plages, vaporeuses dans la brume matinale. C’est vraiment le bout du monde.

Sligo et ses environs

Hormis les ruines d’une abbaye du XIIIe siècle, l’intérêt essentiel de Sligo tient à ses environs. Tout d’horizons arrondis et de moutons à tête noire, ils sont souriants et accueillants. Avec le Lough Gill, ils invitent à des promenades romantiques, en barque mais aussi à pied, notamment en suivant les sentiers de Half Moon Bay.
Parke’s Castle, un manoir du début du XVIIe siècle, se mire dans ses eaux profondes. Il présente une exposition sur les divers sites préhistoriques de la région (ouvert d’avril à octobre, tlj sauf lundi au printemps, entrée payante).

Carrowmore et Carrowkeel
Carrowmore est situé à 5 km au sud-ouest de Sligo, entrée libre.
Le site préhistorique le plus spectaculaire comprend une quarantaine de tombes à couloir et plusieurs dolmens. Abondamment pillé, il demeure néanmoins un des plus vastes cimetières mégalithiques d’Europe. Ceux que passionne le monde préhistorique iront jusqu’aux Bricklieve Mountains, au nord de Ballinafad, à la rencontre d’une autre nécropole préhistorique : Carrowkeel, qui réunit une impressionnante collection de tumuli circulaires. Situé au sommet d’une colline, ce cimetière d’un autre âge offre une vue magnifique sur le Lough Arrow, délicatement ridé par le vent.

Slieve League
Ce sont les plus hautes falaises d’Europe, qui tombent de 600 m sur un océan furieusement secoué par les vagues. Elles sont accessibles, à partir du village de Carrick, par une route étroite en corniche, déconseillée au conducteur sujet au vertige, et à tous par mauvais temps. Le vent qui siffle, y compris sous le soleil, l’écume qui gicle en contrebas, les mouettes qui montent dans le ciel comme une fumée tournoyante, plus une complète solitude à des kilomètres à la ronde : ce site-là est plein de cette plénitude teintée d’inquiétude si caractéristique du Donegal. En surplomb de l’océan, un sentier de randonnée, le One Man’s Pass, permet d’atteindre les falaises de Slieve League. Il comporte des passages dangereux et ne s’adresse qu’aux randonneurs chevronnés.

La côte, de Donegal à Letterkenny
La N56 distribue de petites routes qui se tortillent pour serrer, au plus près, la côte déchiquetée et grondante. C’est là un des plus beaux itinéraires du monde, même si, l’hiver, le vent y lève des tempêtes. Au-delà des falaises de Slieve League se multiplient les panoramas grandioses.
D’abord, il faut suivre la R257, de Bunbeg à Meenlaragh. Elle longe le cap de Bloody Foreland et offre une vue splendide sur les îles voisines.
Lui succède l’Atlantic Drive, qui court au sommet des falaises de Rosguill Peninsula. Elle permet d’embrasser, d’un seul coup d’œil, l’immense baie de Sheephaven, qu’on peut aussi admirer depuis les ruines de Doe Castle, à 5 km au nord du village de Creeslough.
On empruntera ensuite la route panoramique de Fanad Peninsula. Au rendez-vous, les extraordinaires falaises sculptées par l’érosion de Doaghbeg, qui forment de grandes arches naturelles.

Le Sligo de W.B. Yeats
C’est le plus prestigieux poète d’Irlande. Né et enterré dans le Sligo, il aima profondément ce doux comté. Qui le lui rend bien. De nos jours, tous les lieux qu’il fréquenta sont signalés à l’attention des visiteurs. A Lissadel Castle, on peut voir la chambre où il dormit. A Rosses Point, la baie où il passa de nombreuses vacances. A Glencar Lough, la chute d’eau qui l’émerveillait enfant. A Drumcliff, le cimetière où il repose. Avec le Sligo, c’est l’Irlande entière qui lui demeure fidèle. Ainsi la tour de Ballylee Castle, qu’il habita dans le comté de Galway, célèbre-t-elle la vie de l’homme de lettres par audiovisuel interposé.

Inishowen
C’est la plus vaste péninsule du Donegal et le paradis des oiseaux migrateurs. Collines, forêts, prairies, falaises et plages : c’est aussi une Irlande miniature. On y découvre de très anciennes croix celtiques, à Fahan et à Carndonagh. Des stations balnéaires réputées, comme Buncrana ou Greencastle. Des ruines de contes et légendes, tel le donjon de Doherty… Mais Inishowen, c’est d’abord Malin Head, cap sauvage battu par les vents. Le ciel, dit-on, y est plus clair que partout ailleurs sur l’île. Ce qui laisse bon espoir d’apercevoir un petit bout d’Ecosse du haut de ses falaises.

Grianan of Aileach
Entrée libre.
A proximité de la N13, reliant Letterkenny à Derry, ce fort préhistorique circulaire dresse ses murs de pierre qui annoncent plus de 4 m d’épaisseur ! Il domine l’entrée de la péninsule du haut d’une colline.

Vers les terres
L’itinéraire côtier du Donegal est unique. Le cœur du comté justifie pourtant qu’on lui fasse quelques infidélités. Dans les terres, les bourgs du Donegal sont très espacés parmi collines boisées et ruisseaux à petites truites brunes…

Glenveagh National Park
A une vingtaine de kilomètres au nord-ouest de Letterkenny.
Situé au pied de Errigal Mountain, un pic chauve de 751 m de hauteur en forme de pain de sucre, ce parc de 10 000 ha renferme encore quelques hardes de cerfs. C’est un des plus appréciés d’Irlande. Entre lacs cuivrés et montagnes rougeoyantes, il bénéficie d’un remarquable réseau routier, qui tranche avec le reste du Donegal. Surtout, il possède un château féerique.

Glenveagh Castle
Glenveagh National Park. Ouvert d’avril à novembre, de 10 h à 18 h 30 (19 h 30 en été). Entrée payante.
Une forteresse de style médiéval au milieu des grands arbres, avec donjon et tourelles de granit qui se reflètent dans le Lough Veat. Ses jardins, protégés du vent par les pins et les rhododendrons, abritent plantes et fleurs délicates provenant notamment de Madère et du Chili. Tout d’ombre et de soleil, l’endroit est à la fois mystérieux et envoûtant. Silencieux aussi : les voitures y sont interdites (navette régulière depuis le parking).

Ardara
Ardara n’a qu’un charme, mais il est de taille : ses casquettes, chapeaux et vestes de tweed, fabriqués par les petites entreprises locales.

Glencolumbkille
Le musée est ouvert tlj de mai à septembre, entrée payante.
C’est un adorable village de carte postale qui possède de vrais cottages. Leurs toits de chaume sont encordés au sol, pour résister au vent. Fondé par un ecclésiastique, son petit musée, le Folk Village Museum, évoque la vie rurale du Donegal.

Suivez le guide !
Le sand and sun existe aussi en Irlande ! Ainsi le Donegal possède-t-il deux magnifiques plages de sable fin : Rossnowlagh et Bundoran.

Letterkenny
Comparée à Glencolumbkille, blotti au fond de sa verte vallée, Letterkenny apparaît comme une grande ville, agitée et bruyante. Elle vaut surtout pour les boutiques bigarrées qui jalonnent sa grand-rue, la plus longue de toute l’île.

Donegal
Cité touristique par excellence, elle n’en perd pas son sourire pour autant. Ses habitants se montrent même d’une exceptionnelle gentillesse. Un obélisque hérisse la place du marché, que bordent d’excellents magasins de vêtements. Entre les ruines d’une forteresse et d’une abbaye, la cité célèbre, d’abord, le triomphe de la laine cardée.

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