Le bourg de Monteverde a donné son nom à un territoire qui comprend les plus belles forêts primaires humides du pays.

Rappel historique 
L’implantation d’une colonie de quakers nord-américainsau Costa Rica date des années 1950. Les membres de ce groupe religieux, fondamentalement pacifistes, refusaient d’endosser l’habit militaire. Lorsque José Figueres Ferrer décida en 1949 de supprimer l’armée, certains d’entre eux choisirent de s’établir à Monteverde, afin de vivre leurs convictions sans contrainte. Travailleurs acharnés, ils se lancèrent dans l’agriculture et l’élevage. Prenant conscience du danger de la déforestation, ils s’engagèrent rapidement dans un programme de préservation de l’environnement. Aujourd’hui encore, ils luttent pour qu’aucune route goudronnée n’arrive jusqu’à Santa Elena, afin de préserver la qualité de la vie et l’intégrité des immenses richesses naturelles de la région.

Santa Elena 
A 30 km au nord-est de Limonal, sur la route Interaméricaine.
Le seul village de la région est un point de passage obligatoire avant d’entreprendre la visite de la réserve. Entre la petite cité et l’entrée officielle du parc naturel, on pourra déambuler dans un jardin de papillons,examiner un serpentarium, admirer l’étang aux grenouilles et emprunter un aerial tram forest, conçu sur le même principe que celui du parc Braulio Carrillo. Le Monteverde Canopy Tour, juste au nord de Santa Elena, est la plus spectaculaire des attractions qui pullulent désormais sur le territoire national : sur ce parcours d’accrobranches, à plusieurs dizaines de mètres de hauteur, l’émotion est garantie.

Reserva biológica Bosque Nuboso 
A 6 km de Santa Elena. Ouvert tlj de 7 h 30 à 16 h 30. Entrée payante.
L’effervescence des colibris, voletant près du chalet d’accueil, est la première surprise offerte par la réserve de Monteverde, l’une des plus intéressantes du Costa Rica. Ce ne sera pas la dernière. Par la richesse de sa flore et de sa faune, cette forêt primaire humide attire d’ailleurs tant de visiteurs que ses responsables ont pris la décision de limiter les entrées à 120 personnes à la fois. Il est donc impératif de se présenter parmi les premiers…
Différents sentiers ont été aménagés, tous balisés et décrits sur une brochure vendue à l’entrée. Le plus fréquenté d’entre eux, El Sendero Bosque Nuboso, compte 28 stations différentes avec des panneaux explicatifs. Parmi elles, la Ventana permet d’embrasser un vaste panorama, en particulier en direction du golfe de Nicoya.
Dans cette forêt extrêmement dense, au taux d’humidité très élevé, on peut facilement apercevoir des agoutis, des singes hurleurs et des toucans. Les grands mammifères, comme les tapirs ou ocelots, sont en revanche beaucoup plus discrets et c’est à leurs empreintes que l’on décèle leur présence.

Las Juntas de Abangares 
A 8 km au nord de la route Interaméricaine, sur la route de Santa Elena.
Cette petite commune était, voici un siècle, réputée pour ses mines d’or. Le temps de cette recherche frénétique est loin désormais, mais un musée, situé à trois kilomètres du village, explique cette période enfiévrée à l’aide de textes et de photos (Ouvert du mardi au vendredi de 9 h à 17 h. Entrée payante). Autour du bâtiment, des chemins conduisent aux vestiges des mines.

Les fromages du Monteverde 
Le Costa Rica n’est vraiment pas le pays des fromages ! Pourtant, quelques centaines de mètres avant l’entrée de la réserve de Monteverde, une fromagerie ouvre ses portes aux curieux et aux gourmands (Ouvert du lundi au samedi de 7 h 30 à 16 h). En plus des fromages de lait de vache traditionnels, ersatz d’édam, de gouda ou de cheddar, la lecheria, créée par les quakers, produit également des glaces entièrement naturelles, du pain complet et des gâteaux au chocolat… On peut effectuer ses achats sur place, dans le petit local de vente, mais la fromagerie, qui emploie plus de cent personnes, dispose d’un réseau de distribution qui couvre l’ensemble du territoire national.

Vers le Nicaragua

Ce secteur de la province du Guanacaste, spécialisé dans l’élevage extensif de bovins, s’apparente au Far West nord-américain. Il n’est pas rare d’y croiser un cavalier, habillé en cow-boy, conduisant un troupeau vers de verts pâturages : ce sont les sabaneros qui, à l’occasion, peuvent se transformer en accompagnateurs lors de grandes randonnées à cheval. 

Les villes étapes 
Du lac Arenal à la route Interaméricaine.
L’attraction principale de Tiláran, situé à l’ouest du lac Arenal, a lieu lors du rodéo, très populaire, qui se déroule chaque dernier dimanche d’avril. Les gardiens de troupeaux viennent y démontrer leur dextérité, lasso en mains. Dans ce gros bourg rural, le climat commence à évoluer, avec moins d’humidité ambiante et plus de soleil. Rare ville d’importance située sur la route Interaméricaine, Cañas, avec ses 25 000 habitants, offre un bon point de départ pour la visite du parque nacional Palo Verde. Bâtie face au parc central, son église, comme celle de Tiláran, est toute de bois décorée, selon la technique de la marqueterie.

Ríos Corobici et Bebedoro 
A l’ouest de Las Cañas.
Les eaux de ces deux rivières se prêtent merveilleusement bien à la pratique du rafting et, entre deux passages tumultueux, à l’observation des oiseaux. Ici, les hérons sont omniprésents, à l’affût d’un poisson à pêcher, et les perroquets volent en nombre au-dessus des flots et des forêts alentour. Des caïmans se prélassent le long des rives, chahutés par les singes suspendus aux branches.

Parque nacional volcán Tenorio 
Bijagua, à 30 km au nord de la route Interaméricaine. Entrée libre.
Moins spectaculaire que son réputé voisin Arenal, ce volcan est néanmoins toujours actif. Fumerolles, sources d’eau chaude et boues bouillonnantes en témoignent. Dans le parc, aux équipements encore peu développés, rodent des pumas et des tapirs. La meilleure solution est de passer par l’Heliconia Ecotourist Lodge, à Bijagua, qui se charge d’organiser des randonnées pédestres.

Les abeilles tueuses 
Ces redoutables insectes ont été importés d’Afrique au Brésil dans les années 1950 pour améliorer la production de miel. Quelques années plus tard, une poignée de reines s’est échappée du centre expérimental où elles étaient étudiées. Leur capacité d’adaptation est telle qu’elles ont depuis colonisé l’Amérique centrale et le sud des Etats-Unis. D’apparence, l’abeille africaine ne se différencie pas de ses homologues. En revanche, elle est très belliqueuse et attaque, dès qu’elle sent son habitat menacé, en essaim complet, n’hésitant pas à poursuivre sa proie avec acharnement sur plusieurs kilomètres. Si son dard, isolément, n’est pas plus dangereux qu’un autre, la multiplication des piqûres peut être fatale. Assaillie par des centaines d’agresseurs ailés, la victime peut trouver la mort en quelques heures.

Parque nacional Palo Verde 
A 25 km au sud de Las Cañas. Ouvert tlj de 8 h à 16 h. Entrée payante.
Accolé au refuge Rafael Lucas Rodriguez Cabalerro, ce paradis des oiseaux s’étend sur une superficie de plus de 17 000 ha dans les basses eaux du Río Tempisque. Rarement observé ailleurs, le splendide cacatoès rouge est le plus spectaculaire parmi les 300 espèces attirées par les multiples points d’eau. Durant la saison sèche, l’observation des mammifères est facilitée car, en raison de difficultés plus grandes pour s’abreuver, les animaux se regroupent là où l’eau subsiste en tous temps. Parmi la grande variété d’essences d’arbres, certaines sont menacées de disparition, comme le Palo Verde dont le tronc, les branches et les feuilles ont la particularité de conserver leur couleur verte toute l’année.

Reserva biológica Lomas Barbudal 
A 20 km au sud de Liberia. Ouvert tlj de 7 h 30 à 16 h. Entrée payante.
Juste au nord du Parque Palo Verde, cette réserve est connue pour abriter un nombre impressionnant d’insectes parmi lesquels 250 espèces d’abeilles, dont la terrible abeille africaine.

Liberia 
Aeroporto Thomás Guardia. A 40 km au nord-ouest de Las Cañas, sur la route Interaméricaine.
La capitale de la province du Guanacaste est la plus grande ville du nord du Costa Rica. Son parc central, toujours très animé, est situé juste devant l’Iglesia Inmaculada Concepción de Maria, édifice de construction contemporaine (Calle Central, avenida Central-1). Au nord, l’Iglesia La Agonia date en revanche du XIXe siècle (Calle 9-11, avenida Central).
Un petit musée, dédié aux activités traditionnelles de l’élevage, sert aussi de Centre d’informations touristiques (Calle 1, avenida 6-8. Ouvert tlj de 8 h à 18 h. Entrée libre).

Parque nacional Rincón de la Vieja 
A 25 km au nord de Liberia. Ouvert tlj de 7 h à 17 h. Entrée payante.
Sur les pentes du Rincón de la Vieja, l’activité volcanique est très perceptible. La dernière éruption d’importance date seulement de 1998. Un sentier long de 8 km conduit au sommet du volcan et à ses neuf cratères. La balade est rendue difficile par l’humidité ambiante et la forte dénivellation à franchir. D’autres chemins, accessibles au plus grand nombre, sont balisés à partir du centre d’accueil du secteur Las Pailas. Le plus court d’entre eux permet en peu de temps d’admirer une cascade, des marmites de boue bouillonnante, des fumerolles et un volcan miniature appelé le « volcancito ».
Secteur Santa Maria 
Le deuxième secteur du parc, du nom du volcan Santa Maria, est traversé de nombreux sentiers pédestres. Ils vous amènent au bord de sources d’eau chaude et sulfureuse, les Aguas Termales, où il fait bon se baigner et se délasser.

Refuge national de Bahia Junquillal 
 A 45 km de Liberia, sur la route de La Cruz.
Zone sauvage caractérisée par une forêt sèche où pousse le guanacaste, le saman et le madrier noir, le refuge national de Bahía Junquillal abrite également plusieurs mangroves. Singes roux, singes hurleurs et singes à face blanche s’y côtoient paisiblement et vous accorderont peut-être un regard, au moment où vous entrerez dans l’eau transparente de la baie.

Parque nacional Santa Rosa 
A 40 km au nord de Liberia, sur la route Interaméricaine. Ouvert tlj de 7 h 30 à 16 h 30. Entrée payante.
Couvrant déjà une superficie de plus de 37 000 ha, le parc Santa Rosa continue de s’étendre, de l’extrémité nord de la cordillère de Guanacaste jusqu’à la péninsule Santa Elena et les rivages du Pacifique. Cette altitude très étagée découpe différentes zones de végétation, dont l’une des dernières forêts tropicales sèches d’Amérique : alors que les arbres souffrent et se dessèchent en l’absence de pluies, leur floraison est aussi brutale que spectaculaire dès le début de la saison verte. La faune est donc d’une variété incroyable, allant de la tortue de Ridley, sur la côte, au boa constrictor et au coyote. De nombreux sentiers sont ouverts au public. Certains rejoignent le Pacifique avec possibilité d’y camper, après autorisation obtenue auprès des gardiens du parc.

Hacienda Santa Rosa 
A 10 km au sud de l’entrée du parc Santa Rosa. Ouvert tlj de 7 h 30 à 16 h 30. Entrée libre.
Elle fut le théâtre de différents événements historiques. C’est là en particulier que Juan Santamaría et la milice populaire affrontèrent le mercenaire américain William Walker en 1856. La maison principale de cette hacienda, La Casona, abrite aujourd’hui un musée consacré aussi bien à la nature environnante qu’à l’épisode historique. Le bâtiment est ombragé par de majestueux guanacastes, sans doute les plus grands du pays.

Parque nacional Guanacaste 
A 40 km au nord de Liberia, sur la route Interaméricaine. Ouvert tlj de 7 h 30 à 16 h 30. Entrée payante.
Situé entre les parcs Santa Rosa et Rincón de la Vieja, le parc national Guanacaste compte sur son territoire deux volcans, le Cacao (1 659 m) et l’Orosí (1 487 m). Dans sa partie basse, le biotope ressemble à s’y méprendre à celui de la péninsule Santa Elena, avec de grandes étendues de forêt tropicale sèche. En revanche, au fur et à mesure, le climat redevient de type tropical humide. L’intérêt scientifique de cette région – en particulier la richesse de sa flore et de sa faune – est tel que trois stations de recherche biologique y ont été créées. Des sentiers ont été tracés à l’usage des visiteurs, dont l’un conduit au sommet du volcan Orosí en quelques heures.

Bahía Salinas et isla Bolaños 
A 5 km à l’ouest de La Cruz.
La baie de Salinas abrite un village de pêcheurs, Puerto Soley. Mais c’est surtout un lieu de rendez-vous apprécié des véliplanchistes qui peuvent s’adonner à leur sport favori entre la côte et l’isla Bolaños. Il est possible de louer un bateau pour se rendre sur l’île, lieu de nidification d’une importante colonie de pélicans bruns.

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