Cette région fortement urbanisée abrite plus de la moitié de la population du pays. La proximité de la capitale, avec ses entreprises et ses services, fournit une première explication à ce phénomène démographique. L’agriculture y est aussi largement développée et offre de nombreux emplois. C’est en particulier le centre névralgique de la culture caféière, qui reste l’un des points forts de l’économie nationale.

Cap à l’est

Aux portes de San José et de sa banlieue, la nature exubérante reprend vite ses droits. Les petites villes de province sont entourées de rivières, de volcans, de forêt vierge, et sont dotées de parcs de loisirs pour assouvir la soif d’évasion des Joséfinos en week-end. 

Cartago

A 22 km à l’est de San José.
La première grande localité créée lors de la colonisation du Costa Rica a perdu le rôle prédominant qu’elle occupait autrefois. Après avoir été privée de son titre de capitale au profit de San José dans la première moitié du XIXe siècle, elle n’est plus la porte d’accès principale aux Caraïbes depuis l’ouverture de la route de Guápiles. Elle reste néanmoins capitale de la province qui porte son nom, une région aux multiples attraits naturels et historiques, très faciles d’accès. Gravement endommagée par de forts tremblements de terre en 1841 et 1910, elle n’est plus aujourd’hui qu’une petite bourgade provinciale qui doit sa notoriété actuelle à la richesse de son patrimoine religieux. Hormis la basilique, il existe, face au parc central, les ruines d’une église dont la construction fut interrompue par un séisme et ne fut jamais achevée. 

Basílica Nuestra Senora de Los Angeles
Calle 16, avenida 2-4. Ouvert tlj. Entrée libre.
Appelée aussi La Negrita, en raison d’une statue de Vierge noire trouvée par une Indienne en 1635, la basilique a été reconstruite après le séisme de 1926. Son style byzantin, avec des connotations romanes et gothiques, en fait une exception dans le pays. A l’intérieur, le bois est prédominant. De l’autel à la coupole et des murs aux colonnes, les essences précieuses, tel l’acajou, sont omniprésentes. Les bénitiers et fontaines sont alimentés par le ruisseau au bord duquel la statue aurait été découverte.

Suivez le guide ! 
Le 2 août, un pèlerinage part de San José pour se rendre à Cartago. Des milliers de fidèles, qui espèrent une guérison, partent en procession pour rejoindre la basilique.

Mercado central
Calle 4-6, avenida 1-3. Ouvert tlj de 7 h à 17 h.
La région ne se contente pas de produire du café. Toutes sortes de légumes, que l’on retrouve quotidiennement dans le marché central, sont également cultivés. Très animée, cette foire est le centre de vie principal de la ville : les habitants viennent manger un casado sur le pouce dans l’un des nombreux sodas et discuter autour des étals aux senteurs épicées.

Parque nacional volcán Irazú

A 32 km au nord de Cartago.
La route qui conduit au sommet du volcan Irazú, longue de 32 km au départ de Cartago, est parfaitement asphaltée et mérite à elle seule le déplacement. Les panoramas sur la vallée Centrale sont vertigineux. Sur les versants, d’innombrables fermes profitent des terres fertilisées par les déversements répétés de cendres volcaniques. Principalement consacrées au maraîchage, ces terres sont le plus souvent labourées à l’araire et la traction animale. Il n’est d’ailleurs pas rare de croiser des vaches ou des chevaux en liberté au bord de la route. 

Volcán Irazú 
Malgré ses 3 432 m, le plus haut volcan du Costa Rica reste facile d’accès. Proche de San José, il atteint aussi des pics de fréquentation. A cette altitude et avec une température annuelle moyenne de 12 °C, la végétation est très clairsemée.
Cinq cratères se succèdent au sommet. Les deux petits, la Laguna et le Piraclisto, assez éloignés, ne présentent guère d’intérêt. Le plus grand, surnommé Playa Hermosa, offre une vaste étendue de sable relativement plane, que l’on découvre dès l’arrivée. Diego de la Haya, le quatrième d’entre eux, profond de 80 m, retient en permanence une petite quantité d’eau en son centre. Le plus spectaculaire, le cratère principal, dont le diamètre dépasse 1 km, contient un lumineux lac vert émeraude. Par temps clair, c’est l’unique endroit du pays, avec le Cerro Chirripó, où il est possible d’embrasser d’un même regard les côtes atlantique et pacifique. Un chemin, revêtu de poussière de lave, traverse l’ensemble du site.
La dernière éruption du volcan Irazú date du 19 mars 1963, corroborant ainsi son nom d’origine indienne qui signifie « montagne de tonnerre et de tremblement ». Alors que le président Kennedy rendait une visite officielle à San José, les cendres se répandirent dans toute la région, jusque dans la capitale pourtant distante de plus de 50 km.

Suivez le guide ! 
A quelques kilomètres du sommet, le soda Linda Vista, qui affiche des dizaines de milliers de cartes de visite sur ses murs, offre un panorama exceptionnel sur la vallée.

Jardín botánico Lankester

Commune de Dulce Nombre, sur la route de Cartago à Paraíso. Ouvert tlj de 8 h 30 à 16 h 30. Entrée payante.
Créés en 1941 par un botaniste anglais, Carlos Lankester, ces jardins d’une richesse incroyable sont aujourd’hui gérés par l’université du Costa Rica. Sur une superficie de 10 ha, plus de 3 000 espèces de plantes sont cultivées. 800 orchidées sont réunies sous une serre. Pour la plupart d’entre elles, la floraison se déroule entre février et avril, époque pendant laquelle les précipitations sont moindres, mais certaines variétés fleurissent à d’autres périodes de l’année. De multiples chemins permettent de passer d’un jardin japonais à une parcelle de forêt secondaire, d’une plantation de cactus ou d’héliconias à une culture de bambous…
La vocation touristique de ce parc génère des subsides destinés à améliorer la recherche. L’objectif premier du fondateur, poursuivi aujourd’hui par les universitaires, vise en effet à contribuer à la régénération de la forêt et à la préservation de la flore nationale. Il a été largement atteint : les jardins botaniques Lankester sont aujourd’hui l’un des principaux centres de conservation de la nature d’Amérique latine. 

Vallée d’Orosí

A l’est de Cartago, la nature luxuriante fait de cette région un but privilégié de la promenade dominicale des Joséfinos. De nombreuses structures de loisirs s’y sont implantées. Conséquence indésirable : les embouteillages sont interminables le dimanche soir à l’heure du retour sur la capitale. 

Plantations de café
Autour de Cartago et dans la vallée d’Orosí, le moindre espace est dédié aux caféiers, dont le feuillage vert soutenu ondule sous le vent, camouflant les grains qui mûrissent lentement jusqu’à devenir rouges et prêts à la cueillette.

Paraíso
A 7 km à l’ouest de Cartago.
Si ce village ne présente guère d’attraits, deux belvédères ont été aménagés dans sa périphérie. Le Mirador Orosí et le Mirador Sanchiri, sillonnés de sentiers et parsemés de tables de pique-nique, permettent d’embrasser d’un seul coup d’œil la verdoyante vallée du Río Orosí.

Ujarrás
A 5 km à l’est de Paraíso. Ouvert tlj. Entrée libre.
Ce village, abandonné depuis le début du XIXe siècle à la suite d’une inondation, constitue aujourd’hui une visite d’autant plus agréable qu’un parc paysager a été dessiné tout autour de ses ruines. L’édifice le mieux conservé est l’ancienne église, Nuestra Senora de la Concepción del Rescate. Elle a été construite entre 1681 et 1683, sous l’administration du gouverneur Miguel Gomez de Lara. Classée monument national en 1920, elle a subi une consolidation en 1975. Le troisième dimanche d’avril, une procession part de Paraíso jusqu’aux ruines pour célébrer le jour de la Vierge.

Lac de Charrara
A quelques centaines de mètres du site d’Ujarrás. Ouvert du mardi au dimanche de 8 h à 17 h. Entrée payante.
Ce complexe de loisirs est géré directement par l’Etat, par l’intermédiaire de l’Office de tourisme national. Il propose différents sentiers de promenade, des terrains de sports et une piscine. Il est également possible de louer une embarcation pour une promenade sur le lac.

Barrage de Cachí
A 12 km à l’est de Paraíso.
Construite sur le Río Orosí, cette retenue d’eau est ouverte à la navigation. A partir du barrage, on peut observer en aval les gorges fortement encaissées. La rivière et le lac sont aussi propices à la pêche, en particulier celle du tilapia, dont les généreux filets sont servis dans les restaurants des alentours.

Suivez le guide ! 
Les écrevisses peuplent les eaux du Río Orosí. Des vendeurs à la sauvette proposent fréquemment le fruit de leur cueillette aux touristes.

Casa Del Sonador
Sur la route du barrage à Orosí. Ouvert tlj de 8 h à 18 h. Entrée libre.
Habitation, atelier et galerie d’art tout à la fois, cette maison faite de bois et de bambous a été construite par Macedonio Quesada Valerin. L’artiste sculpteur avait trouvé dans le cadre enchanteur de la vallée un endroit propice à l’inspiration. Depuis son décès, ses enfants assurent la continuité de son activité et de multiples créations en bois sont exposées.

Orosí
A 8 km au sud de Paraíso.
Profitant sans doute de son enclavement, ce village, dont le nom vient de celui d’un chef amérindien, n’a guère changé et c’est tant mieux. Relativement épargné par les différents tremblements de terre, il demeure un coin de paradis, préservé de toute pollution urbaine, où la vie semble aller son cours le plus tranquillement du monde. Les maisons, en bois pour la plupart, sont bâties sur deux rues principales au croisement desquelles un terrain de sport fait office de parc municipal.
Face au terrain de football, une église coloniale, l’une des plus anciennes du pays, renferme un maître autel entièrement doré à la feuille. Dans son proche voisinage, le couvent, un monastère franciscain,expose des objets liés à la vie religieuse au temps des conquistadors (Ouvert tlj de 9 h à 17 h. Entrée payante). Ces deux bâtiments, blanchis à la chaux, datent du XVIIe siècle.

Les environs d’Orosí 
Les sources d’eau chaude d’origine volcanique de l’Agua Termales de Orosí, dans lesquelles il est possible de se baigner, jaillissent à 2 km au sudouest de la ville (Ouvert tlj de 7 h 30 à 16 h. Entrée payante). D’autres sources, plus éloignées, peuvent faire l’objet de balades, à travers un large éventail de sentiers au départ d’Orosí. Le plus court d’entre eux conduit, en 30 min de marche à travers des plantations de café, à des cascades. La randonnée jusqu’à l’Iglesia Amarillo, modeste chapelle perdue dans la forêt, nécessite en revanche un entraînement plus conséquent : il faut près de 4 h pour effectuer la boucle sur des chemins souvent boueux.

Refugio nacional de fauna silvestre Tapantí
A 17 km au sud-est d’Orosí. Ouvert tlj de 6 h à 16 h. Entrée payante.
Classé réserve nationale depuis 1992, ce parc s’étend sur une surface de plus de 6 000 ha. La forêt tropicale s’étage entre 1 220 et 2 560 m d’altitude sur les flancs de la cordillère de Talamanca. Cette forte dénivellation génère quatre sortes de vie forestière différentes, avec la faune et la flore qui s’y rattachent. Parfaitement irrigué, ce territoire est traversé par plus de 150 rivières.
Arrosé par d’abondantes précipitations, entre 4 000 et 6 000 mm chaque année, ce refuge grouille de reptiles, d’amphibiens et de batraciens. Les oiseaux sont tout aussi nombreux ; le quetzal, en particulier, se laisse parfois surprendre à l’ouest du parc. Parmi les 45 sortes de mammifères présents dans le périmètre, l’ocelot et le jaguarundi, que l’on repère grâce à leurs empreintes, sont menacés d’extinction.
Dès l’entrée du parc, il est possible de rejoindre un belvédère d’où la vue sur la canopée plongée dans la brume est spectaculaire. Le plus court des sentiers aménagés, La Pava, entraîne le promeneur sur les berges du Río Orosí, où l’on peut se baigner. Le chemin Natural Carboles Caídos, beaucoup plus ardu, grimpe à pente rude à travers la forêt tropicale humide. Enfin, en suivant Oropéndola, c’est encore vers le Río Orosí que l’on se dirige.

Turrialba et ses environs

A 30 km à l’est de Paraisó.
Après avoir longtemps vécu d’une clientèle de passage, cette zone s’est tournée vers le tourisme pour doper son économie, dès que la route de Guápiles a été ouverte. Les eaux tourbillonnantes des rivières et les vestiges archéologiques sont ses principaux atouts. 

Ríos Reventazón et Pacuare 
A l’est de Turrialba.
La région entre Turrialba et Siquirres est réservée aux amateurs de sensations fortes et d’eau fraîche. Sur ces deux rivières, le kayak et le rafting sont des activités en plein développement. La qualité des remous est telle que l’endroit est devenu un centre d’entraînement international pour les sportifs de haut niveau. Le rafting reste cependant à la portée de tous et offre un moyen original de traverser des zones forestières difficilement pénétrables par d’autres voies.
Le Río Reventazón est en général le plus ardu, principalement en fin de saison des pluies, avec des passages classés V et VI dans l’échelle des difficultés. Mais le Río Pacuare, aisément accessible dans son ensemble, traverse une série de canyons, ce qui lui vaut d’être répertorié parmi les rivières les plus intéressantes du monde pour la pratique du kayak. Dans les deux cas, il est possible de prévoir une descente sur deux jours afin de passer une nuit dans la jungle.

Centro Agronomico Tropical de Investigación y Enseñanza (CATIE) 
A 4 km à l’est de Turrialba. Ouvert du lundi au vendredi de 8 h à 17 h. Entrée payante.
Le CATIE, un centre de recherche et d’éducation dédié à l’agriculture tropicale, dispose de champs de culture expérimentale, de serres, d’une laiterie ainsi que d’une banque de semences. La visite des plantations s’effectue librement, mais celle des différentes installations s’accorde uniquement sur rendez-vous (Tél. : 556 64 31). Des semences de plantes tropicales sont vendues sur place à ceux qui disposent du permis nécessaire à l’exportation.

Parque Vibrona 
A 10 km à l’est de Turrialba. Ouvert de 8 h à 16 h. Entrée payante.
Ce village abrite un parc et son serpentarium. Différentes espèces de reptiles du Costa Rica y vivent en captivité, ce qui permet d’étudier en toute sécurité les anneaux des boas ainsi que, de façon plus anecdotique, des serpents albinos.

Parque nacional Volcán Turrialba 
Les fumées blanches qui s’échappent du cratère ont donné son nom au volcan Turrialba, qui signifie la « tour blanche ». Appartenant au même massif que l’Irazú, celui-ci semble paisiblement endormi depuis 1866, date de sa dernière éruption. Il est en revanche beaucoup moins aisé d’y accéder puisqu’à mi-pente, il faut abandonner son véhicule – un 4 x 4 de préférence – et entreprendre le reste de l’ascension à pied ou à dos de cheval. Culminant à 3 329 m, le sommet est pourvu de trois cratères dont le plus large, au centre, est le seul à connaître encore une légère activité. Quelques fumerolles s’en dégagent ainsi qu’une odeur de soufre nauséabonde.
Sur ses versants, une importante production maraîchère s’est développée, aux côtés d’une végétation typique de la forêt tropicale humide.

Guayabo 
A 12 km au nord de Turrialba. Ouvert tlj de 9 h à 16 h. Entrée payante.
Ce site archéologique, le plus considérable du pays, semble avoir été habité depuis l’an 1 000 av. J.-C. jusqu’au XVe siècle. La disparition brutale de sa population n’a toujours pas trouvé d’explication. Certains privilégient la thèse d’une guerre tribale, d’autres celle d’une l’épidémie. Découvert à la fin du XIXe siècle, le site n’a réellement été fouillé qu’à partir de 1968, sous la direction de Carlos Aguilar Piedra. Une grande partie reste encore à l’état de friche : les archéologues n’ont pour l’instant travaillé que sur 1/10 de la superficie, estimée à 220 ha.
Ces vestiges constituent une première approche pour comprendre que le peuple qui vivait là fonctionnait en véritable société organisée, dotée de méthodes d’agriculture remarquablement modernes. Les fondations de la cité, reliées par de larges rues pavées, tracent un plan assez précis, qui a également laissé apparaître un réseau d’aqueducs. Des tombeaux, où les corps étaient enfouis avec des récipients en céramique contenant vraisemblablement des aliments, ont été ouverts. La plupart des objets recueillis sont exposés à San José, au Museo nacional. Un monolithe, où sont sculptées des représentations divines, est visible depuis le sentier Los Monticulos balisé par le personnel du site. Un autre chemin, d’à peine plus d’1 km, Los Cantarillos, permet de s’enfoncer dans la jungle.

Le serpent à plumes 
Parmi tous les oiseaux vivant sur le territoire costaricain, le quetzal occupe une place particulière. Il niche dans tous les massifs forestiers d’Amérique centrale situés à plus de 1 000 m d’altitude et on le localise notamment à l’ouest du refuge national de faune sylvestre Tapantí. Pourtant, il ne se dévoilera pas à tout le monde, autant en raison de sa rareté que de sa discrétion. Avec son plumage multicolore, sa longue queue émeraude qui peut mesurer jusqu’à 60 cm et son panache vert luisant sur la tête, il est considéré comme le plus bel oiseau du monde. Cette aura ne date pas d’aujourd’hui : pour les Indiens mayas du Mexique, qui le surnommaient Quetzalcóalt, il était le serpent à plumes, animal mythique. L’impossibilité de le garder en cage, où il meurt très rapidement, alimente encore sa réputation mystérieuse.

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