Amman Grand Hyatt © Tangka

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La place des Bédouins dans la société jordanienne.

Les Bédouins ont beau ne plus représenter qu’une minorité de la population jordanienne, leur culture et leurs traditions imprègnent la vie sociale et les habitudes du pays. Les valeurs bédouines englobent le courage, la combativité, la générosité, le sens de l’honneur et de l’hospitalité. Qualités censées être portées au plus haut point par le chef de la tribu (cheikh al-qabila), choisi parmi la famille la plus puissante de celle-ci. Du fait de son expérience, il doit susciter un respect supplémentaire. Toutes les membres vivant dans un même clan sont considérées être du même sang. A l’origine, la société bédouine était égalitariste : personne n’y possédait rien en propre, surtout pas la terre, l’eau ou le bétail (il est marqué du wasm, l’emblème de la tribu) ; même le cheikh était soumis à cette règle. Ce principe illustre l’attachement des Bédouins à des modes de vie antiques basés sur la solidarité familiale. Le pire châtiment dans le système tribal est le bannissement du clan. Au temps où les Bédouins vivaient en plein désert, cela équivalait à une mort certaine. Le mode de vie tribal, très lié au nomadisme et à l’élevage, tend à disparaître et très rares sont les Bédouins vivant encore comme leurs ancêtres : il n’en resterait plus que 40 000. Avec la sédentarisation et l’installation dans les grands centres urbains, le nombre de cheikh s’est multiplié. Moins éduqués que le reste de la population jordanienne, malgré leur statut de « gardiens de l’arabité », les Bédouins sont aussi les grands oubliés sociaux du pays. Ils vivent souvent dans des conditions extrêmement modestes, dans les banlieues des grandes villes, voire dans des bidonvilles faits de tôle et de moellons. Il arrive même qu’ils continuent à dormir sous la tente… dressée dans un entrepôt ou une vague « maison ».

Les traditions de l’hospitalité bédouine

L’hospitalité bédouine est proverbiale, ce n’est pas un mythe, et elle répond à des règles bien précises. Elle doit être éprouvée pour être pleinement appréciée. Il y a de l’honneur et de la fierté dans l’hospitalité du Bédouin. Autant connaître les plus basiques pour ne pas commettre d’impair. N’importe quel étranger qui arrive et touche une tente se voit accueilli : pendant une journée et un tiers, personne ne lui posera de question ; la nourriture, l’eau et le café lui sont dus. La cérémonie du café est tout un art : il bout sur les braises avant de passer de cafetière en cafetière, de plus en plus petite. On le sert dans de minuscules tasses qui sont remplies à peine vidées. Pour signifier que l’on ne veut plus de café, il suffit de secouer la tasse de gauche à droite. Si jamais on est invité à partager un mensaf, le plat national à base de mouton, de riz, de graisse et de lait caillé, attention à ne jamais manger avec la main gauche : elle est considérée comme impure.

La place des femmes

Par tradition, les femmes nomades étaient plus libres que leurs congénères sédentaires. Les Bédouines ne portaient pas le voile et ne pouvaient pas se marier de force. Une fois le choix effectué par la jeune femme, elle passait la nuit à discuter avec son fiancé, séparés par la longueur d’une canne posée entre eux sur le sable. Si jamais le jeune homme tentait d’abuser d’elle, il était exécuté. 
Les Bédouins sont traditionnellement de grands amateurs de récits oraux et de poésie : faute de livres, leur capacité à mémoriser était presque infinie. Tout cela, bien évidemment, est terminé. Mais il reste des traces, des bribes de ces traditions dans la vie de tous les jours, comme vous ne manquerez pas de vous en apercevoir.

 

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