Lac D'Iznik

Lac D’Iznik

L’itinéraire

L’itinéraire Istanbul – Yalova – Bursa – Balikesir – Manisa – Izmir – Pergame – Troie – Canakkale – Edirne – Istanbul est long d’environ 1 260 km. Cette région constitue le berceau des Ottomans. Elle passe successivement par les trois capitales de l’empire : Bursa, Edirne, au coeur de la grande plaine vallonnée de la Thrace qui forme la Turquie d’Europe, et enfin Istanbul. Cet itinéraire permet également de visiter les villes parmi les plus célèbres de l’Antiquité grecque : Smyrne, Pergame et Troie.

La mer de Marmara est une mer fermée par les fameux détroits du Bosphore et des Dardanelles où passèrent beaucoup des grandes invasions qui firent l’histoire. Depuis Istanbul : rejoindre la rive asiatique par Sirkeci ou Kabatas, longer le grand cimetière, prendre la route d’Ankara jusqu’à Kartal, 12 km plus loin. De là, traverser la baie d’Izmit en ferry-boat et débarquer à Yalova. Le ferry permet de raccourcir l’itinéraire de 160 km par rapport à la route. Pour atteindre la station balnéaire de Yalova directement depuis Istanbul : prendre le ferry (un toutes les heures) à l’embarcadère de Kabatas. A 12 km au sud-ouest, les sources thermales chaudes (60°) de Yalova Kaplicala irriguent une vallée boisée. Il s’y trouve un bon hôtel. La route continue sur Orhangazi, le lac d’Iznik, puis Bursa (à environ 80 km d’Istanbul).

Aux environ de Bursa

Iznik (Nicée) se trouve à environ 95 km par Gemlik en longeant le sud du lac d’Iznik. Les murs de la cité avec trois portes antiques sont bien conservés. Seule la Porte du lac a disparu. La visite se poursuit par les ruines de la basilique Aya Sofya, où se tint le septième concile oecuménique en 787, et le musée installé dans les anciennes cuisines destinées aux pauvres (Nilüfer Hatun Imareti) et construites vers 1388.

Iznik est la capitale de la faïence. Certains fours datent du XVIe siècle. Le fameux rouge d’Iznik, qui a embelli toutes les faïences, garde encore son secret de fabrication. Ulu Dag, à environ 36 km, est une haute montagne. Ses bois ombragés offrent une agréable station été comme hiver. Des autobus relient les hôtels de la montagne à Bursa. La station est équipée de télésièges et de téléskis. Depuis Bursa, la route de l’ouest traverse champs et collines jusqu’à Mustafa Kemalpasa, puis Susurluk et Balikesir (km 243), ville moderne sans intérêt particulier. De là, une bonne route asphaltée conduit vers le nord-ouest à Canakkale (178 km plus loin).

Bursa

Bursa

La route vers Izmir descend vers le sud, par Sindirgi et Manisa. Après 30 km, la route tourne et traverse une charmante région montagneuse et forestière puis arrive à Akhisar (km 363), au coeur d’une plaine marécageuse. Plus loin, vers Izmir, la route conduit à Manisa (km 414), l’ancienne Magnésie. La ville offre plusieurs curiosités parmi lesquelles la mosquée de Murad III (1586) et la Grande Mosquée (1366). Dans les environs, les sites d’intérêt sont : le rocher de Niobé, où selon la légende Niobé, fille de Tantale, fut transformée en rocher par Zeus ; les bas-reliefs d’Akdinar (6 km à l?est) ; et le château bâti sur la colline du Tantale.

A 70 km à l’est de Manisa, près du village de Sart, gisent les ruines de Sardes, ancienne capitale de la Lydie et ville de Crésus. Au bord de la rivière Pactole se trouvent les belles ruines du temple d’Artémis et du gymnase, les restes d’une synagogue du IIe siècle, une agora, etc.

Pergame (Bergama)

La petite ville de Pergame (35 000 hab.) est située au pied d’une colline de 330 m de hauteur qui porte le château de Pergame. Le Bergama Cayl (ancien fleuve Selinos) traverse la cité. La colline du château, sur laquelle s’élevaient l’Acropole et l’Esculapium, temple dédié à Esculape, dieu de la médecine, constitue le principal intérêt de la ville. La visite complète du site peut se faire en une journée. Il est possible de loger sur place dans les hôtels et pensions de la ville.

L’histoire ancienne de Pergame demeure obscure. Cependant, le château surplombant le site fut certainement habité assez tôt, la plaine fertile du Selinos offrant des conditions favorables à la culture. La cité entra dans l’histoire au IIIe siècle av. J.-C. Lysimaque, lieutenant d’Alexandre, avait caché un trésor dans la forteresse de Pergame. Philétère, commandant de la garnison, se rebella, s’empara du trésor et s’en servit pour fonder le royaume de Pergame. Ses successeurs furent des gouverneurs énergiques mais sensibles aux arts. Parmi eux figurent Eumène Ier (263-241 av. J.-C.) et Attale Ier. Attaqués par les Galatiens et les Syriens, ils repoussèrent l’ennemi et en profitèrent pour étendre les frontières du pays jusqu’aux monts Taurus. Le royaume des Attalides tint ainsi 150 ans. A cette époque, l’acropole de Pergame fut fortifiée et embellie par d’imposants bâtiments. Eumène II (197-159 av. J.-C.) collectionna les oeuvres d’art et organisa une célèbre bibliothèque. Le dernier roi, Attale III (138-133 av. J.-C.), choisit les Romains pour héritiers et successeurs. Le temple de Trajan, celui de Serapis, l’amphithéâtre et le gymnase furent édifiés pendant la période romaine. Le médecin Galien résida à Pergame pendant cette période. Grâce à son enseignement et à ses méthodes curatives, la renommée de l’Esculapium s’accrut. Pergame devint un lieu de cure qui attira de nombreux malades venus de tout l’Empire romain.

L’arrivée du christianisme en Asie mineure transforma le temple de Serapis en basilique dédiée à l’apôtre Jean. Elle est connue aujourd’hui sous le nom de « basilique rouge ». Quand les Arabes déferlèrent sur l’Asie mineure au VIIIe siècle, l’acropole de Pergame fut, une fois de plus, fortifiée. Plus tard, les Seldjoukides réussirent à s’emparer de la ville et de la forteresse. Lors de l’entrée de Tamerlan dans la région, les Mongols dévastèrent Pergame. A la fin du XIXe siècle, le musée de Berlin accorda une subvention pour les fouilles de Pergame. Tous les reliefs de l’autel de Zeus furent transportés en Allemagne où ils firent l?objet d?une restauration. Sur place, une maquette monumentale du temple est exposée.

Asclépiéion - Pergame

Asclépiéion – Pergame

Visite de Pergame
L’office de tourisme de Pergame (située face au musée) organise un circuit peu coûteux en taxi, incluant la visite de l’Acropole et de l’Esculapium. Il prend environ 3 heures. A l’ouest, en contournant la colline de la forteresse vers le parking supérieur, se dresse la porte de la ville dont l’enceinte remonte à la période antique pour ses niveaux inférieurs. La bibliothèque, en ruine, était l’une des plus fameuses de l’époque hellénistique. Construite sous le règne d’Attale Ier (241-197), elle contenait 200 000 volumes écrits sur parchemin, dont une copie de la fameuse Aphrodite de Phidias. Marc-Antoine offrit à son épouse Cléopâtre les précieux manuscrits. Transportés à Alexandrie, ils furent détruits en 389 lors d’une révolte. De nombreuses statues décoraient les salles de la bibliothèque.

Le palais d’Eumène se compose de bâtiments ouvrant sur une cour carrée ornée de portiques de style dorique. Plus loin, après avoir dépassé une citerne, se dresse le mur intérieur de la forteresse, partiellement démolie lors d’un tremblement de terre. Près de celle-ci, sur le côté nord, se trouve le Jardin de la Reine près duquel s’élevaient les arsenaux des gardes du corps des rois. En longeant le mur de la forteresse vers le sud, le chemin atteint le temple de Trajan, où était rendu un culte d’adoration à l’empereur.

Le temple d’Athéna est entouré de portiques en marbre sur trois côtés. Le portique nord s’appuyait contre le mur de la bibliothèque. Les portiques est et ouest furent érigés par Attale II (159-138 av. J.-C.). Au VIe siècle, Justinien y fit construire une basilique. Le théâtre constitue le monument le plus remarquable de cette partie de la ville. Avec ses 80 gradins étagés sur une hauteur d’environ 50 m, il pouvait accueillir 30 000 spectateurs. Sa terrasse mesure 210 m de long sur 15 m de large. Au nord de la terrasse se trouvent les ruines d’un temple ionique dédié à Caracalla (186-217) et celles du temple de Dionysos. Plus haut, le temple de Zeus, dont le relief fut transporté au musée de Berlin, possédait un autel monumental de 36 m sur 34 m. Une controverse demeure au sujet de sa construction. Certains savants l’attribuent à Eumène II (197-159), d’autres à Attale II (159-138). Des frises sculptées l’ornaient, la plus intéressante représentait une lutte des Dieux contre les Géants.

Au sud-est du temple se trouvent les ruines de l’agora supérieure. Entre le temple et l’agora supérieure, la voie antique, dallée, descend vers la grande porte percée dans les murs de la ville. La voie antique décrit un coude pour mener au temple de Déméter. Considéré comme le plus vieil édifice de l’Acropole, il remonterait au IIIe siècle ou au début du IIe siècle av. J.-C.

Le temple d’Héra se trouve plus à l’est. Bâti en marbre, il date du IIe siècle et du règne d’Attale II (159-138 av. J.-C.). Un peu plus au sud, les bains romains et le gymnase forment un ensemble qui s’étendait sur trois paliers. Au nord se dressait la salle où les professeurs donnaient leur enseignement aux adolescents. La terrasse médiane était réservée aux Éphèbes (jeunes de 10 à 15 ans). La partie inférieure était destinée aux jeunes enfants. Près de l’agora inférieure, un bâtiment conserve les découvertes archéologiques. Au sud de l’agora, la porte de l’acropole d’Eumène Ier n’offre plus que quelques ruines.

Au sud-ouest de Pergame s’élève l’Asclépiéion, vaste ensemble de constructions comprenant des installations culturelles et thérapeutiques, tel le Telesphoréion où les malades séjournaient dans l’espoir qu’un dieu les avertirait en songe du traitement à suivre pour guérir. Le culte d’Asclépios fut importé d’Epidaure (Péloponnèse). L’Asclépiéion était le lieu de rendez-vous des philosophes. Le médecin Galien (129-199 av. J.-C.) vécut et travailla ici. Pendant l’époque chrétienne, une basilique fut érigée à l’emplacement de l’Asclépiéion, partiellement détruit par un tremblement de terre. De l’Asclépiéion, il ne reste que les fondations de la porte d’entrée et les propylées. Sur la gauche, d’autres fondations appartiennent au temple d’Esculape construit vers le IIe siècle. La cella du temple, surmontée d’une coupole, mesurait 23,50 m de diamètre. Des niches ornées de statues étaient aménagées dans la masse des murs.

Un peu plus au sud s’élevait jadis le temple dédié à Télesphore, fils d’Esculape. Son sous-sol était composé de murs percés de niches et de bassins. Un tunnel sacré reliait au temple les sources qui alimentaient les bassins. Ce tunnel fut transformé en citerne sous les Byzantins. La source sacrée se trouvait dans une grande cour entre le temple et le théâtre. L’eau jaillissait de la gueule d’un lion et servait à traiter les malades. Dans l’angle sud-ouest, un édicule faisait office de latrines. En face, sur le côté nord, le théâtre, restauré, est encore utilisé aujourd’hui lors de représentations folkloriques en mai. A l’ouest se dressait un portique qui donnait accès au gymnase. Près du théâtre, la bibliothèque, du IIe siècle, s’étend sur une longueur de 128 m. Devant une niche creusée dans le mur oriental s’élevait la statue d’Hadrien, maintenant exposée au musée de Pergame.

Parmi les autres sites de Pergame, la Kizil Avlu (cour rouge) présente les ruines d’un gigantesque bâtiment de briques rouges qui surplombe l’ancien Selinos. Son époque demeure imprécise. Durant la période byzantine, il fut utilisé comme basilique dédiée à saint Jean. Le Selçuk Minaresi (minaret de Seldjouk) date du XIVe siècle, tout comme la Grande Mosquée. Le musée archéologique contient des stèles, des statues, des fragments de sculptures et des figurines en terre cuite. Ouvert tous les jours de 9 h à 12 h et de 14 h à 16 h. Le musée ethnographique, dans la Maison d’Attale, présente d’intéressantes fresques et un pavement en mosaïques romaines. Enfin, trois tumuli datant de l’époque hellénistique sont visibles au sud de la ville.

Cheval de Troie (Truva)

Cheval de Troie (Truva)

Troie

Depuis le croisement de la route Izmir-Canakkale, une route goudronnée remonte vers le nord par Dikili, contourne la baie d’Edremit et conduit à Canakkale (25 000 hab.), passage le plus étroit des Dardanelles. De là, des bateaux à vapeur conduisent à Istanbul et Izmir. Des services d’autobus desservent les villes environnantes. Canakkale constitue le point de départ du circuit qui permet de visiter Troie (Truva) dont les ruines se trouvent sur la colline Hisarlik (35 km). Hisarlik fut habité dès le quatrième millénaire av. J.-C. Les fouilles dirigées par l’Allemand Schliemann révélèrent neuf niveaux de civilisation. A l’origine des fouilles, Schliemann pensait que le niveau II était celui de la ville de Troie de l’époque homérique. Mais les fouilles postérieures de l’archéologue Doerpfeld conclurent que la Troie homérique correspondait au niveau VII. Les parties de la ville les mieux conservées sont les murs d’enceinte et les portes du niveau VI, endommagés par le tremblement de terre de 1275 av. J.-C., et du niveau VII, correspondant à la destruction par les Grecs en 1240 av. J.-C.

Vers la porte sud – Porte des Dardanelles -, se trouvent les ruines d’un théâtre romain. A l’est de la porte gisent les fondations de bâtiments appartenant au même niveau. Sur le côté est des murs de la ville s’élève la tour nord-est dans laquelle se trouvait une fontaine. Derrière cette tour, sur un plateau, se tenait à l’époque romaine le temple d’Athéna. A l’ouest, les fondations d’un palais appartenant au niveau II sont visibles. La vue embrasse alors la plaine troyenne, partagée en deux parties par le Scamandre. Cette plaine constitua le théâtre des violents combats entre Troyens et Grecs. Le célèbre cheval de bois qui trompa les Troyens y a été reconstitué.

Edirne

Mosquée Selimiye - Edirne

Mosquée Selimiye – Edirne

De Canakkale, le ferry-boat traverse les Dardanelles (4 passages par jour) pour gagner la péninsule de Gallipoli (Gelibolu) qui conduit vers le nord à Kesan. Là, le circuit peut se diriger vers l’ouest le long de la E5, route gréco-turque qui mène au poste frontière d’lpsala. Vers le nord, par Uzunköprü, l’itinéraire atteint Edirne au km 1030. La route traverse continuellement une zone militaire qui présente certaines restrictions pour les excursions. Edirne se situé à 4 km du poste frontière grec de Kastanies et à 16 km du poste frontière bulgare de Kapitan Andrejewo. Edirne (70 000 hab.), autrefois Andrinoplé, fut fondée par l’empereur Hadrien (117-138) au confluent du Tunca et du Meric. En 1413, la ville devint, après Bursa, la deuxième capitale des Ottomans et le resta jusqu’en 1458 quand Istanbul prit sa place. Au centre de la ville se trouvent l’Uc serefeli Cami, construite dans les années 1438-1440 et dont les quatre minarets ont chacun une forme et un décor différents, l’Eski Cami, mosquée à piliers, érigée entre 1403 et 1414, et le bazar d’Ali Pasa.

En montant la rue Mimar Sinan Caddesi, se dresse la mosquée Selimiye et ses quatre minarets. Construite de 1569 à 1575 par Sinan, elle demeure, avec sa coupole d’une portée de 31 m, l’un des plus beaux spécimens de l’architecture islamique et le chef-d’oeuvre de son architecte. Au nord de la ville, près du Tunca, se trouve la mosquée de Beyazit que fit construire Beyazit II de 1484 à 1488. Un ensemble de bâtiments lui sont contigus : hôpital, cantine pour les pauvres et medrese.

Edirne est célèbre pour les combats de lutte turque qui s’y tiennent chaque année durant la deuxième semaine de juin. Un cérémonial précis et ancestral règle les combats des lutteurs habillés d’un pantalon de cuir et entièrement huilés. La rue Mithat Pasa Caddesi rejoint la route d’Istanbul à travers la province de Thrace aux terrains ondulés et dépourvue d’arbres.

Lire la suite du guide