Thèbes

A 87 km d’Athènes.
Il ne reste pas grand-chose de l’influente cité d‘Œdipe, qui est cependant restée capitale de la Béotie. Fondée, selon la légende, par Kadmos, roi de Phénicie, cette cité mythique a aussi vu naître Héraclès. Aux alentours, on peut s’offrir un jeu de piste à la recherche (souvent difficile) de tombes mycéniennes, du temple d’Apollon Ismenios et de la fontaine du pauvre Œdipe.

Le pont Trikoupis
Depuis 2004, le pont Trikoupis relie Rion (Péloponnèse) à Antirion (Grèce continentale). Ce chef-d’oeuvre technique a été conçu par une équipe française. Après le viaduc de Millau, il est le plus long pont suspendu du monde (3 km). Ses 4 flèches, dont certaines ont été posées par 65 m de fond, supportent un séisme de magnitude 7 (celle du tremblement de terre de San Francisco), la collision avec un super-tanker de 200 000 t et une tempête de 250 km/h (les joints de la chaussée peuvent se permettre 5 m de jeu !). Situé à la jonction des axes routiers (Patras-Athènes-Thessalonique et Patras-Calamate-Igoumenitsa), il facilite grandement les communications avec l’Italie, via Igoumenitsa et Patras. Sous un aspect plus touristique, il permet de faire rapidement la jonction entre Delphes et Olympie, et de désenclaver l’Epire.

Musée archéologique
Ouvert du mardi au dimanche de 8 h 30 à 15 h. Entrée payante.
Il abrite une collection de sarcophages, ornés de fines scènes funèbres datant de la période mycénienne, et une belle statue masculine trouvée dans les environs de la ville. Dans son petit jardin s’ordonnent les plus belles stèles et statues trouvées dans la région.

Twin Towers of Filla © eviagreece.com

Twin Towers of Filla © eviagreece.com

Le château des ducs de Thèbes
Juste à côté du musée.
Dans un cadre champêtre se dresse une belle tour carrée, unique vestige de la forteresse franque des ducs de Thèbes, construite au XIIIe siècle par la famille des Saint-Omer.

Eglise de Saint-Luc-l’Evangéliste
Consacrée, comme son nom l’indique, au patron des peintres et des médecins, cette église byzantine abrite une châsse du XIIIe siècle où se trouveraient les reliques de l’apôtre.

La côte sud

Moins connue que Corinthe, en face, la côte sud de la Grèce centrale recèle de nombreux hôtels balnéaires situés dans un environnement éclectique – le Péloponnèse est juste en face ! – qui permet de varier les plaisirs.

Itea
Après avoir passé le village même d’Itea, on atteint l’ancien port de la Delphes antique. Faute de répondre aux standards de flottes à plus fort tirant d’eau, il a depuis longtemps perdu toute utilité, au profit d’une activité balnéaire très populaire.

Galaxidi
Sur son cap, entourant le dôme de son église, ce village est un délice à seulement une trentaine de kilomètres des affluences delphiques. On y admire surtout quelques maisons d’armateurs.
L’agglomération fut, en effet, un centre naval prospère, avant d’être détruit par les aléas de la guerre d’indépendance de 1821. La nostalgie de cet âge d’or s’est perpétuée jusqu’à nous, dans des tavernes qui échappent parfois à la fréquentation touristique pour mieux se réserver à la clientèle nonchalante et hâbleuse des pêcheurs

Le choc de Lépante
7 octobre 1571. Don Juan d’Autriche, bâtard de Charles Quint, lance une flotte sur la marine ottomane, qui répare ses galères dans le port de Lépante. Les chrétiens disposent de canons à portée spéciale, qui atteignent l’ennemi en restant hors d’atteinte. Avant de se lancer dans la bataille, l’amiral turc demande le feu vert du sultan, mais les messagers tardent… Quand arrive la réponse, elle dit en substance : « N’attaquez pas, surtout. » Trop tard : du côté ottoman, 102 vaisseaux sont coulés et 117 sont pris ; 30 000 perdent la vie, 15 000 rameurs grecs sont libérés et 3 500 Turcs deviennent esclaves. Cependant, en partageant le butin, les chrétiens se désunissent. Istanbul en profite, et reconstruit ses escadres en un an.

Evkaristo
Statuette de terre pour une guérison ou trépied d’or pour un succès militaire, les ex voto étaient au centre des pratiques delphiques. De nos jours, ce sont les tamata (tama au singulier) qui remercient les saints orthodoxes : ces petites plaques de 4 cm sur 10, environ, sont en métal embouti. Elles représentent l’objet de sa gratitude : un oeil pour avoir recouvré la vue, une oreille pour l’ouïe, un bébé pour une stérilité vaincue, un soldat pour un retour de guerre, une Volkswagen ou une Chevrolet pour l’issue heureuse d’un accident… Selon ses moyens (ou sa reconnaissance), elles sont en or, en argent, en laiton ou en aluminium ! On les achète dans des boutiques spécialisées ou chez des marchands de couleur.

Naupacte
Difficile de croire que ce petit port intimiste ait pu abriter les 300 galères de la flotte turque. Le fortin qui garde l’entrée a vu nombre de galères ottomanes prendre la mer, sans retour, pour disparaître dans la bataille de Lépante. L’ascension jusqu’au château, dans les hauteurs de l’autre côté de la route, est une promenade des plus rafraîchissante, même s’il ne reste que quelques murailles et des citernes au milieu des pins.Plusieurs hôtels balnéaires ont élu domicile dans cet endroit agréable et bien situé, à quelques kilomètres du pont permettant de rallier aisément Olympie, Corinthe et tout le Péloponnèse.

Missolonghi
Un superbe lacet à travers les monts. On passe une porte fortifiée et on se retrouve dans le quadrillage de maisons blanches. Station balnéaire sans tapage, Missolonghi dort contre une lagune à l’atmosphère irréelle.De 1822 à 1825 la place résista aux Ottomans. Succombant sous le nombre, les insurgés préférèrent se faire sauter avec les poudrières. Une pyramide a été érigée aux défenseurs avec les débris et les boulets de canon. Dans le parc des Héros, où les vieux font la sieste, se dresse aussi la statue du poète anglais Byron, mort pendant le siège. A côté, le révolutionnaire Markos Botzaris repose sous une touchante statue de David d’Angers – une adolescente traçant du bout du doigt son épitaphe. A six kilomètres de la ville se dissimule un monastère du XVIIe siècle. Il est entré dans l’histoire au gré des implacables péripéties du siège : il s’agit de Saint-Simeon, qui servit de refuge aux héros grecs, après le triomphe de l’occupant… et les exécutions sommaires qui s’ensuivirent.

Un lord
En 1824, lord Byron quitte Gênes pour prendre la tête des Grecs révoltés contre les Turcs. On l’appelle à Missolonghi, qui se prépare recevoir dignement une riposte turque. Elle se fait attendre. Byron tombe malade. Au milieu des disputes entre insurgés, il meurt de rhumatismes, un an jour pour jour avant que l’ennemi ne donne l’assaut final. Son corps part en Angleterre, mais son cœur est resté, caché dans le piédestal de sa statue, au parc des Héros.

Les Thermopyles

Ces portes des chaleurs doivent leur nom à des sources chaudes, voisines. Ce passage stratégique a été mainte fois emprunté par les assaillants pour attaquer l’Attique : les Perses, mais aussi les Celtes et les Goths. En redescendant vers le littoral nord, on traverse une allée grandiose. A la bifurcation en direction de Thèbes, on passe devant une stèle blanche encadrée par deux guerriers. C’est l’emplacement du défilé des Thermopyles. En 180 avant notre ère, le roi Léonidas et 300 Spartiates se sacrifient pour barrer la route aux Perses et protéger Athènes, la rivale honnie. Mais toute la Grèce a décidé de faire front commun, et Sparte ne veut pas faire faux bond. L’assaut perse commence, sous un soleil de plomb. Le roi a de l’humour ; voyant le ciel noir de flèches, il ricane : « Parfait, on va pouvoir se battre à l’ombre ! », et à ses guerriers qui grognent, parce qu’ils mangeraient bien un morceau : « Nous souperons ce soir… chez Adès ! » Sur la butte où sont tombés les derniers braves, une stèle exhorte : « Passant, va dire à Sparte que nous sommes restés ici en obéissance à ses lois. »Dans l’axe du monument aux Spartiates, de l’autre côté de la route, on trouve des restes du mur derrière lequel les Spartiates attendaient l’attaque. Il est construit en dents de scie, pour prendre par le flanc toute attaque. Un peu plus loin, cette butte usée a été le last stand de Léonidas et de ses derniers guerriers. Des fouilles ont confirmé en tout cas cette théorie, ayant mis au jour des dizaines de pointes mortelles.

Suivez le guide !
Vous êtes dans la région des sources thermales : les Thermopyles, mais également Platistomo et Kamena Vourla.

L’île d’Eubée

Une des fiertés grecques, la vigne.Accès par le pont de Halkida. Bateau depuis Rafina et autres liaisons mineures.
Après la Crète, l’Eubée -Evvoia, appelée autrefois Négrepont -, est la plus grande des îles grecques. Un pont blanc et deux lignes de bac la relient à cette Grèce centrale dont elle dépend administrativement et peut-être plus : longeant ses côtes au plus près, on dirait qu’Eubée n’a pas le courage d’être une île. D’ailleurs, ses paysages verdoyants et variés, le mont Ohi flanqué de chalets de lauzes, ses fortins éparpillés lui donnent des allures des plus continentales. Ses plages nombreuses dotées d’infrastructures familiales lui valent des succès prometteurs : Halkida, la capitale, Agios Minas, Mesohoria, sans oublier l’impressionnant bec de sable de Lihada, au nord. Kimi est le port le plus pratique pour rallier les Sporades.Route des aigles est le nom touristique qui désigne le trajet entre Koskina et Karistos. A défaut d’aigles -devenus plus que rares-, le trajet procure des vues amples sur des paysages désertiques et inquiétants.Le nord, au contraire, offre la variété des virages de modestes montagnes, qu’on emprunte pour accéder à Prokopi.
De nombreux pèlerins viennent y baiser la dépouille momifiée de saint Jean-le-Russe, martyrisé par les musulmans. Le sarcophage a été rapporté d’Asie Mineure par les Grecs micrasiens après leur expulsion, en 1923. Parmi les multiples balades que l’on peut faire sur Eubée, on peut tenter, depuis Stura, l’incursion jusqu’à Drakospita, la « Demeure du Dragon ». En suivant un fléchage pas toujours très clair, on atteint ces temples étranges, construits en schiste au VIe siècle avant notre ère par des travailleurs immigrés des carrières de marbre voisines.Suivez le guide !Avez-vous déjà vu le courant de l’eau changer de sens en une journée ? Du pont de Halkida qui relie Eubée au continent, observez ce phénomène… Aristote essaya de comprendre. Il s’y noya.

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