A l’exception de la péninsule d’Osa, cette région est la moins recherchée par les touristes. Et pourtant, des rives du Pacifique aux sommets de la cordillère de Talamanca, la variété des paysages est incommensurable, les sites archéologiques plus nombreux que nulle part ailleurs au Costa Rica et les populations indigènes omniprésentes. Comme il existe également des parcs nationaux, dont le plus grand d’entre tous, La Amistad, les raisons de s’y aventurer ne manquent pas.

Tronçon sud de l’Interaméricaine

La route nationale 2, qui conduit de San José à San Isidro del General, est un spectacle à elle seule, dont ne pourra pas profiter le conducteur tant l’attention doit être permanente pour faire face aux virages en épingle, aux bosses, aux ravins et à la circulation incessante. Heureusement, plusieurs belvédères, comme celui du Mirador Vista del Valle, ont été aménagés sur le bas-côté pour pouvoir admirer ce décor escarpé. Les panoramas sur la vallée Centrale en montant et sur la plaine de San Isidro après le passage du col, sont extraordinaires… pourvu que le ciel soit dégagé : d’où l’intérêt d’effectuer ce déplacement aux premières heures de la matinée. L’Interaméricaine grimpe ici jusqu’à plus de 3 000 m aux abords immédiats du Cerro de la Muerte, et traverse différents étages de végétation jusqu’à atteindre les paramos, de grandes étendues de maquis, d’herbes folles et de buissons. Le nom même de ce sommet, qui culmine à 3 491 m – « montagne de la mort » -, incite à la plus grande prudence, surtout lorsque la chaussée est mouillée, ce qui est fréquent en raison d’un brouillard quasi quotidien. 

San Isidro del General et ses environs 
A 130 km au sud-est de San José.
La plus grande ville au sud de San José est avant tout un carrefour routier permettant de rejoindre le parc Chirripó aussi bien que la côte pacifique à hauteur de Dominical. Une cathédrale moderne domine le parc central, toujours très animé.

Suivez le guide ! 
Au cours de l’ascension du Cerro de la Muerte, l’hôtel Mirador de Quetzales serait la meilleure plate-forme d’observation de cet oiseau légendaire.

Museo regional del Sur 
Calle 2, avenida 1. Ouvert du lundi au vendredi de 8 h à 12 h et de 13 h à 16 h 30. Entrée payante.
Cette structure sans prétention offre un témoignage sur l’histoire de la région, tant d’un point de vue social que d’un point de vue archéologique. Elle est située dans un vaste complexe culturel qui comprend une salle de spectacle, une galerie d’art et une bibliothèque.

Santuario de aves neotropicales Los Cusingos
A 4 km à l’est de San Isidro del General.
Cette modeste réserve ornithologique existe depuis 1962. Son centre scientifique de recherche aide à la préservation et à la connaissance des oiseaux tropicaux. Sur les chemins tracés dans la forêt – survolée par les perroquets et les toucans -, l’endroit est idéal pour admirer une grande variété de faune aviaire.

Cordillère de Talamanca

Le toit du Costa Rica, culminant au Cerro Chirripó, est une oasis de fraîcheur où il fait bon se promener loin de la moiteur des villes. Entre rivières bouillonnantes et forêts nuageuses, des randonnées de difficulté variable feront le bonheur des marcheurs de tous niveaux. 

Rancho La Botija 
A 5 km à l’est de San Isidro del General. Ouvert tlj de 8 h à 17 h. Entrée payante.
Dès les faubourgs de San Isidro, la route monte en pente régulière vers les contreforts de la cordillère de Talamanca. Peu avant le premier village, Rivas, le Rancho La Botija est bien plus qu’un hôtel : les propriétaires ont conçu leur établissement en multipliant les centres d’intérêt. Un court sentier d’interprétation a été tracé dans la nature environnante, permettant, sur quelques centaines de mètres, de découvrir la variété de la flore locale, un petit lac poissonneux et surtout des pétroglyphes précolombiens.Personne ne connaît encore la signification des spirales gravées sur ces pierres, disséminées en grand nombre dans cette région où les fouilles ne font que commencer. L’intérieur du Rancho présente une galerie d’antiquités, avec de multiples outils inusités aujourd’hui, comme un trapiche en bois, utilisé auparavant dans l’industrie du sucre pour écraser la canne.

San Gerardo de Riva 
A 20 km à l’est de San Isidro del General.
Porte d’entrée du parque nacional Chirripó, ce village est perché à 1 350 m d’altitude, ce qui lui confère un climat plutôt frais. La route tortueuse qui y accède traverse des rivières et des plantations de café. A 2 km au nord, jaillissent des sources d’eau chaude que l’on rejoint à pied ou à cheval, pour une bienfaisante baignade.

Parque nacional Chirripó
A 25 km au nord-est de San Isidro del General. Ouvert tlj de 5 h à 12 h. Entrée payante.
Avec trois sommets à plus de 3 800 m et une altitude moyenne supérieure à 2 000 m, ce parc est le plus montagneux du pays. Les possibilités de promenades, à la portée du plus grand nombre, sont infinies. Cependant, la progression à travers les différents étages de végétation, outre le dénivelé, n’est jamais aisée en raison du climat froid et pluvieux. Llano Bonito, premier refuge sur le sentier qui mène au Cerro Chirripó, peut être le but d’une randonnée d’une journée. Au cours de cette excursion, les pumas et tapirs de Baird qui vivent dans ces forêts restent bien cachés la plupart du temps, mais les oiseaux, grenouilles, papillons et autres insectes se montrent d’assidus compagnons de marche.
Pour accéder au sommet du Cerro Urán (3 333 m), le point de départ est situé dans le village de Herradura(A 5 km au nord de San Gerardo de Riva).

Cerro Chirripó 
A l’est du parc.
L’accès au point culminant du pays – 3 819 m – implique une excellente condition physique. La randonnée nécessite, selon l’entraînement de chacun, 2 à 4 jours de marche et autant de nuits en refuge. Il est nécessaire de prévoir, outre de solides chaussures, un vêtement pour la pluie et un habit chaud pour les nuits. L’effort est largement récompensé par la beauté des paysages traversés, qui évoluent subtilement au fur et à mesure de l’ascension. Après les pâturages initiaux, le chemin se fraye un passage dans la rainforest, caractérisée par une flore luxuriante, des arbres immenses et une humidité constante. Plus haut, aux environs de 3 000 m, la végétation se raréfie progressivement pour dessiner un décor dénudé, typique des hauts plateaux andins, le paramo. A proximité du refuge principal, des rochers semblent avoir été soigneusement pliés les uns sur les autres. Ces étranges formations rocheuses, les Crestones, sont devenues un lieu de pèlerinage. A partir de cette étape, le sommet n’est plus très loin. Par temps clair, ce qui est exceptionnel, il serait possible de contempler les océans Atlantique et Pacifique de part et d’autre de la cordillère. D’autres sentiers balisés partent du refuge, permettant de multiplier les randonnées.

Réserve de la Durika 
A 55 km au sud est de San Isidro del General.
Dans cette réserve communautaire vivent quelques familles qui ont choisi de privilégier une autarcie quasi complète, tirant subsistance des produits de la ferme, la finca Anael, et utilisant avec parcimonie la mécanisation. Ouverte depuis les années 90 au tourisme, la réserve permet aux visiteurs de partager le quotidien de ces familles tout en leur proposant différents buts de promenade. Les plus courageux tenteront l’ascension du Cerro Durika (3 280 m) ; les autres prendront plus tranquillement un bain de fraîcheur sous les cascades environnantes ou découvriront Ujarrás, un village amérindien où vivent des Cabecars.

Petits diables en fête 
La célébration dure peu de temps, mais sa préparation occupe les Indiens borucas tout au long de l’année. Les hommes fabriquent les masques en bois multicolores sur lesquels sont peints et sculptés des visages, tandis que les femmes préparent les peintures naturelles et les tissus. La Fiesta de Los Diablitos peut alors commencer. Durant trois jours et trois nuits, les hommes masqués miment une lutte effrénée contre le conquistador espagnol, symbolisé par une effigie de taureau. La danse se termine par la crémation du taureau vaincu. Les restes de la victime sont ensuite symboliquement partagés entre tous les habitants.

Communauté indienne de Boruca 
A 70 km au sud de San Isidro del General.
Une piste conduit à ce village indigène où vivent les Indiens borucas. Particulièrement accueillants, ils ont l’habitude de côtoyer des étrangers. Un humble musée explique les traditions indiennes, de l’artisanat à l’architecture en passant par l’utilisation des plantes médicinales (Ouvert de 8 h à 17 h. Entrée libre). Les Borucas, connus historiquement pour leur travail de l’or, sont aujourd’hui spécialisés dans la vannerie. Mais leur réputation vient surtout de la Fiesta de Los Diablitos organisée annuellement du 30 décembre au 1er janvier.