Changement de décor ! La végétation exubérante cède la place à une savane herbeuse et à un environnement semi-désertique. En filant vers la pointe méridionale de l’île, la nature devient plus sauvage, aride et désertique. L’environnement humain est très riche : entre les pêcheurs nomades et les Bara, réputés pour la décoration de leurs tombeaux, la région présente de fascinantes facettes naturelles, culturelles et humaines.

Ihosy

A la croisée des chemins, « capitale » de l’ethnie bara – seule ethnie polygame du pays -, Ihosy ouvre la porte du Sud. Assoupie sous la fournaise de l’été, elle a pour principal attrait sa position géographique à la jonction des routes vers Fort-Dauphin et Tuléar, aux portes du massif de l’Isalo. 

Les environs 
Ranohira 
A 243 km à l’est de Tuléar ; 6 h de route de Fianarantsoa.
Cette petite bourgade hors d’âge s’est récemment donné des allures de ville du Far-West. La découverte de gisements de saphirs a attiré des prospecteurs qui ne contribuent pas à la quiétude et à la sécurité des lieux. Ranohira (« là où il existe des lémuriens ») est la porte d’entrée du parc national de l’Isalo.

Parc national de l’Isalo 
A 3 km de Ranohira. Ouvert toute l’année. Entrée payante. Sites intérieurs payables en supplément. Guides conseillés et payants.
Le décor – 80 000 ha de paysage lunaire – surprend : des roches déchiquetées, grises ou ocre, sculptées par les pluies et le vent. Des surprenantes formations de grès auxquelles s’accrochent les lichens. Une foison de sites (souvent payants, en plus du prix d’entrée) qui méritent la découverte : le canyon des Makis, la piscine naturelle, la grotte de Teniky…
Même si, au détour des chemins, on découvre une faune intéressante (lémuriens, prosimiens, 55 variétés d’oiseaux, etc.) et une flore qui l’est autant (fougères, palmiers, herbages secs…), ce sont les insolites paysages rocheux qui font la réputation du parc. De par leur nature et leurs formes, les lieux incitent à la randonnée et au respect. Il faut se laisser imprégner par le silence qui recouvre le site. Admirer les formations rocheuses. Se laisser gagner par l’ambiance surréaliste qui émane de ce cadre spectaculaire.

Des zébus à tout prix ! 
Les Bara accordent beaucoup d’importance au zébu. Très résistant, apprécié pour ses qualités et les services qu’il rend, il symbolise la richesse de son propriétaire. Sa valeur est d’autant plus importante aux yeux des Bara polygames qu’il peut servir de dot. Comme le futur marié doit prouver sa virilité, il est bon qu’il possède un troupeau. Cependant, l’animal est surtout réputé comme moyen de transport ou en tant qu’animal sacrificiel. Les Bara l’apprécient moins pour sa viande ou son lait. L’ancienne tradition locale qui veut que l’on juge la valeur d’un Bara au nombre de zébus qu’il détient entraîne parfois des abus : les vols de bétail ne sont pas rares. On en dénombrait près de 45 000 au début des années 1990.

Tuléar (Toleara)

Balayée par un vent chaud et sec, écrasée sous le soleil, Tuléar (ou « Toleara » ) flaire bon l’Afrique toute proche. Flirtant avec le tropique du Capricorne, la ville est poussiéreuse et dépouillée. Pourtant, rarement une cité aussi dénuée de richesse aura présenté une telle inhabituelle beauté. Beauté qu’il convient de chercher dans les yeux de ses habitants et non dans son architecture banale ou sur ses plages, qui sont loin d’être les plus belles du pays. Les troubles qui secouèrent la ville en mars 1987 ne sont plus qu’un lointain souvenir. 

Centre-ville 
Cœur administratif de Tuléar, le centre-ville frappe par sa monotone uniformité. Tirées au cordeau, les rues divisent la cité en quartiers mieux délimités que dans le reste du pays. L’architecture coloniale garde tous ses droits et, seule nuance fantaisiste, les tamariniers (kily) ornent chaque carrefour. Ils sont très appréciés des Tuléariens, offrant un ombrage bienvenu au moment de la sieste.

Suivez le guide ! 
A Tuléar, le petit musée de la mer conserve un cœlacanthe pêché en 1995 près d’Anakao. Ce poisson que l’on croyait disparu est un rescapé de la Préhistoire.

Quartier du Sans-Fil 
Accroché aux faibles pentes de la ville, il est populaire, pittoresque et animé : la gare routière, rendez-vous des taxis-brousse, a fait sortir de terre une enfilade d’étals où s’amoncellent en tas branlants les figues de Barbarie ou les mangues. Entre les échoppes de fruits, des vendeurs proposent leurs tas de charbon de bois que les gargotiers et les ménagères utilisent pour la cuisine. Alors qu’aux heures les plus chaudes, le quartier somnole, il se réveille au coucher du soleil. La gare routière et les restaurants de rue deviennent alors un rendez-vous animé et bruyant.

La grotte des Portugais 
En arrivant sur le site, on voit qu’il se présente comme un vaste cirque défendu par une muraille naturelle. Une ouverture permettait à ses habitants de surveiller l’ensemble de la vallée. Sous les parois, quelques grottes ont été aménagées. La plus grande, profonde de près de 15 m, a été protégée des éboulements par ses anciens occupants. Tout autour, d’autres traces de présence humaine : fondations d’une ancienne construction, vestiges d’une place entourée de niches taillées à même la roche… Pour les uns, ces grottes ont été aménagées par des naufragés portugais qui, aux alentours de 1530, tentaient de rejoindre Sainte-Luce. Pour d’autres, elles servirent de refuges à des marchands arabes. Selon la tradition locale, elles abritaient les Kalanoro, qui auraient été les premiers habitants de l’île. Comme bien d’autres à Madagascar, ce mystère reste entier.

Marché aux coquillages 
La région est un paradis pour les amateurs de coquillages. Chaque matin, les « glaneuses » sillonnent les plages à la recherche de coquillages de toute forme, de toute taille et de toute couleur. Certains sont classiques, d’autres sont de vrais joyaux. On les retrouve quelques heures plus tard sur ce marché, unique à Madagascar, qui se tient face à la mer.

Les environs 
Ifaty 
A 20 km au nord de Tuléar.
Ancien village de pêcheurs appelé à devenir station balnéaire réputée, Ifaty se blottit au fond de sa baie. Voici un site de prédilection pour les plongeurs et les adeptes du farniente : les plages incitent à la détente et les fonds marins invitent à la découverte. En saison (juillet et août), on peut observer la migration des baleines qui passent par le canal du Mozambique avant de rejoindre Sainte-Marie.

Miary 
A 10 km au nord-est de Tuléar.
C’est aux abords de Miary que l’on découvre l’une des espèces végétales les plus anciennes : le banian,un immense figuier dont les racines se confondent avec le tronc et le tronc avec les racines. L’un de ces banians est sacré et entouré de fady. Même pour l’approcher, il faut demander l’autorisation du fokonolona,le conseiller municipal local.

Arboretum d’Antsokay 
A 15 km au nord de Tuléar. Ouvert tlj de 7 h 30 à 17 h 30. Entrée payante. Visite guidée obligatoire.
C’est au botaniste suisse Hermann Petignat que l’on doit cet impressionnant arboretum qui regroupe un millier d’espèces de plantes endémiques du sud de l’île : aloès, euphorbes, petits baobabs, « arbres à vazaha » (qui pèlent autant que les visiteurs piégés par le soleil)… Pour apprécier la visite, il est bon de posséder des notions de botanique, mais les néophytes savoureront également cette promenade instructive et agréable.

Sarodrano 
A 4 km au nord de Saint-Augustin.
Sur la route qui mène à Saint-Augustin, Sarodrano permet de découvrir des bassins naturels à l’eau translucide, de nombreuses grottes et un chapelet de petits lacs souterrains.

Les Vezo, pêcheurs et nomades 
Les Vezo (dont le nom signifie « pagayeur ») sont un sous-groupe de l’ethnie sakalava. Fort d’environ 50 000 âmes, ce groupe ethnique – à dominante africaine marquée, mais teintée d’une touche asiatique – est probablement le seul de l’île à ne pas posséder de territoire propre. Et pour cause : les Vezo perpétuent aujourd’hui encore la tradition du nomadisme. Véritables nomades de la mer, ils filent sur leurs belles pirogues à balancier le long de la côte sud, de la baie de Saint-Augustin à Morombe, en suivant les bancs de poissons. Le soir, ils bivouaquent sur les plages, à l’abri de leurs voiles transformées en tentes pour l’occasion. Pour se diversifier, certains pêcheurs proposent des excursions-pêche avec grillades sur des îlots déserts. 

Saint-Augustin

A 37 km au sud de Tuléar.
Saint-Augustin bénéficie d’une position géostratégique hors du commun à l’embouchure de la rivière Onilahy, au fond d’une rade protégée par des plateaux calcaires. Cette situation a toujours attiré les navigateurs. Aux XVIe et XVIIe siècles, la région était le cadre d’échanges entre marchands d’épices et négriers. Les pirates européens en firent aussi leur tête de pont sur la côte ouest. Aujourd’hui, Saint-Augustin est un village de pêcheurs vezo dont la quiétude n’est troublée que par les plongeurs et les adeptes de la chasse sous-marine. 

Les environs 
Anakao 
Accessible uniquement par la mer, Anakao séduit par l’authenticité du mode de vie des pêcheurs vezos. Le long de belles plages préservées, quelques hôtels et bungalows offrent une étape paisible aux routards et amateurs de plongée.

Nosy Ve 
A 2 h de bateau de Saint-Augustin.
Jadis repaire d’une petite colonie de Français qui trafiquaient avec les habitants de Saint-Augustin, Nosy Ve est aujourd’hui inhabitée et possède quelque chose du paradis terrestre.

Réserve naturelle intégrale de Tsimanampetsotsa 
A 40 km au sud d’Anakao.
Elle étend ses 43 000 ha autour d’un vaste lac peu profond dont l’originalité réside dans la couleur de son eau, d’une étonnante teinte blanc opaque. C’est peut-être ce qui explique la présence de poissons blancs et… aveugles. Au cœur de la réserve, on découvre également de nombreuses espèces d’oiseaux, mais aussi la tortue radiée de Madagascar et le maki catta.