Le Costa Rica concentre sur une petite superficie une étonnante diversité. Sa capitale est à son image, avec seulement 400 000 âmes, bien loin de la surpopulation des mégalopoles d’Amérique latine. Dominée par la cordillère Centrale et ses sommets volcaniques, la ville apparaît sans attrait notable au premier regard. Quelques jours d’acclimatation suffisent pourtant à découvrir son charme et celui de ses habitants, les Joséfinos.

San José

Fondée en 1737, la cité a patienté un siècle pour asseoir sa suprématie et devenir la capitale du pays à la place de Cartago. Sa situation centrale fut l’un de ses atouts principaux. Aujourd’hui encore, elle rayonne à travers les régions environnantes et constitue un excellent point de départ pour se lancer dans des excursions. L’agglomération est attachante par la sérénité et la sécurité qui règnent dans ses rues tracées à angle droit sur le modèle des villes nord-américaines, sauf qu’ici les buildings n’existent pas ou peu. 

Centre-ville

Le cœur de la cité se situe au croisement de la calle Central et de l’avenida Central, artère piétonne sur quelques centaines de mètres. Le commerce s’y est développé avec vigueur et les enseignes internationales y ont pignon sur rue. 

Parque Central
Calle Central, avenida 2-4.
En 1868, à l’époque de la réalisation des travaux d’adduction d’eau dans la capitale costaricaine, une fontaine s’élevait sur la place principale. Autour de ce monument, un espace vert fut dessiné, devenu depuis l’un des poumons de la ville. De nos jours, c’est l’un des lieux de rencontre privilégiés des Joséfinos qui viennent autant pour se reposer que pour pratiquer leurs loisirs.

Catedral Metropolitana
Calle Central, avenida 2-4. Ouvert tlj 24 h/24. Entrée libre.
Construite au début du XXe siècle sur l’emplacement de l’ancien ermitage de San José de la Boca del Monte, nom originel de la capitale du Costa Rica, la cathédrale métropolitaine est un édifice de pierres jaune pastel. L’entrée principale repose sur des colonnes dont l’intérêt, outre l’aspect esthétique, est de pouvoir amortir les tremblements d’un éventuel séisme.

Mercado Central
Calle 6-8, avenida 0-1. Ouvert du lundi au samedi de 6 h 30 à 18 h 30. Entrée libre.
Lors de la transformation de la place principale de San José en parc central au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, il a fallu trouver un nouvel emplacement pour le marché. Ces halles, incorrectement baptisées Plaza Nueva, ont su conserver l’essence populaire de ce rendez-vous quotidien. Les denrées alimentaires y côtoient les étals de fleurs et les sodas – petits stands de nourriture où l’on se restaure sur le pouce – et, depuis quelques années, des boutiques destinées aux seuls touristes qui y trouveront les traditionnels souvenirs à rapporter.
En face du bâtiment principal se trouve le mercado del carne, royaume des marchands de viande et de charcuterie.

Teatro Popular Melico Salazar
Calle Central-2, avenida 2. Ouvert du lundi au samedi de 10 h à 22 h. Entrée libre.
La façade de ce théâtre populaire du centre-ville, dont le nom est un hommage à un célèbre ténor, invite à pénétrer dans son enceinte tant les ornements et sculptures sont minutieusement ciselés. La décoration intérieure est moins attrayante, à l’exception du coffee-shop dont l’ameublement en bois incite à se reposer quelques instants à l’abri de la moiteur.

Suivez le guide ! 
Depuis les étages supérieurs de la Banque du Costa Rica, la vue sur la ville est saisissante (Calle 4-6, avenida 2. Entrée libre).

Museo de los Niños
Calle 4, avenida 9. Ouvert du mardi au vendredi de 8 h 30 à 15 h et le weekend de 10 h à 16 h. Entrée payante.
Avant d’être transformé en musée, cet édifice était une prison : ses tours et ses remparts, sublimés par les illuminations nocturnes, dressent leur silhouette majestueuse dans la perspective de l’avenida 9.
L’espace muséographique, relativement innovant, est destiné en premier lieu aux plus jeunes. A travers l’aménagement et la présentation, très interactive, tout a été prévu à leur intention, même si l’intérêt du musée dépasse largement le cadre de la stricte enfance. Tous les thèmes du savoir y sont abordés, de la science à l’histoire en passant par la géographie, la musique et l’organisation de la société. Des ateliers pratiques y sont également régulièrement proposés pour découvrir les traditions artistiques des Amérindiens du Costa Rica.

Correo Central
Calle 2, avenida 1-3. Ouvert du lundi au vendredi de 7 h 30 à 18 h, le samedi de 6 h 30 à 12 h. Entrée libre.
La poste principale est située dans un remarquable bâtiment édifié par l’architecte Luis Llach entre 1914 et 1917. Cette construction monumentale, dont les quatre coins sont ornés de tours, abrite, outre les services postaux et télégraphiques classiques, un musée de la Philatélie à l’étage supérieur. Les amateurs pourront y admirer tous les timbres émis par l’Etat depuis l’indépendance.

Iglesia de La Merced
Calle 12, avenida 2-4. Ouvert tlj 24 h/24. Entrée libre.
Les rénovations en cours devraient permettre à cet édifice religieux de retrouver un lustre perdu. Si l’église, construite en 1894, est de style gothique, la curiosité principale se situe en fait à l’extérieur. Une pierre sphérique datant de l’époque précolombienne, telle que l’on en trouve dans la région de Palmar Sur et Palmar Norte et sur la péninsule d’Osa, est exposée dans le jardin : personne n’a encore percé le secret de ces bolas grandes à la rondeur parfaite ; leur fabrication ainsi que leur utilité demeurent un mystère.

Plaza de la Cultura
Calle 3-5, avenida Central.
Cette grande place réservée aux piétons demeure un lieu de rendezvous privilégié de la jeunesse locale, d’autant plus que de nombreux fast-foods ont ouvert sur son pourtour. L’animation y est permanente, de jour comme de nuit. Sous les grandes dalles de béton qui recouvrent le sol, sont abrités un bureau de l’Institut costaricain du tourisme et deux musées fort instructifs, tandis que dans le voisinage immédiat se trouve le Théâtre national.

Museo del Oro
Plaza de la Cultura. Ouvert du mardi au dimanche de 10 h à 16 h 30.
Propriété de la Banque centrale du Costa Rica, le musée est dédié aux civilisations précolombiennes et au travail de l’or. Pédagogique, il exploite toutes les techniques modernes d’éclairage pour faire scintiller les bijoux et objets de culte créés par les premiers habitants, entre le Ve siècle av. J.-C. et le VIe siècle. Les populations amérindiennes actuelles ont été consultées lors la mise en place de cette exposition permanente, afin que soit respecté le plus possible l’esprit de leurs ancêtres. Des expositions temporaires sont également présentées dans ces locaux.

Museo de Numismática
Plaza de la Cultura. Ouvert du mardi au dimanche de 10 h à 16 h 30.
Toujours dans les sous-sols de la place de la Culture, la Banque centrale a installé un second espace muséographique. L’histoire du pays y est contée à travers l’évolution des billets de banque et des pièces de monnaie.

Teatro nacional
Calle3-5, avenida Central. Ouvert, en dehors des représentations, du lundi au vendredi de 9 h à 16 h et le samedi de 9 h à 12 h 30 et de 13 h 30 à 17 h 30.
Symbole des aspirations européennes de la bourgeoisie costaricaine, le Théâtre national a été fondé à la fin du XIXe siècle. Les fonds nécessaires à sa construction furent réunis par les producteurs de café grâce à la création d’une taxe spécifique sur la marchandise exportée. Bâtie dans un style en vogue à l’époque, sa façade, surmontée de trois statues allégoriques représentant la Musique, la Danse et la Renommée, ressemble à celle de l’Opéra de Paris. Les peintures, fresques et sculptures qui ornent les salles sont l’œuvre, pour la plupart, d’artistes italiens. Endommagé en 1992 lors d’un tremblement de terre, le théâtre a été restauré de façon scrupuleuse.
A l’intérieur, le café Ruiseñor est un lieu serein pour se désaltérer, à l’abri de la chaleur de la ville, et propose régulièrement des expositions de peinture.

Faites vos jeux ! 
Il n’est pas une rue ou une entrée de magasins où ne soient postés des vendeurs de billets de loterie, et le passant est sans cesse interpellé aux carrefours pour participer à une quelconque tombola. Les Costaricains sont joueurs et le nombre de salles de jeux à San José le confirme. Machines à sous et tables de roulette ou de black-jack sont légion dans la capitale, comme autant de tentations et d’invitations à l’enrichissement immédiat. Ces lieux, ouverts 24 h sur 24, attirent les touristes bien sûr, mais aussi et surtout les Ticos. Le plus célèbre est logé dans le hall du Gran Hotel Costa Rica, face au Théâtre national. Les résidants, comme les consommateurs assis à la terrasse voisine, baignent dans un environnement sonore permanent, formé par le tintement des pièces et jetons qui tombent dans les machines.

Barrio Amón

Au nord-est du centre-ville.
L’activité urbaine est trépidante et la circulation délicate à toute heure de la journée. Heureusement, dans ce quartier, la métropole peut s’enorgueillir de compter plusieurs parcs permettant aux promeneurs de retrouver une atmosphère plus respirable, entre deux visites de musées. Les plus belles maisons de la capitale, particulièrement celles de style colonial, y sont regroupées. 

Parque Morazán
Calle 5-9, avenida 3-5.
Pas une ville dans le pays ne se passe, dans son parc municipal, d’un kiosque à musique. La capitale n’échappe pas à la règle avec cette construction qui trône au milieu du Parque Morazán. Son dôme arrondi lui confère une réelle originalité. Bâti en 1920 pour accueillir les nombreux concerts en plein air, il possède une excellente acoustique qui lui vaut son surnom de « temple de la musique ». Des statues jalonnent les allées du parc et un petit jardin japonais apporte une note exotique dans l’angle nord.

Parque España
Calle 9-13, avenida 7.
Encore un espace vert à proximité immédiate du centre-ville, dans lequel les grands arbres abritent une multitude d’oiseaux. C’est juste avant le coucher du soleil, à l’heure où les enfants jouent encore dans les allées, que les chants de cette faune aviaire se font le plus entendre. Un marché d’art se déroule dans le parc chaque dimanche.

Edificio metálico
Calle 9-11, avenida 5.
Sur le côté sud du Parque España, cette école publique, construite à la fin du XIXe siècle, attire l’attention par son architecture originale. Outre sa couleur vert pastel, la structure du bâtiment, faite d’acier – comme son nom l’indique -, lui confère sa particularité.

Casa Amarilla
Calle 11-13, avenida 7.
Le ministère des Affaires étrangères est installé dans cette maison jaune, édifiée en 1916 grâce à des fonds offerts par le milliardaire américain Andrew Carnegie. La porte est encadrée par des décorations d’influence baroque, entrelacs de sculptures géométriques.

Museo de Arte y Diseño contemporáneo
Calle 15-17, avenida 7.Ouvert du lundi au samedi de 9 h 30 à 16 h 45.  Entrée payante.
Logé dans l’ancienne fabrique nationale de liqueurs, précisément dans l’ex-rhumerie, ce musée impressionne par l’épaisseur de ses murs, lesquels mesurent un mètre de large. A l’intérieur, six salles accueillent des expositions permanentes ou temporaires, toutes dédiées à l’art contemporain et aux nouvelles formes d’expression artistique.

Museo del Jade
Calle 9-11, avenida 7.Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h. Entrée payante.
Au onzième étage de l’Institut national des assurances, cet espace abrite une extraordinaire collection d’objets en jade, la plus importante du continent latino-américain. Ce patrimoine, légué par les populations autochtones, permet de découvrir la finesse et la transparence de cette pierre. Des créations en or ou en céramique ainsi que des ustensiles en pierre de la vie quotidienne, comme les metates, outils destinés à écraser le maïs, complètent l’exposition. Le musée, installé dans l’un des rares immeubles construits en hauteur, offre une vue d’ensemble sur la ville.

Serpentarium
Barrio OtoyaCalle 9-11, avenida 1. Ouvert du lundi au vendredi de 9 h à 18 h et le week-end de 10 h à 17 h. Entrée payante.
Toutes les espèces de serpents du pays, boas ou vipères fer-de-lance, cobras, anacondas, cohabitent avec de nombreux batraciens. Autre spectacle étonnant : le repas des piranhas est servi en public chaque lundi, mercredi et vendredi à 17 h précises.

Parque nacional
Calle 15-19, avenida 1-3.
La rénovation, opérée en 2000, a rendu sa jeunesse à ce grand parc public, d’autant plus que les paysagistes ont travaillé à partir des plans d’origine datant de la fin du XIXe siècle. Au milieu est érigé le monument national, représentant la lutte des nations d’Amérique centrale contre les attaques du mercenaire américain William Walker. Le héros costa-ricain de cet épisode historique, Juan Santamaría, est lui aussi honoré par une statue postée à l’entrée sud-ouest du parc.

Suivez le guide ! 
Dans la calle 13, plusieurs cabarets et petits théâtres de quartier – dont l’un du nom de Molière -, donnent au secteur un faux air de Quartier latin.

Asamblea Legislativa
Calle 15-19, avenida Central -1. Ouvert du lundi au vendredi de 8 h à 16 h. Entrée libre.
La Chambre des députés est installée dans un ensemble de onze bâtiments. En pénétrant dans le Salon des présidents de la République au sein de l’édifice central, où se déroulent les débats, on peut observer les portraits de tous ceux qui se sont succédé à la tête de l’Etat. Dans la cour intérieure, El jardín de la Madre Patria, décoré de mosaïques, rivalise de fraîcheur avec les patios d’Andalousie. Le Castillo Azul, utilisé au début du siècle dernier comme résidence présidentielle, a des allures de petit château tandis que la Casa Rosada, où les députés disposent de bureaux, est typique de l’architecture coloniale en vogue au XIXe siècle chez les riches producteurs de café de la vallée Centrale.

Museo nacional
Calle 15-17, avenida Central-2. Ouvert du mardi au samedi de 8 h 30 à 16 h 30, le dimanche de 9 h à 16 h 30. Entrée payante.
L’ancienne forteresse Buenavista est un haut lieu de l’histoire costaricaine puisque c’est ici qu’en 1948 José Figueres Ferrer décida la suppression définitive des forces armées. Depuis, elle a été transformée en musée où sont exposés des objets en or et des céramiques datant de la période précolombienne. Une salle est consacrée à l’histoire du pays, depuis les premières civilisations jusqu’à la période actuelle, et une autre rend hommage à Oscar Arias Sánchez, Prix Nobel de la paix. Le lieu a été entièrement repensé en 1989, lors du centenaire de la démocratie, mais une rénovation ne serait pas inutile pour redonner de l’éclat aux façades et aux murailles en particulier, passablement abîmées par la pollution et l’humidité ambiante.