Agréable et animée, Saint-Denis est à l’image de la Réunion, cosmopolite et vivante, savoureux mélange de visages et de religions, de maisons créoles et de bâtiments administratifs, de boutiques chic et de marchés traditionnels, de musées et de jardins. On s’y promène à pied avec délices à la rencontre du passé et de l’avenir.

Rappel historique

C’est en 1668 qu’Etienne Régnault, premier colonisateur officiel de la Réunion, s’établit près d’une rivière à laquelle il donne le nom de son navire, le Saint-Denis. Il se fait construire une maison pour satisfaire à sa fonction de gouverneur et fonde en même temps une petite ville qui prospère rapidement grâce au mouillage sûr qu’offre la baie toute proche.
Bien qu’un temps supplantée par Saint-Paul, première capitale de l’île, Saint-Denis devient en 1738, sous l’égide de Mahé de La Bourdonnais qui trouvait son port plus adapté et la ville plus facile à défendre, capitale de l’île Bourbon. C’est notamment avec l’importation de la culture du caféier que la ville prospère et devient la clé qui ouvre vers les terres fertiles de la côte ouest. Le développement agricole de la colonie contribue à la prospérité de la ville et à son enrichissement.
De nombreux édifices et jardins voient le jour à partir de la fin du XVIIIe siècle et les avenues tracées par l’ingénieur Paradis sont bordées de grands arbres pour donner de l’ombre aux habitants. C’est à cette époque d’opulence que naissent l’ancien hôtel de ville, l’un des plus beaux de l’outre-mer français, la somptueuse promenade de bord de mer du Barachois, le luxuriant Jardin de l’Etat ainsi que la plupart des belles demeures créoles de la rue de Paris.
Crises économiques, épidémies ravageuses, sans parler de l’incendie de 1914 qui détruit presque entièrement la ville, le déclin frappe l’île et sa capitale jusqu’au lendemain de la Seconde Guerre mondiale : toutes deux trouveront alors le salut dans la départementalisation de la Réunion. La capitale réunionnaise, vers laquelle affluent des cohortes de fonctionnaires métropolitains, renaît bientôt de ses cendres à grand renfort d’édifices administratifs et de nouveaux quartiers qui grimpent peu à peu à l’assaut des hauteurs dominant la mer.
Aujourd’hui, Saint-Denis est une préfecture agréable qui conjugue avec bonheur l’image de la France et l’ambiance des tropiques : avenues arborées, places ombragées, églises et jardins, promenades et musées, terrasses de cafés et rues commerçantes, rien ne manque à cette capitale sous le soleil.

Le front de mer

Toute visite de Saint-Denis se doit de débuter par la mer, lieu de naissance historique de la ville. S’il ne reste plus rien du modeste port d’antan, le « barachois » (petit abri en malgache), rapidement impraticable à cause des cyclones, le nom est resté pour qualifier le front de mer né du comblement des anciens bassins.

Le Barachois

Cette agréable promenade ombragée et fleurie est frangée de l’écume d’un océan Indien qui étend son bleu outre-mer à l’infini. Les baraquements militaires et défenses maritimes qui l’habitaient autrefois ont eux aussi quasiment tous disparu à l’exception de celui abritant les locaux de RFO . Même les célèbres canons qui pointent vers l’horizon sous les immenses cocotiers précédant la rivière Saint-Denis ne sont qu’une modeste réplique d’un alignement de batteries qui se voulait à l’époque redoutable.
Hier encore confinée entre la rivière Saint-Denis et la pointe des Jardins, cette promenade ne cesse de s’étendre au-delà de cette dernière, vers l’est, où elle se double d’un parcours sportif. Le Barachois historique attire quant à lui aussi bien les amateurs de pétanque que les amoureux du dimanche, sans compter les Dionysiens affamés qui y trouvent toujours un ensemble de camions-bars ouverts jusque tard dans la nuit.

Suivez le guide !

A l’aéroport, ne manquez pas l’expo photo du 1er étage. Un avant-goût de la culture réunionnaise si vous arrivez. Ou un clin d’œil créole si vous partez…

Place Sarda-Garriga

En quittant la mer à partir des canons du Barachois, on traverse la Route nationale n° 1 qui longe la mer et l’on se retrouve sur la place Sarda-Garriga qui accueille à une extrémité un kiosque à musique et à l’autre la statue de l’un des plus célèbres enfants du pays morts pour la France, Roland Garros. En arrière-plan, l’office de tourisme et le plus ancien restaurant de la ville, le Roland Garros, ont investi d’anciens entrepôts en pierre de taille.
Un troisième bâtiment abrite la Maison de la montagne qui fournit toutes les informations nécessaires pour organiser une randonnée dans la région des Hauts.

Place Mahé de La Bourdonnais

L’avenue de la Victoire, qui s’élance derrière la statue vers le centre-ville, laisse sur sa droite les vastes jardins de la préfecture et une esplanade où trône la statue de Mahé de La Bourdonnais (place Mahé de La Bourdonnais). C’est sur cette ancienne place d’armes que furent fêtés la plupart des événements marquants de l’histoire réunionnaise : fin de l’occupation britannique en 1815, proclamation de l’abolition de l’esclavage le 20 décembre 1848, débarquement des Forces françaises libres en 1942, départementalisation de l’île en 1946, visite du général de Gaulle en 1959.

Préfecture

Place Mahé de La Bourdonnais. Ne se visite que lors des journées du Patrimoine.
La préfecture date du temps de la Compagnie des Indes dont elle est un ancien entrepôt fortifié. Elle offre une architecture coloniale typique avec ses colonnades, son corps central flanqué de deux ailes et sa varangue.

Savoureux bouchons et samoussas

Incontournables, les bouchons et les samoussas constituent la base de l’alimentation légère ou rapide à la Réunion. D’origine chinoise, les bouchons sont de petites bouchées à la viande (porc, poulet, bœuf) ou à la crevette, agrémentées de combava, sorte de citron amer local, pour les meilleurs, et enrobées de pâte de riz. Cuits à la vapeur, ils se dégustent avec de la sauce de soja et de la purée de piment.
Les samoussas quant à eux sont des petits triangles de pâte de riz farcis de légumes, de poisson ou de viande cuisinés avec du curry et des oignons et frits dans l’huile. Bouchons et samoussas se trouvent partout et se dégustent à la plage, en pique-nique, en entrée et même en repas complet.

Du Barachois au Jardin de l’Etat

Un peu plus haut sur la gauche en remontant l’avenue de la Victoire, la place Leconte-de-Lisle célèbre elle aussi, par une statue, un autre enfant du pays. Peu après, sur la place de la Cathédrale, s’élève depuis 1850 une modeste construction de style toscan et une fontaine qui évoque les grandes orientations de l’île : l’agriculture, la navigation, la justice et l’industrie. L’édifice religieux vaut surtout par son Chemin de croix dont les stations s’illustrent des principales villes de l’île. En face se trouve l’ancienne université de Saint-Denis, édifiée sur les ruines du premier collège de l’île, le collège Saint-Cyprien.

Place de la Victoire

La colonne qui s’élève au centre de la place de la Victoire rend hommage aux Réunionnais morts au champ d’honneur et termine l’avenue de la Victoire qui devient alors rue de Paris.

Rue de Paris

C’est assurément celle qui mérite le plus que l’on s’y promène à pied tant les vestiges architecturaux y sont nombreux. Passé l’ancien hôtel de ville, sur la droite, de nombreuses maisons créoles resplendissent au fond de jardins luxuriants, protégés par des grandes grilles ou offertes à l’admiration des amoureux de la « case créole ».
Ce merveilleux patrimoine culturel de la ville appartient encore pour partie à de bienheureux propriétaires privés, mais de nombreuses bâtisses ont aussi été sauvées de l’abandon par des institutions publiques ou privées qui les ont restaurées avec brio.

Les cases créoles symboles du patrimoine culturel

C’est sans doute LE coup de cœur architectural de Saint-Denis. Par dizaines, les cases, plus ou moins grandes mais souvent délabrées (seule une douzaine est classée Monument historique), se concentrent essentiellement dans « le vieux carré créole » compris entre les rues du Général-de-Gaulle, Félix-Guyon, Lacaussade et Jules-Olivier.
Symbole ancestral de la culture créole, la case est bâtie sur un modèle unique : des barreaux (grilles) derrière lesquels on aperçoit un joli jardin, prolongé par une varangue, cette véranda ouverte ornée de lambrequins importés d’Inde. Un conseil, si vous ne voulez pas passer à côté de la case où naquit Raymond Barre ou celle du clan Vergès, munissez-vous de l’ouvrage collectif Cases Créoles de La Réunion, chez Flammarion, 2001.

Maisons créoles

On ne manquera pas de marquer un arrêt au n° 15 de la rue de Paris, une élégante maison vert pâle qui abrite aujourd’hui les bureaux du Service départemental d’architecture et du patrimoine (SDAP). Cette villa Raymond Barre a en effet appartenu à l’ancien Premier ministre après avoir été la maison natale de Léon Dierx. Au n° 18, on peut admirer toute la finesse d’un guétali qui permettait d’observer sans être vu.
L’archevêché trône un peu plus loin au n° 42. La rue de Paris se termine par la place de Metz derrière laquelle s’étale la magnificence végétale d’un vaste jardin.

Artothèque

26, rue de Paris. Ouvert du mardi au dimanche de 9 h 30 à 17 h 30. Entrée libre.
Cette splendide maison créole, qui accueille des expositions temporaires de peintures ou de photos, offre la possibilité de louer des œuvres d’art ou des livres de valeur pour un temps donné. Unique dans l’hémisphère Sud, elle fait naturellement la promotion des artistes réunionnais.

Musée Léon-Dierx

28, rue de Paris. Ouvert du mardi au dimanche de 9 h 30 à 17 h 30. Entrée payante, sauf le 1er dimanche de chaque mois.
Installé dans un ancien bâtiment de l’évêché, ce musée d’art moderne accueille une collection exceptionnelle de peintures, sculptures et gravures de la seconde moitié du xixe siècle, léguée par un célèbre marchand de tableaux d’origine réunionnaise, Ambroise Vollard. Des pièces de Renoir, Gauguin, Chagall y côtoient des œuvres de Bourdelle, Rouault ou Berthe Morisot.

Fête des Cafres 2008 à Saint-Denis (La Réunion)

Fête des Cafres 2008 à Saint-Denis (La Réunion) By: Caroline et Louis VOLANTCC BY-NC-SA 2.0

Jardin de l’Etat

Place de Metz. Ouvert tlj de 6 h à 18 h, jusqu’à 19 h de novembre à fin mars. Entrée libre. Visite guidée gratuite, uniquement en semaine.
Il tombait en désuétude, le voilà enfin réhabilité. Après plus d’un an de travaux, le Jardin de l’Etat fait peau neuve. Créé à la fin du XVIIIe siècle par la Compagnie des Indes orientales et baptisé par la suite Jardin du Roy, il servit durant de nombreuses années de dépôt aux planteurs ainsi qu’au célèbre Pierre Poivre – à qui un buste rend hommage – qui y entreposa des plants rapportés de ses nombreux voyages.
Si les arbres fruitiers qui alimentaient à une certaine époque l’ensemble de l’île ont aujourd’hui presque entièrement disparu, le jardin s’enorgueillit tout de même d’une collection remarquable d’essences exotiques, parmi lesquelles on peut citer des acajous du Sénégal, des ficus banians, des arbres à saucisses, des baobabs, des palmiers colonnes, formant une splendide allée et, les plus étonnants de tous, trois majestueux talipots, des arbres centenaires dont la particularité est de ne fleurir qu’une seule fois dans leur vie et de mourir ensuite.

Muséum d’histoire naturelle

1, rue Poivre. Ouvert du mardi au dimanche de 9 h 30 à 17 h 30. Entrée payante, sauf le 1er dimanche du mois.
Situé dans le Jardin de l’Etat, l’ancien conseil colonial à l’architecture élégante abrite aujourd’hui des minéraux de l’île et des collections de lémuriens de Madagascar, d’oiseaux et de poissons de l’océan Indien, et notamment un exemplaire du fameux cœlacanthe, le poisson fossile retrouvé vivant dans les eaux profondes des Comores. On peut aussi y observer des spécimens d’espèces disparues, typiques de la région comme le célèbre dodo.

Le centre-ville commerçant

La grande rivale de la rue de Paris est la rue Juliette-Dodu qui lui est parallèle depuis le front de mer. Elle aligne elle aussi de nombreuses maisons créoles bourgeoises, notamment aux n° 140 et 142 et au carrefour de l’Océan-Indien, à l’angle de la rue Rontaunay.
C’est également dans cette rue que s’élève le palais Rontaunay,grande maison créole en bois construite vers 1850 et longtemps demeurée le siège du conseil général avant de devenir un lieu d’expositions. C’est incontestablement la rue du Maréchal-Leclerc, en grande partie piétonne, qui est la plus vivante et la plus animée de Saint-Denis en formant le véritable cœur de la capitale réunionnaise.

Rue du Maréchal-Leclerc

Elle débute au niveau du Grand Marché qui offre un mélange d’artisanat réunionnais et de produits venus de tout l’océan Indien, et plus particulièrement de Madagascar (nappes brodées, jeux de solitaire, pierres, chaises en bois…). Si le haut de la rue, côté rue de Paris, présente des boutiques chic et des magasins de luxe, les alentours du croisement avec la rue Juliette-Dodu sont bien à l’image d’une Réunion populaire et métissée à souhait, représentative de la diversité de races et de cultures qui la compose.
La poste et un grand supermarché y jouxtent tous les types de commerces : magasins de chaussures et de vêtements, boutiques chinoises d’art, échoppes de tissus, d’électronique et d’ameublement tenues par les Indiens musulmans…

Au croisement de toutes les religions

Le quartier de la Poste est un peu celui des musulmans, puisque l’appel à la prière retentit cinq fois par jour du haut d’un immense minaret qui s’élève au-dessus de la grande mosquée de Saint-Denis dont l’entrée se fait sous les arcades situées rue du Maréchal-Leclerc au no 32 (ouvert de 8 h à 12 h et de 14 h à 16 h. Entrée libre).
De même, non loin de là, au no 99 de la rue Juliette-Dodu, se trouve la medersa Tarlimoul, une école coranique de langue arabe. En continuant à descendre la rue du Maréchal-Leclerc vers l’est, on découvre le Petit Marché, en fait un immense marché aux fruits, aux légumes et aux épices qui répand ses senteurs sucrées et safranées dans tout le quartier. En pénétrant dans cette portion de la rue du Maréchal-Leclerc, on change d’environnement religieux puisque s’élève au no 259 le splendide temple tamoul KovilKalikambalabondamment décoré de statues de divinités hindoues et richement coloré.
Dédié à Kali, c’est l’un des rares temples tamouls de l’île qui soit édifié en centre-ville (ouvert tlj de 8 h à 16 h 30). Un peu plus au sud en descendant vers la rue Sainte-Anne, on découvre les pagodes du temple de Gwang Di (ouvert en fonction des cérémonies qui s’y déroulent) au cœur d’un quartier traditionnellement chinois. En rejoignant le front de mer, la rue du Maréchal-Leclerc débouche sur le cimetière de l’Est où reposent pour l’éternité les milliers de victimes de la grippe espagnole de 1919 et des condamnés à mort aux tombes anonymes.

Les quartiers est

A l’origine circonscrite entre la rivière Saint-Denis et les montagnes de la Providence, la ville s’est aujourd’hui considérablement étendue d’est en ouest, le long du littoral, partant même à l’assaut des Hauts pour offrir de l’espace à ses banlieues, résidentielles vers les hauteurs, administratives, industrielles et commerçantes près du littoral. Certains de ces nouveaux quartiers comme Sainte-Clotilde et le Chaudron sont réputés pour leurs marchés où l’on retrouve toutes les saveurs, tous les parfums et toutes les couleurs de l’île.

Les grands travaux de la route littorale

Véritable prouesse technique, empruntée par plus 50 000 véhicules par jour entre Saint-Denis et l’Etang-Salé, la route littorale entre le nord-est et le sud-ouest – le plus peuplé et donc le plus fréquenté – fait intrinsèquement partie de l’histoire – et donc du folklore – de l’île. Les deux tronçons les plus célèbres sont, au nord, la route en Corniche, coincée entre une falaise qui s’effrite chaque année un peu plus et la mer dont les assauts parfois redoutables entraînent moult fermetures et basculements et, au sud, la toute récente route des Tamarins qui permet de franchir 120 ravines, grâce notamment à 4 viaducs exceptionnels.
Malgré tout, quelques bouchons subsistent. Il faut ainsi généralement laisser passer les heures de la rentrée à l’école le matin et de la sortie des bureaux le soir, notamment dans Saint-Denis et aux alentours des grandes villes du Sud (entre Saint-Pierre et Saint-Philippe). Enfin on parle depuis quelques temps d’un tram-train entre Sainte-Marie et Saint-Paul qui devrait voir le jour d’ici 2013. « Heureusement qu’y a l’tunnel longtemps ! »

Sainte-Clotilde

Longtemps restée un modeste village à l’écart de Saint-Denis, Sainte-Clotilde fut la première colonisation urbaine de la capitale réunionnaise. Ses champs de canne ont disparu sous les routes et les immeubles, laissant ainsi la place à une banlieue nouvelle, le Chaudron, du nom de l’immense cascade que l’on voit couler dans le lointain, à flanc de montagne (2 à 3 h de marche parfois dangereuse de Chemin Bois-Rouge, après La Bretagne).

Le Chaudron

Développement urbain galopant oblige, le Chaudron est devenu un quartier de Sainte-Clotilde elle-même devenue une banlieue citadine de grande importance, structurée et besogneuse. Réputé quartier « chaud » de Sainte-Clotilde, il est de fait le seul endroit « sensible » de l’île, mais cette mauvaise réputation est en passe d’être oubliée tant la municipalité fait d’efforts pour corriger ses erreurs d’urbanisme du passé.

Plateau de la Redoute

Ultime lieu historique, la Redoute s’étale au pied de la montagne qui borde la ville dans sa partie ouest. Peu visitée, cette partie de la ville regorge pourtant de vestiges méconnus. Elle se découvre après avoir traversé le quartier du Bas de la Rivière qui plonge vers la ravine, permettant de passer de l’autre côté de la rivière Saint-Denis.
Sur la rive gauche, le plateau de la Redoute porte l’église de la Délivrance, le quartier de la Petite-Ile(marché le mardi), la caserne Lambert et le stade. Deux monuments commémoratifs, l’un anglais, l’autre français, témoignent de l’unique bataille qui se soit déroulée sur le territoire réunionnais, les 7 et 8 août 1810, entre colons français et soldats anglais. Sur la place de Verdun toute proche, une stèle conserve un peu de terre rapportée du front par des poilus réunionnais ayant survécu à la Grande Guerre.

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