Elle doit son nom à la rivière Chobe, qui sépare l’extrême nord du pays de la bande de Caprivi en Namibie. Tout comme l’Okavango, le cours de la Chobe a été dévié par les mouvements de la surface terrestre et, au lieu d’atteindre l’océan Indien, il rejoint le Zambèze à Kazungula. Cette source d’eau bienfaitrice et permanente confère à la région une extraordinaire variété de paysages et l’une des meilleures concentrations animales du pays, notamment d’éléphants.
La destination est particulièrement prisée pour les safaris. Sa proximité avec les chutes Victoria constitue un atout supplémentaire.

Kasane et Kazungula

Le principal intérêt de ces deux petites localités tient à leur situation géographique privilégiée. Kasane, qui possède un aéroport, est à 5 km du parc national, et Kazungula sert de poste-frontière entre le Botswana, le Zimbabwe et la Zambie. De là, il est donc possible de préparer sa visite dans le parc national, comme de programmer une excursion aux chutes Victoria (à environ 100 km).

Reptile Park

Sur la route entre Kasane et Kazungula. Visites guidées payantes tlj à 9 h, 11 h, 14 h et 16 h.
Le parc propose une visite complète de sa collection de reptiles.

Chobe National Park

Accès principal au nord du parc à 5 km de Kasane et à 17 km de Kazungula. Accès au sud à 150 km de Maun. Ouvert du lever au coucher du soleil. Entrée payante. Réservation auprès du Bureau des parcs nationaux (DWNP) à Maun pour camper dans le parc. Plusieurs lodges privés. Un 4 x 4 est nécessaire.
Sur 11 000 km2, le parc national de Chobe est réputé pour sa formidable concentration d’éléphants, mais les lions et les hyènes sont également bien représentés. Les migrations animales offrent un superbe spectacle et attirent tous les ans, entre Savuti et Chobe, lions, guépards et lycaons. Il existe dans le parc quatre zones écologiques distinctes.
Au nord, les plaines et les forêts de Serondela, sur les berges du fleuve, où l’on observe les plus grandes concentrations animales. A l’ouest, les marais de Savuti qui, bien qu’asséchés, accueillent également une large faune. A l’est, les pans et les forêts de mopane de Nogatsaa et Ngwezumba,secteur particulièrement intéressant, bien que peu visité. Enfin, les vastes marais du Linyanti, au nord-ouest du parc, qui présentent un écosystème similaire à celui du delta de l’Okavango.

Serondela ou les berges de la Chobe

C’est la seule partie du parc qui peut se visiter à la journée. Des safaris en 4 x 4 ou des croisières en bateau sont proposés par les lodges des environs.
Cette zone, qui longe la rivière Chobe sur 15 km, est l’un des meilleurs sites d’observation de la faune. Les éléphants et les buffles sont les principales attractions de la région.
C’est surtout l’un des rares endroits où l’on peut observer de très près des troupeaux de plusieurs centaines d’éléphants, connus pour être les moins agressifs du pays, notamment les femelles d’ordinaire si protectrices envers leurs petits. Parfois, ils s’approchent si près qu’il serait possible de les toucher. On les laisse alors inspecter le véhicule ou la barque, palpant de leur trompe tout ce qui s’y trouve, êtres humains compris  !
Non seulement les animaux sont très nombreux en raison de la présence de l’eau, mais à la faune terrestre s’ajoute la faune aquatique des crocodiles, hippopotames et varans. Le parc abrite également de rares antilopes, comme les guibs harnachés, les pukus, les hippotragues noirs et les antilopes rouannes.
Côté volatiles, il n’est pas rare de voir de beaux aigles pêcheurs assister, placides, au défilé des nombreuses espèces aquatiques venues se réjouir de tant d’eau. Cette zone du parc étant la plus accessible et la plus visitée, le trafic y est relativement dense sur terre comme sur l’eau  ! Les croisières en bateau sont néanmoins gratifiantes, surtout en fin d’après-midi, lorsque de nombreux éléphants traversent la rivière ou prennent leur bain.

Nogatsaa et Tchinga

Difficile d’accès, à une centaine de kilomètres au sud-est de Serondela, ce secteur est le moins développé et le moins visité du parc (autosuffisance nécessaire). Les plaines et les forêts de mopane qui composent le secteur entourent un complexe d’une douzaine de pans qui offrent pourtant de superbes paysages. Après la saison des pluies, les pans conservent l’eau pendant plusieurs mois et attirent un grand nombre d’animaux, parmi lesquels l’oribi, une petite antilope endémique à cette partie du parc. C’est aussi le seul endroit dans le parc où il est possible d’apercevoir des oryx.

Des pachydermes envahissants  !

Le Botswana possède la plus forte concentration d’éléphants au monde, avec environ 100 000 individus, dont 65 000 pour la région de Chobe. L’animal le plus gros de la terre dévore quelque 200 kg de végétation par jour. Il représente ainsi une sérieuse menace pour l’environnement. Dévastant tout sur son passage, il peut considérablement modifier son habitat comme celui d’autres espèces dont on craint le déclin.
Quand sa densité est faible, cela n’est pas un problème, au contraire. Mais, avec une population augmentant de 5 % par an, il devient gênant  ! Certains préconisent l’organisation de campagnes de régulation par abattage, d’autres la reprise de la chasse intensive. Rien n’est idéal. Espérons que soient imaginées de meilleures solutions pour les pachydermes, ces « monuments de bonheur », comme les nomma l’écrivain Romain Gary.

Savuti

C’est, avec Serondela, le secteur du parc le plus visité. Situé au sud ouest, à environ 170 km de l’entrée nord, il faut compter 4 h à 6 h de route pour accéder à Savuti depuis Serondela et 4 h environ depuis Maun. Plusieurs curiosités géologiques font de Savuti une région de mystères. Ainsi, la dépression de Mahabe,réminiscence de l’ancien grand lac de Makgadikgadi, qui forme à présent, avec les anciens marais de Savuti, une énorme surface plane.
Asséchés le jour où la rivière de Savuti a cessé de couler, ces marais forment aujourd’hui une vaste plaine ouverte, où les arbres morts dégagent une atmosphère irréelle. La présence également improbable de la dune de Magwikwe, large de 180 m, longue de 100 km et haute de 20 m, marque l’ancien rivage du grand lac. Les collines de Gubatsa et de Gobadis, enfin, qui contrastent avec le paysage plat environnant, abritent des peintures rupestres san qui dateraient d’environ trois mille ans.

Canal de Savuti

Une rivière au flux étrange et incertain… Régulier de 1850 à 1880, le flux de la « rivière fantôme », comme on l’appelle, s’assécha pendant environ quatre-vingts ans, avant de se remettre à couler de 1957 à 1982, pour s’interrompre une nouvelle fois mystérieusement depuis. D’après les géologues, le phénomène serait dû aux mouvements tectoniques fréquents, qui auraient un impact sur la géologie de la région.

Faune de Savuti

Cette région désormais aride est particulièrement réputée pour sa concentration élevée de lions et de hyènes, ainsi que pour ses impressionnantes migrations de zèbres et de gnous. Une forte population d’éléphants mâles est également présente, notamment aux points d’eau, dont ils ne partagent pas facilement l’accès avec les autres espèces. Ils ont en revanche un comportement plutôt placide envers les visiteurs.
On ne se lasse pas du spectacle des pachydermes arrivant les uns après les autres au point d’eau et prenant possession des lieux. Les femelles et leur progéniture sont beaucoup moins visibles dans cette partie du parc. Elles se tiennent à distance, en des lieux plus sûrs et moins fréquentés.

Linyanti

Ce secteur, dont l’accès est difficile, se situe à 38 km de Savuti, à l’extrême nord-ouest du parc.
Il présente une forme d’habitat similaire à celle du delta de l’Okavango. La présence permanente d’eau contraste agréablement avec l’aridité de Savuti. La vie animale est particulièrement abondante durant la saison sèche, mais la présence de concessions de chasse à proximité rend les animaux plus difficiles à approcher. Les marais, bordés de papyrus et de roseaux, accueillent, outre les animaux de Savuti, des espèces typiquement aquatiques : sitatungas, cobes Lechwe ou hippopotames.

Concessions privées

L’avion représente souvent le moyen le plus simple et le plus pratique pour se rendre dans les réserves privées du nord-ouest du parc de Chobe.
Trois concessions privées se partagent une région d’une rare beauté, dont l’isolement garantit la sauvegarde : Kwando au nord, Linyanti à l’est et Selinda au centre. Situées entre le parc national de Chobe et le delta de l’Okavango, ces réserves abritent une étonnante mosaïque de marais, de savane et de forêt sèche.
Excellent terrain de chasse pour les prédateurs, les grandes plaines ouvertes sont idéales pour les safaris de nuit, durant lesquels il n’est pas rare d’apercevoir des créatures nocturnes (léopards, caracals, servals, hyènes, civettes…). Les safaris de jour ne sont pas moins prometteurs, tout comme les promenades sur l’eauen barge ou les marches à pied accompagnées de guides armés que proposent les lodges luxueux de ces trois réserves.

Réserve privée de Kwando

Accolée à la frontière namibienne, le long de la rivière Kwando, cette concession couvre une zone très sauvage de 2 320 km2. C’est l’une des plus grandes concessions du Botswana consacrées à la vie sauvage. En dehors de sa limite est avec la rivière, elle forme une ceinture étroite de forêts qui ouvre au sud sur de larges îles et plaines inondées.
On peut y observer toutes les espèces communes de la région, dont les impalas, les cobes Lechwe, les koudous, les girafes, les phacochères ou les babouins. Les hippopotames et les crocodiles fréquentent également la rivière. Parmi les prédateurs, lions, léopards et hyènes sont assez bien représentés, alors que les guépards sont plus rares. Enfin, la réserve est souvent visitée par les lycaons dans sa partie sud.

Réserve privée de Linyanti

Sur 1 250 km2 de nature vierge et sauvage, cette concession privée longe au nord-ouest les marais du Linyanti et s’étend plus bas que le lit asséché de la Savuti. Ses paysages s’en trouvent extrêmement variés. La savane aride côtoie ainsi des arbres ancestraux ou de superbes lagons et canaux qui ne sont pas sans rappeler le delta de l’Okavango. On y observe donc le même type de faune que dans le delta et la réserve de Kwando ou le nord-est du parc de Chobe.

Réserve privée de Selinda

Selinda s’étend des marais du Linyanti à l’est au delta de l’Okavango à l’ouest, sur 1 350 km2, et comprend le lit très souvent asséché de la rivière Spillway, qui relie l’Okavango aux marais du Linyanti. Entourée de marécages et de plaines inondées, la réserve offre un environnement intérieur plutôt sec. Son attrait tient plus à son isolement qu’à sa vie sauvage. La zone compte néanmoins des chiens sauvages, des girafes, des lions, des éléphants et occasionnellement des guépards et des léopards.

Une journée d’exception au cœur de la brousse

Dans les lodges et les camps de safaris, la brousse se goûte à l’aube. A 5 h 30, une tasse de café est servie au lit. Le petit déjeuner se prend vers 10 h, au retour du safari matinal. Avant le déjeuner de 13 h, servi à la mode anglaise devant la mare aux éléphants, et le thé de 15 h, on lézarde au bord de la piscine ou au frais sous la tente. Puis on repart en brousse. Au crépuscule, un bar est improvisé en pleine nature pour le plus exquis des apéritifs.
Parfois, un safari est prévu la nuit. Le soir, un dîner aux chandelles, composé de mets fins et de vins sud-africains, se savoure autour du feu de camp. C’est alors le moment délicieux de raconter son expérience de la brousse et de partager ses émotions. Plus tard, sous bonne escorte, on regagne sa tente pour une nuit au son des rugissements  !

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