Bientôt dépourvu de pétrole, Dubaï parie sur le commerce et le tourisme. En quelques décennies, l’émirat est devenu une destination atypique, où se mêlent modernisme à l’occidentale et traditions arabes, et où plus de 80 % des habitants sont… des expatriés !

Economie

Dubaï ne peut compter sur le pétrole pour son avenir. Les revenus provenant des exportations sont en constante baisse, et ses réserves d’or noir, estimées à environ 4 milliards de barils en 1991, seront épuisées d’ici dix à quinze ans. Pour anticiper le manque à gagner et rester compétitif, l’émirat a dû se remettre en question. Depuis les années 1980, il a planifié une diversification de ses sources de revenus et développé l’industrie, le commerce, les services, le tourisme et les congrès. Son économie de marché libre, sans restriction sur les importations et les exportations, ni sur les mouvements de capitaux, a su séduire bon nombre d’entreprises privées, venues s’installer dans les zones franches récemment créées. Dubaï est l’émirat le plus riche du pays avec Abu Dhabi. 

L’industrie 
En multipliant ses efforts pour attirer les capitaux et développer des productions manufacturières, l’émirat est devenu le principal centre industriel non pétrolier du pays. Parmi les principales activités figurent le bâtiment, l’aluminium, les métaux, le matériel lourd, l’alimentation, le prêt-à-porter et les textiles.

Les zones franches 
Créée en 1985, celle de Jebel Ali est la plus grande des Emirats arabes unis. Elle regroupe plus de 2 200 entreprises spécialisées dans la distribution, l’assemblage et les services, dont Nestlé, Pernod-Ricard, Yves-Saint-Laurent, L’Oréal. Depuis 1996, les autorités dubaïotes ont également une zone de libre-échange derrière l’aéroport, qui n’accepte que des sociétés à forte valeur ajoutée comme Boeing, Chanel, Dior. A Jumeirah, Dubaï a créé deux nouveaux concepts en ouvrant l’Internet City en octobre 2000 et la Media City trois mois plus tard.
Dans chaque zone franche, une agence se charge d’octroyer les licences d’exploitation et d’aider les sociétés à implanter leurs activités. Les avantages sont nombreux : une participation étrangère de 100 % dans la société, une exonération totale des droits d’entrée et de sortie ainsi que de l’impôt sur les sociétés pendant quinze ans, aucune taxe à payer sur les revenus personnels et des services de soutien comme le parrainage et le logement.

Le tourisme 
C’est un secteur d’activité en pleine expansion depuis ces dix dernières années. Conscient de ses atouts – conditions climatiques agréables d’octobre à mai, environnement sûr, belles plages et déserts –, Dubaï a été le premier émirat à investir dans des infrastructures touristiques de qualité. Avec quelque 343 hôtels en 2009 contre seulement 70 en 1990, la ville concentre aujourd’hui plus de 70 % du parc hôtelier des Emirats arabes unis. Comme l’accent est mis sur le tourisme haut de gamme et le tourisme d’affaires, la majorité des établissements sont aux normes quatre et cinq étoiles, et toutes les grandes enseignes internationales sont implantées.
L’aéroport est une escale très attrayante. Son nouveau terminal ultradesign et son duty-free, réparti sur 5 400 m2 et ouvert 24 h sur 24, font le bonheur des voyageurs en transit et des vacanciers. C’est l’aéroport le plus fréquenté des pays du Golfe, avec 18 millions de passagers en 2003. Sa capacité d’accueil devrait atteindre 60 millions d’ici 2010. Dubaï attire 70 % du total des visiteurs des Emirats arabes unis, avec 7,54 millions de touristes en 2008. Les Occidentaux sont les plus nombreux, puis les Arabes des pays du Golfe et les Asiatiques. Le nombre de Français ne cesse de progresser : 18 500 en 1996, 46 520 en 2001, 62 800 en 2002 et 156 400 en 2008 (27 % de plus par rapport à 2007).
De son côté, Abu Dhabi a merveilleusement tiré son épingle du jeu en 2009, malgré le contexte économique mondial peu favorable, avec 1,54 million de visiteurs (50 % de plus qu’en 2004), dont 35 000 Français. L’émirat ambitionne d’attirer 1,65 million de visiteurs en 2010, augmentant sa capacité d’accueil à 17 500 chambres à la fin 2010 et 25 000 chambres d’ici 2015. Ultramoderne, totalement équipé pour les personnes à mobilité réduite son aéroport international peut accueillir 20 millions de passagers par an. Il dispose de quatre terminaux, et un cinquième est en construction. L’aéroport international d’Al-Ain est quant à lui desservi par 9 compagnies aériennes, dont Etihad Ariways.
Les autres émirats de Fujairah, Umm Al Quwain et Ras al-Khaimah s’ouvrent également au tourisme et proposent leurs plages, leurs grandes étendues de dunes, leurs oasis, leurs golfs ou leurs sites de plongée.

Institutions politiques et administratives

Aux Emirats arabes unis, le pouvoir est entre les mains des familles souveraines des sept émirats qui forment le pays, présidé depuis 2005 par Sheikh Khalifa bin Zayed Al Nahyan, souverain d’Abu Dhabi. Le Premier ministre et vice-président du pays est son homologue de Dubaï, Sheik Mohammed bin Rashid Al Maktoum. Le système de gouvernement comprend un Conseil suprême, un Conseil des ministres, une instance parlementaire, un corps judiciaire indépendant et la Cour suprême. D’après les articles 120 et 121 de la Constitution, les domaines suivants relèvent des autorités fédérales : les affaires étrangères, la sécurité et la défense, les questions de nationalité et d’immigration, l’hygiène publique, l’éducation, la monnaie, les services postaux et téléphoniques, les affaires sociales, le secteur bancaire… Sheikh Maktoum gouverne Dubaï avec ses deux frères, Sheikh Hamdan et Sheikh Mohammed, respectivement ministre des Finances et de l’Industrie et ministre de la Défense du pays. L’émirat est administré par un certain nombre de départements locaux dans les domaines comme les travaux publics, le tourisme, les finances, les douanes et la gestion. 

La voix du peuple compte toujours 
A l’époque tribale, les chefs ne conservaient leur autorité que s’ils savaient s’attirer la loyauté et le soutien de leur peuple. Ils devaient régulièrement tenir une majlis, c’est-à-dire un conseil, où les Bédouins exprimaient ouvertement leurs opinions. Cette forme de gouvernement traditionnel est encore maintenue de nos jours. A Dubaï et dans les autres émirats, la famille régnante continue à organiser ces majlis qui permettent aux citoyens d’aborder des sujets très variés, comme la demande d’une parcelle de terrain ou d’une bourse d’études, ou d’adresser une plainte visant un ministère ou un département. Les débats peuvent être animés et passionnés avant qu’un consensus ne finisse par se dégager et que la politique du gouvernement local ne soit éventuellement modifiée.

Les principales instances fédérales 
Composé des souverains des sept émirats, le Conseil suprême se réunit quatre fois par an et élit tous les cinq ans le président du pays. Investi de pouvoirs législatifs et exécutifs, il ratifie les lois et les décrets, planifie la politique générale, approuve la nomination du Premier ministre et accepte sa démission.
Le Conseil national compte 40 membres, pour un mandat législatif de deux ans, représentant les émirats au prorata de leur population, Abu Dhabi et Dubaï étant les mieux servis. Cet organe politique joue un rôle important au service du peuple et renforce les principes de la shura (consultation). Il peut examiner, voire amender, les projets de lois fédérales. L’une de ses principales responsabilités est aussi la discussion du budget annuel.

Population

Le succès économique des Emirats n’est pas sans conséquences sur la démographie, qui ne cesse de croître grâce à l’affluence de travailleurs étrangers : 20 000 habitants en 1939, 610 000 en 1993, 1 029 000 en 2001, environ 1 400 000 en 2005 et 1,7 millions en 2010 à Dubaï. C’est l’émirat le plus peuplé du pays avec celui d’Abu Dhabi (1,75 million d’habitants en 2010, dont 817 500 dans la ville d’Abu Dhabi et près de 500 000 à Al-Ain). 94 % des habitants de Dubaï sont concentrés dans la ville et ses alentours, alors que les résidents urbains représentent 68,5 % de la population d’Abu Dhabi. 

Composition 
A Dubaï, le cosmopolitisme n’a jamais aussi bien porté son nom. Dans cette ville du Moyen-Orient, seuls environ 20 % de la population sont émiratis, l’essentiel des citoyens étant des expatriés d’une centaine de nationalités différentes. Les communautés indienne, pakistanaise et asiatique – Chinois, Philippins – sont les plus importantes : elles représentent plus des deux tiers de la population. On les retrouve dans les petits commerces, l’hôtellerie et la restauration, les taxis et la main-d’œuvre sur les chantiers. On rencontre aussi en ville des expatriés européens, libanais, iraniens, jordaniens, palestiniens, marocains, tunisiens… La plupart sont employés ou cadres dans des sociétés étrangères implantées à Dubaï, des hôtels et des restaurants.

Religion

Aux Emirats arabes unis, 95 % de la population est de confession musulmane, la majorité étant sunnite. Le pays est régi par les lois de l’islam, la charia et le Coran. Les fidèles sont appelés à faire la prière cinq fois par jour. Contrairement à l’Arabie saoudite, la pratique d’autres religions est autorisée et respectée. Le poids de l’islam est modéré, puisque les non-musulmans peuvent boire de l’alcool et consommer du porc, en vente dans certains supermarchés. Les femmes occidentales peuvent s’habiller à leur convenance, mais toujours avec décence. Sharjah est l’émirat le plus attaché à ses traditions religieuses. L’alcool y est formellement interdit. 

Vie sociale

Dans la mégapole vibrante qu’est Dubaï, principalement habitée par des travailleurs déracinés, les hôtelsjouent un rôle de premier plan pour plusieurs dizaines de milliers d’expatriés. Leurs nombreux restaurants et bars sont les seuls, à quelques exceptions près comme certains clubs de sports, à être autorisés à servir de l’alcool. L’éventail du choix est très large, tant en nombre d’établissements qu’en spécialités culinaires : polynésien, portugais, suédois, australien, antillais, français… Les jeudi et vendredi soirs, jours de week-end aux Emirats, il vaut mieux réserver. Les embouteillages sont alors légion, car les jeunes des autres émirats viennent en nombre se distraire à Dubaï, réputée plus animée. Ces jours-là, la vie nocturne est aussi particulièrement intense dans les pubs et les discothèques (entrée interdite aux moins de 21 ans). La ville est en perpétuelle ébullition, si bien que de nouveaux endroits à la mode ouvrent chaque mois. 

Quand la vie tourne au ralenti 
Durant le mois du ramadan, beaucoup de lieux publics sont fermés en journée. Par respect, les non-musulmans sont contraints de ne pas manger, boire ou fumer dans les rues, les centres commerciaux, les transports en commun, et ne peuvent boire de l’alcool qu’après 19 h 30 dans les bars, pubs et restaurants d’hôtels. Il est de rigueur de porter une tenue vestimentaire convenable, et les maillots de bain sont acceptés sur les plages privées. Après le coucher du soleil, les quartiers s’animent à nouveau. Certains hôtels montent des tentes bédouines sur la plage. Ils proposent alors de goûter aux plaisirs de la gastronomie locale et de fumer le narguilé. Les souks et les centres commerciaux ouvrent jusque tard dans la nuit, et on peut faire son shopping à minuit passé !

Les Emiratis 
On les croise dans les halls et les restaurants des grands hôtels, ainsi que dans les centres commerciaux et les supermarchés, comme Union Coop, situé sur Al-Wasl road. En dehors des horaires de travail, ils vivent en famille dans leurs quartiers résidentiels. Les mariages sont souvent arrangés, mais il appartient aux futurs époux d’accepter leur union. La cérémonie nuptiale est un événement qui donne lieu à plusieurs jours de festivités, de musique et de danse.
Les femmes émiraties sont respectées. Elles ont le même accès à l’éducation que les hommes, et de plus en plus d’entre elles exercent un métier. Elles occupent ainsi plus de 40 % des emplois publics dans le pays.

La prostitution 
Officiellement réprimandée, elle est pourtant apparente et tolérée dans beaucoup de bars et night-clubs d’hôtels. Ces filles sont en majorité d’origine asiatique, éthiopienne, marocaine ou des pays satellites de l’ex-URSS. Pareille situation peut surprendre ! Leur présence a incité certains établissements à adopter une politique d’entrée sévère… qui peut engendrer des situations embarrassantes : ainsi, il est déjà arrivé qu’une touriste française ait été « refoulée » à l’entrée parce qu’elle s’était présentée seule.

Art et culture

Fondée sur les traditions bédouines, la culture traditionnelle dubaïote est encore aujourd’hui un hymne au dromadaire, au cheval arabe, à la fauconnerie et à la construction de boutres. Le mode de vie des anciennes tribus et leur artisanat continuent à être mis en lumière dans les Heritage Villages (reconstitutions de villages d’autrefois) dans le quartier de Shindaga à Dubaï, sur la corniche d’Abu Dhabi, près du port à Sharjah ou au Musée national d’Al-Ain. Les artistes locaux ne sont pas oubliés, tant à Dubaï qui compte une vingtaine de galeries d’art (21 Gallery, Majlis Gallery au Courtyard, Green Gallery, XVA Gallery) qu’à Sharjah autour de son musée des Beaux-Arts, notamment dans le cadre de la Biennale des Arts qui y est organisée. 

Musique et danse 
Les fêtes et les célébrations donnent lieu à des manifestations de danse et de chanson typiques. C’est l’occasion d’admirer, par exemple, le spectacle de l’Al-Laiwa. Un groupe de 50 à 60 personnes forme un cercle et danse en harmonie avec la musique, en même temps qu’elles chantonnent des textes de poésie érotique. Les rythmes sont donnés par un grand tambour appelé maseedo, ainsi que par une boîte en métal, le bato. L’instrument de musique arabe par excellence est l’oud, sorte de guitare en bois de rose ou en acajou qui donne des sons assez similaires à ceux du clavecin ou de la mandoline.

Vêtements traditionnels 
On reconnaît les Emiratis à leur tenue vestimentaire. Les hommes portent la dishdasha, robe ample qui leur tombe sur les chevilles, généralement d’un coton blanc, mais durant l’hiver elle peut être également colorée et d’un tissu plus épais. Ils sont coiffés d’un petit bonnet en crochet blanc, le gahfia ou tagia, recouvert par le gutra. Ce long morceau d’étoffe blanche ou rouge est maintenu par l’igal, double couronne en laine noire ceinturant la tête.
Les femmes endossent un surmanteau noir, l’abbaya, qui recouvre également les cheveux. Leur visage peut être dissimulé derrière un voile fin nommé gishwa. Sous cette longue tunique, elles peuvent revêtir une robe à manches longues, la kandoura, souvent brodée de fils d’or, d’argent ou de couleurs vives.

Fêtes et coutumes

Fêtes religieuses 
Les fêtes musulmanes suivent le calendrier de l’hégire, dont la particularité est d’être lunaire. Il est difficile de connaître leurs dates précises longtemps à l’avance, car elles sont mobiles dans le temps. Par exemple, le ramadan recule de onze jours par an. C’est un mois sacré de jeûne durant lequel les musulmans commémorent la révélation du Coran. Pour purifier leur âme et leur corps, ils s’abstiennent de manger, de boire et de fumer de l’aube au coucher du soleil. La fin du ramadan est ponctuée par les festivités familiales de l’Eid al-Fitr. Soixante-dix jours plus tard, se déroule l’Eid al-Adha, dite également « fête du sacrifice », qui marque la fin du Haj, le pèlerinage à La Mecque. Le 12 du mois de Rabi al-Awwal, le troisième de l’année, les musulmans célèbrent le Mouled, anniversaire de la naissance du prophète Mahomet. Et, le 10 du mois de Moharram, ils fêtent Achoura, consacrée au jeûne.

Evénements annuels 
Janvier-février : Al Ain Aerobatic Show ; championnat de golf à l’Abu Dhabi Golf Resort ; Dubai Shopping Festival ; open de tennis.
Mars-avril : course hippique Dubai World Cup, la plus cotée au monde ; open de golf Dubai Desert Classic. Dubaï International Jazz Festival ; Abu Dhabi Music & Arts Festival ; Abu Dhabi Desert Challenge, rallye automobile dans l’un des déserts les plus exigeants du monde.
Juin-août : Dubaï Summer Surprises : durant 10 semaines, de nombreuses festivités destinées aux familles et surtout aux enfants ont lieu dans toute la ville.
Octobre : Abu Dhabi Classics, saison musicale à la programmation prestigieuse
Novembre : International Fine Arts and Antiques Fair à Abu Dhabi ; Abu Dhabi Art ; Biennale d’Art contemporain à Sharjah
Décembre : tournoi de rugby à sept Dubaï Rugby Seven, le Dubaï Internationa Film Festival. Le Dubaï Airshow, salon aéronautique qui a lieu tous les 2 ans à Airport Expo. Abu Dhabi Adventure Challenge, course multi-sports de 400 km sur 6 jours.

La capitale des soldes 
Organisé depuis 1996, le Dubai Shopping Festival est un événement majeur, accueillant plusieurs millions de visiteurs chaque année. Les promotions, en général de moins 20 % à moins 70 %, abondent dans les souks et les centres commerciaux. A Karama, il ne faut pas hésiter à marchander, même si les produits sont bon marché. Certains magasins de ce quartier augmenteraient volontairement les prix à cette période. Pour les acheteurs noctambules, le Night Bazar ouvre de 21 h à 3 h du matin. Au-delà du shopping, ce festival est prétexte à faire la fête et à profiter des nombreuses animations quotidiennes : parades, concerts, artistes de rue, feux d’artifice… Les loteries sont très alléchantes avec leurs lots incroyables : les gagnants peuvent repartir avec un kilo d’or ou une voiture de luxe !

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