S’il n’y avait un engouement touristique depuis quelques années, le Costa Rica ne serait que rarement à la une de l’actualité. Pourtant, malgré son image de premier de la classe latino-américaine, le pays a souffert comme les autres de la crise économique à partir des années 1980. Il s’est résolu à infléchir sa politique vers plus de libéralisme afin de poursuivre son développement, mais ces mesures ne sont pas toujours appréciées par la population.

Economie

Depuis la colonisation, l’agriculture a toujours été la première source de revenus. C’est encore vrai aujourd’hui, même si d’autres secteurs d’activité prennent une part de plus en plus grande au fil des ans. C’est le tourisme bien sûr, qui, dans le cadre d’une politique exemplaire dans la protection du patrimoine naturel, rapporte des devises et crée des emplois.
Afin de diversifier son économie, le pays s’est également ouvert aux entreprises étrangères, mettant en place des programmes et des structures destinés à attirer les investisseurs. Ainsi, huit zones franches ont été créées, permettant aux entreprises de bénéficier d’exemption de droits de douane. Le résultat ne s’est pas fait attendre : différentes multinationales, en particulier dans le domaine de l’informatique, se sont implantées. Elles savent trouver ici une main-d’œuvre qualifiée, flexible et financièrement peu exigeante. Des productions de textiles et de vêtements ont été favorisées durant les années 1990.
Dans les années 1980, le gouvernement a dû se résoudre à demander l’aide du Fonds monétaire international et à pratiquer une politique d’austérité. Ce fut en particulier le cas sous le mandat de José María Figueres, élu à la présidence de la République en 1994. Depuis, la situation est en voie d’amélioration : en 2002, malgré un contexte international défavorable, le PIB a augmenté de 2,8 %. Ces efforts ne s’avèrent pourtant pas suffisants. Aujourd’hui encore, la balance commerciale est très nettement déficitaire et la recherche de l’équilibre est l’objectif prioritaire du gouvernement : une tâche difficile à mener à bien tant les Costariciens sont attachés à leur système de protection sociale et n’admettent pas la moindre remise en cause. 

Vous avez dit équitable ? 
Les produits alimentaires représentent plus de 60 % du chiffre d’affaires mondial du marché du commerce équitable, dont la moitié est constituée par les ventes de café. Le Costa Rica est l’un des premiers Etats bénéficiaires de cette forme d’échange. Si l’exploitation de la banane est le fait de grandes entreprises, le café est, au contraire, cultivé par une multitude de petits producteurs. L’objectif est de réduire la pauvreté des nations émergentes, en payant directement aux producteurs les produits importés à un prix juste et stable. Les organisations de commerce équitable s’engagent à payer en amont une partie importante – pouvant aller jusqu’à 50 % – de la marchandise achetée. Ce système permet aux paysans de ne pas avoir recours à l’emprunt et à l’endettement chronique.

L’agriculture 
Deuxième exportateur mondial de bananes, onzième producteur de café, le Costa Rica poursuit sa tradition agricole. Celle-ci aurait même tendance à se diversifier. Certes, les deux cultures ancestrales représentent encore près de 40 % du total des exportations, les caféiers poussant dans la vallée Centrale et les bananiers sur la côte caraïbe, mais la production de viande d’élevage, dans la région du Guanacaste, est en phase de développement. Le pays produit également des plantes ornementales et des fleurs coupées, des fruits, du cacao, de la canne à sucre, du maïs, des pommes de terre, des ananas, du tabac et du coton…

Le tourisme 
L’intérêt marqué de la société actuelle pour l’écotourisme a conduit le pays, riche d’une extraordinaire biodiversité et doté de structures adaptées aux besoins occidentaux, à recevoir de plus en plus de visiteurs. Depuis le début du XXIe siècle, ces derniers sont régulièrement plus d’un million à se presser pour découvrir les forêts tropicales, visiter les réserves ou admirer une éruption du volcan Arenal. En parallèle, le tourisme balnéaire se développe également sur les centaines de kilomètres de côtes, avec en particulier de nombreux spots réputés pour le surf.

Les ressources minières 
Le sous-sol costaricain est sans doute riche, mais l’implantation de mines est peu compatible avec l’image écologique que le pays veut se donner. Si l’or et l’argent sont extraits dans les régions de l’ouest, les gisements de manganèse, de nickel ou de mercure sont parfaitement sous-exploités, alors que le pétrole, découvert récemment, ne l’est pas encore. Seule l’exploitation de la bauxite permet un développement récent de l’activité liée à l’aluminium.

Institutions politiques et administratives

La remarquable stabilité politique s’appuie sur la Constitution proclamée le 17 novembre 1949 à la suite de la guerre civile qui mit le pays à feu et à sang. Ce texte fondateur affirme « une République démocratique, libre et souveraine », dont « la souveraineté réside exclusivement dans la nation », déclare « le gouvernement populaire, représentatif, alternatif et responsable » et établit l’indépendance des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire. 

Pouvoir exécutif 
Le président de la République est élu au suffrage universel pour un mandat de quatre ans non renouvelable. Son gouvernement se compose de vingt ministres. En février 2006, Oscar Arias (Parti de Libération Nationale) a été élu à la tête de l’Etat costaricain, en remplacement de Abel Pacheco de la Espriella (Parti de l’Unité Sociale Chrétienne) : l’ancien prix Nobel de la paix a tiré profit des graves affaires de corruption qui ont sali la réputation de ses adversaires politiques, pour retrouver un poste de président qu’il avait occupé précédemment entre 1986 et 1990.

Pouvoir législatif 
Il est tenu par une unique Chambre, composée de 57 députés élus en même temps que le président. C’est là que sont votées les lois et contrôlés les comptes budgétaires. A une majorité des deux tiers, la Chambre peut également s’opposer aux décisions de l’exécutif.

Pouvoir judiciaire 
Il est exercé par la Cour suprême de justice, dont les 24 magistrats sont élus par l’Assemblée nationale pour une période de huit années qui peut être prorogée indéfiniment, sauf récusation d’une majorité absolue de députés.

Organisation territoriale 
Malgré ce centralisme important, le Costa Rica n’en est pas moins un Etat fédéral. Le pays est divisé en sept provinces (Alajuelo, Cartago, Guanacaste, Heredia, Limón, Puntarenas et San José), à la tête desquelles se trouve un gouverneur. Nommé par le président de la République, son champ de compétences est extrêmement limité et il fait plutôt fonction de préfet honoraire. A titre d’exemple, aucun impôt n’est levé au nom de ces provinces. Cantons et districts viennent ensuite compléter la pyramide d’échelons territoriaux.

L’Etat providence 
Politiquement, deux grands partis ont toujours dominé l’échiquier national et se sont succédés à la tête de l’Etat au rythme d’une alternance bien huilée. Au Parti de Libération Nationale, actuellement au pouvoir et d’une sensibilité de centre-gauche, s’opposait traditionnellement le Parti de l’Unité Sociale Chrétienne, d’obédience centredroit. Pourtant, lors des élections de février 2006, Oscar Arias (P.L.N.) n’a devancé que de quelques milliers de voix Otton Solis, le candidat d’un nouveau parti centriste, le Parti d’Action Citoyenne (PAC), qui a émergé dans le contexte politique national en profitant de la déliquescence du PUSC, miné par des affaires de corruption. Quel que soit le parti en place sous les ores du palais présidentiel, il doit faire face aux attentes, profondément ancrées dans la population, d’un Etat providence. Depuis sa création, la République a mené une politique très sociale, imposant par exemple, dès 1869, la scolarité primaire, gratuite et obligatoire. Depuis 1941, une loi dite « des garanties sociales » offre aux travailleurs des indemnités de maladie, d’invalidité, de maternité et de retraite, et un système de sécurité sociale a été universalisé en 1981.
Tous ces acquis sociaux ont un prix, difficile à payer quand la conjoncture économique est défavorable. Au milieu des années 1990, le président José María Figueres a été contraint d’appliquer une politique d’austérité pour répondre aux exigences du FMI, soulevant ainsi une grogne populaire.

Des chiffres et des lettres 
L’espérance de vie au Costa Rica est de 77,6 ans, un chiffre comparable à ceux des pays occidentaux et très nettement supérieur à ceux de tout le continent américain, hormis le Canada. Le taux de mortalité infantile, de 8,77 ‰, est le plus bas de la région, alors que l’indice de développement humain, calculé par les Nations unies en fonction de l’espérance de vie, du PIB par habitant, des taux d’alphabétisation et de scolarisation, est aussi élevé qu’au Chili et en Argentine. L’analphabétisme est également très faible, corollaire logique d’une scolarisation importante. Rien de surprenant puisque l’école est gratuite et obligatoire depuis le XIXe siècle et que le budget de la Défense a été transféré sur celui de l’Education lorsque l’armée a été supprimée, en 1949…

Population

Si la densité de population, de 79,8 habitants au km2, est supérieure à celle de la majorité des pays d’Amérique centrale – Belize et Salvador mis à part -, sa répartition sur le territoire costaricain est loin d’être homogène. 60 % des Ticos, comme ils s’appellent euxmêmes en raison de leur forte propension à utiliser le diminutif ticos ou ticas, vivent dans la vallée Centrale, où se trouvent d’ailleurs concentrées la plupart des villes importantes : San José, Alajuelo, Cartago et Heredia.
Parmi les quatre millions d’habitants, les Amérindiens ont quasiment disparu. Répartis en 22 communautés, ils ne représentent que 15 000 personnes qui vivent isolées du monde moderne, loin des villes et des sites touristiques. Les plus nombreux sont les Bribris et les Cabecars qui vivent dans le sud et le sud-est du pays. Près de 80 % des Costaricains sont d’origine européenne, essentiellement espagnole. Le métissage est très limité : 15 % de la population est issue d’une union mixte. C’est à l’est du pays, près de Limón, que se concentre la population noire, d’origine jamaïcaine principalement. L’espagnol est la langue nationale, parlée par tous, même si sur la côte caraïbe, la population noire utilise un anglais teinté de créole. 

Religions

La Constitution costaricaine de 1949 a fait du catholicisme la religion d’Etat, tout en proclamant la liberté de culte. Selon une étude récente de l’Université du Costa Rica, plus de 70 % de la population pratique la religion catholique, 14 % se déclare protestante, 4 % revendique une autre religion, et 11 % se dit athée. Les communautés protestantes (baptistes, évangélistes, adventistes…) ont érigé de nombreux temples sur la côte atlantique, dans la région de Puerto Limon. A San Jose vit une communauté juive assez importante. 

Vie sociale

Malgré son niveau de vie élevé et des valeurs démocratiques parfaitement ancrées, le Costa Rica reste un pays d’Amérique latine. Il ne faudra pas s’étonner de voir la vie s’arrêter pour un match de football, de constater des attroupements devant des magasins de télévisions pour assister à une rencontre internationale et d’entendre ce peuple, en général calme et indolent, hausser le ton pour encourager ses favoris, serait-ce devant une vitrine ! Le football est une religion et l’un des moyens de rêver, au même titre que les différentes loteries nationales : il n’est pas un village, aussi petit soit-il, qui n’ait un guichet où se vendent des tickets de jeux de hasard. 

Fêtes et coutumes

Origine hispanique oblige, les corridas sont fréquentes, mais contrairement à la tradition espagnole, la mise à mort n’y est jamais pratiquée. C’est dans les jours qui suivent Noël et les premières semaines de l’année qu’elles ont lieu le plus souvent. Le calendrier festif costaricain est très marqué par l’influence catholique.Les célébrations les plus remarquables sont programmées au cours de la semaine pascale, durant laquelle se déploient, dans tout le pays, une multitude de cérémonies. L’une des plus impressionnantes se déroule à San Joaquin de las Florès, dans la province de Heredia, où des représentations de la Crucifixion du Christ sont très réalistes.
L’histoire est elle aussi prétexte à fêtes : l’indépendance est célébrée le 15 septembre tandis que Juan Santamaría, le héros national, est à l’honneur le 11 avril, l’occasion de manifestations plus solennelles à Alajuela, sa ville natale. Danses et défilés animent les rues de Limón lors du carnaval, en octobre. Au Costa Rica, il ne saurait y avoir de fête sans danse, empreinte d’influence caribéenne : mérengué, salsa et mambo sont au programme de toutes les salles de danse, équivalent de nos salles des fêtes, présentes dans chaque commune. 

Agenda festif, culturel et sportif 
1er janvier : dans tout le pays, fêtes foraines, corridas et feux d’artifice.
15 janvier : fête patronale d’Alajuela.
Février : fête des Diablotins à Talamanque, très en vogue dans la communauté amérindienne.
Février : à l’occasion de Mardi gras, corrida à Liberia.
Mars : Festival international des arts à San José.
Avril : durant la semaine pascale, nombreuses manifestations dans tout le pays.
11 avril : fête de Juan Santamaría dans tout le pays, particulièrement à Alajuela.
1er mai : fête du Travail.
15 mai : fête de l’Agriculteur. Défilés de charrettes traditionnelles à Sarchí.
13 juin : fête de saint Antoine de Padoue, particulièrement à Curridabat près de San José.
2e semaine de juillet : fête des Etudiants. Carnaval et élection de Miss Université.
25 juillet : fête du Guanacaste, à Liberia et Santa Cruz. Courses de chevaux, corridas et rodéos pour célébrer l’annexion de la province.
2 août : fête de Notre-Dame des Anges. Procession religieuse entre San José et Cartago.
15 août : Assomption.
15 septembre : fête de l’Indépendance. Défilés, feux d’artifice et retraites aux flambeaux dans tout le pays.
Octobre : carnaval de Limón.
12 octobre : fête de la Découverte de l’Amérique par Christophe Colomb, comme dans toute l’Amérique latine.
2 novembre : Toussaint.
Novembre : Festival international de théâtre à San José.
7 décembre : fête des Feux d’artifice, qui sont tirés dans les jardins de nombreuses familles.
8 décembre : Immaculée Conception.
25 décembre : Noël.
26 décembre : fête de fin d’année.
Défilés de chevaux à San José.

Ecrivain et ministre 
La première femme de lettres costaricaine connue dans le monde entier fut Carmen Naranjo, née en 1928. Ses poésies, ses romans et ses nouvelles ont été traduits dans de nombreuses langues. Sa reconnaissance est internationale, comme en témoigne, entre autres, la prestigieuse Médaille Gabriela Mistral qui lui a été offerte par le gouvernement chilien en 1996. Carmen Naranjo ne s’est pas contentée de son travail d’écrivain, n’hésitant pas à s’engager en politique. Elle a ainsi été ambassadrice du Costa Rica en Inde dans les années 1970, avant d’occuper le poste de ministre de la Culture.

Art et culture

S’il y avait un symbole culturel du Costa Rica, ce serait le Théâtre national de San José, construit en plein centre de la capitale : opéras, concerts et autres ballets y sont donnés à un rythme très régulier. Les efforts déployés en faveur de la culture ne sont cependant en rien comparables au travail effectué pour la valorisation de la nature. Les traditions amérindiennes ont quasiment disparu et seul le musée de l’Or, à San José, donne un excellent aperçu des techniques ancestrales employées par les autochtones avant la colonisation.
Dans la capitale toujours, de nombreuses galeries de peinture existent, mais peu de peintres costaricains ont acquis une réelle renommée. Exception à la règle, Carlos Poveda, né en 1940, s’est fait connaître au début des années 1960 en emportant de nombreuses distinctions internationales dont la 8e Biennale d’art de São Paulo et le Prix national de peinture. Cristina Fournier, native d’Escazú, a également exposé dans le monde entier.
Dans le domaine des lettres, Joaquim Gutieriez est sans aucun doute le romancier le plus connu pour avoir été traduit en français, au même titre que la poétesse Ana Istarú. Quince Duncan, romancier et nouvelliste originaire de Limón, se bat pour la reconnaissance de la culture caribéenne, en particulier celle des descendants d’esclaves.

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