Forte d’un passé riche en rebondissements et de sa position géographique, mais handicapée par des querelles linguistiques et par une économie parfois vacillante, la Belgique tente de conforter sa position sur la scène internationale tout en menant, à l’intérieur, une politique de compromis chère aux politiciens locaux. N’empêche ! Les Belges conservent leur jovialité, leur sens de l’hospitalité et un certain art de vivre assez provincial.

Economie

Depuis l’indépendance du Congo belge et la fermeture des charbonnages, la Belgique doit importer ses matières premières et est contrainte d’exporter massivement pour conserver une balance commerciale acceptable. Le pays réalise plus de 50 % de ses exportations vers ses voisins immédiats : France, Pays-Bas, Allemagne.

Industrie et services
Déclin massif de l’industrie lourde, nombreux mauvais choix politico-économiques, scandales politico-financiers secouant (encore actuellement) le monde socio-économique, chômage réel quasi constant, manque de perspectives énergétiques, corruption… La Belgique économique a du mal à conserver son image d’antan. D’autant plus que, ici aussi, elle fonctionne à 2 vitesses : le dynamisme flamand contrastant avec les difficultés économiques de la Wallonie. Le secteur des services tire tant bien que mal son épingle du jeu et représente une part significative du PIB.

BELGIUM EU ASEM © thaigov

BELGIUM EU ASEM © thaigov

Agriculture
Malgré la complaisance souvent étonnante, voire suspecte, de l’agence gouvernementale censée veiller à la sécurité alimentaire, le monde agro-alimentaire belge est régulièrement ébranlé par des scandales sanitaires d’envergure. Ce qui n’est pas étonnant quand on s’aperçoit que la législation fait délibérément la part belle aux méthodes industrielles dangereuses pour l’environnement et la santé des consommateurs. Et que des entraves financières et administratives viennent systématiquement pénaliser les producteurs bio qui, malgré cela, voient heureusement leur production et leur clientèle augmenter. Elevages bovins et porcins, cultures céréalières, cultures fruitières et horticulture représentent l’essentiel de l’activité agricole.

Institutions politiques et administratives

Depuis sa création, la Belgique est une monarchie constitutionnelle, représentative et héréditaire. Le principe de la responsabilité ministérielle interdit au roi d’exercer le moindre pouvoir.
Les institutions fédérales regroupent le gouvernement (pouvoir exécutif) et le Sénat et la Chambre des représentants (pouvoir législatif). En mai 1993, la révision constitutionnelle a modifié la composition et le fonctionnement du Parlement, exigeant une majorité des deux tiers à la Chambre et au Sénat pour l’adoption de certains textes légaux.
Le pays a été divisé – en plus des communes et des 10 provinces – en communautés linguistiques (francophone, néerlandophone, germanophone), qui ont compétence en matière de santé, affaires culturelles, affaires sociales et éducation. Les trois régions (Wallonie, Flandre et Bruxelles-Capitale) ont compétence en matière de commerce extérieur, aménagement du territoire, environnement, agriculture, transports, emploi, énergie et politique scientifique.
La réforme constitutionnelle de 1993 a également créé un Etat fédéral, la tendance actuelle allant vers un transfert de compétences de plus en plus important de l’Etat central vers les régions et communautés.

Population

Flamands, francophones, germanophones, immigrés : la Belgique est un patchwork humain de 10,3 millions d’habitants qui affiche l’une des densités de population les plus élevées d’Europe.
Le clivage linguistique de plus en plus marqué n’est pas le seul à diviser Flamands et Wallons : il existe des coupures philosophiques, politiques et économiques. Le pays accueille une importante population immigrée d’origines diverses : Italie, Espagne, Maroc, Turquie, ex-pays de l’Est… Cette immigration permet de conserver une pyramide des âges assez stable et évite un trop fort vieillissement de la population.

Religion

En majorité, les Belges sont catholiques. Le clergé joue un rôle important dans la vie politico-sociale du pays, mais la tendance actuelle va vers une laïcisation des institutions. Cela ne se fera pas sans heurts : la suppression des crucifix dans les tribunaux a secoué le clergé et la frange fondamentaliste de la population.
L’islam est devenu la deuxième religion du pays, qui accueille aussi d’autres confessions comme les protestants et les juifs.

Vie sociale

« Du pain et des jeux » : l’adage romain reste toujours valable dans la Belgique du XXIe siècle. La vie sociale s’articule autour de la famille. De nombreuses occasions sont prétexte à réunions et plantureux repas familiaux qui font généralement la part belle à la cuisine du terroir. Depuis la « marche blanche » de 1996, qui fit suite à une affaire de pédophilie largement médiatisée, une nouvelle conscience parentale s’est réveillée : l’enfant paraît désormais plus au centre des préoccupations sociales, éducatives ou légales que par le passé.
De nombreuses traditions populaires sont ancrées dans les mœurs belges. Les carnavals, les processions religieuses, les pèlerinages à connotation religieuse ou politique, rythment la vie. Sans oublier les célèbres kermesses estivales qui, dans tout le pays, sont l’occasion de réjouissances locales parfois hautes en couleur et en ambiance.

Kermesse et cyclisme
Pas de véritable kermesse sans sa course cycliste, petite course locale d’un après-midi qui permet aux cyclistes amateurs ou aux professionnels encore méconnus de briller dans leur région ! En Belgique, le cyclisme est au moins aussi populaire que le football. Presque chaque village possède son vélo-club. Le cyclisme belge a connu son époque de gloire avec Eddy Merckx, qui a accaparé les victoires nationales et internationales, même si d’autres noms restent sur les lèvres des amoureux de la petite reine : Rik Van Looy, Fred De Bruyne, Walter Plankaert. Depuis le retrait de la compétition d’Eddy Merckx, la relève n’est malheureusement pas assurée, bien que de grandes classiques continuent à déplacer les foules le long des routes : Liège-Bastogne-Liège, Flèche wallonne, Gand-Wevelgem…

Art et culture

La tradition artistique et culturelle belge remonte à plusieurs siècles. Dès le XVe siècle, les arts belges connaissent un essor exceptionnel, notamment en peinture. Aux XIXe et XXe siècles, l’architecture bénéficia de l’audace et de l’imagination d’hommes de talent. Au fil des périodes et des influences extérieures, les arts n’ont cessé de s’enrichir, s’étoffer, se diversifier, pour acquérir dans bien des domaines de prestigieuses lettres de noblesse.

Architecture
Mouvement architectural majeur au XXe siècle, l’Art nouveau est introduit par l’architecte Victor Horta et le designer d’intérieur anversois Henri Van de Velde. Ce style se caractérise par des lignes décoratives sinueuses, des ferronneries d’art ouvragées et courbées en volutes, ainsi que des fresques florales. Certaines maisons Art nouveau subsistent encore au cœur de Bruxelles.

Peinture
C’est avec les frères Van Eyck, Hans Memling, Dirk Bouts, Rogier Van der Weyden, que la peinture flamande trouve ses origines. Rompant avec l’art gothique, ils utilisent de nouvelles techniques (l’huile qui, mélangée aux pigments, fixe durablement les couleurs) et de nouvelles compositions, rétablissant l’équilibre entre détails et sujet principal.
Au début du XVIe siècle, les arts belges sont sous influence italienne. Mais l’époque à cheval sur les XVIe et XVIIe siècles est surtout marquée par la dynastie des Breughel. Pierre Breughel l’Ancien, installé à Bruxelles, peint quelques exceptionnelles scènes de la vie paysanne.
Au XVIIe siècle, le centre artistique de la Belgique glisse de Bruxelles à Anvers, où s’installent Pierre-Paul Rubens et son élève Antoon Van Dyck. Paysagiste accompli, adepte des femmes aux formes généreuses, Rubens est le premier peintre flamand à connaître une renommée internationale.
Au XIXe siècle, la peinture belge est influencée par les autres écoles européennes. C’est l’époque des Constantin Meunier, Antoine Wiertz, James Ensor.
Au siècle suivant, le fauvisme est représenté par Rik Wouters et le surréalisme par René Magritte ou Paul Delvaux.

Littérature
Littérature flamande
Les premiers textes flamands connus remontent au XIIe siècle. Il faut attendre encore trois cents ans pour que la littérature médiévale flamande se lance dans trois styles principaux : hagiographique (vie des saints), épique (roman courtois ou de chevalerie) et lyrique (poésie lyrique et religieuse, prose mystique, etc.).
Après l’indépendance, le premier auteur flamand de renommée est Hendrik Conscience, qui s’essaie au récit historique et au roman de mœurs. Il est rejoint par des écrivains de renom : le prêtre Guido Gezelle, qui défend une certaine vision mystique du monde et sa langue natale, le romancier August Vermeylen, l’auteur symboliste Karel Van de Woestijne, Stijn Streuvels, Felix Timmermans.
L’auteur flamand actuel le plus réputé est Hugo Claus. Passionné par la langue et la culture flamandes, il écrit avec une telle habileté que les problèmes « belgo-belges » semblent universels. Son œuvre la plus célèbre, Le Chagrin des Belges, est traduite en français.

Littérature francophone
Bien qu’elle possède une langue commune avec son homologue française, la littérature belge francophone possède un délicieux goût de terroir très caractéristique.
Comme on ignore souvent que des auteurs tels que Marguerite Yourcenar ou Françoise Mallet-Joris ont des racines belges, ce sont Maurice Maeterlinck, Emile Verhaeren ou Michel De Ghelderode qui viennent à l’esprit lorsque l’on évoque les auteurs classiques belges francophones. Bien que cette littérature se caractérise par une abondance de poètes, il ne faudrait pas oublier les romanciers de talent : Stéphane-André Steeman (L’assassin habite au 21), Georges Simenon, qui donna vie au commissaire Maigret, ou Amélie Nothomb, qui développe un style très personnel.

D’Hergé à Tintin

Le 10 janvier 1929, Georges Rémy fait paraître sous le pseudonyme d’Hergé la première aventure de Tintin dans les pages du journal catholique Le Petit Vingtième. Ce sont les débuts d’une grande aventure de la BD belge. Si l’auteur est unanimement apprécié, il n’en est pas de même de l’homme. Soupçonné de collaboration pendant la guerre, affichant parfois une vision très paternaliste du colonialisme, Hergé ne s’est pas fait que des admirateurs. Il n’en demeure pas moins que son œuvre – qui ne se limite pas aux aventures de Tintin – reste l’un des monuments du neuvième art, qui n’a jamais été aussi belge qu’avec lui. En dehors des aventures mettant en scène Tintin, Milou, le professeur Tournesol, le capitaine Haddock et les Dupond-Dupont, traduites dans de nombreuses langues dont le chinois, Hergé veille aussi aux destinées de deux ketjes (garnements) typiquement bruxellois: Quick et Flupke, ainsi qu’à celles de Jo, Zette et Jocko, deux enfants et un singe.

Bande dessinée
Si un art est typiquement belge, c’est le neuvième d’entre eux : la bande dessinée. Bien que l’image soit attachée à Epinal et que la bulle soit apparue dans les comics américains, l’après-guerre vit naître en Belgique une production originale. Sous la plume d’Hergé, père de la « ligne claire », Tintin apparaît pour la première fois en 1929 dans Tintin au pays des Soviets. En avril 1938, grâce à André Franquin, « Spirou » publie son propre magazine, le plus ancien magazine belge de BD. Y collaborent Morris (Lucky Luke), Roba (Boule et Bill), Peyo (Les Schtroumpfs)… En 1946 apparaît le Journal de Tintin, auquel participent Edgar P.Jacobs (premier collaborateur d’Hergé et créateur de Blake et Mortimer), Cuvelier (Corentin), Jacques Martin (Alix), etc. Autres « bédémen » célèbres : Charlier (scénariste de Buck Danny), Greg (Achille Talon), Dupa (Cubitus), André-Paul Duchâteau (scénariste de Ric Hochet), Jean Graton (Michel Vaillant), Willy Vandersteen (Bob et Bobette) ou encore Bob De Groot (Robin Dubois).

Musique et chanson
Depuis Johannes Ockegem qui, vers 1450, fut maître de chapelle de Charles VII, Louis XI et Charles VIII, la Belgique a toujours été une terre de musiciens et de chanteurs. Les musiciens belges de la Renaissance sont à l’origine de plusieurs écoles musicales nationales. Après le déclin des Pays-Bas, la musique belge ressuscite au XVIIIe siècle avec les opéras comiques d’André-Modeste Grétry, Liégeois ami de Voltaire. Par la suite, d’autres Belges se font un nom dans le domaine musical : le virtuose Henri Vieutemps, le Liégeois César Franck, le violoniste Eugène Isaye, le chantre de la musique aléatoire Henry Pousseur ou, dans un autre style, Toots Thielemans.
La chanson n’est pas en reste : de Jacques Brel à Annie Cordy en passant par Johnny Halliday, Frédéric François, Maurane, Philippe Lafontaine, Salvatore Adamo… Les Belges ont aussi écrit, dans des genres variés, certaines des pages les plus belles ou les plus pittoresques de la chanson française.

Fêtes et coutumes

Impossible de traverser le pays sans rencontrer une fête ! Chaque village et parfois chaque quartier perpétue ses traditions.

Le carnaval
Avec des origines au Moyen Age, le carnaval se déroulait initialement dans les principales villes de Flandre et du Brabant. Mais c’est à Binche, Eupen et Malmédy que la tradition est aujourd’hui la plus vivace. Le carnaval de Binche est surtout connu grâce à ses gilles, qui apparaissent le Mardi-Gras. A Eupen, les autorités communales remettent leur pouvoir au Prinz Karnaval, dont le symbole sera finalement brûlé, marquant la fin des festivités. A Alost, Hal, Blankenberge, se déroulent aussi de nombreuses réjouissances à cette occasion. Ainsi qu’à Stavelot, où la fête est rythmée par les Blancs-Moussis, à Lessines, où se déroule une longue procession de pénitents le Vendredi saint, ou à Fosses, où le Chinel (sorte de Polichinelle) se déchaîne.

La tradition des marionnettes
Tchantchès à Liège, Woltje à Bruxelles. Dans de nombreuses villes, la tradition du spectacle de marionnettes est très vivace. A Bruxelles, le théâtre de marionnettes le plus célèbre est celui de Toone, au cœur de l’Ilot-Sacré. La marionnette bruxelloise, faite en tissu rembourré et articulée à l’aide de fils attachés aux poignets, se délecte des spectacles de cape et d’épée, même si de nouvelles créations viennent enrichir les spectacles. S’exprimant avec l’accent bruxellois typique et dans un langage savoureux – le « bruxellois » -, Woltje se montre effronté, en véritable gamin des Marolles qu’il est.

L’arbre de mai
Symbole du renouveau, l’arbre de mai est porté en cortège jusqu’au lieu où il est planté. La plantation la plus célèbre se déroule à Bruxelles : début août, le Meyboom est habituellement précédé d’un défilé de géants.

Les géants
De nombreuses villes font défiler avec fierté leurs géants. C’est à Ath que la tradition est la plus ancienne, remontant au XVe siècle. Le quatrième dimanche d’août, Madame Gouyasse et Monsieur Goliath, mariés depuis la veille, prennent part à un défilé auquel participent également le cheval Bayard, Ambiorix le Terrible et le géant Samson.

Les jeux
A Mons, la tradition du jeu populaire se perpétue encore aujourd’hui. Le dimanche de la Trinité, la procession du Char d’or s’agrémente du combat du Lumeçon, qui oppose Saint Georges à un dragon baptisé Doudou. Tous les ans, l’issue est la même : Saint Georges terrasse le dragon, dont on s’arrache alors les poils de crin en guise de porte-bonheur.

Agenda festif, sportif et culturel

Janvier
6 janvier : fête des Rois. 
Mars
Quinzaine du milieu : Festival international du film fantastique de Bruxelles.
Seconde quinzaine : Ars Musica, le très bruxellois rendez-vous des amateurs de musique contemporaine. Avril
Date variable : pendant douze jours, ouverture au public des serres royales de Laeken.
Fin du mois : Floralies gantoises, exposition internationale d’horticulture. 
Mai
Dernier dimanche : les 20 Kilomètres de Bruxelles voient la capitale parcourue par 20 000 coureurs.
Dernier week-end : Jazz Marathon à Bruxelles, où bistrots, cafés, podiums de rue accueillent des groupes de jazz, mêlant artistes connus et interprètes amateurs.
Fin du mois : procession du Saint-Sang à Bruges le jour de l’Ascension. 
Juin
Dernière semaine : festival Couleur Café, dans l’entrepôt rénové de Tour et Taxis, à Bruxelles, le rendez-vous branché et funky des musiques du monde. 
Juillet
Premier week-end : Ommegang, fête où 2 000 participants costumés font revivre la Renaissance sur la Grand-Place de Bruxelles.
Mi-juillet à mi-août : foire du Midi dans le quartier populaire du Midi, à Bruxelles.
Vers le 21 juillet : fêtes de Gand dans le cœur historique, dix jours de festivités multiculturelles offertes gratuitement au public.
21 juillet : fête nationale, défilé militaire et animations à Bruxelles, festivités dans tout le pays. 
Août
 
Mi-août (tous les deux ans) : la Grand-Place de Bruxelles se couvre d’un immense tapis de fleurs fraîches.
Mi-août : fête des Canaux à Bruges, où 600 participants costumés présentent une dizaine de tableaux historiques. 
Septembre
Dernier week-end : anniversaire de Manneken-Pis.
Dernière semaine : Nuits botaniques, événements musicaux dans l’ancienne serre des jardins botaniques de Bruxelles. 
Octobre
Seconde quinzaine : Festival international du film de Gand. 
Novembre
Fin du mois : Nocturnes du Sablon, le très branché quartier bruxellois cher aux antiquaires sert de point de ralliement pour les « amateurs de belles choses ». 
Décembre
Quinzaine du milieu : Marché européen des traditions de Noël sur la Grand-Place de Bruxelles.