Dernier Tango à Buenos Aires, par Morgane.

Buenos Aires, quartier de la Boca . Le quartier bohème de la ville , aux maisons colorées et aux touristes qui arpentent en masse cet endroit aujourd’hui très pauvre. On se promène dans le Caminito, car le reste du quartier est réputé dangereux. C’est pourtant en dehors de cette ruelle sécurisante que j’ai enfin pût découvrir le visage de la véritable Argentine.

Situées près des docks , les fondations primaires de la ville se trouvent ici , ainsi que les prémices de son identité : des premiers jeux de pieds de Maradonna , star du pays , au premiers sons mélancoliques du fameux tango argentin.

Buenos Aires

Buenos Aires par: Marta SadowskaCC BY-NC-SA 2.0

En dehors des sentiers touristiques, dès que l’on sort de Caminito ,on découvre une seconde Boca .
Plus de façades colorées , mais des murs nus et de la tôle grise, presque des favelas. Des détritus jonchants les trottoirs sur lesquels courent des enfants , un vieux ballon de football miteux roulant sous leurs pieds , « Viva Maradonna !  » entend-on crier .

Quelques femmes qui se cachent derrière des portes grinçants bizarrement sur notre passage , un homme qui essaye de nous vendre on ne sait pas trop quoi , puis qui rit , d’un son presque inquiétant. Une vie mélancolique, que préfère ignorer les touristes, par peur, peur de la pauvreté , de cette authenticité et de ces maisons déglinguées d’où sort parfois un accord triste de tango , le vrai , celui qui a grandit ici.

C’est dans une de ces maisons au murs gris que nous sommes entrés , une peña de tango surgit d’un autre temps.

Maradona - Buenos Aires - La Boca

Maradona – Buenos Aires – La Boca par: Benjamin DumasCC BY-NC-SA 2.0

Salle immense et sombre , des roues de vélos et des chaises pendues au plafond , quelques tables sur le côté , quelques vieux bancs et fauteuils a moitiés brisés et défraichis.
Une odeur de chandelle et de vieux vin. L’impression d’être dans un spectacle d’Astor piazzolla… Au centre de la salle , un semblant de piste de danse où quelques audacieux tentent de suivre le cours d’un professeur de tango à l’allure d’un fier gaucho argentin .

Pas de rose dans les cheveux , pas de robe rouge sulfureuse , juste une fierté que même la plus grande pauvreté ne peut ternir.
La voilà la vraie Argentine , celle des docks et de la naissance du Tango , celle qui chante la pauvreté et la tristesse sur le son d’un accordéon . Les rues mêmes de ce quartier vivent au rythme de la musique.

Parfois, un seul endroit vaut tout un voyage. . .