Porto-Vecchio

Avant de devenir « la cité du sel », puis la première station balnéaire de Corse, Porto-Vecchio était la dernière des citadelles implantées par les Génois.
En 1539, lassés de voir leurs navires attaqués par les corsaires qui sévissaient au large, ils décident d’installer une place forte dans un golfe splendide, protégé par la presqu’île de Piccovaggia et au débouché d’une région déserte. Bien qu’elle représente un mouillage sûr, la ville a du mal à se développer car la côte est infestée de moustiques et la population ne résiste pas à la malaria.
A partir du XIXe siècle, les marais sont asséchés et on entreprend d’exploiter le sel et le chêne-liège. Puis, en 1949, les Américains éradiquent les moustiques à grands coups de DDT. Six ans plus tard, avec l’implantation d’un club et de ses « gentils organisateurs »… Porto-Vecchio se lance dans le tourisme avec ses rochers écarlates, ses pins élancés et ses mouillages tranquilles…

Ville et marina

Sa marina, où s’étend le port de plaisance et sa forêt de bateaux de toute taille et de toute nationalité est très touristique.
Le quartier est truffé de cafés, restaurants et boutiques à la mode. Une route étroite grimpe, à travers les oliviers, jusqu’à la vieille ville. De l’ancienne citadelle, il ne subsiste que des fortifications, cinq bastions et la porte génoise d’où la vue s’étend sur le port et les marais salants.

Marais salants

Ils occupent 2 ha entre la ville et l’embouchure du fleuve. Le spectacle est splendide au début du mois d’août, pendant la récolte de sel.

Presqu’île de Piccovaggia

Elle s’avance dans la mer, offrant des paysages sublimes. Pour l’atteindre, emprunter la route de Bonifacio et, ensuite, la direction Bocca di l’Oro. La vue s’étend jusqu’aux îles Cerbicales, transformées en réserve naturelle.

Plages

Au nord, la route des plages part du village de la Trinité : le golfo di Sogno, celui de Cala Rossa, où s’est installé un important complexe touristique, la baie ronde de Saint-Cyprien, la plage ombragée de Pinarello.
Au sud : Palombaggia, avec ses rochers rouges, son eau limpide et ses pins-parasols, Santa-Giulia, truffée de grands hôtels et de résidences de vacances, et le large golfe de Santa-Manza.

Sites

Torre

Au-dessus du hameau, une construction semi-circulaire est adossée à un rocher. A l’époque de l’âge du bronze, les Torréens avaient édifié cette forteresse, qui était vraisemblablement un de leurs lieux de culte.

Castellu d’Arragiu

A partir du hameau d’Arragiu, il faut grimper à travers le maquis et les rocailles, jusqu’à une porte monumentale qui donne accès aux vestiges d’un complexe fortifié, érigé en vigie au-dessus de Porto-Vecchio, à l’âge du bronze. Les murs d’enceinte ont plus de 2 m d’épaisseur.

Golfe de Porto Vecchio

Golfe de Porto Vecchio By: MarieCC BY-NC-SA 2.0

Forêt de l’Ospedale

Royaume du pin lariccio au tronc droit, la forêt domine tout l’arrière-pays du golfe de Porto-Vecchio.
Des sentiers balisés conduisent à des points de vue extraordinaires sur le barrage et le lac, magnifique au printemps, ou jusqu’à la cascade de la Piscia-di-Gallu, qui dévale cinquante mètres de dénivelé.
Juste avant le lac artificiel, une route forestière conduit au belvédère de la punta di Vacca-Morta d’où, par temps clair, la vue porte jusqu’à Bonifacio.

Ospedale

Au milieu des rochers et des pins, un petit hameau qui tient son nom d’un hôpital construit à cet endroit par les Romains.
Les habitants de Porto-Vecchio venaient traditionnellement y passer l’été, à l’abri de la chaleur et de la malaria.

Sotta

Si le village est installé le long de la route, les hautes maisons de pierre qui composent une quinzaine de hameaux sont dispersées dans la campagne, au milieu de prairies. Avec les autres villages de Figari, Pianottoli et Monaccia d’Aullène, Sotta appartient au « canton des plages », dont les vignobles se sont taillé une belle réputation. Le village est le départ d’excursions vers la montagne de Cagna, tout près du sommet, baptisé l’Uomo-di-Cagna.

Chera

A quelques kilomètres au sud de Sotta, une route sinueuse conduit à travers le maquis de chênes verts jusqu’au village.
Après le premier virage, une ruelle pentue est le départ d’une jolie promenade. Il faut suivre l’indication « Vieille chapelle », et descendre jusqu’à un petit ruisseau, d’où l’on aperçoit le clocher de l’église préromane Sant’Agostino, en joli granit rose. Le chemin empierré débouche sur un enclos, d’où l’on remonte jusqu’à l’église.

Zonza

Petite capitale de la région de l’Alta-Rocca, ancienne terre des seigneurs Della Rocca, Zonza a niché ses hautes maisons de granit à près de 800 m d’altitude, au milieu de plusieurs forêts : l’Asinao, Bavella, Zonza et l’Ospedale.
Avant de devenir une station de villégiature très appréciée, le village se vante d’avoir accueilli l’éphémère roi de Corse, Théodore Ier, puis pendant cinq mois le roi Mohamed V du Maroc, en exil avec sa famille.

Forêt de Bavella

Sur un peu plus de 900 ha, les pins semblent jaillir d’un chaos de roches rouges, aux pics acérés.
Bavella est un des plus beaux sites de la montagne. La forêt, malheureusement rongée par le feu, s’étale entre 500 et 1 300 mètres d’altitude.
Au col, où le panorama est exceptionnel, les aiguilles de porphyre des montagnes de l’Asinao surgissent, derrière les pins tordus par le vent, accrochés au-dessus de ravins profonds. Une piste balisée fait le tour du col et des sentiers de randonnées plus sportives rejoignent le GR20.

foret de bavella

foret de bavella By: Massimo BottelliCC BY-NC-SA 2.0

De Quenza à Scapa-di-Noce

A partir du village de Quenza (sortie du village, embranchement pour Veta et Cantoli), rejoindre les hameaux de Pruna et Scapa-di-Noce (à 900 m d’altitude) par une piste à peu près carrossable ; ensuite, il faut grimper dans la vallée encaissée de l’Asinao, par une piste à flanc de montagne, qui pénètre dans la forêt, puis traverse le torrent Rizzanese à gué. Un sentier rejoint le refuge d’Asinao(2 h de marche) et le GR20, donnant accès au massif de l’Incudine. A l’aller, la randonnée dure 3 h 30 et ne pose aucune difficulté.

Parcours montagnards

Du nord-ouest au sud-est, soit de Calenzana à Conca, le GR20 passe fra li monti (à travers les monts), en suivant la ligne de partage tracée entre l’En Deçà-des-Monts et l’Au-Delà-des-Monts, au milieu du parc régional naturel de Corse, soit 330 000 hectares.
Des refuges émaillent son tracé, car seize étapes sont nécessaires pour le parcourir en totalité, à raison de huit heures de marche par jour. Le GR sud, qui va de Vizzavona à Conca, est réputé plus facile que le GR nord, qui va de Calenzana à Vizzavona.
Il est essentiellement praticable l’été, certains tronçons pouvant cependant être suivis en toute saison, y compris à skis l’hiver. Le GR20 est loin de toute source d’approvisionnement et il faut emporter ses provisions.
Un autre itinéraire, tra mare et monti (entre mer et montagne), assez sportif, mais sans difficultés particulières, permet de relier Calenzana à Cargèse, en moins de dix étapes.
Da mare a mare (d’une mer à l’autre) peut s’effectuer sur un parcours nord ou sud (compter huit à dix jours de marche).
Le parc régional naturel a également organisé un réseau de sentiers de pays, qui permettent de découvrir des « microrégions ».

Le GR20, prudence !

Le GR20 compte 200 km entre Calenzana (12 km de Calvi) et Conca (22 km de Porto Vecchio). Le parcours est sportif, surtout dans la partie nord, et demande de respecter quelques précautions. Chaque été, la montagne corse tue.
Chaque année, des randonneurs sont victimes d’accidents graves parce qu’ils sont mal équipés, qu’ils ont surestimé leur condition physique ou qu’ils ont été imprudents. Il faut toujours emporter des vêtements chauds et légers, un chapeau, un imperméable et de l’eau et respecter les consignes de sécurité.

[one]