Malgré la destruction tardive des remparts en 1856, la vieille ville n’est à proprement parler que le centre géographique de la capitale actuelle. Les quartiers périphériques désignés d’après les points cardinaux (sauf Christianshavn), comme Nørrebro au nord, Østerbro à l’est, et Vesterbro à l’ouest, sont aussi très vivants, et revendiquent des identités bien distinctes.

Mongolfières © Lilly Darma

Mongolfières © Lilly Darma

Christianshavn (port de Christian)

Station Christianshavn.
Construite sur pilotis par le roi bâtisseur Christian IV entre 1617 et 1622, Christianshavn est initialement une cité marchande indépendante avec son propre blason. L’organisation des rues et des canaux qui la traversent lui donne des allures de petite Amsterdam. Ses maisons de style Renaissance hollandaise, jamais atteintes par les grands incendies de 1728 et 1807, datent, pour un grand nombre d’entre elles, de la naissance de la cité. Sur Asiatisk Plads où se trouve aujourd’hui le ministère des Affaires étrangères se dressent à partir des années 1750 les docks et les bureaux de la Compagnie d’Asie. C’est là, jusqu’en 1843, que les navires viennent décharger leurs cargaisons de produits exotiques qui sont ensuite vendus aux enchères aux marchands de la ville, puis exportés aux quatre coins de l’Europe. Les bâtiments sont visibles depuis Strandgade. Christianshavn Torv, où se trouvait autrefois Børnehuset (la maison d’enfants), lieu d’internement d’orphelins, d’enfants difficiles ou handicapés, est aujourd’hui un lieu paisible entouré de part et d’autre par le canal où sont amarrés les bateaux de plaisance et les péniches.

Vor Frelser Kirke (église Notre-Sauveur) 
29, Skt Annæ Gade, station Christianshavn.
Lambert van Haven édifie cette église entre 1682 et 1696 et la flèche, qui fait aujourd’hui partie des curiosités les plus célèbres du pays, n’est ajoutée qu’en 1750 par Laurids de Thurah. Inspirée de celle de l’église Sant’Ivo della Sapienza, la flèche est ornée d’un escalier en spirale qui s’enroule jusqu’à son sommet. Celui-ci est surmonté d’un globe en cuivre doré de 2 mètres de diamètre sur lequel « le Sauveur » brandit le drapeau de la victoire. A l’intérieur de l’église se trouve le plus ancien orgue de la ville, porté par deux éléphants. Il date de 1689

Christiania 
Bådsmandsstræde-Prinsessegade, station Christianshavn. Attention : il est interdit de prendre des photos dans l’enceinte de Christiania.
Fondé sur les principes anarchistes de refus de l’autorité centrale, le modèle social des Christianites est une curiosité qui mérite le détour. Le village indépendant de Christiania commence en effet par l’annexion des bâtiments militaires délaissés par l’armée en 1971. La crise du logement est alors l’argument qu’utilisent les squatteurs contre les menaces d’expulsion des autorités. Puis, devant l’absence de projet concret concernant l’occupation des bâtiments militaires, le gouvernement donne l’autorisation temporaire aux squatteurs d’utiliser les lieux pour une durée de trois ans. Période pendant laquelle Christiania est considéré comme une « expérience sociale ». L’organisation de la cité indépendante est basée sur le droit de chaque habitant à décider de l’avenir de la communauté, et sur des principes fondamentaux comme l’écologie et l’économie des ressources. Les réseaux d’eau sont aménagés pour récupérer les eaux usées et rassembler l’eau de pluie. Des cuisines, des laveries et des salles d’eau communes sont installées dans les immeubles pour économiser l’énergie.

Laurids de Thurah et la légende de la spirale 
Une histoire raconte que l’architecte de la flèche, épuisé par des années de travail, se serait jeté du haut de l’escalier le jour de l’inauguration en 1752, lorsqu’il se rendit compte que la spirale tournait à l’envers. En réalité, Laurids de Thurah vécut jusqu’en 1759. Il avait voué sa carrière à la sauvegarde du baroque contre la montée du style rococo représenté par son rival Nicolai Eigtved. Après la construction de la flèche, il a travaillé encore cinq années au service du roi avant de mourir en 1759, épuisé par les intrigues et les querelles qui avaient miné sa réussite.

Les maisons écolos d’architectes bien inspirés 
En se promenant sur les bastions de Christianshavn, on découvre d’incroyables constructions, souvent œuvres d’architectes plus ou moins connus, dont le moins qu’on puisse dire est qu’ils ont eu du flair ! Au bonheur de pouvoir s’installer au milieu des roseaux, avec le passage des cygnes et des canards sauvages comme seul vis-à-vis, s’ajoute un autre avantage non négligeable : celui d’être exempté de taxe foncière et de tout autre impôt, si ce n’est la participation forfaitaire d’environ 900 Kr./mois que chaque Christianite verse à la communauté en contrepartie du droit de résidence et de l’usage des structures communes.

Operahus (Opéra) 
Ekvipagemestervej 10, station Christianshavn. Accès en bateau-bus depuis Nyhavn.
Le 15 janvier 2005, sur l’île des Docks qui fait face au palais de la Reine, est inauguré le nouvel opéra, offert par Mærsk Mc-Kinney Møller aux Danois. Le magnat du transport maritime représente la plus grande fortune du pays et sa fondation est un des plus grands mécènes actuels au Danemark. C’est l’architecte Henning Larsen qui a donné sa forme définitive au projet : celle d’un gigantesque corps ovoïdal surmonté d’un plateau de 158 mètres de long. Les quatorze étages du bâtiment, pour partie construits sous le niveau de la mer, comprennent 1 000 pièces dont 5 salles de répétition et une grande scène pouvant accueillir 1 500 spectateurs.

Autour de Vesterport (porte Ouest)

A l’emplacement de l’actuelle place de l’Hôtel-de-Ville, la porte Ouest est élevée en 1583. Elle est reconstruite en 1668 par Frederik III, ornée d’une flèche et de sculptures sur la façade extérieure. Cette porte n’existe plus aujourd’hui, mais le début de Vesterbrogade marque clairement une limite avec le centre-ville. Un projet d’urbanisme est actuellement à l’étude au-dessus des voies de chemin de fer à ciel ouvert, et le chantier est prévu pour 2007. 

Hovedbanegården (gare centrale) 
Bernstorffsgade 3, Banegårdspladsen.
L’ancienne gare de Copenhague se trouve à partir de 1864 à l’endroit de l’actuel théâtre Palads (le bâtiment peint en couleurs guimauve derrière Axeltorvet). Mais en 1911 ouvre la nouvelle gare, construite par Heinrich Wenck à la mesure des besoins grandissants en transport de passagers et de marchandises. Sa charpente, visible de l’intérieur, ressemble à une coque de navire renversée éclairée par les lustres qui ornent la salle des pas perdus. Restaurée dans les années 1990, elle comprend aujourd’hui une galerie marchande d’environ 40 commerces et cafés, ouverts tous les jours.

Parc d’attraction Tivoli 
Vesterbrogade 3. Ouvert de dimanche à jeudi de 11 h à 22 h, vendredi et samedi de 11 h à 23 h. Entrée payante. Marché de Noël ouvert tlj du 11 novembre au 30 décembre (sauf les 24 et 25 décembre).
L’un des plus anciens lieux touristiques de Copenhague est le parc d’attraction Tivoli (à l’origine appelé Tivoli-Vexhall). Construit en 1843 par le journaliste Georg Carstensen, qui rapporte de Paris et de Londres l’idée d’ouvrir un parc à Copenhague, il est soumis à la condition formelle d’être facile à démolir en cas de guerre. En effet, le terrain sur lequel il est construit appartient à l’armée et comprend une partie des fortifications de la ville. De celles-ci, on voit encore les douves, aujourd’hui transformées en lac le long de Hans Christian Andersens Boulevard. Outre ses manèges, montagnes russes, et autres carrousels, le jardin offre un cadre unique de paysage romantique au parfum de coulisses de théâtre, régulièrement animé par une fanfare de jeunes garçons qui défile dans les allées du parc. On y assiste aussi à des concerts de musique classique, de jazz ou de rock, ou à des représentations de théâtre.

Ny Carlsberg Glyptotek (Glyptotèque) 
Dantes Plads 7. Ouvert du mardi au dimanche de 10 h à 16 h. Entrée payante pour les plus de 16 ans. Entrée libre pour tous mercredi et dimanche.
Juste derrière l’hôtel de ville, le musée fondé par le propriétaire des bières Carlsberg, Carl Jacobsen (1842-1914), ouvre ses portes en 1897 pour y exposer ses acquisitions personnelles, léguées au peuple danois par deux donations successives (en 1888, les peintures et les sculptures, et en 1899, la collection d’art antique). Il contient aujourd’hui la plus importante collection nordique de sculptures en provenance d’Egypte ancienne, du Proche-Orient, de la Grèce et de l’Italie. Le salon d’hiver est ajouté au bâtiment principal en 1899. Une étonnante sculpture de Kai Nielsen, représentant Mère Eau entourée de ses enfants, y trône juste sous la coupole dont le verre teinté baigne la palmeraie d’une lumière chaude.

Sculptures et impressionnisme 
Depuis le patio, on accède librement aux salles de sculptures où les œuvres de Jerichau, Canova, Sergel, Carstens, Flaxman, Rauch et Baily côtoient celles de Meunier, Klinger, Picasso et Giacometti. Helge Jacobsen ayant repris la direction du musée après la mort de son père en 1914, il rassemble peu à peu une des plus grandes collections d’œuvres d’art françaises en dehors des frontières. Les impressionnistes les plus importants sont aujourd’hui exposés dans la nouvelle partie du musée, construite par Henning Larsen et inaugurée en 1996. Parmi eux, Cézanne, Sisley, Pissarro, Monet, Renoir et Degas, dont on trouve, entre autres, les statuettes des ballerines en tutu. Parmi les postimpressionnistes on peut citer Gauguin, Toulouse-Lautrec et Van Gogh pour les peintres, Rodin et Carpeaux pour les sculpteurs.

Autour de Nørreport (porte Nord)

Autrefois utilisée comme porte de sortie de la ville, Nørreport est aujourd’hui la station la plus fréquentée de Copenhague. Elle concentre les trains de banlieue, les trains régionaux et interrégionaux, le métro et une gare routière. De nombreux habitants des alentours de Copenhague traversent chaque jour le terre-plein de Nørre Voldgade pour aller et revenir de leur lieu de travail. 

Château Rosenborg 
Gothersgade, station Nørreport. Ouvert tlj de 10 h à 16 h de mai à septembre, du mardi au dimanche de 11 h à 14 h en hiver. Entrée payante. Visites guidées en français du lundi au vendredi.
A deux pas de la station Nørreport, on trouve le château où sont gardés les joyaux de la Couronne. Construit de 1613 à 1624 dans le style Renaissance hollandaise affectionné par Christian IV, il sert de demeure de plaisance au roi durant les mois d’été. Entouré de douves et d’un jardin à l’anglaise, ce petit château est un véritable bijou. On y trouve les collections royales de Christian IV à Frederik VII : notamment les 12 tapisseries de Christian V représentant la guerre de Scanie (1675-1679), que le roi avait commandées au Flamand Bernt van der Eichen en 1684-1693. Ces chefs-d’œuvre avaient été transférés à Christiansborg après leur rénovation en 1917, et ont désormais retrouvé leur emplacement d’origine.

Rosenborg Have (jardin du Roi) 
Gothersgade, station Nørreport.
Le jardin du château est un lieu cher aux habitants de Copenhague qui viennent s’y détendre en toutes saisons et pique-niquer en famille ou entre amis pendant les longues soirées d’été. Installé en 1606, il a fait l’objet de multiples transformations, mais les trois allées centrales demeurent telles qu’elles étaient à l’origine : Kavalergangen (la voie des Cavaliers) qui débouche sur le pavillon d’Hercule, Damegangen (la voie des Dames) qui s’arrête devant la statue de Hans Christian Andersen, et une allée transversale qui longe la roseraie.

Livgardens Kaserne (quartiers de la Garde royale) 
Gothersgade-Øster Voldgade, station Nørreport.
Tous les jours à midi, on peut assister à la relève de la Garde devant Amalienborg. Mais c’est à Rosenborg que commence la marche aux alentours de 11 h 30. Livgardens kaserne, les quartiers de réserve de la Garde royale, se trouvent en effet dans les bâtiments qui longent le parc du château. Deux gardes sont également postés devant l’entrée de Rosenborg, et changent de côté à pas comptés. Mais ceux-ci ne font pas partie de la Garde royale, ils sont là pour protéger les joyaux de la Couronne. Le rôle des soldats de la Garde est la défense de la famille royale devant les palais et châteaux du pays, et la formation professionnelle des militaires de l’armée. A l’occasion d’événements particuliers, comme le 16 avril – jour de l’anniversaire de la reine -, le 1er janvier ou lors de visites officielles, les soldats de la Garde sont en uniforme de gala rouge. Autrement, leur uniforme est bleu roi.

Suivez le guide ! 
Le parc de Rosenborg est également doté d’une aire de jeux faite d’animaux merveilleux, de ponts et de labyrinthes en bois, et ornée d’une sculpture en bronze représentant un œuf d’or.

Statens Museum for Kunst (musée des Beaux-Arts) 
Sølvgade 48-50, station Nørreport. Ouvert du mardi au dimanche de 10 h à 17 h, mercredi de 10 h à 20 h. Entrée gratuite pour les moins de 16 ans.
A l’instar de l’architecture urbaine, les musées danois ne craignent pas le mélange des styles. On en découvre une illustration en sortant par la porte Nord du jardin de Kongens Have. Statens Museum for Kunst, magnifiquement rénové et agrandi par l’architecte Anna Maria Indrio en 1998, se laisse découvrir dans un glissement permanent entre les époques. L’ancien bâtiment de 1896, dessiné par Wilhelm Dahlerup, était déjà marqué par le mélange des styles. Le nouveau, élevé parallèlement au bâtiment original, est relié au premier par des passerelles et une galerie en verre où les sculptures sont disposées face au lac, le nord du bâtiment s’ouvrant sur le parc attenant au musée. Composée d’une collection de toiles du XIXe siècle danois (l’école de Skagen) et du « siècle d’or hollandais », l’exposition permanente est d’une richesse impressionnante. Pour les contemporains, le sculpteur Robert Jacobsen, les peintres Svend Wiig Hansen, Asger Jørn, Per Kirkeby, Vilhelm Lundstrøm, se découvrent au fil des salles lumineuses du bâtiment nouveau. De petites salles plus intimes sont réservées aux toiles du Norvégien Edvard Munch, du Français Henri Matisse ou encore de l’expressionniste allemand Emil Nolde. Les sculptures vont de 1700 à nos jours, représentant un éventail de styles très large, des marbres du néoclassiciste Bertel Thorvaldsen aux corps en mousse thermique et Rockwool du contemporain Christian Lemmerz.

Botanisk Have (jardin botanique) 
Gothersgade 128 ou Øster Farimagsgade 2C, station Nørreport. Ouvert tlj de mai à septembre de 8 h 30 à 18 h, du mardi au dimanche de 8 h 30 à 16 h en hiver. Entrée libre.
Le jardin botanique est un havre au milieu de la ville. Réinstallé entre Gothersgade et Sølvgade en 1874, il appartient à l’Université de Copenhague. On y trouve des milliers d’espèces végétales, des plantes médicinales aux herbes aromatiques, en passant par les bruyères mauve ou blanche des landes danoises ou l’élyme des sables – aussi appelée oyat – qui borde encore la plupart des plages du pays. Les espèces exotiques, comme les nénuphars géants ou l’imposante collection d’orchidées, occupent la palmeraie dont on aperçoit la coupole depuis l’extérieur.

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