Autour d’Østerport (porte Est)

Investi au XIXe siècle par la bourgeoisie marchande aisée qui y bâtissait des villas, le quartier d’Østerport est toujours un quartier résidentiel. En effet, un nombre important d’ambassades y sont installées, et la proximité immédiate du bord de mer et du Castelet en font un quartier attractif pour les classes moyennes aisées. La gare de l’Est est jusqu’en 1917 le terminus de Kystbanen, ligne de chemin de fer qui longe la côte depuis Helsingør. Aujourd’hui, celle-ci est prolongée jusqu’à l’aéroport et Østerport est devenue une station comme les autres. Une ligne de métro circulaire qui reliera ce quartier au réseau est prévue pour 2017. Jusque-là, les trains et les bus offrent une alternative acceptable au transport souterrain. 

Une prison pieuse 
En 1725, le lieutenant-colonel architecte Elias David Häusser dessina les plans de la maison d’arrêt du Castelet directement contre les murs de l’église. Non par manque de place, comme on pourrait le croire, mais ceci afin que les prisonniers suivent les offices depuis leur cellule. Ainsi, un orifice spécialement prévu à cet effet permettait de suivre le déroulement des offices qui avaient lieu dans l’église sans entrer en contact avec les fidèles, ni avec les autres prisonniers. Parmi eux, le médecin du roi fou Christian VII, Johann Friedrich Struensee, condamné pour crime de lèsemajesté, y fut interné en janvier 1772, avant d’être décapité et écartelé en avril de la même année. Les ouvertures sont encore visibles dans le mur qui sépare les deux bâtiments.

Eglise anglaise près de Amalienborg Palace, Copenhagen © Jim G

Eglise anglaise près de Amalienborg Palace, Copenhagen © Jim G

Kastellet (le Castelet) 
Grønningen-Esplanaden.
C’est pour achever la fortification de Copenhague que Christian IV fait construire le retranchement de Sankt Annæ en 1626. Mais en 1658, le roi Carl X Gustav rompt le traité de Roskilde et déclare à nouveau la guerre au Danemark. Son armée assiège Copenhague et, la nuit du 10 au 11 février 1659, l’attaque des fortifications est repoussée de justesse par l’armée de Frederik III. Il s’en était fallu de peu que les fortifications ne suffisent pas à retenir l’ennemi. Aussi, Frederik III fait appel au Hollandais Henrik Rüse pour la construction de nouvelles fortifications. Il ne faudra que deux années à ce dernier pour édifier les remparts, les douves et les cinq bastions du Castelet tels qu’on les connaît aujourd’hui. Le 28 octobre 1664, l’armée royale investit les lieux rebaptisés « Citadellet Frederikshavn » pour en faire une garnison militaire. Les bâtiments, qui appartiennent toujours à l’armée mais sont utilisés essentiellement par l’administration, ont fait l’objet d’un projet de restauration intégrale financé par la fondation de Mærsk Mc-Kinney Møller, le siège du groupe se trouvant non loin de là, entre le Castelet et le château d’Amalienborg.

Stor Bededag sur les remparts du Castelet 
La tradition veut que les habitants de Copenhague se retrouvent sur les remparts autour du Castelet le soir du quatrième vendredi après Pâques. Chaque année, les Danois de tous âges viennent par milliers de tout le Sealand se réunir sur les bastions. Des tables sont dressées en guise de buffet où du thé et des petits pains chauds sont offerts aux promeneurs.

Langelinie (promenade du bord de mer) 
Bord de mer devant le Castelet. Bateaux-bus depuis Nyhavn ou la Bibliothèque royale.
Autrefois simple promenade entre le Castelet et Øresund, le bord de mer disparaît en 1894 lors de la construction du port. Au vu des protestations des habitants de Copenhague, l’Etat fait aménager la jetée orientale. C’est ainsi que le chemin du bord de mer est remplacé par le jardin de Flindt et Dahlerup et un quai ponctué de statues et de mémoriaux, dont la monumentale fontaine de Gefion et le bronze de la Petite Sirène aujourd’hui symbole de la ville.

Les entrepôts 
Langelinie Allé, 2-60. Bateaux-bus depuis Nyhavn ou la Bibliothèque royale jusqu’à Nordre Toldbod.
A l’extrémité nord de Langelinie se trouvent d’anciens entrepôts aménagés en commerces pour les passagers des bateaux de croisière. On y trouve de grandes marques de sportswear et de vêtements pour enfants à prix réduits, ainsi que des boutiques de souvenirs et quelques restaurants avec vue sur le port.

Gefionspringvandet (la fontaine de Gefion) 
Bord de mer devant le Castelet.
La fontaine qui marque le début de Langelinie au sud est une allégorie de la formation de l’île du Sealand. La légende raconte que le roi Gylfe de Suède offrit à la déesse Gefion de lui attribuer autant de terre qu’elle pouvait en labourer en un jour et une nuit. Gefion transforma alors ses quatre fils en taureaux et leur attacha un soc. La puissance de l’attelage creusa un cratère si profond que le morceau de terre fut séparé de la Suède et dériva dans la mer, créant l’île du Sealand. Le trou laissé à l’intérieur des terres suédoises forma le lac de Vänern, qui ressemble, bel et bien aux contours de l’île danoise. Le monument est l’œuvre d’Anders Bundgård et date de 1908.

La Petite Sirène 
La jeune fille à la queue de poisson aspirait à découvrir le monde de la surface et rêvait de vivre parmi les hommes. Elle tomba amoureuse d’un prince qu’elle avait sauvé des eaux lors d’une violente tempête. La sorcière des mers lui promit des jambes de femme en échange de sa voix. Malheureusement, celles-ci ne suffirent pas à lui attirer l’attention du prince qui n’avait gardé d’elle que le souvenir de sa voix. Le jour de ses noces avec une autre jeune femme, la sorcière recommanda à la Petite Sirène d’assassiner son bien-aimé pour ne pas périr elle-même. Mais la jeune fille choisit la mort et se transforma en écume, puis en sylphide. Elle devra attendre 300 ans pour recevoir une âme immortelle.

Den lille Havfrue (la Petite Sirène) 
Bord de mer devant le Castelet.
Langelinie mène à l’attraction la plus photographiée de Copenhague : la Petite Sirène de Hans Christian Andersen, commandée au sculpteur Edvard Eriksen par Carl Jacobsen (les bières Carlsberg) en 1913. La situation excentrée de la statue et l’attention excessive dont elle est l’objet ont fait de la Petite Sirène la proie rêvée des chasseurs de sensationnel : recouverte de peinture en 1963, 1976 et 2003, elle est décapitée en 1964, puis à nouveau en 1998. Le 22 juillet 1984, on la découvre amputée de son bras droit. Quelques heures après, deux jeunes gens se rendent à la police avec le membre en bronze qu’ils avaient dérobé dans la nuit, en état d’ivresse. L’acte de vandalisme le plus récent date du 11 septembre 2003, où elle est retrouvée couchée à côté de son rocher, renversée par une charge d’explosifs.

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