Depuis fin 1990-début 1991, Cuba vit dans une « période spéciale en temps de paix » (período especial) en raison de la fin du bloc communiste et de son réseau économique, le Comecon, et de l’effacement de l’URSS. 
Elément fondamental et déterminant puisqu’en raison du blocus « étasunien » dans lequel vit Cuba depuis 1962, elle se trouvait très dépendante de ces pays qui lui achetaient la grande majorité de ses excédents, notamment agricoles, et lui fournissaient en retour des produits industriels ou énergétiques. À titre d’exemples, rappelons qu’en 1984 jusqu’à 50 % du revenu national de Cuba provenait de l’URSS et qu’en 1990 encore plus de 80 % de ses échanges commerciaux se faisaient avec le Comecon sur la base de prix contractuels de longue durée exprimés en devises non convertibles ou dans le cadre d’accords de compensation. 
Toutes ces bases se sont effondrées et le redéploiement est d’autant plus délicat que les mutations ont été rapides et que l’adaptation doit aller très vite aussi, faute de réserves importantes dans le pays. La période spéciale en cours correspond en fait à la gestion de la plus grande pénurie pour réaliser le plus d’économies possible et générer le plus grand nombre de devises convertibles. Un mot d’ordre impérieux : priorité à l’export, par la réduction maximale de la consommation nationale et l’accueil de touristes étrangers.

 

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