Péninsule d’Osa

Au sud-ouest du pays.
Le peu d’infrastructures routières sillonnant la péninsule a permis de préserver intacte une nature sauvage, parcourue de rivières et couverte de forêts, bordée par une côte paradisiaque, encore oubliée des grands flux, aux alentours de Bahía Drake. 

Palmar 
A 100 km de San Isidro del General, au croisement des routes Interaméricaine et Costanera.
La ville est séparée en deux par le Río Grande de Terraba. Si le secteur nord (Palmar Norte) ne présente aucun intérêt, Palmar Sur (secteur sud) abrite quelques bolas grandes, ces anciennes et mystérieuses pierres parfaitement sphériques. On peut les croiser dans le parc central, au hasard des allées, ainsi que de l’autre côté de la route, devant une antique locomotive.

Suivez le guide ! 
Pour admirer en toute tranquillité les plantations de palmiers qui longent la route jusqu’à Sierpe, empruntez l’ancienne piste non goudronnée.

Sierpe 
A 20 km au sud de Palmar.
Port d’embarquement pour Bahía Drake, le village est bâti au bord du Río Sierpe sur lequel on peut se laisser glisser en bateau. Les guides connaissent la rivière sur le bout des doigts et conduisent leur embarcation directement vers les points d’intérêt. Des crocodiles nagent entre deux eaux. Des serpents, comme le boa de la mangrove, se reposent sur des arbres et de petites chauves-souris, los vampiros fruteros, s’accrochent aux troncs. Cinq espèces différentes de mangroves poussent sur les berges, leurs racines gigantesques prenant pied dans le lit de la rivière.

Bahía Drake
Au nord de la péninsule d’Osa. Accessible par la route depuis Rincón, et par bateau au départ de Sierpe.
Cette magnifique anse doit son nom au navigateur anglais qui aurait mouillé dans ses eaux en 1579. Des flots calmes et cristallins, des plages de sable blanc… La baie incite à la paresse, même si, entre pêche et baignade, le choix d’activités ne manque pas.

Isla del Caño 
Au large de Bahía Drake.
Dans les eaux chaudes et limpides de cette réserve biologique appréciée des plongeurs, il suffit d’un masque, de palmes et d’un tuba pour admirer les coraux qui tapissent le récif à une faible profondeur.
Recouverte d’une dense végétation, l’île recèle des vestiges précolombiens. Nichées dans l’écrin de la forêt pluvieuse, en effet, gisent encore de nombreuses pierres sphériques, à leur emplacement originel.

Parque nacional Corcovado 
Entrée principale à La Sirena, au sud-ouest de la péninsule. Ouvert tlj de 8 h à 16 h. Entrée payante.
Dans cette forêt humide vierge, la dernière d’Amérique centrale, il tombe plus de 5 000 mm de pluie par an en moyenne. La richesse faunique est incroyable : sur les 42 000 ha que compte le parc, comprenant huit habitats différents, on recense 140 espèces de mammifères, 6 000 insectes, 117 amphibiens et reptiles, 367 oiseaux… Tous les félins vivant sur le territoire national sont représentés ici. Ocelots, jaguars ou margays mènent une existence discrète et timide. La flore est tout autant diversifiée : la mangrove s’enracine au bord des points d’eau et les fougères arborescentes montent si haut qu’elles semblent ne plus pouvoir s’arrêter… Pour ne pas se perdre dans l’entrelacs des chemins, il est préférable d’être accompagné par un guide. Certaines excursions peuvent durer plusieurs jours et l’on passe la nuit dans les emplacements de camping et les refuges prévus à cet effet.
L’un des sentiers, baptisé Río Madrigal, démarre à la station La Leona, franchit une colline à travers la forêt tropicale, et redescend vers la rivière du même nom. En suivant à pied le lit de ce cours d’eau peu profond, on atteint l’embouchure sur le Pacifique.

Le mystère des bolas grandes 
Ces boules de pierre qui ont été découvertes dans la péninsule d’Osa, en particulier dans le delta du Río Diquis, n’ont toujours pas livré leur secret. La date de leur création et la méthode de fabrication demeurent inconnues. Ont-elles été façonnées par la nature ou par la main de l’homme ? Encore aujourd’hui, sans l’aide d’un matériel adéquat, personne ne serait en mesure de réaliser des globes de pierre à la géométrie aussi parfaite. Leur diamètre peut varier de quelques centimètres à 2 m. Leur fonction reste tout autant énigmatique que leur fabrication. Selon certaines interprétations, elles auraient pu être destinées à marquer l’entrée de tombes. D’autres scientifiques émettent une hypothèse bien plus pragmatique : les Indiens les auraient poussées devant eux, durant leur marche en forêt, pour écraser araignées, serpents et autres espèces animales venimeuses…

Puerto Jiménez 
Accessible par une route difficile au départ de Rincón, ou en bateau depuis Golfito, en traversant le Golfo Dulce. Cette petite ville de 7 000 habitants est la seule cité importante de la péninsule d’Osa. Elle s’est développée avec l’arrivée des chercheurs d’or qui trouvaient à proximité quelques filons. Aujourd’hui, l’exploitation aurifère n’a plus cours, mais l’on peut encore visiter les anciennes mines. D’autre part, les belles et tranquilles plages de sable blanc sont propices à la baignade, à la plongée ou au kayak de mer.

Golfo Dulce

Le calme olympien de la mer entre la péninsule d’Osa et le continent invite au repos et à la nage, sur les plages populaires dans la région de Golfito, ou celles plus sauvages près de Puerto Jiménez. 

Parque nacional Piedras Blancas 
Situé de l’autre côté du Golfo Dulce, juste au sud de l’Interaméricaine.
Il a fallu son classement en zone protégée durant les années 1990 pour stopper une exploitation forestière abusive, mais ce parc, rare vestige de forêt tropicale humide donnant sur le Pacifique, dispose encore de peu d’infrastructures.

Golfito et ses environs 
A 80 km au sud-est de Palmar.
Le port de commerce ne connaît plus l’activité débridée qui y régnait alors qu’il était au centre d’un intense trafic de bananes. Depuis le départ de l’United Fruit Company, la cité vit essentiellement des revenus de la zone franche, el depósitio libre, qui draine, en particulier le week-end, une foule de Ticos.

La pêche au (très) gros… 
Le port de Golfito peut se vanter de posséder de nombreux records en matière de grosses prises. Selon les saisons, marlins, dorades ou wahoos – avec des spécimens de taille remarquable – se donnent rendez-vous dans les eaux de la côte pacifique sud. La meilleure solution pour aller à leur rencontre, canne en mains, est de louer un bateau et de passer un ou plusieurs jours en haute mer. Attention néanmoins, la pêche sportive n’est pas un loisir particulièrement abordable et pour une seule et unique journée, il faudra compter en centaines de dollars. A ce prix-là, les embarcations qui sillonnent au large appartiennent toutes au haut de gamme…

Plages 
Le golfe forme une baie presque fermée et abrite une mer d’huile aux environs immédiats de Golfito. Les plages conviennent parfaitement à la baignade en famille et les Ticos ne se privent pas d’un petit saut dans l’eau après avoir effectué leurs emplettes. Playas Cacao, Gallardo et San Josecito sont seulement situées à quelques centaines de mètres de la ville. 10 km plus loin, en se dirigeant vers le sudest, l’étendue de sable noir de Playa Zancudo subit une moindre affluence, si bien que nageurs et surfeurs s’y côtoient.

Pavones 
A 20 km au sud de Playa Zancudo.
Ici, point de baignade possible ! Les vagues hautes, longues et permanentes font de cette plage un lieu de rencontres de surfeurs avertis : ce serait, au dire des initiés, le meilleur spot de toute la côte pacifique d’Amérique centrale… C’est durant la saison verte, de mai à octobre, que les conditions de pratique sont les meilleures.

Près de la frontière du Panamá

La nature, entièrement préservée dans ce Sud profond, s’étend de part et d’autre de la frontière entre les deux pays. Luxuriante, humide et sauvage, elle est le meilleur témoignage de ce que devait être le Costa Rica avant la colonisation. 

Vallée de Coto Brus 
A 70 km au sud-est de San Isidro del General.
A l’endroit où l’Interaméricaine oblique à l’ouest pour descendre vers Palmar Norte et la côte pacifique, une bifurcation rejoint San Vito par la vallée de Coto Brus. Certes, la chaussée est loin d’être aussi bien revêtue, mais les paysages traversés, tantôt rocailleux, tantôt recouverts d’une dense forêt vierge, méritent le détour. De superbes panoramas sur le sud de la cordillère de Talamanca se succèdent.

San Vito 
A 110 km au sud-est de San Isidro del General.
Fondée dans les années 1950 par des immigrants italiens, cette ville de près de 10 000 habitants est une halte agréable de fraîcheur, très souvent nimbée de brume épaisse. Petit centre commercial, San Vito reçoit régulièrement la visite d’Indiens guaymis qui vivent à cheval sur le Costa Rica et le Panamá.

Parque nacional La Amistad 
Entrée principale à la station Altamira, à 8 km de San Vito.
Déclarée réserve de la biosphère par l’Unesco et inscrite au patrimoine mondial de l’humanité, tout comme le parc Chirripó, La Amistad est la plus grande des zones protégées du pays, avec 190 000 ha de surface. De l’autre côté de la frontière, elle s’étend encore sur plus de 400 000 ha. La variété des espèces animales et végétales est immense, mais le parc est difficile d’accès. Pour ne pas perturber cette forêt vierge, conservée pour l’instant dans son état primaire, aucun grand chemin de randonnée n’a été créé ou balisé et aucune infrastructure touristique n’existe. Les grands mammifères, cerfs et tapirs, comme les félins, ocelots et jaguars, se sont approprié cet espace dense où les arbres culminent à plusieurs dizaines de mètres, reliés par d’interminables lianes. Le seul moyen d’exploration consiste à faire appel aux services d’un guide local. Le meilleur point d’entrée est la station Altamira, au nord-est de San Vito, où est située l’une des maisons du parc. Une exposition minimaliste y résume les grandes caractéristiques de la faune et de la flore locales, et quelques sentiers longent la bordure du parc. Des aires de camping y sont également aménagées.

Suivez le guide ! 
A 2 km au nord des jardins Wilson, le centre d’études Finca Cántaros, créé par les mêmes propriétaires, initie les néophytes à la reforestation.

Jardín botánico Wilson
A 8 km au sud de San Vito. Ouvert tlj de 8 h à 16 h. Entrée payante.
Sur les premiers lacets de la route qui descend en pente raide vers Ciudad Neily, cette réserve privée s’étend sur 10 ha. Depuis la création du site en 1963 par Catherine et Robert Wilson, la mission initiale de préservation de la flore ne s’est jamais démentie : aujourd’hui la collection botanique représente plusieurs milliers de variétés, des bambous aux héliconias en passant par les orchidées et les bromélias. La faune est tout aussi dense, avec des centaines de reptiles, oiseaux ou mammifères et… des milliers de papillons.Les oiseaux-mouches bourdonnent inlassablement. Des sentiers à thème sillonnent le parc, où l’on peut passer la nuit et découvrir au hasard d’un détour des agoutis et coatis.

Ciudad Neily 
A 15 km au sud de San Vito et 80 km au sud-est de Palmar.
Entre San Vito et Neily – également appelé Villa par ses habitants -, la transition climatique est aussi abrupte que la route est escarpée. La chaleur règne en maîtresse absolue dans cette ville implantée dans une zone exclusivement agricole. La campagne alentour, entièrement boisée de bananiers et de palmiers à huile, déroule un paysage régulier, assez monotone.

Paso Cañoas 
A 17 km au sud de Ciudad Neily.
Dans cette ville frontière avec le Panamá, l’animation est permanente car les Ticos y trouvent des marchandises détaxées, souvent moins chères qu’au port franc de Golfito.