Partagée entre deux régions administratives, le Guanacaste et le Puntarenas, cette grande avancée forme une réelle entité géographique, coupée du reste du pays. L’animation de ses côtes, en proie à la fièvre balnéaire, contraste avec l’assoupissement de l’intérieur des terres, qui réserve des paysages encore sauvages et de charmantes villes de province.

Le nord de la péninsule

Des plages, du sable et la mer bien sûr. Mais pas seulement ! C’est dans cette partie de la péninsule, appartenant à la province du Guanacaste, qu’il y a une vie en dehors du tourisme, faite d’agriculture et d’élevage. 

Santa Cruz 
A 50 km au sud de Liberia.
La ville principale du nord de la péninsule, une petite cité tranquille, est réputée pour son folklore. Un festival s’y déroule durant la deuxième semaine de janvier, avec rodéo et danses traditionnelles. Sur la plaza de Los Mangos, se tient un marché couvert en soirée.

Guaitíl 
A 12 km à l’est de Santa Cruz.
Ce village est spécialisé dans le travail de la terre. Les potiers utilisent aujourd’hui les mêmes techniques que les Chorotegas, il y a quelques siècles en arrière. La route qui y mène est bordée de superbes guanacastes et traverse de grands parcs pour bétail, caractéristiques de la province.

Nicoya 
A 20 km au sud-est de Santa Cruz.
Nommée ainsi en hommage au chef indien chorotega qui dirigeait la région à l’arrivée des conquistadors, cette cité est encore très marquée par son passé colonial, dont plusieurs maisons en bois du XVIIe siècle perpétuent le souvenir. L’Iglesia San Blas, située dans un coin du parc central, date aussi du XVIIe siècle. Aujourd’hui, la ville est au centre d’une région agricole tournée vers l’élevage de bovins. Le négoce y joue un rôle primordial et un rodéo réputé s’y déroule chaque mois de juillet.

Parque nacional Barra Honda 
A 10 km au nord-est de Nicoya. Ouvert tlj de 7 h à 16 h. Entrée payante.
Ce parc est destiné à protéger un ensemble de grottes, toutes indépendantes les unes des autres, datant de 70 à 90 millions d’années. Pour l’instant, seules 19 d’entre elles ont été explorées, mais plus de quarante ont déjà été recensées. La plus profonde et la plus visitée descend à 62 m. Elle s’appelle Terciopelo car lors de sa découverte, le cadavre d’une redoutable vipère fer-de-lance jonchait le sol… Heureusement, aucun autre spécimen n’a été trouvé depuis. La présence d’un guide est absolument indispensable. Un sentier, long d’une dizaine de kilomètres, traverse l’ensemble du site et gravit le sommet du Cerro Barra Honda,point culminant du parc d’où la vue sur le golfe de Nicoya est admirable.

Les plages du Nord 
Tout au long des côtes de la péninsule, les plages s’égrènent à l’infini. Au nord, Playa Panamá, nichée dans la baie de Puerto Culebra, bénéficie d’eaux calmes et propices à la baignade. De nouvelles infrastructures touristiques sont en projet. 5 km au sud, Hermosa et Ocotal, avec leur sable gris, demeurent des havres de tranquillité. Les Playas del Coco, situées de part et d’autres de l’embouchure d’une petite rivière, sont les préférées des Ticos de la région de Liberia. 15 km encore plus au sud, la longue Playa Potrero est moins fréquentée. Playa Flamingo, avec son sable blanc, est un rendezvous apprécié des amateurs de pêche sportive et propose des établissements haut de gamme. Playa Brasilito, recouverte de sable gris, est plus populaire et abordable. Enfin, Playa Conchal tire son nom des coquillages qui la tapissent entièrement.

Parque nacional Marino Las Baulas 
Playa Grande. Ouvert tlj de 9 h à 18 h. Entrée payante.
Si les plages Grande et Tamarindo sont réputées pour être d’excellents spots de surf et de planche à voile, elles sont aussi le refuge des tortues-luths. Le parc national marin a été créé pour protéger ces gigantesques reptiles, qui peuvent atteindre un poids de 500 kg et une taille de 2 m. Chaque année, les tortues reviennent pour la période de la ponte, d’octobre à mars. La nuit, elles remontent doucement de l’océan et creusent un trou dans le sable pour y enfouir leurs œufs. Au préalable, on aura pris soin de passer dans le Museo El Mundo de la Tortuga créé par des Français, qui fournit toutes les explications indispensables sur la reproduction et la migration des tortues (A l’entrée du parc. Ouvert tlj d’octobre à mars, à partir de 16 h. Entrée payante).

Des vagues de tortues 
En règle générale, les œufs de tortue sont aujourd’hui très largement protégés : il est formellement interdit de les ramasser, et le braconnage est sévèrement réprimé. Pourtant, sur la Playa Ostional, on peut s’en procurer sous certaines conditions. Lors des arribadas, les tortues de Ridley arrivent en très grand nombre et les œufs pondus par les premières d’entre elles sont consciencieusement ramassés par la population, puis mangés sur place ou vendus jusque sur les marchés de San José. Ils seraient de toute façon écrasés par la seconde vague de tortues. Ces arribadas sont l’occasion de grands rassemblements populaires et la plage, ces jours-là, prend des airs de fête. Le produit de la vente des œufs revient à une coopérative, qui l’utilise au bénéfice du développement de la communauté.

Les plages du Sud 
Les amateurs de surf apprécient Playas Junquillal et Avellana, au sud du parc national marin. Plus au sud, Playa Sámara, desservie par une route goudronnée depuis Nicoya, est protégée par une barrière de corail. Cette longue bande de sable blanc, à l’abri des courants, est idéale pour la baignade.

Refugio nacional de fauna silvestre d’Ostional 
A 32 km au sud-ouest de Nicoya.
Ce périmètre protégé englobe les Playas Nosara et Ostional. Les tortues de Ridley, bien moins imposantes que leurs congénères luths, affluent par centaines, voire par milliers pour pondre. La meilleure période d’observation se situe entre juillet et novembre.

Le sud de la péninsule

Rattachée à la province du Puntarenas, cette pointe isolée, qui s’avance sur le Pacifique, est plus facilement accessible par bateau puisque aucune route goudronnée ne dessert le sud de la péninsule. La côte se découpe en petites baies frangées de plages aux eaux translucides. 

Refuge de Curu 
A 7 km au sud de Paquera.
Le refuge de Curu abrite une spectaculaire variété d’arbres et d’animaux (singes capucins, pécaris, coatis, cerfs à queue blanche…), bordée par trois langoureuses plages. Depuis Curu, il est possible de prendre un bateau vers l’île de la Tortue.

Paquera et ses environs 
A 65 km au sud de Nicoya.
A 90 min en bateau de Puntarenas, ce village, lieu de passage obligé vers les différentes plages, semble hors du temps et de la vague touristique. Au nord de Paquera, Playa Naranjo, d’une propreté douteuse, ne mérite guère le détour. Il en va tout autrement de Bahía Gigante et de son agréable sable gris.

Tambor et Pochote 
A 10 km au sud-ouest de Paquera.
A l’image de Paquera, ces deux villages ont su résister au modernisme effréné. Ils sont reliés par la longue plage de Bahía Balena, propre et protégée des courants marins, qui s’étire sur 8 km. S’il arrive effectivement que des baleines « roulent leur bosse » dans les eaux de cette grande baie, la beauté du site a surtout attiré de nombreux investisseurs.

Vers Montezuma 
A 15 km de Tambor.
De Tambor, la route effectue un crochet de plusieurs kilomètres à l’intérieur des terres. L’atmosphère trépidante des stations balnéaires cède la place à une vie rurale. Les troupeaux de zébus paissent tranquillement dans des prairies vallonnées, sans se soucier des hordes de touristes.
Réputées pour la pratique du surf, les plages de Montezuma ont longtemps attiré une clientèle jeune, insouciante, avide de plaisir mais dénuée de toute conscience environnementale : tout semblait permis, y compris les décharges sauvages et les feux de camp en zone protégée. Aujourd’hui, le nettoyage et le reboisement ont rendu sa virginité à ce paysage.

Les îles du golfe 
Dans le golfe de Nicoya, sont disséminées une dizaine d’îles que l’on aperçoit en empruntant le ferry depuis Puntarenas. Parmi elles, l’isla Gitana héberge un cimetière autochtone. A marée basse, cet îlot est accessible depuis Bahía Gigante, et peut être visité grâce au sentier qui en fait le tour.
La transparence des eaux et leur empoissonnement, au large de l’isla Tortuga, réjouiront les plongeurs. Les autres s’adonneront aux joies de la baignade et du farniente sur le sable immaculé.
Les îles Negritos et Guyabo, proches l’une de l’autre, sont classées comme réserves biologiques. Les pélicans bruns y vivent en colonies et toutes les espèces d’oiseaux marins semblent s’y être donné rendez-vous. Pour leur protection, l’exploration de ces îles est interdite et seule une balade en bateau autour des rivages est autorisée.

Prison sans barreaux 
Jusqu’en 1992, l’isla San Lucas, la plus grande des îles du golfe, servait de centre pénitencier, mais ne connaissait pas la discipline de fer d’Alcatraz. Les détenus pouvaient aller et venir librement sur l’île et le dimanche, jour de visite, ils vendaient leur production artisanale aux promeneurs. Aujourd’hui, le bâtiment principal de la prison, habité par deux gardiens, existe toujours et l’on peut le visiter avant de s’enfoncer dans la forêt avec, comme fond sonore, le vacarme permanent des singes hurleurs. Pour terminer en douceur, les plages de sable blanc invitent au repos et à la baignade.

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