Olympie

Olympie, c’est le miracle des cités grecques qui cessent leurs guerres tous les quatre ans pour s’affronter par le truchement de leurs athlètes. On l’oublie souvent, la haine – et déjà le dopage – étaient de la partie. Mais pour peu qu’on commence par les deux musées (dont un dédié à l’histoire des Jeux), on revit aisément ces jeux sacrés, ressuscités en 2004 par quelques épreuves disputées ici.

Musée archéologique
Ouvert tous les jours de 8 h à 19 h, 15 h le week-end, de 8 h à 17 h en hiver. Entrée payante.
Le clou du musée, c’est l’Hermès de Praxitèle. Mais il y a aussi ces vases jaune et noir qui racontent les épreuves avec des détails croustillants : courses en char, javelot, lutte en tout genre… Voici les objets familiers des athlètes et le casque du général Miltiade, offert en remerciement pour sa victoire à Marathon. Comble de l’émotion, on a trouvé une potiche où le sculpteur Phidias, craignant qu’un de ses ouvriers ne le vole, avait écrit son nom. Olympie lui devait une des Sept Merveilles du monde : une statue de Zeus en or et ivoire, à jamais perdue.

Sanctuaire des jeux
Nonne du monastère d’Emalion, près de Tripolis.Mêmes horaires que le musée. Entrée payante.
On détaille avec émotion le gymnase pour l’entraînement et la piste de course, la salle de banquet où les vainqueurs arrosaient le prix de leurs efforts – une branche d’olivier ! Dans le bouleutérion, dont il ne reste que des pans de murs, un jury mettait les tricheurs à l’amende. Quant à ce bâtiment carré réunissant des cellules autour d’une courette, c’est l’ancêtre de nos cités pour athlètes…

Workshop of Pheidias © Alun Salt

Workshop of Pheidias © Alun Salt

Suivez le guide !
La Wehrmacht a brûlé Kalavryta en 1943, exécutant ses 1258 hommes de plus de 14 ans : l’Oradour grec.

Le temple de Zeus
Il en reste des tambours de colonnes, alignés comme des rondelles de tomate. C’est là que l’on rendait le culte au premier intéressé : Zeus Olympien, auquel les jeux étaient destinés. Au pied de l’édifice se trouve l’atelier de Phidias. Ce sculpteur avait réalisé une statue du dieu en or (pour la toge) et ivoire (pour la peau). Haute de plus de 13 m, elle était une des Sept Merveilles du monde. Il n’en reste que quelques échantillons dérisoires, exhibés au musée.

Les trésors
A droite du temple de Zeus.
Alignés comme avant un match, les « trésors » étaient les petits temples où chaque cité amassait les offrandes qu’elle faisait à Zeus. Dans leur prolongement se trouve l’Héraion, consacré à l’épouse du Dieu, et les restes d’un monument circulaire, offert par Philippe de Macédoine.

Suivez le guide !
Pour remplir ses caisses, la municipalité d’Olympie a mis au point, spécialement pour les touristes, des indications de stationnement parfaitement ambiguës. Attention où vous vous garez : la paravasi (l’amende) serait lourde !

Caritaine (Karitaina)
Après Megalopoli, la route peine jusqu’à Karitaina. En 1254, le Franc Geoffroy de Bruyères y bâtit un nid d’aigle, témoin d’affrontements entre Grecs et Turcs. Il en reste les remparts, la citerne et la grande salle aux baies gothiques.

L’Alphée
Enjambé par un pont à une arche, c’est ce fleuve qu’Héraclès détourna, pour nettoyer les écuries du roi d’Olympie, le répugnant Augias et ses 30 000 chevaux. Le fleuve y coule toujours.

Suivez le guide !
A Abelonia, près d’Andritsena, se trouve le charmant hôtel Epohes, tenu par la famille du cinéaste Angelopoulos. Dans la taverne, sont suspendus les instruments de musique qui jouèrent dans les films du maître.

Vassès (Vassae)
Ce temple dorique au gigantisme intimidant a été restauré par l’Unesco… qui a eu du fil à retordre pour recalculer le profil des tambours manquants : comme au Parthénon, on leur avait donné une inclinaison millimétrique pour éviter les illusions d’optique qui auraient fait danser le fronton sur ses colonnes. Leçon d’humilité.

Patras et l’Achaïe

Nikolaou
C’est l’avenue la plus branchée pour boire un verre, déguster une glace ou manger un morceau de cuisine internationale, entouré par la jeunesse dorée de la troisième ville de Grèce.

Suivez le guide !
De juin à août, l’antique odéon accueille un festival musical, et une semaine avant le Carême, Patras vit à l’heure du plus grand carnaval de Grèce.

Clarence (Killini)
A côté d’anciens bunkers allemands, les oliviers ombrent un tapis de tessons de poterie. C’est l’ancienne Clarence, premier port d’exportation du Péloponnèse, au Moyen Age. Il n’en reste que les fondations d’une cathédrale, des tours plastiquées, et les vestiges d’une porte de ville.

Andréville (Andravida)
On y voit encore le chœur gothique d’une église franque, avec ses chapiteaux usés, mais dans le style français.

Le mont Erymanthe
Au sud de Patras.
Derrière des collines piquetées d’arbres et de quelques rochers se détache la silhouette grandiose de l’Erymanthe. C’est sur ses 2224 m poudrés de neiges éternelles qu’Héraclès accomplit un de ses travaux : prendre vivant l’énorme sanglier qui terrorisait les montagnards. Il l’attire et le fait basculer dans une crevasse où un tapis de flocons permet de le cueillir vif.

Monts d’Achaïe
De Patras en passant par Halandritsa, Kalavryta et les gorges du Vouraïkos on parcourt une boucle de 150 km qui offre un aperçu des montagnes d’Achaïe, avec l’Erymanthe, les étonnants villages perchés où l’on vit comme il y a un siècle, et les monastères comme Mega Spileo ou Sainte-Laure.

Kalavryta
Ce bourg a le coeur révolté et l’âme martyre. Dans les proches hauteurs se trouve Sainte-Laure (Agia Lavra). Devant ce petit monastère, le 25 mars 1821, le métropolite de Patras bénit le premier drapeau grec, signal du soulèvement contre les Turcs. Une statue du grand homme et, plus haut, un immense monument orné de statues héroïques, immortalisent ce temps fort. Le 13 décembre 1943, pour réprimer des attaques sur les routes voisines, la Wehrmacht brûle Kalavryta, passant à la mitrailleuse ses 1258 hommes de plus de 14 ans : l’Oradour grec. Un petit cimetière rappelle les sinistres événements. Au-dessus, sur un plateau inaccessible où paissent pourtant des chèvres, dorment les derniers vestiges du château franc de la Colovrate.

Les gorges du Vouraïkos
Les lacets grandioses des gorges descendent lentement vers l’ample golfe de Patras : vignobles, pinèdes, cyprès et quelques monastères aux vues imprenables.

Cérynie (Kerynia)
Le petit site archéologique est très mal indiqué. Ici, entre les cyprès, Héraclès réussit à attraper l’insaisissable biche d’Artémis.

Clermont, souvenir franc
Le plus beau château franc de Morée a été construit en 1220 par Geoffroy de Villehardouin. Il se compose d’un polygone de vastes bâtiments cramponnés à la roche, avec une large cour au centre. Les planchers on disparu, mais on repère les cheminées. Par beau temps, les courtines offrent des vues magnifiques sur les plaines et les îles voisines.

Patras (Patra), ville d’André
Quatrième ville de Grèce (après Athènes, Thessalonique et Le Pirée), Patras a cassé sa réputation de tristesse pour devenir une ville très vivante. Sous son gros château s’étend le vieux quartier où les petits métiers terminent leur carrière un peu désuète ; plus bas, un carroyage de rues où alternent bars et boutiques qui suivent de près la dernière mode. C’est à Patras que l’apôtre André aurait été crucifié, sur sa fameuse croix en « X » – première lettre grecque du mot « Christ ». Ce n’est qu’en 1966 que le Vatican a rendu son crâne et Marseille sa croix à l’église métropolite Saint-André, où les popes veillent farouchement sur les reliques du patron de la ville.
De juin à août, l’antique odéon accueille un festival musical, et une semaine avant le Carème, Patras vit à l’heure du plus grand carnaval de Grèce.A 7 km à l’est, Rion est le site du pont élégant qui relie depuis 2004 le Péloponnèse à Delphes.

Les Francs en Grèce
Ils étaient de Champagne, de Champlitte ou de St-Omer. Partis en 1203 pour la croisade, ils se retrouvent à Constantinople à dépouiller l’empire byzantin avec les Vénitiens. La Grèce est une proie tentante : derrière Villehardouin, nos Francs raflent tout en cinq ans, et se bombardent ducs d’Athènes, sires de Sparte ou de Thèbes, et, surtout, prince de Morée, avec Andréville pour capitale et Clarence pour port d’exportation. Lorsque les Byzantins les chassent un siècle plus tard, ils laissent des châteaux un peu partout, et des églises à Andravida, Kardamili, Mystra et Nauplie.

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