Dominée par l’ombre menaçante du volcan Poás, la région vit au rythme serein de l’agriculture et de l’artisanat.

Alajuela

La ville natale de Juan Santamaría, a connu un fort développement grâce à la création de l’aéroport international. Elle bénéficie de la présence de tous les services (banques, poste, médecins…) et de nombreux hôtels à sa périphérie, sans avoir perdu la douceur surannée d’une bourgade de province vouée au commerce. Les vénérables manguiers du parc central offrent un havre de fraîcheur dans une zone beaucoup plus chaude que la capitale en raison de son altitude moindre.

Monuments religieux 
Ouvrant sur le parc central, la cathédrale date du XIXe siècle (Calle Central, avenida Central-1. Ouvert tlj 24 h/24).
Elle est hétéroclite mais pas dénuée de charme, grâce au dôme qui domine le transept. Quelques blocs à l’est, l’Iglesia La Agonia, construite en 1941, présente un style franchement baroque (Calle 9-11, avenida 1. Ouvert tlj 24 h/24).

Museo Juan Santamaría 
Calle Central-2, avenida 3. Ouvert du mardi au dimanche de 10 h à 18 h. Entrée libre.
L’épisode de l’histoire costaricaine opposant des milices populaires au mercenaire nord-américain William Walker y est raconté par le menu : issu d’un milieu modeste d’Alajuela, Juan Santamaría, à la tête d’une bande de 300 hommes, réussit en 1856 à mettre en fuite l’aventurier. Depuis ce jour, il est un héros national et des objets lui ayant appartenu sont exposés dans le musée qui porte son nom. Une statue est également dédiée au sauveur dans un parc du centre-ville (Calle 2, avenida 2-4). Il est représenté torche en main, puisque c’est en incendiant la maison où s’était réfugié Walker qu’il prit le dessus.

Mercado 
Calle 4-6, avenida Central-1. Ouvert tlj de 7 h à 17 h.
Le cœur urbain est une succession de magasins et d’échoppes en tous genres. Mais l’esprit costaricain le plus typique se concentre dans le marché couvert où, parmi toutes sortes d’étals de nourriture, on mange un casado (plat complet à base de riz et de viande) et un gallo pinto (petit déjeuner traditionnel à base de poulet) dans une ambiance populaire. 

Les environs d’Alajuela

La seconde ville du pays en nombre d’habitants, dominée par la stature impressionnante du volcan Poás nimbé d’écharpes brumeuses, ouvre une porte vers un Costa Rica agricole où les plantations de café occupent une part prépondérante des surfaces. 

Parque nacional Volcán Poás 
A 30 km au nord d’Alajuela. Ouvert tlj de 8 h à 15 h 30. Entrée payante.
Comme l’Irazú, le sommet du Poás est accessible en voiture, ce qui entraîne une forte fréquentation. Toujours en activité, il se contente pourtant depuis 1989 de cracher des vapeurs. L’odeur âcre des émanations sulfureuses dirige l’explorateur vers le cratère principal, large de 1 500 m et profond de 300 m. Un petit lac aux eaux vertes en occupe le fond. En suivant le sentier Laguna Botos, on découvre au terme d’une courte promenade un autre cratère abritant un second lac. Sur le chemin du retour, par le sentier Escalonia, de nombreux panneaux explicatifs décryptent les particularités de la flore locale. Les curieuses Sombrillas del póbre, « les parapluies du pauvre », forment d’immenses feuilles arrondies et incurvées, souvent abîmées et perforées par les pluies acides.
Dans le centre d’interprétation, un diaporama raconte l’histoire du volcan, des maquettes et panneaux expliquent la formation géologique de ces reliefs magmatiques et l’apparition du Poás dans le cadre de la ceinture de feu.

Sarchí 
A 20 km au nord-est d’Alajuela.
Cette sympathique localité, à 8 km au nord de l’Interaméricaine, doit sa réputation à ses ébénistes qui, outre des meubles, fabriquent la fameuse charrette à bœuf. Une petite église aux façades joliment colorées en ocre jaune et vert pastel donne sur le parc central, dans les allées duquel un monument érige la charrette au rang de symbole national.

Finca de mariposas 
Au sud d’Alajuela, La Guacima. Ouvert tlj de 9 h à 17 h. Entrée payante.
Cette ferme, la plus importante du pays, s’est spécialisée dans l’élevage de papillons destinés à l’exportation. Sa visite, agrémentée de la projection d’un documentaire, s’avère fort instructive. On y observe la fascinante formation de cet éphémère et gracile insecte, depuis son état de larve jusqu’à sa sortie du cocon. Sous de vastes serres en tulle qui forment une voûte transparente, des spécimens adultes bariolés virevoltent de plante en plante.
A 5 km à l’est, Madame Butterfly Garden propose une prestation équivalente (Ouvert tlj de 8 h à 16 h. Entrée payante).

Parque zoológico des aves 
La Guarita. Ouvert tlj de 9 h à 17 h. Entrée payante.
C’est le domaine des oiseaux, avec plus de 60 espèces différentes dont un splendide perroquet rouge. Depuis quelques années, le zoo abrite également des mammifères et des reptiles. Il a une fonction de centre de sauvetage, reconnue par le gouvernement, puisqu’il recueille exclusivement des animaux blessés.

En charrette… 
Utilisée au XIXe siècle pour le transport du café, mais aussi pour les déplacements familiaux sur les routes escarpées, la fameuse carretas n’est plus guère aujourd’hui qu’un objet folklorique. Employée exceptionnellement pour des travaux ruraux, elle est en revanche fièrement exhibée lors des fêtes de village. Déclinée dans toutes les tailles et proposée comme souvenir à l’intention des touristes, elle est le moteur d’une industrie prospère. A Sarchí, les artisans ébénistes maintiennent le savoir-faire traditionnel et s’en donnent à cœur joie pour produire en grand nombre ces véhicules anachroniques, décorés de motifs élaborés, qui ont été déclarés en décembre 2005 par l’Unesco chef-d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité.

San Ramón 
A 14 km à l’ouest de Sarchí.
Cette cité est réputée pour être la terre des poètes du Costa Rica – à tel point que la plupart des habitants sont prêts à déclamer quelques vers à l’improviste -, mais pas seulement ! Plusieurs présidents de la République sont nés ici, en particulier José Figueres Ferrer. Un musée sur le côté sud du parc central est consacré aux enfants célèbres de la ville, avec de multiples portraits et documents littéraires (Ouvert du lundi au vendredi de 13 h à 17 h. Entrée payante). Juste à côté, un centre culturel et historique est dédié à Don Pépé (Ouvert du lundi au samedi de 9 h à 11 h 30 et de 13 h 30 à 17 h 30. Entrée payante). Cette bourgade provinciale particulièrement animée doit être visitée le samedi, lorsque le marché hebdomadaire se tient au nord du centre-ville. Tous les producteurs de la région viennent vendre ici le fruit de leur travail et les étals regorgent de produits exotiques : mangues sucrées à souhait ou rafraîchissantes caramboles…

Suivez le guide ! 
Sur la route de San Ramón, le sympathique producteur de tabac Don Pedro offre une initiation, rapide mais gratuite, au roulage du cigare.

Bosque nuboso Los Angeles 
Entre San Ramón et La Tigra.
La forêt nuageuse de Los Angeles, propriété d’un ancien président de la République, Rodrigo Carazo, s’étend sur 800 ha. De nombreux chemins ont été aménagés dans l’enchevêtrement végétal de la forêt primaire, souvent nimbée de brouillard, que l’on peut parcourir à pied ou à cheval pour découvrir de petites cascades projetant de rafraîchissants embruns et observer une faune aviaire bruyante. A travers le feuillage se profile par exemple le bec reconnaissable du toucan, tandis que perroquets et jacanas se disputent les branches…

Du nord à l’est

Toute proche de la capitale, la ville de Heredia et la province du même nom ouvrent un passage vers Limón et la côte caraïbe. Entre les zones urbanisées de la banlieue de San José et la nature la plus sauvage du parc national Braulio Carrillo, la transition est brève. 

Heredia 
A 10 km au nord de San José. Surnommée la « ville des fleurs », cette importante agglomération est également une cité universitaire animée d’une frénétique vie nocturne.

Basílica de la Inmaculada Concepción 
Calle Central, avenida Central-2.
A l’est du parc central – où les retraités passent le temps avec d’interminables parties d’échecs – se dresse une majestueuse basilique construite à la fin du XVIIIe siècle. Entouré de jardins à l’anglaise, cet édifice colonial est encadré de deux tours carrées qui lui donnent un air de forteresse militaire. Les cloches ont été ramenées de Cuzco, au Pérou.

El Fortín 
Calle Central-2, avenida Central.
Cette petite forteresse de style colonial, située à proximité immédiate du parc central, est l’œuvre de l’architecte Fadrique Gútierez, enfant de la ville. Construite entre 1885 et 1890, elle est le symbole de Heredia et a été classée monument historique.

Casa de la Cultura 
Calle Central-1, avenida Central. Ouvert du lundi au vendredi de 10 h à 16 h et le dimanche de 10 h à 16 h. Entrée payante.
Logée dans l’ancienne résidence d’Alfredo Gonzales Flores, président de la République de 1913 à 1917, la maison de la Culture est un bel exemple d’architecture coloniale. L’intérieur, décoré de chaleureuses boiseries, expose divers documents, livres et peintures liés à l’histoire de la cité.

Les environs de Heredia 
A peine les faubourgs franchis, la nature reprend ses droits. La forêt, au cœur de laquelle l’homme semble n’être qu’un intrus, se fait dense et inquiétante.

INBioparque 
Santo Domingo de Heredia. Ouvert tlj de 7 h 30 à 16 h. Entrée payante.
Ce centre de recherche en biologie environnementale poursuit également une mission pédagogique. Des écoles y effectuent leurs classes vertes. Différentes expositions mettent en valeur le travail effectué par les scientifiques costaricains et un spectacle multimédia présente les nombreuses réserves nationales. Dans le parc de l’institut, des sentiers d’interprétation jalonnent la découverte de tous les écosystèmes que l’on peut trouver dans le pays : chacun d’entre eux reproduit la flore spécifique de telle ou telle région.

Barva 
A 5 km au nord de Heredia.
La création de la ville, l’une des plus anciennes du Costa Rica, date de 1561. Petite cité à l’architecture coloniale très sobre, elle a fait l’objet d’une récente restauration. Son église est surtout remarquable par sa voûte intérieure, véritable chef-d’œuvre architectural.

Parque nacional Braulio Carrillo 
A 25 km au nord de San José.
Cette immense zone protégée de plus de 45 000 ha, difficilement pénétrable, est traversée par l’autopista Braulio Carrillo qui, depuis 1987, relie San José à Limón. Cette liaison routière est particulièrement spectaculaire. Elle trace un chemin directement à travers la forêt, si bien que les automobilistes ont l’impression de s’enfoncer dans un monde sauvage et humide. Il tombe en moyenne 5,4 m de pluie chaque année. Ces conditions météorologiques, associées à l’altitude qui s’étage entre 36 m et 2 906 m au sommet du volcan Barva, expliquent l’extraordinaire diversité de la flore. C’est un enchevêtrement végétal de broméliacées, bambous et plantes épiphytes telles les lianes, qui poussent directement sur les arbres qu’elles enlacent.

Les secteurs Zurquí et Quebrada Gonzáles sont les plus faciles d’accès. Ils sont tous deux sillonnés par des sentiers balisés ponctués de panneaux explicatifs qui permettent à tous les promeneurs de s’offrir une immersion dans une véritable jungle.

Volcán Barva 
A 20 km au nord de Barva.
A la différence de cratères ouverts à vue de l’Irazú et du Poás, le sommet du Barva est entièrement boisé. Il est en outre plus difficile à atteindre. La petite route chaotique qui y conduit nécessite l’usage d’un véhicule 4 x 4. Deux lacs, les lagunas Barva et Copey, peuvent être l’objet d’excursions, à quelques kilomètres de marche à travers la forêt, où l’on peut croiser les tapirs de Baird, corpulents mammifères pouvant peser jusqu’à 300 kg.

Rainforest Aerial Tram 
Entre San José et Guápiles. Ouvert tlj de 6 h à 15 h 30. Entrée payante.
S’il existe aujourd’hui plusieurs équipements similaires dans les différents parcs nationaux, le Rainforest Aerial Tram a été un précurseur. Une cabine, proche des télésièges des stations de sports d’hiver, survole sereinement le sommet de la forêt, la canopée, où se concentre la vie animale. C’est à cet étage que vivent la plupart des oiseaux, et l’on peut voir évoluer les toucans ou les perroquets dans leur environnement naturel. On complète la visite par une courte promenade où l’on débusque de minuscules grenouilles venimeuses. Avec leurs couleurs vives, rouge ou verte et noire, elles avertissent leurs éventuels prédateurs de leur dangerosité.

Un travail de Titan 
L’homme qui fut à l’origine du Rainforest Aerial Tram en 1994 est un biologiste américain vivant au Costa Rica depuis longtemps : Donald Perry. Après avoir installé diverses plates-formes pour travailler et scruter à sa guise les mœurs des animaux, il a eu l’idée d’offrir la même possibilité au plus grand nombre. Plus de soixante personnes ont été mobilisées pendant deux ans pour la réalisation de ce projet. Un hélicoptère, mis à disposition par les forces armées nicaraguayennes, a permis de dresser les douze pylônes supportant le câble, sur les 2,6 km du parcours. 250 000 kg de matériaux variés ont été utilisés pour venir à bout de ce chantier pharaonique.