Dominée par un des déserts les plus arides du monde, cette région possède quelques grandes villes situées notamment sur le littoral. Des paysages côtiers au haut plateau de la cordillère des Andes en passant par les lacs de sel, le Norte Grande attire les visiteurs par la diversité et la sérénité de ses décors.

Le désert d’Atacama

De la frontière péruvienne au sud d’Antofagasta.
Des canyons de pierre ocre, des étendues rocailleuses entrecoupées de dunes de sable, une terre fendillée par une chaleur écrasante et une pluie inexistante, des salares,des lagunes, de gigantesques volcans de plus de 6 000 m, ainsi se présente le désert d’Atacama. Des peuples précolombiens ont su apprivoiser cet univers à part, indomptable et surprenant et y ont laissé de nombreux vestiges. Les Incas ont aussi marqué leur présence en construisant des forteresses de pierre. Puis, cette région minière fut au cœur de la guerre du Pacifique qui opposa le Pérou et la Bolivie au Chili de 1879 à 1884. De nos jours, le sous-sol du désert d’Atacama est exploité pour ses réserves en cuivre,une des principales ressources du pays.

Arica

Se trouvant à peine à 20 km du Pérou auquel elle appartenait avant la guerre du Pacifique, Arica est l’une des villes les plus septentrionales du Chili. Comme elle jouit du soleil pratiquement toute l’année, les Chiliens l’appellent ville de l’éternel printemps. Les voyageurs l’apprécient pour ses plages et ses sites historiques. Elle est aussi le principal point de départ des excursions vers le parc national Lauca dans l’Altiplano. 

El Morro 
Devant l’avenue Comandante San Martín.
Cette colline rocheuse de 110 m de haut offre une vue panoramique sur l’océan, le port et la ville. Fortifié pendant la guerre du Pacifique, El Morro est pris par les troupes chiliennes le 7 juin 1880. Un buste du colonel Pedro Lagos et un monument au soldat inconnu rappellent cet épisode. Un petit musée militaire, installé dans l’ancienne base navale, présente des cartes, des uniformes et des armes de cette période.

Les géoglyphes et pétroglyphes 
Présents dans tout le nord du Chili, ils représentent les vestiges archéologiques les plus surprenants de l’art préhistorique. Il s’agit de gigantesques motifs qui sont soit tracés avec des pierres – les géoglyphes -, soit gravés sur le sol ou le versant des collines – les pétroglyphes. Ils sont souvent situés au bord de routes et de sentiers, ce qui peut laisser supposer qu’ils adressaient des informations aux caravanes de passage. Représentant des animaux, des figures humaines ou des formes géométriques, leur signification et leur utilisation conservent encore une part de mystère. Les hypothèses des scientifiques évoquent des représentations de constellations, des messages pour les dieux et même des interventions extraterrestres !

Catedral de San Marcos (cathédrale Saint-Marc) 
260, rue San Marcos. Accès libre.
Construite entre 1871 et 1875 dans les ateliers de Gustave Eiffel à Paris à l’initiative du président péruvien José Balta, elle remplace la première église qui s’est écroulée lors du séisme de 1868. Elle est de style gothique et sa structure est en fer, matériau qu’affectionnent l’Europe de l’époque et, bien sûr, Eiffel. Son intérieur aux murs clairs, agrémenté de fines colonnes et arcades, est accueillant.

Casa de la cultura, ex-aduana (maison de la Culture, ancienne douane) 
Parque Baquedano s/n.
Inauguré en 1874, ce bâtiment est aussi fabriqué par Eiffel. Chaque brique est d’ailleurs marquée de son nom. Le rez-de-chaussée est relié au premier étage par un escalier en colimaçon. Récemment rénovée, la maison de la Culture propose expositions permanentes et temporaires. Dans le parc, il y a une locomotive crémaillère, utilisée au début du XXe siècle sur la ligne Arica-La Paz (en Bolivie).

Les environs d’Arica

Dès que l’on quitte le bord du Pacifique, les arbustes laissent la place aux cactus, annonçant l’entrée dans le désert, riche en vestiges archéologiques.

Plages 
A proximité de la ville, plusieurs plages accueillent les vacanciers. A 2 km au nord, la playa Chinchorro au sable fin convient parfaitement au farniente et à la baignade. Elle possède une digue agréable pour se promener en bord de mer. Au sud d’Arica, la plage Lisera, formant une petite baie, est pourvue de jardins et de jeux d’enfants.

Poblado artesanal José Raul Meneses (centre artisanal José-Raul-Meneses) 
2 825, rue Hualles, à la sortie sud d’Arica. Ouvert tlj de 9 h 30 à 13 h 30 et de 15 h 30 à 20 h.
Dans une réplique du village andin de Parinacota, 12 ateliers d’artisans réalisent des reproductions archéologiques, des sculptures en bois, des céramiques, des tissus, des lainages. Le restaurant El Tamboélabore une cuisine typique et internationale.

Géoglyphes 
A 4 et 8 km à l’ouest d’Arica.
Au bord de la route, la colline Sombrero possède des dessins de la culture Arica (1000-1400 ap. J.-C.). Ils représentent des lamas avec leurs guides qui transitaient autrefois dans le désert pour vendre des marchandises aux éleveurs du haut plateau. Un peu plus loin, les géoglyphes du mont Sagrado reproduisent des figures humaines, un lama et un serpent.

Musée archéologique San Miguel de Azapa 
A 12 km à l’ouest d’Arica. Camino Azapa Km 12. Ouvert tlj du 1er mars au 31 décembre de 10 h à 18 h et du 2 janvier au 28 février de 9 h à 20 h. Entrée libre.
Situé dans la vallée d’Azapa, le musée archéologique présente un patrimoine anthropologique et culturelvieux de 10 000 ans. L’exposition « Arica Prehispana » présente les premiers chasseurs et pêcheurs de la région jusqu’aux actuels bergers Aymaras. Des études menées par des archéologues et anthropologues permettent d’apprendre comment ces différents peuples s’habillaient, mangeaient, mais aussi quels étaient leurs cérémonials, les technologies qu’ils employaient, leur système politique. A travers 18 vitrines et plus de 20 000 pièces, le musée propose au public de découvrir les rites et la vie quotidienne des habitants de 8 000 à 6 000 ans av. J.-C., la culture Chinchorro et ses impressionnantes momies, les plus anciennes du monde, le règne des Tiwanaku, qui dans leurs rites religieux se couvraient le visage de masques à l’image de leurs divinités, comme le puma par exemple. Une autre salle est consacrée aux oliviers de la vallée d’Azapa qui en produit depuis la fin du XVIe siècle. Impossible de passer à côté de l’impressionnant pressoir ! A l’extérieur, un parc regroupe 13 blocs de pierre ornés de pétroglyphes réalisés probablement entre 800 et 1200 ans apr. J.-C.

Parc national Lauca

Des excursions sont organisées à partir d’Arica. Sinon, se rendre en voiture au village de Putre, à 127 km à l’ouest d’Arica, ou à Parinacota, 36 km plus loin. Les bureaux administratifs du parc ouvrent tlj de 9 h à 12 h 30 et de 13 h à 17 h 30. Il y a aussi des agences de tourisme à Putre. Afin d’éviter la pluie et le froid trop mordant, il est conseillé de le visiter de septembre à décembre et de mars à mai. Pour ne pas souffrir du mal des montagnes, préférer des parcours de 2 jours pour s’acclimater.
Longeant la frontière avec la Bolivie, le parc Lauca permet de découvrir l’immense Altiplano de la cordillère des Andes où se trouve le lac Chungará, un des plus hauts lacs du monde. D’une beauté à couper le souffle, le parc abrite une faune et une flore uniques qui lui valent d’être déclaré par l’Unesco Réserve biologique mondiale. De 3 200 à 6 300 m d’altitude, désert et cactus candélabres laissent peu à peu place à la steppe, aux volcans et aux lagunes habitées par des flamants roses, des canards et des oies andines. Des troupeaux de guanacos, de vigognes et de lamas viennent s’y désaltérer. Ils côtoient aussi des renards, des viscaches (sortes de lièvres à queue d’écureuil) et des centaines d’espèces d’oiseaux. Pour explorer le Lauca, il existe plusieurs sentiers à niveau variable de difficulté. Par exemple, le chemin Cotacotani permet en 4 heures de voir le village de Parinacota et son église, tous deux classés monuments historiques, puis la vallée du Lauca ; l’accès au lac Chungará est possible par la piste du même nom, recommandée aux personnes en bonne condition physique supportant l’altitude. Il est possible de pratiquer l’ascension des volcans, mais il faut demander l’autorisation aux bureaux de la CONAF (Corporation nationale des forêts). 

Réserve nationale Las Vicuñas (Les Vigognes) 
Au sud du parc Lauca, à 115 km de Putre.
Ce territoire de plus de 200 000 ha composé de grandes plaines et de montagnes abruptes protège les vigognes, espèce qui fut menacée dans les années 1970. Outre sa faune, la réserve comporte des vestiges archéologiques comme les apachetas, des petits tas de pierre utilisés par les peuples andins préhispaniques dans les rites religieux.

Laguna del salar de Surire (lagune du lac de sel de Surire) 
Au sud du parc Lauca, à 140 km de Putre.
Sa surface étincelante attire trois espèces de flamants roses sur les six existantes dans le monde : le flamant chilien, le flamant des Andes et le flamant de James. Il y a aussi une grande quantité de vigognes et des nandous, petites autruches. Au sud du salar, une source d’eau chaude, les thermes de Polloquere, revigore les corps fatigués par la marche.

Iquique

A 308 km au sud d’Arica.
La ville est placée entre la mer et une grande dune de sable. Elle devient importante à partir de 1830 lors de l’exploitation du salpêtre. Quelques édifices à l’architecture néoclassique témoignent de cette période. Iquique est également célèbre au Chili pour avoir été le théâtre d’une glorieuse bataille le 21 mai 1879pendant la guerre du Pacifique, lorsque le capitaine Prat captura le Huascar, cuirassé des troupes péruviennes. Depuis, cette date est un jour de fête nationale. 

Torre Reloj de la place Arturo-Prat (tour-horloge) 
En centre-ville.
Construite en 1877 quand la ville était encore péruvienne, cette originale tour-horloge est pourvue d’une structure en bois de pin d’Oregon. Elle domine la place Arturo-Prat, lieu de promenade préféré des habitants d’Iquique.

Centro español (Centre espagnol) 
Sur la plaza Arturo Prat. Ouvert de 12 h 30 à 23 h 30. Entrée libre.
De style mauresque du début du XXe siècle, cette bâtisse est composée de salles décorées de stucs polychromes, de bois sculpté et de scènes de Don Quichotte peintes par le peintre espagnol Vicente Torcedillas en 1908.

Teatro municipal (théâtre municipal) 
289, calle Thompson. Ouvert tlj de 9 h à 21 h. Entrée payante.
Bâti en 1890 pendant l’âge d’or du salpêtre, cet édifice majestueux recevait des troupes du monde entier d’opéra et de théâtre. De style néoclassique, sa façade est agrémentée de quatre figures féminines qui représentent les quatre saisons. Rénové dans les années 1980, il programme depuis des spectacles variés.

Suivez le guide ! 
La rue Baquedano est bordée de jolies maisons en bois de pin d’Oregon de style géorgien, construites entre 1890 et 1930.

Suivez le guide ! 
Les plages d’Iquique, à doux relief, sont idéales pour les baignades de mer et de soleil, les sports de mer, la pêche et les promenades.

Museo regional (Musée régional) 
951, calle Baquedano. Ouvert du lundi au vendredi de 9 h 30 à 17 h et le samedi de 10 h 30 à 15 h. Entrée libre.
Situé dans l’ancien bâtiment des tribunaux de justice, le Musée régional présente des collections archéologiques, ethnographiques, d’outils et d’objets de la période du salpêtre. Les visiteurs peuvent apprécier notamment les momies de plusieurs cultures, dont celle d’une princesse Inca, embaumée avec son costume.

Palacio Astoreca (palais Astoreca) 
350, calle O’Higgins. Ouvert du mardi au vendredi de 10 h à 13 h et de 16 h à 19 h 30, samedi de 10 h à 13 h 30 et le dimanche de 11 h à 14 h. Entrée libre.
Cette imposante résidence de 1904 appartenait à de riches industriels. Son architecture est inspirée du style géorgien qui se distingue par une structure en bois et de vastes balcons. A l’intérieur, le double escalier dans l’entrée est massif et la verrière projette des éclats de lumière multicolores. Actuellement, ce palais fait office de centre culturel.

Museo naval, ex-Aduana (Musée naval, ancienne douane) 
A l’angle des rues Esmeralda et Aníbal Pinto. Ouvert du mardi au vendredi de 10 h à 13 h et de 16 h à 19 h et le samedi de 10 h à 13 h. Entrée payante sauf pour les étudiants et les enfants de moins de 12 ans.
Il servit de prison aux survivants du combat naval d’Iquique pendant la guerre du Pacifique et le corps du capitaine Arturo Prat y fut veillé. Actuellement, le musée raconte tout le déroulement de la célèbre bataille avec cartes, photos et documents à l’appui.

Centre commercial de zone franche 
Zofri (zona franca d’Iquique) au nord de la ville. Ouvert du lundi au samedi de 11 h à 21 h. Accès en bus depuis le centre.
Plus de 400 locaux commerciaux proposent des articles détaxés dans tous les secteurs. Que ce soit en parfumerie, électroménager, audiovisuel, décoration, etc., toutes les grandes marques sont représentées. Cette zone franche, la plus importante d’Amérique du Sud, attire chaque année environ 5 millions de visiteurs.

Les enjeux du salpêtre 
Le début du XIXe siècle marque l’exploitation du salpêtre ou nitrate de sodium dans le sud de la Bolivie, entraînant la création d’une centaine de villes industrielles et le développement des ports, dont celui d’Iquique, pour l’exportation. La Bolivie, voulant profiter au maximum de cette manne financière, décide de taxer les entreprises étrangères installées sur son sol. Le Chili refuse et déclare en 1879 la guerre du Pacifique, qu’il remporte. Il récupère alors ces gisements et connaît un important essor économique. Puis à partir de 1920, de nouveaux produits de synthèse rendent le salpêtre inutile et son exploitation cesse vers 1960.

Plage Cavancha 
Au sud de la ville.
Vaste étendue de sable blanc, la playa Cavancha donne l’impression d’être à Hawaii. Elle est appréciée pour la pratique du surf, ses hôtels et appartements à proximité et sa promenade publique où il fait bon flâner.

Les environs d’Iquique

Les agences touristiques d’Iquique proposent de visiter les alentours de la ville dans le cadre d’excursions. Cela présente l’avantage d’avoir des explications sur les sites. 

Humberstone 
A 47 km à l’est d’Iquique. Ouvert du lundi au dimanche de 9 h à 19 h. Entrée payante.
Cette ville est bâtie en 1872 autour d’un gisement de nitrate par le propriétaire péruvien d’une compagnie minière. Elle s’appelle La Palma et est vendue au gouvernement du Pérou, qui la cède en 1890 après la guerre du Pacifique à une société britannique, laquelle la gère jusqu’en 1932. Cette année-là, il y a la crise du nitrate et l’activité de La Palma est paralysée. En 1933, elle change de propriétaire et ses installations et son campement se modernisent. Le 21 novembre 1934, ces restructurations sont inaugurées et la ville rebaptisée Humberstone en hommage à l’ingénieur du même nom qui améliora le système d’exploitation du salpêtre. A partir de là et jusqu’en 1940, le gisement atteint son niveau maximal de production et 3700 travailleurs logent à Humberstone. L’usine ferme ses portes en 1960 et devient monument national en 1970. De nos jours, ses bâtiments abandonnés sont transformés en musée.

Gigante de Atacama (Géant d’Atacama) 
A 90 km d’Iquique, par la Panaméricaine en direction de Huara, où il faut emprunter la route secondaire.
Il y a plusieurs géoglyphes dans les alentours d’Iquique dont le Géant d’Atacama, réalisé sur les pentes ouest et sud du cerro Unitas, qui représente une figure humaine longue de 86 m. A Huara, la colline Sol de Aura comporte des géoglyphes géométriques, zoomorphes et anthropomorphes.

Géoglyphes de Pintados 
A 95 km au sud-est d’Iquique, direction Pozo Almonte. Accès payant.
Intégré à la réserve nationale Pampa de Tamarugal, ce site comporte sur une longueur de 4 km des centaines de dessins de figures humaines, animales et géométriques. Il est possible de distinguer des requins, des croix andines ou encore des serpents.

Oasis de Pica 
A 114 km au sud-est d’Iquique.
Ce village très fréquenté l’été est un havre de paix hors saison. Il y pousse des fruits tropicaux, notamment des mangues et des agrumes. Les touristes y viennent pour ses « cochas », piscines d’eaux chaudes.L’église San Andrés se visite pour sa reproduction en taille réelle de la dernière Cène. A 3 km de Pica, le petit village de Matilla est connu pour sa production de vin du XVIe siècle. Un énorme pressoir et des jarres en glaise ont été conservés au Lagar de Matilla.