On peut visiter de nombreux sites au nord et à l’ouest d’Amman, tout en rentrant dormir dans la capitale. Après le Wadi Sir se trouve le site d’Irak al-Amir. Toujours dans cette direction, on croise la petite ville de Salt. Vers le nord, après les remarquables ruines romaines de Jerash, on peut pousser jusqu’à la vallée du Yarmouk, aux confins d’Israël, de la Syrie et du Liban, en croisant Ajlun et Irbid.

Wadi Sir

Petit village à 13 km à l’ouest d’Amman, fondé à la fin du xixe siècle par des Circassiens (originaires du Caucase), Wadi Sir est situé au fond d’une vallée bien arrosée et la végétation y est riche. Le site était habité bien avant comme en témoignent des habitations troglodytes. Aujourd’hui, les habitants y parquent leurs chèvres. Les archéologues y ont découvert deux inscriptions en vieux caractères hébraïques.

Irak al-Amir

A 20 km à l’ouest d’Amman. A 15 km de Wadi Sir. Situé dans le prolongement de la vallée de Wadi Sir, le site d’Iraq al-Amir a abrité un palais construit au iie siècle av. J.-C. par Hyrcan, un membre de la famille régnante des Tobiades.

Jerash Eglise de l'évêques Isaïe © tangka

Jerash Eglise de l’évêques Isaïe © tangka

Qasr al-Abd
Le palais d’Irak al-Amir est aussi connu sous le nom de Qasr al-Abd (Palais des esclaves). Le bâtiment est resté inachevé à la suite de l’invasion des Séleucides d’Antioche : le roi Hyrcan s’y suicida, et son domaine fut annexé. La demeure, construite au centre d’un cirque rocheux, était rectangulaire et mesurait 40 m sur 20 m. Une tour s’élevait à chaque coin. Le bâtiment avait été bâti au milieu d’un petit lac artificiel et, selon un chroniqueur romain, était entièrement en marbre blanc. Les appartements se trouvaient à l’étage, tandis que le rez-de-chaussée était réservé aux usages domestiques. Il reste aujourd’hui un seul étage, haut de 9 m. Certains blocs de pierre pèsent jusqu’à 20 tonnes. On remarquera le haut-relief extérieur de 2 m de long du côté est : de la gueule du félin sculpté dans le marbre coulait une fontaine grâce à une citerne située de l’autre côté du mur. Il s’agissait d’un mélange d’art grec et sassanide (perse). Au dessus, se déroule une frise décorée de lions. Une frise identique est visible sur ce qu’il reste de la façade.

Fondation Nour al-Hussein

Ouvert tlj sauf le vendredi de 9 h à 15 h. 
La quatrième femme du roi Hussein, d’origine arabo-américaine, ne s’est pas seulement illustrée par sa beauté et par sa taille (13 cm de plus que le roi, bien qu’ils aient toujours été représentés à égale hauteur sur les portraits officiels !). Elle a aussi été très active dans les domaines social, culturel et caritatif. Sa fondation est non seulement à l’origine de la restauration du site d’Irak al-Amir mais aussi de l’implantation d’un centre d’artisanat pour les femmes dans le village. Il fournit du travail à plus d’une soixantaine d’entre elles. Leurs produits (tissus, poterie, aliments, articles de papier) sont vendus dans des magasins appartenant à la fondation.

Salt

A 30 km au nord-ouest d’Amman. 
Salt a beaucoup pâti du développement d’Amman, choisie en 1950 pour devenir capitale. A l’époque ottomane, c’était la ville la plus importante de Transjordanie. La renommée de la ville attira de nombreux marchands qui avec leur fortune récemment acquise construisirent de riches demeures.Quelques belles maisons, construites dans la pierre jaune locale, témoignent de cette période. Il reste aussi des ruines d’une forteresse mamelouke, détruite par les envahisseurs mongols, reconstruite par le sultan Baybars et finalement rasée au xixe siècle par Ibrahim Pacha, le khédive d’Egypte, sous la pression des puissances occidentales, qui le forcèrent à se retirer de Syrie et de Palestine.

Musées

Le musée archéologique de Salt (Maydan St. Ouvert tlj de 8 h à 19 h, sauf le vendredi de 10 h à 16 h. Entrée libre) 
se situe dans une vieille demeure ottomane typique. Il abrite du verre et de la poterie, vieille de plus de 5 000 ans, au rez-de-chaussée, ainsi que des vestiges romains, byzantins et islamiques. A l’étage, on trouve des costumes traditionnels et des fragments de mosaïques chrétiennes. La maison Abu Jaber a été entièrement restaurée et accueille depuis peu un musée d’histoire. Cette demeure, construite entre 1892 et 1906, est reconnue comme le plus beau modèle de maison de marchand du xixe dans la région. Son plafond est orné de fresques peintes par des artistes italiens. La maison Mohamed al-Béchir, autre habitation traditionnelle, abrite désormais un beau café. Enfin, un centre d’artisanat (ouvert de 8 h à 15 h. Fermé le vendredi) est installé à 3 km à l’est de la ville : on peut y acheter les produits réalisés localement (céramiques, tissage, peinture sérigraphique).

Site de Jerash

A 51 km au nord d’Amman. Accès par la porte sud. Ouvert tlj de 7 h au coucher du soleil ; musée fermé le mardi. Entrée payante. 
Jamais la Gerasa romaine (Jerash, en arabe) n’a retrouvé sa splendeur et son importance passées. Mais si Jerash est aujourd’hui une bourgade circassienne sans grand intérêt, le site, lui, est un joyau à ne manquer sous aucun prétexte. Fondée au iiie siècle av. J.-C., la ville connut son apogée sous les Romains, aux iie et iiie siècles de notre ère. Au vie siècle, les maîtres de Byzance en firent le siège d’un évêché et l’on comptait pas moins de six églises aux mosaïques somptueuses. Les invasions perses et arabes, au viie siècle, puis une série de tremblements de terre, ruinèrent la ville. Le site ne fut fouillé qu’à partir de 1925. Il est un superbe exemple d’urbanisme provincial romain tel qu’on en trouve dans tout le Moyen-Orient avec ses rues pavées bordées de colonnes, ses temples majestueux, ses théâtres, ses places spacieuses, ses fontaines et ses murs d’enceintes percés de trous et de portes. Au milieu de l’été, le site accueille un festival de musique réputé. Le cadre, aux allures parfois baroques, est enchanteur lorsque, éclairé de nuit, il résonne aux accords d’une musique de qualité.

Vestiges antiques
Construit à la gloire de l’empereur Hadrien, qui visita Jerash en 129, l’arc de triomphe conduit à l’entrée du site. Entre la porte sud, où se trouvent le Visitor’s Center et la Rest House, et l’arc, on remarque l’hippodrome, l’un des plus petits connus : dix chars seulement pouvaient y concourir. Le site était entouré d’un mur d’enceinte de 3,5 m de large encore visible par endroits. 
La porte Sud marque les limites de la ville : datant de 13 apr. J.-C., elle s’harmonise avec l’arc de triomphe. Sa forme en ellipse fait l’originalité de la place principale, appelée aussi place ovale. Les pavés disposés de façon concentrique et l’ornementation des chapiteaux de colonnes renforcent le côté théâtral et presque baroque de cet espace. Le temple de Zeus se trouve au sud-ouest de celle-ci, et l’on y accède par des marches monumentales : bien que construit par les Romains au iie siècle apr. J.-C., il possède plusieurs traits d’architecture orientale comme les niches extérieures, les deux tours à escalier encadrant la porte d’entrée et la frise du portique aux motifs végétaux (vigne, oiseaux, rosaces). De là, la vue sur la place ovale est magnifique. C’est aussi de la place ovale que part le cardo maximus, la rue principale de la cité. On peut encore voir les traces des chars sur les pavés. Longue de 800 m, cette avenue à colonnades (colonnes corinthiennes et ioniques) aboutit à la porte nord, à l’autre extrémité de la ville. Le marché, ou macellum, se trouve sur la gauche du cardo, dans son premier quart. 
Le bâtiment, qui surprend par son plan sophistiqué, ouvre sur une cour intérieure octogonale au centre de laquelle se trouvait une fontaine. 

Avant d’atteindre la porte Nord, on peut voir les restes, très dégradés, des thermes. Construit sous Domitien (81-96), le théâtre sud est le plus ancien mais aussi le plus grand. Il pouvait contenir 3 000 spectateurs, répartis sur 29 gradins. Il a conservé un beau mur de scène en calcaire rose et pierre blanche qui prend de superbes teintes mordorées au coucher du soleil. C’est dans cette enceinte que se déroulent les spectacles du festival de Jerash. Le théâtre nord, agrandi à plusieurs reprises, contenait 1 600 spectateurs. Le mur de scène est très abîmé, mais le portique est remarquable. Sur le cardo, un escalier imposant se détache sous une porte monumentale : il s’agit des propylées du temple de Dionysos, dont le soubassement servi par la suite à soutenir la cathédrale. Tout près de cet escalier, se trouve un grand nymphée, une fontaine monumentale dédiée aux nymphes. Le temple d’Artémis, bâti au iie siècle apr. J.-C.,est encore plus grand que celui de Zeus. On a l’impression, en montant, que les marches débouchent sur le ciel, avant de découvrir au dernier moment les hautes colonnes du temple. Beau panorama sur le site et la ville.

Le site ne compte pas moins de huit églises. L’une d’entre elles a été construite à l’endroit d’une ancienne synagogue. La cathédrale a été édifiée sur l’emplacement même du temple de Dionysos. L’église de Saint-Cosme-et-Saint-Damien, décorée d’un beau sol en mosaïque représentant des animaux, des plantes, des formes géométriques et les portraits des dédicants de l’église : un certain Théodore et sa femme Georgia. L’église Saint-Théodore se distingue par son sol polychrome. On y célébrait une fois par an le miracle de Cana. Enfin, l’église du Viaduc, situe juste en face des propylées, réutilise différents éléments architecturaux. La mosquée, construite à la place d’une villa romaine, est de style omeyyade. 
A 1,5 km de la porte Nord se trouvent un double réservoir, nommé les bassins de Gerrassa. Une fête païenne, le festival de Maïoumas, s’y déroulait à l’époque romaine, durant laquelle les femmes se baignaient nues.

Le festival de Jerash
Créé en 1980, le festival de Jerash n’a eu aucun mal à s’imposer comme un des rendez-vous culturels capitaux de l’été dans le monde arabe. Chaque année, de la fin du mois de juillet au début du mois d’août, artistes et créateurs venus de tout le monde arabe et de toutes les disciplines se retrouvent dans ce lieu enchanteur. Lectures de poésie, expositions, pièces de théâtre et concerts lyriques ou populaires se succèdent dans les ruines prestigieuses. La culture locale est également mise en valeur grâce aux démonstrations d’artisans chevronnés. Cette manifestation, surtout les concerts, est devenue très prisée par la jeunesse jordanienne. Consulter le programme des manifestations sur le site du festival : www.jerashfestival.com.jo.

Ajlun

A 22 km au nord-ouest de Jerash. 
Ce village est dominé par un beau minaret carré vieux de 600 ans. Tout proche se trouve la forteresse de Qalaat al-Rabad (il faut compter une bonne demi-heure de marche à travers les pins et les oliviers).

Forteresse de Qalaat al-Rabad
A 2 km après Ajlun. Ouvert tlj de 8 h à 19 h 30. Entrée payante. 
Construit par un neveu de Salah ad-Din, ce château a perdu son intérêt stratégique après la chute de Shobak et Kerak. Détruit par les Mongols, il a été restauré et agrandi par les Mamelouks. Il a été restauré en 1929. Il faut passer trois portes avant de pénétrer à l’intérieur. La visite du bâtiment, étagé sur plusieurs niveaux, permet de mesurer la sophistication du système de défense. Un fossé large et profond, taillé dans le roc, entoure l’édifice pourtant perché à plus de 1200 m. Un pont-levis puis un corridor percé de meurtrières mène à une deuxième porte, elle-même suivie d’une troisième, percée dans une tour, après un autre couloir en zig-zag. La citadelle, quasi-imprenable, servait de relais pour les pigeons voyageurs entre Le Caire et Damas.

Eglise de Mar Elias
Situé au milieu de la belle campagne environnant Ajlun, le site de Mar Elias offre l’occasion d’une agréable halte. Le prophète Elie serait né ici. A l’époque byzantine, Mar Elias était un important lieu de pèlerinage. Des fouilles récentes ont mis à jour les restes d’une église, reconnaissable à son plan cruciforme. Le site est parsemé de réservoirs d’eau.

Réserve naturelle d’Ajlun
A 5 km au nord d’Ajlun. 
Cette petite réserve naturelle, de 13 km2, a été établie en 1988. Elle offre de belles possibilités de randonnées parmi les chênes, les pistachiers, les caroubiers et les fraisiers. Vous y croiserez peut-être un chevreuil, un sanglier ou même un loup gris. Le sentier le plus court, le Roe Deer Tailer (sentier du chevreuil), passe par un pressoir à raisin de pierre vieux de 1 600 ans. Depuis le restaurant, la vue est superbe sur le mont Hermon (djebel al-Cheikh).

Irbid

A 89 km au nord d’Amman. 
C’est la ville la plus importante du nord de la Jordanie (elle est la deuxième plus grande ville de Jordanie). Bien qu’ancienne, elle ne présente pas de vestiges particulièrement intéressants. On y retrouve, dans le centre, la même atmosphère animée que dans les villes syriennes. Il est vrai que la frontière est aussi proche que récente. Irbid est aussi une ville universitaire (22 000 étudiants). Le quartier de l’université Yarmouk est d’ailleurs l’un des plus vivants avec ses cafés Internet et ses terrasses.

Musée de l’Héritage jordanien
A 200 m après l’entrée de l’université du Yarmouk-Irbid. Ouvert tlj sauf vendredi, samedi et jours fériés de 8 h à 14 h et de 15 h à 17 h (de 8 h à 15 h en été et pendant le ramadan). Entrée libre. 
Ce muséeaborde l’archéologie régionale. Un parcours, particulièrement réussi et parfaitement pédagogique, fait visiter toutes les époques de l’archéologie jordanienne. Deux salles sont consacrées à la pharmacopée et à la numismatique arabes.

Musée d’Histoire naturelle
Sur le campus de l’université du Yarmouk-Irbid, en direction du stade. Ouvert tlj sauf vendredi, samedi et jours fériés de 8 h à 14 h et de 15 h à 17 h (de 8 h à 15 h en été et pendant le ramadan). Entrée libre. 
Il présente des minéraux et surtout des animaux empaillés. Les spécimens présentés sont particulièrement riches en ornithologie.

 

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