De la naissance de l’histoire au Liban contemporain

Villages et cités- Etats

L’histoire du Liban commence bien avant les périodes historiques proprement dites. Le premier peuplement humain (Homo Erectus venu d’Afrique) est attesté sur la côte sud 1000 000 d’années avant notre ère. La région est très tôt touchée par la « révolution néolithique » (12 000 à 7 000 av. J.-C.) : l’homme passe de la vie de chasseur-cueilleur vivant dans des grottes puis des campements temporaires à la sédentarité et à l’agriculture. La céramique, le travail du bois et du silex sont des techniques qui se sophistiquent tout comme la métallurgie (cuivre, or et argent).

Les villages du littoral et du sud de la Bekaa entretiennent entre eux des relations commerciales en échangeant leur production. La société se complexifie progressivement, ce qui se lit dans les changements affectant l’organisation urbaine : nouvelles pratiques funéraires, sacralisation de certains espaces, passage de la maison ronde à la maison rectangulaire, plus grande densité de l’habitat, spécialisation de certains quartiers, etc.

A l’âge du bronze, vers 3000 avant J.-C., apparaissent les premières cités- Etats entourées d’un rempart avec à leur tête un pouvoir dynastique et gérées par une administration qui utilise l’écriture.

Les relations suivies avec l’Egypte (exportation par la mer de bois de cèdre et de résines pour la momification) jouent sans doute un rôle dans ces transformations que l’on peut suivre à travers les strates dégagées par les archéologues à Byblos. Les cités libanaises étendent leurs échanges commerciaux à Chypre et à la Grèce, à la Syrie, à l’Anatolie et à la Mésopotamie.

Entre les IV e et II e millénaires, de nouveaux peuples migrent de l’intérieur du continent, Sumériens venus du nord-est et divers groupes de Sémites venus de la Péninsule arabe. Politiquement, les Egyptiens dominent un temps la région. Mouvements de populations, échanges commerciaux et politiques préfigurent dès ces temps reculés le métissage des peuples et des influences qui ne cessera de caractériser cette région carrefour.

La Phénicie

Vers 2500 av. J.-C., les ancêtres des Phéniciens apparaissent sur la côte libanaise. Ils fondent des ports marchands sous forme de cités- Etats sans unité politique : Botrys (Batroun), Gebal (Byblos), Bérytos (Beyrouth), Sidon (Saïda), Tyr (Sour) et d’autres encore au nord et au sud de l’actuel Liban dont Arados (Arwad) et Ugarit en Syrie, Askalon (Ashkélon) en Israël.

Objets de convoitise de toutes parts, les cités phéniciennes du littoral libanais doivent contenir les visées expansionnistes des Akkadiens de Mésopotamie, premier Empire au sens moderne du terme. Tout au long du iie millénaire, ces cités subissent la domination des Hyksos, indo-européens venus de Syrie, des Egyptiens, puis des Hittites d’Anatolie.

En 1100 av. J.-C., la Phénicie est à nouveau indépendante mais continue durant plusieurs siècles de payer tribut aux grands empires voisins : successivement les Assyriens, les Babyloniens puis les Perses. Navigateurs hors pairs, les Phéniciens commercent alors avec toute la Méditerranée où ils établissent des cités- comptoirs à Chypre, en Tunisie (Carthage), en Espagne (Ibiza et Cadix), en Sardaigne, Sicile et Italie.

Dans ce Proche-Orient multi- ethnique, multi- culturel et où différentes langues se côtoient, les Phéniciens affirment leur spécificité en parlant une langue sémitique qui s’écrit grâce à un alphabet et en possédant un panthéon propre, lui-même à la croisée d’influences diverse. La Phénicie, ensemble culturel, ne connaît pourtant pas d’unité politique et les cités demeurent en concurrence économique pacifique.

C’est par l’expansion commerciale, et plus tard par la diffusion de son alphabet, non par la conquête militaire que la Phénicie marque son époque et l’histoire. La qualité de la production artisanale phénicienne est réputée dans tout le monde antique et plusieurs fois mentionnée par Homère.

Parmi les denrées produites localement et exportées par voie de mer, les principales sont la pourpre (tirée d’un coquillage), l’or, l’argent, le cuivre et le bois de cèdre avec lequel le roi Salomon fait construire le temple de Jérusalem vers 950 av. J.-C.

Hellénisme et paix romaine

En 333 avant J.-C., les armées d’Alexandre le Grand infligent une défaite décisive au grand Empire perse achéménide dont la Phénicie est vassale. La plupart des cités phéniciennes font alors allégeance volontaire aux Grecs. Tyr résiste par les armes et tombe après plusieurs mois de siège.

A la mort d’Alexandre, en 323 avant J.-C., ses généraux se partagent l’Empire qu’il a constitué. La Phénicie, tout comme l’Egypte et une partie de la Judée, reviennent à Ptolémée et à ses descendants. Mais les Séleucides, à qui a échu la Babylonie, convoitent aussi la région et s’en emparent en 198 av. J.-C. L’instabilité politique et les nouveaux ports qu’Alexandre a fondé, Alexandrie d’Egypte et Alexandrette en Syrie, portent préjudice à la suprématie commerciale des cités phéniciennes qui connaissent une période de déclin.

Dans le même temps, une culture hellénistique se forme au Proche-Orient. Sans éradiquer traditions et langues locales, l’influence grecque se répand dans l’art, l’urbanisme, l’architecture sacrée, la philosophie et les sciences, les pratiques religieuses et administratives. Si les peuples conservent au quotidien leurs idiomes, le grec est utilisé pour les échanges commerciaux et intellectuels et dans l’administration.

Dès le II e siècle av. J.-C., l’expansion romaine touche tout le bassin méditerranéen. La Phénicie est conquise par le général Pompée en 64 av. J.-C. et devient une partie de la province romaine de Syrie. Bérytos (Beyrouth) en érigée en centre administratif tandis qu’Hérode le Grand, ancien roi de Palestine, est nommé gouverneur de la province entre 40 et 4 av. J.-C.

La région étant unifié par la domination de Rome (la pax romana), la vie économique retrouve son dynamisme. Les échanges commerciaux avec toutes les régions de l’Empire incitent la Phénicie à développer de nouvelles industries, dont le tissage de la soie.

Dans cette partie orientale de l’Empire, c’est toujours le grec qui demeure la langue officielle tandis que l’araméen est utilisé par le peuple au quotidien. Les temples se romanisent et aux panthéons phénicien et grec sont adjoints des dieux romains.

C’est l’époque où le sanctuaire d’Héliopolis (Baalbek) connaît son apogée tandis que les vieilles cités de Bérytos, Byblos, ou Tyr rayonnent à nouveau grâce au commerce, à leurs temples ou à leurs écoles de philosophie.

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