Le mandat français

A la suite de la guerre, l’Empire ottoman est démantelé. Les nationalistes arabes, majoritaires chez les sunnites et les orthodoxes, souhaitent l’unité politique du Proche-Orient arabe. Contre leurs attentes, la région est morcelée en plusieurs Etats sous tutelle britannique ou française selon les accords Sykes-Picot (1916). Une bonne partie des maronites soutient la constitution d’un Grand- Liban indépendant sous contrôle français. En 1920, c’est cette solution qui l’emporte lorsque la France décide de réunir le littoral, le Mont- Liban et la Bekaa pour créer un Grand -Liban qu’elle sépare de la Syrie.

En 1926, est proclamée la République libanaise sous administration française. Chaque ministère est doté d’un conseiller français. Le président de la République est élu pour six ans non renouvelables. Bien que la Constitution prévoit une répartition équitable des communautés dans le gouvernement et l’administration, ce sont les maronites, favorables à la France, qui obtiennent une majorité de postes alors que les druzes sont totalement écartés car opposés au mandat.

Sunnites, chiites et orthodoxes sont à peine mieux lotis. Les maronites sont eux-mêmes divisés entre partisans de la présence française (Raymond Eddé) ou tenants de l’ouverture au reste du monde arabe (Béchara el-Khoury). Les Phalanges (kataïeb), milices paramilitaires maronites copiées sur le modèle fasciste, sont créées par Pierre Gemayel en 1936.

La France élabore une réforme foncière, développe les infrastructures (routes, chemin de fer, installations portuaires, aérodrome, télécommunications), ouvre des écoles qui suivent les programmes français et encourage le commerce avec la métropole.

De l’indépendance aux prémices de la guerre

Alors que la deuxième guerre mondiale fait rage, Béchara el-Khoury, écarté par la France, profite de la libération du Liban par les troupes anglaises en 1943 pour accéder au pouvoir. Le nouveau président fait appliquer le « Pacte national » qu’il a conçu avec ses partisans de toutes confessions. Les mandats politiques sont répartis plus équitablement entre maronites (présidence de la République), sunnites (présidence du Conseil), chiites (présidence du Parlement).

Les druzes sont les grands oubliés. Des quotas proportionnels s’appliquent aussi aux sièges de l’Assemblée nationale. Le pays compte 800 000 habitants, musulmans et chrétiens de diverses confessions à part égales, mais avec une large majorité de maronites pour ces derniers (soit un tiers de la population totale).

Le français est aboli comme deuxième langue officielle et un traité faisant de la France un partenaire privilégié est refusé au profit d’un rapprochement avec les pays arabes. En 1946, la France retire ses dernières troupes du Liban. Les autres pays de la région accèdent aussi à l’indépendance. A l’occasion de la création de l’Etat d’Israël et du conflit qui s’en suit avec les Etats arabes (1948), 120 000 Palestiniens se réfugient au Liban.

Khoury fait renouveler son mandat présidentiel à l’encontre de la Constitution, ce qui mécontente les autres grandes familles. Il se trouve en bute à une opposition qui rassemble des personnalités chrétiennes (Pierre Eddé, Camille Chamoun) et druzes (Kamal Joumblatt).

Ce sont encore les logiques claniques qui prédominent, les fils des seigneurs d’autrefois se transportant dans l’arène politique chacun soutenu par une faction formée de sa famille étendue et de ses clients politiques et économiques. Différents camps favorisent des solutions incompatibles pour l’avenir du Liban. Aux indépendantistes s’opposent ceux qui souhaitent la constitution d’une Grande Syrie incluant le Liban. Certains ont recours à la violence.

Ainsi, le Premier ministre sunnite Riad el-Solh est assassiné en 1951 par les milices nationalistes du PSNS (Parti social national syrien) d’Antoine Saadé. La même année, Khoury est renversé et Camille Chamoun lui succède à la tête de l’Etat.

En 1956, lors de la crise de Suez, le gouvernement libanais choisit de rester neutre. En pleine guerre froide, les Américains tentent de pousser leur influence dans la région et font des offres d’aide financière et militaire aux Etats de la région. Le président Chamoun les accepte tout en refusant des propositions de fédération avec d’autres pays arabes. La gauche pro- arabe marque son hostilité à ces positions.

La crise culmine en 1958 dans des affrontements entre toutes les factions politico- confessionnelles : grèves, attentats à la bombe, coup de force des milices, intervention de l’armée. En juillet de la même année, les Américains envoient des troupes qui secondent l’armée libanaise et parviennent à stabiliser la situation.

Un nouveau président moins controversé est élu, Fouad Chéhab. Il nomme comme Premier ministre Rachid Karamé, un des meneurs de l’insurrection. Des réformes sociales sont mises au service d’un grand projet d’unification nationale. Mais les présidents Charles Hélou (1964) et Souleiman Frangié (1970) ne poursuivent guère ces politiques.

La gauche chrétienne rejoint alors les mécontents musulmans qui apportent leur soutien aux organisations palestiniennes constituées après la défaite arabe dans la guerre de 1967 contre Israël.

Le gouvernement, pour sa part, tente de contenir les actions armées palestiniennes contre l’Etat hébreu qui mettent à mal la stabilité du pays car y répondent des bombardements israéliens sur le Sud Liban ou l’aéroport de Beyrouth.

Pourtant, en 1969, le gouvernement cède à la pression de la gauche et signe l’Accord du Caire avec l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP), laquelle fédère diverses tendances politiques palestiniennes. Cet accord institutionnalise la présence des mouvements armés palestiniens sur le territoire libanais, appelé à servir de base pour des actions de commando contre Israël.

Le nombre des combattants palestiniens s’accroît considérablement au Liban à la suite des événements de Septembre noir en 1970, lorsque la Jordanie expulse la résistance palestinienne. Les Palestiniens sont alors 250 000 pour moins de 3 millions de Libanais.

Le Liban se factionnalise de plus en plus tandis que les milices locales s’arment et que se multiplient les clash entre Phalangistes et Palestiniens ou forces de la gauche. Le gouvernement perd contrôle de la situation. En 1973, l’armée libanaise tente sans succès de briser le pouvoir de l’OLP qui a fini par former un « Etat dans l’Etat ».

Les chiites du Sud se réfugient en masse dans les villes du centre pour échapper aux raids israéliens. Les musulmans, à présent majoritaires sur le plan démographique, réclament des réformes constitutionnelles qui accorderaient moins de pouvoir aux maronites.

Ces revendications confessionnelles sont aussi politiques, l’alliance des forces de gauche (qui rassemblent musulmans, druzes et chrétiens grecs- orthodoxes) sont autant pro -palestiniennes qu’elles réclament des réformes sociales à un gouvernement qui ne veut pas les entendre et qui est lui-même constitué de notables de diverses confessions.

Il faut pourtant constater que ces sursauts politiques des années 1940-1970 affectent peu le développement économique du pays. Si la corruption est généralisée dans l’administration, le Liban n’en devient pas moins un des pays arabes les plus développés.

Le livre libanaise est d’une stabilité sans faille et le secteur bancaire florissant. Centre financier du Proche-Orient, Beyrouth fait fructifier les capitaux saoudiens ou koweïtiens issus des revenus du pétrole. Le pays fait aussi preuve de sa vitalité intellectuelle, l’Université américaine de Beyrouth et l’Université jésuite St- Joseph sont réputées, la presse et l’édition libres et actives. Par comparaison, les pays arabes de la région sont soumis à des régimes sans doute plus stables mais autoritaires. Cependant, la prospérité ne profite ni à toutes les régions ni à toutes les couches sociales.

Certaines catégories sont écartées à la fois du pouvoir politique et de l’accès à la richesse économique. En tout état de cause, en 1975 la société libanaise est mûre pour la guerre civile qui plonge le pays dans 15 années de chaos sanglant.

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