Avec la chaussée des Géants, elle possède la huitième merveille du monde. Entre ses monts bleutés, ses lacs argentés et ses côtes déchiquetées, l’Irlande du Nord apparaît comme un dense résumé de l’île tout entière. Et avec le rapprochement croissant des deux parties du pays, comme une terre d’une immense hospitalité.

Belfast et ses environs

A l’embouchure de la rivière Lagan, Belfast, avec ses 330 000 habitants, est la deuxième ville la plus importante de l’île après Dublin. Son développement date de la fin du XVIIIe siècle ; il est lié à l’apparition du commerce du lin et à la construction navale. Au XIXe siècle, la cité connut un essor industriel et commercial comparable à celui de Manchester, Birmingham ou Liverpool. Son renouveau culturel fut tel qu’on la surnomma alors l’« Athènes du Nord ». Les conflits entre catholiques et protestants, mais aussi le déclin de ses industries traditionnelles, affaiblirent, peu à peu, son économie. De sa prospérité passée, la ville conserve quelques monuments flatteurs, bien mis en valeur dans un centre-ville entièrement rénové, où le stationnement est interdit. Grâce à l’aide de la CEE et à l’atténuation de ses problèmes politico-religieux, Belfast entre, aujourd’hui, dans une nouvelle dynamique économique.

Le centre-ville
Il s’organise autour de Donegall Square, d’où partent toutes les rues de Belfast ou presque. C’est sur cette vaste place qu’a été érigé, en 1906, le City Hall (visites guidées uniquement sur réservation au (01232) 320202) : un hôtel de ville plein de la puissance et de la gloire victoriennes, tout d’escaliers de marbre, de vitraux colorés et de lambris sculptés. A l’extérieur, des tours d’angle encadrent un dôme de cuivre posé à plus de 50 m de hauteur, sous la protection, aussi altière qu’inévitable, d’une statue de la reine Victoria.
Tout près de là, de part et d’autre de Great Victoria Street, se dressent fièrement deux autres témoins de la révolution industrielle nord-irlandaise : The Grand Opera House, restauré en 1980, et The Crown Liquor Saloon, un pub qui collectionne les stucs, les miroirs peints, les mosaïques. C’est le seul débit de boisson en possession du National Trust.
La découverte du cœur de Belfast s’effectue sans mal à pied. C’est une promenade attrayante, entre la façade néo-romane de St. Anne’s Cathedral, l’architecture victorienne de Royal Avenue et, au bout de High Street, l’Albert Memorial Clock Tower.

Ulster Museum
Stranmillis Road. Ouvert toute l’année, de 10 h à 17 h du lundi au vendredi, le samedi de 13 h à 17 h et le dimanche de 14 h à 17 h. Entrée libre.
Dans le quartier de l’université, il présente l’Irlande du Nord sous toutes ses coutures, des machines de la révolution industrielle à la peinture contemporaine, en passant par l’histoire locale et le mobilier ancien. Surtout, ne pas manquer le secteur archéologique : il abrite une extraordinaire collection d’objets précieux, en provenance de trois vaisseaux de l’Invincible Armada, coulés au large de la Causeway Coast.

Palm House
Stranmillis Road. Ouvert toute l’année, de 10 h à 12 h et de 13 h à 17 h du lundi au vendredi, de 13 h à 17 h le samedi et le dimanche. Entrée libre.
Dans les Botanic Gardens, très prisés des étudiants dès les premiers beaux jours, elle ravit les amateurs de serres victoriennes, avec sa vaste structure de verre et de fer forgé.

Lagan Lookout Visitor Centre
Donegall Quay. Ouvert du lundi au vendredi de 11 h à 17 h, le samedi de 12 h à 17 h et le dimanche de 14 h à 17 h. Entrée payante.
Toute l’histoire industrielle de Belfast est au rendez-vous de ce musée passionnant.

Ulster Folk and Transport Museum
Bangkor Road, Cultra. Ouvert en juillet et août, du lundi au samedi de 10 h 30 à 18 h, le dimanche de 12 h à 18 h ; d’avril à juin et en septembre, du lundi au vendredi de 9 h 30 à 17 h, le samedi de 10 h 30 à 18 h, le dimanche de 12 h à 18 h ; d’octobre à mars, du lundi au vendredi de 9 h 30 à 16 h, le samedi et le dimanche de 12 h 30 à 16 h 30. Entrée payante.
L’originalité de ce parc touristique situé à 11 km à l’est de Belfast ne réside pas seulement dans ses horaires d’ouverture. Sur 60 ha, il réunit une trentaine de bâtiments représentatifs de l’Ulster, plus des locomotives à vapeur, des tramways, des motocyclettes, de vieux avions.

Burnt heritage, North Street Arcade, Belfast © identity chris is

Burnt heritage, North Street Arcade, Belfast © identity chris is

Le berceau du « Titanic »
Sur Donegall Square, un monument commémore le naufrage du Titanic. C’est que ce paquebot mythique sortit des célèbres chantiers Harland et Wolff, établis à Belfast dès 1862. On sait ce qu’il advint du Titanic, pourtant réputé insubmersible. Peu de temps après lui, les chantiers navals coulèrent à leur tour, les uns après les autres. Le port et ses docks tombèrent alors dans l’insalubrité et dans l’oubli. A l’aube du troisième millénaire, la municipalité a décidé leur renflouement.

La péninsule d’Ards

L’Ulster Folk and Transport Museum ouvre le chemin de la péninsule d’Ards, qui sépare le Strangford Lough de la mer d’Irlande. Il faut impérativement emprunter la A20 ; elle suit, pas à pas, les rives de ce fjord à la mode irlandaise, poissonneux poissonneux et parsemé d’îlots où nichent des milliers d’oiseaux marins. Avec les Mourne Mountains et les ruines de Grey Abbey en toile de fond, le spectacle est romantique à souhait.

Mount Steward House and Gardens
Près de Newtownards. Ouvert tlj de 11 h à 18 h d’avril à septembre et seulement le week-end en octobre. Entrée payante.
Propriété du National Trust, ce luxueux manoir du XVIIIe siècle, tout de vastes salles et de hauts plafonds, possède une remarquable collection de porcelaines de Chine. Surtout, il est entouré de superbes jardins, tantôt sauvages, tantôt dessinés à l’italienne, et réputés bien au-delà des frontières irlandaises. Un microclimat doux et humide permet aux mimosas et aux eucalyptus de s’y épanouir. Ne pas repartir sans avoir rejoint le Temple des vents : bâti sur une colline, il offre une très belle vue sur le Strangford Lough.

Portaferry
Tout au bout de la péninsule d’Ards, ce charmant petit port, où aboutissent les A2 et A20, est bercé par le cri des mouettes. Il domine les violents courants du détroit de Strangford Narrows et possède un bel aquarium consacré à la faune du lac et de la mer d’Irlande (ouvert tlj, entrée payante).

Suivez le guide !
En été et à partir de Donaghadee, des excursions sur les îles Copeland permettent d’observer des phoques et de nombreux oiseaux.

La côte nord

De l’océan Atlantique à la mer d’Irlande, l’Ulster mêle les recoins rocheux aux falaises vertigineuses et aux longues langues de sable blanc. Sur la centaine de kilomètres qui séparent Limavady de Larne se succèdent de séduisantes stations balnéaires de style victorien, comme Portstewart, Portrush ou Ballycastle. Elles sont très fréquentées en été. Mais c’est la chaussée des Géants (Giant’s Causeway) qui constitue, de loin, la principale attraction de la côte nord-irlandaise.

La chaussée des Géants
Ouvert tlj et gratuit pour les piétons.
Le Giant’s Causeway Visitors Centre, avec informations, boutiques, cafétéria, est ouvert tlj, de 10 h à 16 h 30 de novembre à février, de 10 h à 17 h de mars à mai et en septembre, de 10 h à 18 h en juin, de 10 h à 19 h en juillet et août. Tous les quarts d’heure, navette payante pour aller du parking à la chaussée des Géants et retour.
Amas de 37 000 colonnes de basalte serrées les unes contre les autres et qui s’enfoncent dans la mer, la chaussée des Géants arracha ce commentaire à l’écrivain anglais W.M. Thackeray, estomaqué par sa découverte : « Quand le monde fut créé et façonné à partir d’une masse informe, voici ce qu’il en est resté : un chaos. » D’origine volcanique, cette impressionnante curiosité naturelle attire, en été, quelque 2 000 visiteurs par jour. Le sommet de la plupart des colonnes est parfaitement plat, l’ensemble constituant un gigantesque escalier aux formes grecques et aux dimensions surnaturelles. Si possible, se rendre à la chaussée des Géants en fin d’après-midi : dans le soleil couchant, le spectacle est inoubliable.

Dunluce Castle
Près de Portrush. Ouvert d’avril à septembre, de 10 h à 19 h du lundi au samedi, à partir de 14 h le dimanche (11 h en été). Entrée payante.
Frisson assuré ! Au ras de la falaise, ses magnifiques ruines résonnent du fracas des flots. Un escalier descend à la plage et permet de découvrir un passage souterrain naturel.

Old Bushmills Distillery
Bushmills, 2 Distillery Road. Ouverte tlj d’avril à octobre, du lundi au vendredi de novembre à mars, visites guidées de 10 h 30 à 15 h 30. Entrée payante.
C’est la plus vieille distillerie de whiskey au monde : sans doute quelque 600 ans de fonctionnement… dont un tiers sans autorisation. Explications, dégustations dans un cadre superbe.

Rathlin Island
En face de Ballycastle. Liaisons régulières en été.
A 50 minutes de Ballycastle, une île sauvage et ventée, sans arbres, dont les rares habitants vivent de la pêche et d’un peu d’agriculture. Surtout recommandée aux ornithologues amateurs : ses hautes falaises abritent des milliers d’oiseaux.

Les Glens d’Antrim et les villages côtiers
De Ballycastle à Larne, c’est la portion la plus pittoresque de toute la route côtière nord-irlandaise : the Antrim Coast Road, en corniche au-dessus de l’océan. Au débouché des Glens, les gorges profondes d’un arrière-pays montagneux et mystérieux, se nichent d’adorables villages côtiers aux toits d’ardoise et aux murs chaulés.

Derry et ses environs

Derry, rebaptisée Londonderry par les Anglais en 1613, est située sur une colline, à l’embouchure de la rivière Foyle. La cité symbolise cruellement les conflits qui opposent, depuis trente ans, les catholiques et les protestants, même si la municipalité réussit, peu à peu, à l’en affranchir. Deuxième ville d’Irlande du Nord et important centre universitaire, Derry se rénove et bénéficie, aujourd’hui, d’une vie culturelle intense.

La vieille ville
On y pénètre par Shipquay Gate au nord, Bishop’s Gate au sud, les portes principales des fortifications élevées au début du XVIIe siècle. Parfois large de 7 à 8 m, les remparts de Derry comptent parmi les mieux conservés d’Europe. De leur chemin de ronde, la vue sur la cité est superbe. A l’intérieur de l’enceinte, il faut surtout jeter un coup d’œil sur St. Colomb’s Cathedral, édifiée au XVIIe siècle dans un style gothique tardif. On poussera également la porte du Tower Museum.

Suivez le guide !

Par Magazine Street, pénétrez dans le Derry Craft Village : un petit centre commercial et artisanal très animé, même s’il vit un peu caché. 

Tower Museum
Union Hall Place. Ouvert toute l’année, du mardi au samedi de 10 h à 17 h, plus le dimanche en saison de 14 h à 17 h. Entrée payante.
Il retrace toute l’histoire de la cité, de la préhistoire à l’époque contemporaine, à travers projections et expositions. Du très bon travail.

Guildhall
Ouvert du lundi au vendredi, de 9 h à 17 h 30.
Entre la rivière et les fortifications se trouve cette curieuse bâtisse néogothique, élevée en 1890. Elle abrite le conseil municipal et possède des vitraux inspirés par les événements qui marquèrent la ville. A quelques pas en bas de Waterloo Street, Waterloo Place rappelle à chacun les affres de la Grande Famine avec d’émouvantes statues d’émigrants.

Sperrin Mountains
Il faut quitter Derry par la B48 en direction de Dunnamanagh et Plumbridge, pour rejoindre ce petit massif montagneux qui veille sur les cercles de pierres mégalithiques de Beaghmore Stone Circles. Les Sperrin Moutains ne dépassent guère 700 m de hauteur. Il n’empêche qu’elles offrent d’admirables points de vue sur la campagne environnante, quand on suit l’Ulster Way à pied ou à bicyclette. Un peu plus au sud, deux musées à ciel ouvert méritent une halte prolongée.

Ulster History Park
Près d’Omagh. D’avril à septembre, ouvert de 10 h 30 à 18 h 30 du lundi au samedi, de 11 h 30 à 19 h le dimanche ; d’octobre à mars, de 10 h 30 à 17 h du lundi au vendredi. Entrée payante.
Un parc à thème consacré à l’Irlande à travers les âges, avec la reconstitution, grandeur nature, des monuments et habitations caractéristiques du pays.

Ulster American Folk Park
Près de Castletown. Ouvert tlj de 11 h à 18 h 30 de Pâques à octobre (de 11 h 30 à 19 h le dimanche) ; du lundi au vendredi de 10 h 30 à 17 h d’octobre à Pâques. Entrée payante.
Un magnifique hommage rendu aux deux millions d’Irlandais qui quittèrent l’Ulster pour l’Amérique aux XVIIe et XVIIIe siècles. Chaumières, fermes, rues commerçantes, docks, églises… Construits pour la circonstance, les bâtiments apparaissent plus vrais que nature.

Le pays de saint Patrick

Autour de la bourgade de Downpatrick, lieu de sépulture supposé du saint patron de l’Irlande, verdoie une campagne que des murets de pierre découpent menu. Divers sites y évoquent saint Patrick : Struell Wells, lieu de culte païen bénit par le saint ; les ruines cisterciennes de Inch Abbey ; le village de Saul, où le saint homme aurait fondé sa première église.

Newcastle et les Mourne Mountains
Baptisé « Pays de saint Patrick », le sud-ouest de l’Ulster est d’abord religieux. Mais cette région-là possède aussi une station balnéaire à la mode, courue par les Belfastois dès les premiers beaux jours : Newcastle. Et, dans les Mourne Mountains, des sentiers de randonnée très bien tracés ; ils permettent notamment l’ascension du Slieve Donard (852 m), qui offre une vue magnifique sur la côte.

Armagh
Important nœud routier à la rencontre des A3, A51, A28 et A29.
A la fois chef-lieu de comté et capitale spirituelle de l’île, avec deux cathédrales qui se font face d’une colline à l’autre, l’une catholique, l’autre protestante, Amagh est une cité paisible, avec un tracé médiéval intact, d’élégantes rues géorgiennes et deux petits musées à ne pas manquer.

Suivez le guide !
L’été, l’ancien hippodrome de Armagh, The Mall, est envahi par les joueurs de cricket. Joyeux et désuet, le spectacle est extraordinaire.Armagh County MuseumOuvert tlj sauf le dimanche, de 10 h à 17 h. Entrée libre.
Bijoux, costumes, gravures des siècles passés y retracent l’histoire locale, avec de riches sections d’ornithologie et d’archéologie.

Saint Patrick’s Trian
Ouvert tlj de 10 h à 17 h, le dimanche de 14 h à 17 h. Entrée payante.
Des raids vikings aux prêches de saint Patrick, l’histoire de la ville y est évoquée à travers expositions et audiovisuels soignés. S’attarder dans la section baptisée : The Land of Lilliput, qui célèbre Les Voyages de Gulliver, de Jonathan Swift.

Navan Fort
A 2 km à l’ouest de Armagh, on aperçoit une vaste construction de terre au sommet d’une colline. Il s’agit là des vestiges de la forteresse des rois d’Ulster.

A l’ouest
Plus à l’ouest, la promenade se poursuit parmi les essences rares de Tollymore Forest Park et de Castlewellan Forest Park. Les amateurs de châteaux à fantômes pousseront jusqu’à Dundrum : les ruines d’une forteresse normande, flanquée d’un rare donjon circulaire, s’y mirent dans un bras de mer. Les amateurs de sites policés, eux, préféreront Hillsborough.

Les grands lacs

Dans sa moitié sud, l’Ulster possède deux lacs qui sont de véritables mers intérieures : le Lough Neagh, qui constitue le plus vaste plan d’eau de tout le Royaume-Uni, et le Lough Erne, dont la partie supérieure est parsemée d’une myriade d’îlots envahis par les grèbes et les canards. Alentour, la campagne s’épanouit en prairies drues et en bosquets giboyeux.

Enniskillen Castle
Ouvert de 14 h à 17 h le lundi, de 10 h à 17 h du mardi au vendredi, plus, en haute saison, le samedi de 14 h à 17 h. Entrée payante.
La ville de Enniskillen est située sur une île du lac Erne. Cinq ponts, très encombrés en été, la relient au continent. Edifié au XVe siècle, son château possède une étonnante poterne à deux tourelles. Il comprend un musée régional et une exposition consacrée au plus célèbre régiment de la ville : The Royal Inniskilling Fusiliers.

Castle Coole
A 3 km au sud-est de Enniskillen. De juin à août, ouvert du vendredi au mercredi de 13 h à 18 h ; en avril, mai et septembre, ouvert seulement les week-ends et jours fériés. Entrée payante.
Au milieu des chênes et au bord d’un lac, un élégant château néoclassique riche d’une décoration intérieure exceptionnelle. Le salon chinois, les portraits de famille du XVIIIe siècle qui ornent la salle à manger, la salle de bal et ses miroirs : tout ou presque y suscite l’émerveillement. Et le parc invite à de longues promenades.

Florence Court
A 13 km au sud-est de Enniskillen. De juin à août, ouvert du mercredi au lundi de 13 h à 18 h ; en avril, mai et septembre, ouvert seulement les week-ends et jours fériés. Entrée payante.
Bâtie au milieu du XVIIIe siècle, une villa palladienne réputée pour sa décoration en stuc de style rococo. Son parc forestier est splendide.

Lire la suite du guide