Les communautés chrétiennes d’Orient sont issues des schismes qui secouent l’Eglise aux IV e et V e siècles. Le nestorianisme, condamné en 431 par le concile d’Ephèse, sépare les natures humaine et divine du Christ ; il donne naissance à l’Eglise assyrienne d’Irak et de Perse.

Le monophysisme, condamné par le concile de Chalcédoine en 451, professe que les deux natures du Christ sont confondues. Il est à l’origine d’Eglises nationales qui veulent s’affranchir de la domination de Byzance : les Eglises de Syrie (syrienne ou jacobite), d’Egypte (copte), d’Ethiopie et d’Arménie dont chacune possède sa liturgie. Le monothélisme, formulé au vie siècle, avance que c’est la volonté du Christ et non sa nature qui est indivisible. Les maronites sont les principaux représentants de cette tendance.

La majorité des chrétiens demeure cependant fidèle à l’orthodoxie byzantine concernant les deux natures séparées du Christ.

En 1054, le Grand Schisme consomme la rupture politique et religieuse entre l’Orient byzantin dominé par l’Eglise grecque orthodoxe et l’Occident latin reconnaissant l’autorité de l’Eglise catholique romaine. Au XIV e siècle, l’Eglise maronite s’unit à Rome en abandonnant le monothélisme.

Dans les siècles suivants, toutes les Eglises orientales se scindent en deux, une partie reconnaissant l’autorité romaine et abandonnant ses particularités dogmatiques tout en conservant liturgie et structure propres. C’est le cas des Chaldéens issus des nestoriens, des Arméniens catholiques, des Grecs catholiques, des Syriens catholiques, etc. Il faut enfin ajouter qu’en Orient on trouve aussi des Latins qui ont adopté le rite romain catholique et des protestants issus des mouvements missionnaires occidentaux.

Schismes musulmans

Le Prophète Mohammad meurt en 632 sans fils. Sa succession donne lieu aux divisions initiales de l’islam. S’affrontent les partisans des compagnons du Prophète, les sunnites, et ceux d’Ali, son gendre et neveu, les chiites. Un troisième parti, celui des kharijites (les séparatistes) dénonce la querelle comme impie. Ces clivages d’origine fournissent la matrice d’un processus de fragmentation par scissions qui donne naissance à une série de groupes plus ou moins éloignés par le dogme et l’organisation. Ces sectes seront aussi utilisées pour exprimer des aspirations politiques et sociales et chacune se déclare porteuse du véritable islam.

Le sunnisme est la tendance largement majoritaire (90 % aujourd’hui) et dit suivre la tradition (sunna) du Prophète. Il est lui-même subdivisé en 4 tendances juridiques et rituelles : hanafite dans les anciennes provinces ottomanes, malikites en Afrique du Nord, hanbalites en Arabie Saoudite, shafiite en Afrique de l’Est et Indonésie. Au sein du sunnisme, des mouvements réformateurs plus récents ont vu le jour, comme le wahhabisme en Arabie Saoudite au XIX e siècle ou les Frères musulmans en Egypte et Syrie au XX e siècle.

Le chiisme (d’une expression signifiant « le parti d’Ali ») est très fragmenté et est demeuré le plus souvent un mouvement contestataire, tantôt quiétiste, tantôt révolutionnaire. Contrairement au sunnisme, cette tendance de l’islam est ésotérique et possède de fortes similitudes avec le catholicisme : culte des martyrs, messianisme, organisation en clergé, etc.

Certaines de ses branches sont un temps parvenues au pouvoir comme les Fatimides du X e au XII e siècle. Mais ce n’est qu’au XVI e siècle qu’il devient durablement en Iran une religion d’Etat. Le chiisme est divisé en trois branches principales : les duodécimains majoritaires en Iran, Irak, à Bahreïn et au Liban ; les zaydites du Yémen du Nord ; les ismaéliens du Pakistan et d’Inde.

Deux sectes issues du chiisme sont à ce point éloignées de l’orthodoxie que leur appartenance à l’islam fait débat. Elle se sont en effet affranchies des obligations rituelles de l’islam et ne font pas du Coran leur texte sacré même si elles intègrent des dimensions de son message. Les alaouites se développent à partir du ixe siècle en s’inspirant du néoplatonisme. Les druzes, qui croient en la réincarnation, font scission de l’ismaïlisme au XI e siècle. Ayant eu à se cacher pour se protéger des persécutions, ces deux sectes n’acceptent plus de convertis et gardent leurs dogmes secrets. En dehors du Liban, les druzes sont présent en Syrie et en Israël et les alaouites en Turquie et en Syrie.

Enfin, les kharijites ont leur postérité chez les ibadites très minoritaires, présents dans le Mzab algérien et à Oman.

Les Palestiniens

Enfin, il ne faut pas oublier les 300 000 Palestiniens qui, bien que ne formant pas une communauté confessionnelle (ils sont majoritairement sunnite avec 5 % de chrétiens), représentent cependant un groupe constitué doté de ses propres institutions et d’une forte identité. Les Palestiniens ont quitté leurs terres à la suite de la création de l’Etat d’Israël en 1948 et sont des réfugiés au regard du droit international. Ils ne bénéficient pas de la nationalité libanaise et sont sous la juridiction de l’UNWRA, une agence spécialisée des Nations- Unies mise en place en 1950. Celle-ci gère des camps de réfugiés, une aide alimentaire, un réseau scolaire et médical mais ses fonds ne cessent de s’amenuiser.

L’afflux des Palestiniens a fait pencher la balance confessionnelle en faveur des musulmans et c’est une des raisons qui explique le mécontentement maronite à leur égard. Egalement, à partir de la défaite arabe de 1967 face à Israël, les Palestiniens se radicalisent en mouvements armés et prennent de plus en plus d’autonomie sur le territoire libanais. A l’heure actuelle, les Palestiniens du Liban sont les grands oubliés des accords israélo-palestiniens d’Oslo signés en 1993 et risquent de voir leurs aspirations au retour définitivement enterrées. Leur avenir au Liban est un grave question qu’il faudra résoudre.

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