L’intermède croisé

A l’est, une nouvelle dynastie originaire d’Asie centrale, les Turcs seldjoukides islamisés, s’est emparée du pouvoir défaillant des Abbassides, conquiert de nouveaux territoires en Anatolie jusque-là sous contrôle byzantin, et inaugure des pratiques violentes à l’égard des communautés chrétiennes orthodoxes. A Constantinople, l’empereur byzantin fait appel au pape pour affronter l’avancée seldjoukide.

Urbain II voit là l’occasion d’établir la prééminence de Rome sur les lieux saints de Palestine. En 1095, il lance un appel à la croisade qui est largement suivi par les seigneurs, par les chevaliers sans terre qui cherchent à gagner une baronnie et par les paysans appauvris dans un Occident en prise aux rivalités féodales. Les armées croisées s’allient aux forces byzantines et descendent vers Jérusalem depuis l’Anatolie et longeant les côtes syriennes et libanaises. Elles prennent Jérusalem en 1099 et massacrent sa population composée aussi de chrétiens et de juifs.

Alors que la montagne libanaise est tôt conquise, ce n’est qu’en 1109-1110, après des années de siège, que Tripoli, Beyrouth et Sidon passent aux mains des croisés. En 1124, c’est au tour de Tyr. Quatre « Etats latins d’Orient » sont formés. Le nord du Liban dépend du Comté de Tripoli tandis que le sud fait partie du Royaume de Jérusalem. De nouvelles forteresses sont construites, celles prises aux musulmans sont renforcées. Les croisés fortifient les ports du littoral, dont Tripoli, Byblos et Sidon en réutilisant les pierres des anciens temples païens.

En deux siècles, huit appels à la libération de la Terre sainte se succèdent. A la croisade, guerre religieuse chrétienne, les musulmans répondent par une contre- croisade, le djihad. En 1128, après une période de désunion, ils se rassemblent autour de l’émir (prince) turc Zengui et lancent une reconquête depuis l’intérieur de la Syrie. Saladin remplace les Zenguites et reprend Jérusalem aux Francs en 1187. En un siècle, les territoires des Etats croisés sont grignotés au point que seules quelques forteresses maritimes tiennent encore. Tripoli sera parmi les dernières à tomber en 1289 sous les assauts des Mamelouks d’Egypte.

Alors que l’Eglise orthodoxe locale et ses fidèles sont méprisés et souvent persécutés par les croisés qui les considèrent comme des schismatiques, les maronites s’allient aux Francs. Ils leur servent d’auxiliaires militaires et de guides dans les montagnes du Liban. Ils se marient aussi avec eux et ce métissage donne naissance à un nouveau groupe social, les Poulains.

En 1182, l’Eglise maronite fait allégeance à l’Eglise de Rome, abandonne le monothélisme et adopte une partie du rituel latin.

La période des croisades ne se résume pas à des affrontements mais crée aussi des liens entre Occident et Orient, des échanges de technologie, des apports nouveaux de part et d’autre qui marqueront les deux cultures. Les traces de l’épisode croisé sont encore visibles de nos jours, en particulier dans l’architecture religieuse (église de Jbeil) ou militaire du château Saint-Gilles à Tripoli, du château de la Mer à Saïda ou de la citadelle de Jbeil.

La période mamelouke

Saladin avait rétabli le sunnisme en Egypte en chassant le califat fatimide chiite (1171). Sa dynastie, les Ayyoubides, s’affaiblit alors que les Mamelouks briguent le pouvoir. Ces derniers sont des descendants d’esclaves de toutes origines (Grecs, Turcs, Slaves, etc.) et sont réputés pour leur férocité et leur intolérance. Après avoir repoussé les Francs, les Mamelouks ont fort à faire avec les Mongols.

Le Liban de cette époque est morcelé, chaque région dominée par des clans puissants. Les émirs Tanoukhides du Liban central s’allient aux Mamelouks.

En 1305, les chiites défient l’autorité de la dynastie sunnite du Caire et sont repoussés dans le Kasrouan. Les druzes, qui se révoltent aussi dans la région du Chouf, sont écrasés. Les maronites sont massacrés et déportés pour avoir collaboré avec les croisés. Ceux qui restent entretiennent des relations avec les Lusignan, dynastie franque de Chypre, et avec Rome.

Après une époque d’instabilité, une nouvelle période de prospérité s’ouvre pour les ports libanais. Avec l’accord des Mamelouks, les échanges commerciaux entre l’Orient et l’Occident, inaugurés sous les Francs, reprennent de plus belle. Des entrepôts génois, vénitiens, catalans ou provençaux sont construits à Beyrouth, Tripoli et Tyr pour stocker soieries, épices ou verrerie. Des consuls étrangers s’installent pour représenter les intérêts commerciaux ou diplomatiques de leur pays. Mais une partie de ce commerce périclite lorsque les Européens ouvrent une nouvelle voie vers l’Inde et ses richesses en contournant l’Afrique (1497).

Emirs et Ottomans

Les Mamelouks tentent de repousser les hordes mongoles, sous la conduite de Gengis Khan puis de Tamerlan ; mais ceux-ci se taillent peu à peu un empire en conquérant l’Anatolie, Bagdad, Alep et Damas. Païens à l’origine, ils se convertissent à l’islam et se civilisent au contact de la brillante culture musulmane. Ils n’adoptent pas pour autant l’arabe et continuent de parler le turc, langue asiatique.

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