Le communautarisme politique

Ce déséquilibre entre secteur public et secteur privé n’est pas le seul qui mine la légitimité de l’Etat libanais. Car les structures communautaires se sont elles aussi appropriés de nombreuses fonctions sociales et politiques. Inscrit dans la Constitution, le communautarisme est paré par les uns de toutes les qualités et accusé par les autres de tous les maux.

En quoi consiste-t-il ? Chaque individu libanais se définit civilement à la fois comme citoyen et comme membre d’une communauté religieuse. Ces dernières sont des entités sociopolitiques considérées comme des personnels morales de droit public et qui ont un chef à leur tête. Les confessions du président de la République (maronite), du président du Parlement (chiite) et du Premier ministre (sunnite) sont fixées par la constitution et, selon le Pacte national de 1943, chacune des 17 communautés officiellement reconnues est représentée au Parlement en proportion de ses membres.

Mais le recensement date de 1932 et les chiffres concernant la proportion des communautés religieuses sont sujets à caution et à revendication. Depuis l’accord de Taëf, la répartition des sièges au Parlement a été revue afin de la rééquilibrer en faveur des musulmans qui sont devenus majoritaires tandis que les prérogatives du président de la République ont été réduites au profit de celles du Premier ministre. Les sunnites ont donc aujourd’hui plus de pouvoir que les maronites. Pourtant, ce sont les chiites les plus nombreux qui ne jouent encore qu’un rôle politique subalterne.

Le communautarisme a bien d’autres implications. Le Liban n’a pas de religion d’Etat alors que les pays voisins ont adopté l’islam ou le judaïsme dans leur constitution. Cependant, l’Etat n’est pas laïc, comme en Turquie, mais multiconfessionnel. Ceci signifie, par exemple, que le droit de la famille relève des traditions juridiques de chaque communauté religieuse et que le mariage civil n’existe pas.

Egalement, chaque communauté peut entretenir son propre réseau éducatif dans une grande autonomie. Il existe ainsi au Liban 11 universités dont une seule publique. Le système de santé est aussi largement communautaire. Le Libanais est libre d’être croyant ou athée mais, même pour les non-croyants, la culture religieuse, ses symboles, ses rituels, les organisations sociales des communautés sont des données essentielles de l’identité et de la vie quotidienne.

La coïncidence entre divisions religieuses, clivages socio-économiques, différences d’éducation a donné naissance à un patriotisme de communauté au détriment d’un sentiment national. Dans un pays où l’Etat, gangrené par la corruption, n’a jamais bien joué son rôle de redistribution des ressources, la famille et la communauté sont demeurées au centre de la structure sociale.

Lorsque crise il y a, c’est d’abord chez ses proches par le sang que l’on cherche la sécurité. Au Liban, comme dans les autres pays du Moyen-Orient, la famille s’entend à son sens large et peu compter plusieurs milliers de membres qui forment ensemble un réseau de solidarité et un vecteur de mobilisation lorsqu’il faut se défendre.

A partir de là, il n’est pas compliqué de considérer toute sa communauté religieuse d’appartenance comme une seule et même famille puisque c’est le groupe le plus large dans lequel on puisse se marier. D’où il s’en suit que des antagonismes qui trouvent leur source dans des inégalités économiques ou des différences politiques finissent par s’exprimer sur le mode du conflit religieux.

Le sud Liban, au cœur du conflit israélo-arabe

Entre 1978 et 2000, le sud Liban est demeuré occupé par un contingent de Tsahal (l’armée israélienne) qui finançait et encadrait l’Armée du Liban Sud (ALS), milice chrétienne à l’origine qui recruta par la suite de plus en plus de musulmans.

En face, on trouvait quelques combattants palestiniens demeurés dans le pays après 1982 mais surtout le Hezbollah, milice chiite soutenue par l’Iran et la Syrie. Alors que la résolution 425 de l’ONU exigeait un retrait inconditionnel de l’armée israélienne, la FINUL, force d’interposition internationale, tentait difficilement de limiter les affrontements. En mai 2000, cédant à la pression du Hezbollah, les forces israéliennes se sont enfin retirées, entraînant dans leur sillage plus d’un millier d’officiers et de combattants de l’ALS qui ont trouvé refuge en Israël avec leurs familles. Soucieuse de réconciliation nationale, la justice libanaise a condamné par contumace la plupart des collaborateurs à des peines légères et ceux-ci ont rapidement choisi de rentrer au Liban.

Le Sud Liban a énormément souffert d’avoir représenté durant 22 ans un enjeu stratégique entre Israël et la Syrie, l’ALS et le Hezbollah. 85% des habitants de la région avaient fui vers Beyrouth ou l’étranger. L’économie et les infrastructures, totalement dépendantes d’Israël durant l’occupation, doivent être à nouveau prises en charge par l’Etat libanais.

Pour l’instant, alors que les habitants reviennent par milliers se réinstaller dans les villages abandonnés, c’est surtout le Hezbollah qui comble le vide économique, social et sécuritaire laissé par le retrait israélien. Néanmoins, et contrairement aux craintes exprimées de toutes parts, la libération s’est faite dans un contexte de paix civile incontestable, sans règlements de compte intercommunautaires.

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