La christianisation byzantine

La Palestine est voisine du Liban et incluse dans le même ensemble politique romain. Il n’est alors pas étonnant que Pierre soit considéré comme le premier évangélisateur des Phéniciens et que, dès 57 après J.-C., l’apôtre Paul passant à Tyr y trouve une petite communauté chrétienne. Malgré les persécutions dont fait l’objet la nouvelle religion, conversions et monastères se multiplient en Orient.

D’une petite secte marginale, le christianisme devient religion officielle de l’Empire en 394, l’année suivant la scission entre Rome et Byzance qui, depuis sa capitale Constantinople, domine l’Empire romain d’Orient. Aux siècles de persécution anti-chrétienne succède la violence prosélyte contre les idolâtres qui vénèrent encore les anciennes divinités. Les temples sont souvent saccagés comme à Baalbek. Le monothéisme chrétien s’impose partout et la Syrie, qui englobe les actuels Etats du Proche-Orient, se couvre d’églises et de monastères, bien des sanctuaires de la nouvelle religion étant bâtis sur les anciens.

Qui dit nouvelle religion dit aussi dissidences. Byzance impose une stricte orthodoxie alors que, localement, le dogme chrétien est parfois interprété en s’inspirant des vieilles philosophies orientales comme un moyen de contester la suprématie byzantine. Durant tous les premiers siècles chrétiens, les hérésies à caractère autant religieux que politique se multiplient ainsi que les conciles qui les condamnent. Les maronites ne sont qu’une secte parmi d’autres, adeptes du monothélisme (doctrine qui pose la nature divine et humaine du Christ comme indivisible).

Sous la domination byzantine, la Phénicie est partagée en deux provinces, l’une dite « maritime » avec les cités de la côte, l’autre dite « libanaise » qui s’étend loin vers l’intérieur des terres jusqu’à Palmyre, dans l’actuel désert syrien. Beyrouth et Tyr prospèrent grâce au commerce et aux nouvelles découvertes parfois rapportées de Chine, tel l’élevage du ver à soie.

En 613-614, les Perses sassanides, principaux concurrents des Byzantins, dévastent la côte phénicienne et s’emparent de Jérusalem. Les Byzantins, affaiblis par les querelles religieuses et ethniques qui minent l’Empire de l’intérieur, ont du mal à se relever de ces guerres même après avoir repris la Syrie aux Perses en 625.

Les premiers Empires musulmans

C’est alors d’Arabie, région demeurée jusque là marginale dans l’histoire du Proche-Orient, que viennent de nouveaux bouleversements. Les Arabes étaient déjà présents dans l’Empire byzantin, des tribus ayant migré de la péninsule dès le ive siècle et s’étant alliées aux Byzantins contre les Perses après s’être converties au christianisme.

Mais au VII e siècle naît l’islam, une nouvelle religion monothéiste, qui vient concurrencer aussi bien le christianisme que le judaïsme et le polythéisme encore vivants dans les régions hors de l’influence byzantine.

Mohammad, prophète de l’islam, diffuse en Arabie son message basé sur une révélation divine. A sa mort, en 632, les croyants sont déjà nombreux et organisés. A la suite de toutes les forces conquérantes qui se sont succédées dans la région, les musulmans convoitent la Syrie plus riche et, à terme, tout l’Empire byzantin.

En 636, l’armée musulmane remporte sa première bataille décisive contre les Byzantins à Yarmouk, sur la frontière entre la Syrie et la Jordanie actuelles. En vingt ans, les Arabes s’emparent de la Palestine, de la Syrie, de l’Egypte et de la Perse.

Dans les régions de l’actuel Liban, comme ailleurs au Proche-Orient, les armées arabes rencontrent peu de résistance. Ce n’est pas la différence religieuse qui fait sens, mais la proximité ethnique entre Arabes et Araméens, qui parlent des langues sémitiques voisines. De plus, le pouvoir byzantin est considéré comme tyrannique en particulier parce qu’il persécute les nombreuses hérésies chrétiennes (jacobites, nestoriens, maronites, etc.).

En 661, les Omeyyades, première dynastie musulmane, installent leur capitale à Damas, l’une des plus anciennes cités du monde. Ils rayonnent jusqu’à l’Espagne. En 750, les Abbassides les renversent et choisissent Bagdad pour centre. Ces changements politiques ont des répercussions sur la région du Liban.

Sous les Omeyyades, le Liban bénéficie de sa proximité avec la capitale de l’Empire. La Bekaa développe sa production agricole, tandis que les villes du littoral commercent avec les nouveaux centres musulmans du sud de la Méditerranée. Les Omeyyades, sans grande tradition artistique ou architecturale, n’en font pas moins construire parmi les plus belles réalisations de l’art musulman dont, au Liban, la cité d’Anjar dans la Bekaa. Et ce grâce au savoir faire des artisans locaux formés à l’école byzantine.

Lorsque les Abbassides s’éloignent de Syrie pour préférer l’Irak, le Liban se trouve marginalisé et fait l’objet de tentatives de reconquête par les Byzantins au X e siècle, d’autant qu’il est sur la route de Jérusalem où se trouve le tombeau du Christ.

Au contraire des Byzantins, les musulmans n’entreprennent pas d’imposer leur foi par la force. Plutôt, ils incitent à la conversion en interdisant les fonctions militaires et politiques aux non- musulmans. Si l’islam est religion officielle et les restes de polythéisme combattus, les autres monothéismes ont droit de cité sous tutelle et dans une position subalterne. C’est ainsi que des communautés chrétiennes et juives minoritaires se maintiennent. L’Orient, à présent arabe en référence à la culture dominante, ne sera pas majoritairement islamisé avant le XI e siècle. Devant l’arabe, l’araméen et le syriaque cèdent du terrain ou ne survivent que dans la liturgie chrétienne, tout comme le grec, autrefois langue de l’administration byzantine. Le pouvoir musulman monte parfois les communautés les unes contre les autres. Ainsi, le patriarche orthodoxe d’Antioche, Theophylacte, nommé par le calife omeyyade Marwan II, entreprend de persécuter les maronites réfugiés depuis le début du VIII e siècle dans la Montagne libanaise. En 759-760, ces derniers se révoltent car ils entendent résister à l’arabisation.

A l’époque abbasside, l’étendue de l’Empire musulman (de l’Afrique du Nord à la Perse), fragilise le pouvoir central. L’Espagne est demeurée sous domination omeyyade et, peu à peu, des dynasties locales s’emparent du pouvoir dans les régions périphériques. L’islam est divisé entre sunnites et chiites qui ne s’accordent pas sur la succession du Prophète (le Califat). A partir d’une querelle d’ordre politique, les chiites élaborent leur propre doctrine religieuse. En 969, la dynastie chiite des Fatimides fonde le Caire et établit son autorité sur l’Egypte et la Syrie.

Le Liban redevient plus proche du centre politique du califat et certains des ses habitants changent d’affiliation religieuse en adoptant le chiisme. Une autre secte musulmane, hérésie du chiisme, prend naissance en Egypte : les druzes. Persécutés, ils se réfugient dans la montagne libanaise, région reculée.

Au XI e siècle, le pouvoir fatimide s’affaiblit et est sujet à des coups de force de la part de généraux ou de ministres. Plusieurs régions font sécession dont la Syrie. En 1171, le dernier calife fatimide est renversé par son vizir, Salah ed-Dîn (Saladin).

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