Des frontières récentes et contestées

Comme c’est le cas de tous les pays de la région, les frontières actuelles du Liban sont héritées de l’époque des mandats, alors que les puissances occidentales se partagent les dépouilles de l’Empire ottoman suite à la première guerre mondiale.

En 1920, c’est aux Français qu’échoit le mandat sur une région dont ils font le Grand- Liban : au Mont- Liban, émirat quasi indépendant sous les Ottomans, le général français Gouraud adjoint le littoral, de Tripoli à Tyr, ainsi que la plaine intérieure de la Bekaa et le versant occidental de l’Anti-Liban suivant la ligne de crête. Mais ces régions font traditionnellement partie de la province ottomane de Grande Syrie.

Depuis le début de la guerre civile de 1975, le régime de Damas justifie ainsi son interventionnisme dans le pays et continue, alors que la situation intérieure s’est largement stabilisée depuis 1990, à stationner ses troupes sur le sol libanais et tout particulièrement dans la fertile plaine de la Bekaa.

Mais également au sud, entre 1978 et 2000, où une bande de territoire d’une dizaine de kilomètres de profondeur est demeurée sous occupation de l’armée israélienne qui voulait contenir d’abord les attaques palestiniennes puis celles du parti chiite Hezbollah soutenu par Damas ; mais aussi s’assurer le contrôle d’une région riche en sources, alors que l’eau est un enjeu de taille dans une région qui en manque cruellement. Cette « zone de sécurité » a été libérée en mai 2000.

Aujourd’hui, les autorités libanaises revendiquent une souveraineté mise à mal sur 10 452 km2, mais l’on voit bien à quel point la détermination des frontières du pays, voire sa réelle indépendance, sont soumises à des considérations d’ordre géopolitique.

Le Liban aujourd’hui

L’économie, du public au privé

Depuis l’indépendance, l’Etat a laissé l’initiative au secteur privé. A la veille de la guerre, commerce et services sont les mamelles de l’économie libanaise et représentent 70 % du PNB. Au revers de la médaille, moins de 5 % de la population détiennent plus d’1/3 de la richesse nationale sans pour autant investir dans l’agriculture ou l’industrie qui demeurent sous-développées.

Entre la bourgeoisie d’affaire au mode de vie occidentalisé et les défavorisés de la banlieue de Beyrouth, touchés par l’exode rural et aux valeurs traditionnelles, le clivage social et économique est immense et alimente les frustrations. Dans les années 1970, les revendications des « progressistes » concernent aussi l’amélioration des conditions de travail, la baisse du coût de la vie et la démocratisation de l’enseignement.

La guerre n’a pas arrangé les choses. La livre libanaise s’est effondrée tout comme les salaires et le pouvoir d’achat. Les capitaux ont fui le pays qui a perdu sa place de premier fournisseur de services à l’échelle régionale.

La part de production de drogue a pris une importance considérable dans une agriculture déjà peu florissante. L’économie informelle s’est développée pour répondre à la faillite de l’Etat. Il faut ajouter à cela un lourd bilan de destruction des infrastructures. Globalement, les Libanais se sont paupérisés : aujourd’hui, la classe moyenne a pratiquement disparu et 1/3 des foyers vivent avec moins de 600 dollars par mois.

Reconstruire l’économie apparaît donc problématique car s’il faut assurer efficacement la relance, il est aussi nécessaire de tirer les leçons du passé. Le premier gouvernement de l’après-guerre, nommé en 1992 avec l’homme d’affaire Rafik Hariri à sa tête, a lancé un « Plan 2000 » qui donne la priorité à la reconstruction de l’économie et des infrastructures.

Les bailleurs de fonds internationaux ont accordé des crédits qui ne suffisent pourtant pas à mener à bien les divers projets de redressement : 400 millions de dollars sont nécessaires pour moderniser l’agriculture, 150 millions pour réhabiliter l’aéroport, 2 milliards pour reconstruire les voies de communications, etc. Pour leur part, les investisseurs privés se sont jusqu’alors montrés timides, tandis que les autres centres financiers qui ont émergé dans la région n’entendent pas céder leur place. Hariri qui n’a pourtant que très partiellement répondu aux attentes, a été réélu en 2000.

Quant aux anciens paysans aux portes des villes, ils ne sont pas prêts à retourner dans les campagnes et vivent dans des conditions précaires, sans eau courante et souvent sans électricité.

Comme avant-guerre, le gouvernement est à nouveau accusé de délaisser le secteur social au profit des gros capitaux privés. Sans compter que la remise sur pied des infrastructures ne résout pas tous les problèmes : la principale centrale électrique du pays, construite après la guerre, a déjà été bombardée par l’armée israélienne à deux reprises en représailles contre les actions du Hezbollah.

Comme partout ailleurs dans la région, de la Jordanie aux Territoires palestiniens, le décollage économique ne se fera sans doute pas avant qu’une paix durable ne s’instaure avec Israël.

Vidéos du Liban

Galerie Liban-guide does not seem to have any videos.

[divider]

Les derniers articles

[posts per_page= »3″ cols= »3″ cats= »145″ excerpt_length= »200″ read_more= »true » meta= »false » pagination= »false » title_size= »20″ image_width= »200″ image_height= »200″]

[divider]

[one]

Photos du Liban : Art et culture du Liban

[scrollGallery id=61]

[/one]
[divider]
[one]

Voyage au Liban sur Pinterest

[alpine-phototile-for-pinterest src= »board » uid= »tangkavoyages » board= »voyage-au-liban » imgl= »fancybox » pinit= »1″ dl= »1″ dlstyle= »small » style= »cascade » col= »4″ size= »75″ num= »25″ shadow= »1″ border= »1″ highlight= »1″ curve= »1″ align= »center » max= »100″]

[/one]
[divider]