Comme leur nom l’indique, ces îles, situées au sud de l’archipel de la Société, à cheval sur le tropique du Capricorne, forment la pointe australe de l’archipel polynésien. Le climat y est différent de celui de Tahiti, et la morphologie et l’écologie de ces îles vivrières en font un petit monde à part où cinq îles hautes dominent les débats, en confrontation permanente avec le Pacifique Sud. Si le tourisme y est peu développé, ce n’est pas pour autant qu’elles manquent de charme, bien au contraire.

Tubuai 

C’est la plus grande des Australes, et son relief adouci renforce son aspect agréable par une barrière de corail protégeant un beau lagon aux plages de sable blanc.
L’aéroport a permis à Tubuai de sortir de l’isolement dans lequel elle se trouvait du temps des goélettes qui tissaient l’unique lien avec Tahiti. Car, comme dans l’ensemble des Australes, le climat plus frais que dans les autres archipels permet la culture de légumes et de fruits qui ne poussent pas ailleurs. De nombreux marae sont disséminés sur le pourtour de l’île, la plupart réduits à l’état de vestiges.
L’artisanat se compose essentiellement d’objets (peue, chapeaux, paniers…) tressés en feuilles de pandanus, spécialité des Australes.

Mataura 
Situé sur la côte nord, c’est à la fois le principal village de l’île et le centre administratif du territoire des Australes. C’est aussi là qu’accostent les goélettes qui ravitaillent Tubuai et qui chargent à destination de Tahiti nombre de produits frais attendant dans d’immenses chambres froides.

Polinesia (www.viajar24h.com)-1 © www.viajar24h.com

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Taputapuatea 
Ce prestigieux marae, situé dans le sud-est de l’île, porte le même nom que le fameux marae de Raiatea : la légende veut en effet que le roi Tamatoa Ier ait rapporté une pierre de ce sanctuaire pour fonder celui de Tubuai.

Côte nord-est 
A la sortie de Taahuaia, on peut visiter les restes du fort George, ancien fortin où Fletcher Christian et ses révoltés du Bounty s’étaient un temps retranchés.
Une route traversière permet d’accéder au belvédère à travers une forêt de bananiers, de litchis, d’orangers et de mandariniers. La vue y est splendide, tant sur la plaine et le piton de l’Homme couché que sur le reste de l’île, notamment le mont Taiata, plus haut sommet de Tubuai.
En chemin, on passe devant le four à Cannibale, qui rappelle les coutumes ancestrales anthropophages, et devant un grilloir à café plus prosaïque.

Rurutu 

Rurutu est la plus septentrionale des îles Australes et bénéficie, comme Tubuai, d’un aéroport qui la relie à Tahiti. Comme Tubuai aussi, Rurutu est un véritable jardin vivrier où l’on cultive la pomme de terre et de nombreux agrumes qui embaument l’air à la tombée du jour.

Moerai 
Capitale de Rurutu, elle peut paraître manquer de charme avec ses maisons en dur construites après le cyclone Wasa qui, en janvier 1992, a totalement dévasté la ville partiellement submergée par la mer. Le petit port accueille les navires venus ravitailler l’île à travers la passe Avarua. En sortant du village vers le sud, le temple protestant, l’église mormone et l’église catholique forment un ensemble religieux hétéroclite et coloré, notamment le dimanche.

Les baleines de Rurutu 
Rurutu a bénéficié d’une notoriété soudaine avec le développement d’une nouvelle activité : l’observation des baleines. Ces majestueux cétacés ont depuis longtemps choisi les eaux riches de Rurutu pour la saison des amours et de la mise bas. D’août à octobre, leur ballet incessant a donné naissance à une nouvelle forme d’écotourisme. Les sorties se font en bateau et permettent d’admirer, parfois de très près, les souffles, sauts et autres activités en surface des femelles et parfois de leurs jeunes. Les plus expérimentés pourront même s’immerger à proximité de ces mastodontes pour mieux en apprécier les évolutions sous-marines. Un spectacle inoubliable, qui demande une très grande discipline de la part des participants et une organisation rigoureuse de la part des guides, qui sont les premiers à espérer une réglementation pour préserver les baleines d’un afflux massif et mal contrôlé de curieux.

La route du sud 
Elle longe une corniche que surplombent de hautes falaises entrecoupées par les plages de Peva. Des grottes s’ouvrent dans la paroi rocheuse, où nichent de nombreux oiseaux de mer. Peu après, la route grimpe vers Hauti dans un décor sauvage de brousse et d’arbres aux fleurs bleues sublimes à la belle saison. C’est dans les hauteurs de Hauti que se perpétue l’une des traditions les plus ancestrales de Rurutu, le lever de pierre, où hommes et femmes confrontent leurs muscles dans des joutes haltérophiles d’un autre âge. Ces concours se déroulent le plus souvent dans le cadre de festivités plus importantes comme les fameuses fêtes populaires du me (mai).

La mer en point de mire 
En continuant la route de terre rouge, on arrive sur les hauteurs de la pointe Toataratara, d’où l’on domine la mer dans un point de vue somptueux qui se prolonge en remontant vers la côte ouest. On longe des falaises où nichent de nombreux pailles-en-queue au travers d’une végétation dense qui s’illumine au coucher du soleil. On y croise des jeunes gens montant à cru de superbes chevaux et quelques vaches, avant de redescendre vers Avera et les belles plages coralliennes, dont celle de Popaa, encadrée de ses deux rochers argentés.
On ne manquera pas de s’arrêter aux « marae » de Vitaria, dont la plupart ont été bien préservés. La baie toute proche offre l’une des plus belles vues de l’île, avec le village d’Avera, l’océan et les récifs de corail en toile de fond.
La route longe enfin, vers le nord-ouest, une côte aux plages de sable fin où se sont installées les pensions de l’île au milieu d’une végétation ponctuée de fleurs de toutes les couleurs.

Grotte Naio 
Avant de retrouver la pointe nord et la piste de l’aéroport, on s’enfoncera vers l’intérieur pour découvrir, au bout d’un chemin, la grotte Naio, vaste ouverture dans la montagne où trône un énorme piton entouré de stalagmites et de stalactites. Le lieu, longtemps habité, offrait un refuge contre les attaques d’ennemis et contre les cyclones violents. Il a été plus récemment le théâtre de festivités somptueuses en l’honneur du passage du président François Mitterrand, en 1990.

Suivez le guide ! 
A la saison des baleines, allez vous promener en fin de journée du côté de la piste de l’aéroport pour apercevoir les sauts de ces imposants cétacés.

Rimatara et Raivavae 

En l’absence d’aéroport, ces îles sont naturellement les plus isolées et les plus sauvages de l’archipel des Australes.

Rimatara 
Dernière à avoir été découverte par les Européens, elle est aussi la plus petite de l’archipel, et son sommet dépasse à peine des flots. Les coraux à flanc de littoral n’ont pas élaboré de lagon, rendant l’accostage impossible et l’abordage au quai d’Anapoto souvent acrobatique.
Amaru comme dans les autres villages secondaires, l’artisanat est roi et le tressage comme la sculpturen’ont aucun secret pour les habitants.
Les plages, telle celle de Mutuaura, sont désertes, et plusieurs sites archéologiques, il est vrai pas toujours faciles à trouver, méritent que l’on s’intéresse à eux : le « marae » Taharani, en pierre de corail, ou le « marae » Teruaotuu, célébrant le dieu de Rimatara, Taatonoiti.
A la sortie de Mutuaura, les massifs de corail encadrent une vasque naturelle aux eaux d’un vert émeraude splendide. C’est la baie des Vierges, où, selon la légende, de jeunes vierges venaient autrefois se baigner nues.

Raivavae 
Entourée d’îlots découpés où nichent des milliers d’oiseaux marins, l’île jaillit au milieu d’un somptueux lagon couleur émeraude, presque irréel. C’est sans doute, en plus de ses pentes verdoyantes où ondulent des fougères dans la brume rafraîchissante, ce qui lui a valu d’être considérée comme l’une des plus belles îles du Pacifique Sud.
Les cinq villages se partagent le millier d’habitants dans des petites maisons colorées où le temps semble passer sans trépidation aucune. De nombreux marae, comme ceux de Maunaoto et de Puapuatiare,attendent les férus d’archéologie, tandis que les visiteurs en mal de trekking pourront s’attaquer aux monts Hiro, Taraia ou Maunanui (400 m d’altitude maximum).
Enfin, les passionnés de la baignade ne manqueront certainement pas l’occasion de se rendre sur le chapelet de motu qui ceint le lagon et l’île, dont les plages sont véritablement paradisiaques. On pourra privilégier le « motu » Tata Haamu, au nord, en face du village d’Anatonu, le « motu » Vaiamanu, en face de Vaiuru, les motu Mano et Tuitui, face à Rairua, et enfin le motu montagneux Hotuatua.

Rapa 

Petite sœur de l’île de Pâques, dont elle annonce la proximité, Rapa est la plus éloignée des îles Australes et de loin la plus haute (1 470 m).

Une terre de contrastes 
Avec un pic central nimbé de nuages, des pentes abruptes et des baies échancrées, Rapa s’annonce également comme la plus sauvage et la plus mystérieuse. De nombreuses ruines et forteresses d’un autre âge contribuent à cette image, et l’absence de corail comme de cocotiers la rendrait presque austère si elle ne possédait par ailleurs une végétation luxuriante. Cette dernière est dominée par la culture des caféiers, des taro et des mungu, plantes aux fleurs rosées et au goût sucré dont les enfants raffolent comme autant de sucreries. A Rapa, le climat peut être frais et humide, ce qui ajoute encore à son atmosphère particulière autour d’un relief volcanique parfois fantasmagorique.

Les baies 
Le meilleur exemple peut être trouvé depuis la mer devant les deux baies de Tautu (à droite) et d’Akatanui(à gauche), qui creusent l’immense caldeira, séparées par le légendaire rocher Tarakoi, avec en arrière-plan le pic Makatea et ses crêtes ciselées.
La baie de Haurei offre un abri sûr pour l’accostage des cargos et a permis au village de se développer au milieu de nombreux équipements modernes. A l’inverse, de l’autre côté de la baie, le village d’Area est resté beaucoup plus traditionnel et, la piste étant peu praticable, c’est en bateau que ses habitants viennent se ravitailler quand le temps le permet. Cette différence profonde entre les deux villages uniquement séparés par une anse se révèle un peu plus lors des fêtes, qui prennent parfois des allures de véritables joutes claniques.
Les vestiges des pa (forts), très nombreux sur les contreforts du cratère, rappellent eux aussi les anciennes luttes entre clans, qui se retrouvent aujourd’hui pour la pêche et pour la traditionnelle chasse aux bœufs sauvages, sans parler des fêtes du heiva ou de celles du jour de l’an, qui donnent lieu à des concours de himene religieux, historiques ou beaucoup plus irrespectueux.

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