A 195 km au nord-est d’Akjoujt et à 451 km au nord-est de Nouakchott.
La capitale de la région s’étend au pied des falaises qui marquent les limites du plateau de l’Adrar. Elle est édifiée dans la plaine de l’oued asséché Seguelil. Elle a été fondée au XVIIe siècle par des tribus issues de Chinguetti, sur la base du commerce traditionnel entre le Nord, qui fournissait le sel du Sahara, et le Sud, qui produisait le mil du Sahel. Mais son nom est sans doute encore plus ancien et viendrait du mot atara, qui signifie « il est parti » en bambara, langue parlée par les habitants des rives du fleuve Sénégal.
Du temps de la colonisation, la cité était un poste stratégique important pour l’armée française aux portes du Sahara. En 1960, à l’indépendance, la ville fut envisagée pour devenir la capitale du pays, mais on lui préféra Nouakchott, plus centrale.

La guetna

A partir de juillet, les Mauritaniens sédentaires retournent à la vie nomade. Ils se rendent dans les hauts plateaux, près d’Atâr, afin d’y célébrer la fête de la cueillette des dattes, appelée guetna. A cette période, les palmiers dattiers plient sous le poids de gros régimes rouges et jaunes. Le cérémonial de la fête est sacré et immuable. Il commence aux environs de 10 h le matin. Toute la famille forme un cercle sous le palmier et attend l’arrivée du « monteur ».
Celui-ci grimpe alors prudemment au sommet de l’arbre. Une fois en haut, le régime à cueillir lui est désigné et les dattes commencent à pleuvoir sur le tissu étalé au pied de l’arbre. Les enfants ramassent les fruits dispersés çà et là, les discussions vont bon train et le thé est servi… Une véritable fête des sens !

Aéroport

A 5 km à l’ouest de la ville.
En 1996, une coopérative française lance deux liaisons aériennes « Atâr-Paris » et « Atâr-Marseille ». Ce nouvel accès à l’Adrar facilite et densifie les relations entre les deux pays. L’accueil des touristes français est désormais devenu une priorité et fait vivre de nombreux habitants.
L’aérodrome militaire, dont le hall d’accueil était fait de quelques bouts de planches assemblés, est aujourd’hui devenu un aéroport international. Modernisé, il s’apprête à recevoir plus de 15 000 passagers en 2004, contre à peine 3000 en 1996. A la sortie du bâtiment, les guides et conducteurs locaux attendent les touristes en tenue traditionnelle. De nombreux « taxis » sollicitent les voyageurs afin de les mener en centre-ville. Il faut négocier la course avant d’accepter.

Une ville en plein développement

Atâr doit désormais compter avec la présence des grands opérateurs touristiques et la ville devient plus cosmopolite : des officines, qui permettent l’accès au téléphone et au fax, la relient au monde entier. La cité abrite actuellement une douzaine hôtels et dix restaurants et ne cesse de prospérer économiquement. Environ 25 000 Mauritaniens y habitent.
De nombreux projets sont en cours, comme la réalisation d’une station radio, la connexion des services municipaux à l’Internet, la construction d’une « maison pour la culture et les arts » et d’une bibliothèque communale.

Centre-ville

Au centre, un immense rond-point a été baptisé « place Jacques-Chirac », en l’honneur de la visite du président français en septembre 1997. Une tribune officielle y trône toujours ainsi que des feux rouges, un peu délabrés, aux entrées de la place.

Grand marché

Place centrale.
Depuis quelques années, ce marché a connu deux extensions et comptabilise désormais 150 boutiques aux portes colorées. C’est une bonne nouvelle car l’artisanat d’Atâr est riche et réputé, notamment pour la maroquinerie, avec des peaux de chèvre décorées de motifs géométriques et des étuis à pipes.

Musée

A 150 m du marché. Ouvert tlj sauf le vendredi, de 10 h à 18 h. Entrée libre.
Inauguré en février 2001, le site présente la vie des nomades et est un excellent préambule pour les nombreux touristes qui viennent visiter le désert. 1 669 pièces, 63 photos et 150 plantes sont exposées dans ses quatre salles. On y découvre par exemple les coiffures et les parures spécifiques pour chaque tranche d’âge, ainsi que leur évolution dans le temps. Les coutumes et traditions de la culture mauritanienne ne sont pas en reste.
On y apprend qu’autrefois, lorsqu’une femme divorçait au cours de la première semaine de son mariage, elle passait les nuits restantes de cette semaine avec une pierre ; ou encore, lorsqu’une femme accouchait, elle colorait son visage en noir si l’enfant était un garçon et en rouge pour une fille.

Ksar

En bordure de la ville, au sud.
Le village fortifié est constitué de ruelles étroites bordées de maisons en terre aux murs épais et aveugles. Toute la vie de la cité se déroule dans ses cours et sur ses toits à terrasse. La vue y est d’ailleurs magnifique et il est possible, pour trouver un peu de fraîcheur et si l’on connaît un habitant, de planter sa tente sur le toit de sa maison pour y passer la nuit.

La palmeraie et les jardins

Construite dans la plaine de l’important oued Seguelil, ainsi entourée de jardins et de palmeraies, Atâr manque malgré tout d’eau. La forte augmentation de la densité de population depuis les années 1980 en est une des principales causes. Néanmoins, la ville dispose de ressources non négligeables en eaux souterraines. Des études récemment effectuées par l’Union européenne, sur la base de photos satellite, en indiquent l’existence.
Dans les jardinets de légumes et de fruits qui entourent la cité, l’eau est traditionnellement puisée grâce à un delou, récipient en cuir actionné par un balancier et déversé dans le seguia, un bassin réservoir alimentant les canaux d’irrigation. Les enfants restent des heures à regarder l’eau couler dans les réseaux de rigoles que les maraîchers ouvrent et ferment en fonction des besoins des plantes.

Eoliennes

L’Adrar dispose d’un important potentiel en énergies renouvelables, grâce à une bonne durée d’ensoleillement et à la puissance des vents. Ces atouts sont exploités dans le but de favoriser le développement économique et le progrès social de la région. Ainsi, le conseil général des Hauts-de-Seine a financé l’installation des deux éoliennes qui alimentent la ville d’Atâr en eau potable.
Grâce au vent qui souffle particulièrement fort dans cette vallée, les éoliennes produisent de l’électricité, permettant à des pompes d’extraire l’eau du soussol. Parallèlement, à une dizaine de kilomètres à l’ouest, la dépression d’Azougui, dont les nappes sont alimentées par l’oued Tayaret, fournit également de l’eau à la capitale de l’Adrar.

Vers Azougui

La piste qui mène d’Atâr à Azougui est la plus « luxueuse » de la région : elle a été goudronnée en 1997 pour une visite du président français Jacques Chirac. Le long de cette route, il n’est pas rare de croiser des alignements de pierres parallèles. Ce sont les restes de terrains d’atterrissage de fortune qui servaient à accueillir les vieux DC3 de la dernière guerre qui constituaient la flotte d’Air Mauritanie dans les années 1960.

Azougui

A 10 km au nord-ouest d’Atâr.
La cité est construite dans la plaine de l’oued Tayaret. C’est ici que fut fondé le premier ksar, ou village fortifié, de l’Adrar des Almoravides, ces moines guerriers musulmans qui partirent à la conquête du Maroc, de l’Espagne et de l’Afrique subsaharienne à partir du XIe siècle. Ce fut également leur capitale.

Les ruines du Ksar

Les archéologues ont retrouvé à l’emplacement de la ville actuelle de splendides vestiges du ksar almoravide. Un mur d’enceinte orné, ayant entouré l’ancienne citadelle, est encore debout. A l’intérieur, c’est un vrai jeu de piste ! Il s’agit de repérer dans un dédale de pierres blondes où se trouvaient la mosquée, les cuisines, les chambres… Aujourd’hui, malheureusement, la ville décline au profit des plus touristiques Chinguetti et Ouadâne.
La palmeraie n’est densément peuplée qu’en juillet et en août, quand les Mauritaniens de la capitale reviennent sur leurs terres d’origine. Ils y construisent alors pour la durée des vacances de nombreuses cases rondes en végétaux, appelées tikit, qui abritent toute la famille.

Tombe de Hadrami

Cimetière interdit aux non-musulmans s’ils ne sont pas accompagnés par un guide local. Entrée payante.
On vient de tout le pays pour se recueillir sur le mausolée de l’imam Hadrami. Cet homme saint accompagnait au XIe siècle un des premiers chefs almoravides, Abou Bakr, et fut un artisan de l’islamisation des peuples d’Afrique de l’Ouest. Le monument funéraire n’a pourtant rien d’impressionnant : ce n’est qu’un mausolée de pierres sèches, sur une butte de sable, au milieu d’un cimetière musulman modeste, ponctué de quelques petites stèles d’ardoise où sont notées des épitaphes. L’endroit est vénéré par de nombreuses tribus.
Selon la légende, l’emplacement de la tombe de l’imam aurait été oublié pendant des siècles. Sa redécouverte aurait donné lieu à un miracle. Au XVIIe siècle, l’imam Al-Madjub aurait reçu l’ordre divin d’immoler un bouc.
A l’emplacement où le sang coula, on aurait retrouvé les restes de l’imam Hadrami. On raconte aussi qu’avant l’arrivée de l’islam, les habitants d’Azougui étaient protégés par une meute de chiens féroces, ce qui valait à la ville le surnom de « madinat-al-kilab », la ville aux chiens. L’imam Hadrami alla seul vers ces chiens et ces derniers, au grand étonnement de la population, lui léchèrent les pieds, avant de se retourner contre leurs maîtres pour les dévorer.

Une femme dans le désert

Née en 1894 à Saint-Nazaire, fille d’un peintre impressionniste ami de Gauguin, Odette du Puigaudeau reste aujourd’hui méconnue hors des milieux « sahariens ». Pourtant, son parcours à contre-courant rend le récit de sa vie passionnant. Rêvant de voyages, la jeune femme, d’abord dessinatrice au Collège de France, devient journaliste dans les années 1920.
Mais le désert l’attire irrésistiblement et, en janvier 1934, elle part pour la Mauritanie, accompagnée de son amie Marion Sénones. Toutes deux se lancent dans l’aventure, « pieds nus et à dos de chameau ». Ce premier séjour est une révélation. Les Maures sont eux aussi frappés par ces « deux dames » si singulières. Odette du Puigaudeau consacrera sa vie à la Mauritanie en général et à l’Adrar en particulier, en ne cessant d’analyser la vie du peuple maure.

Suivez le guide !

A une heure de marche de la falaise de Toggué, à la sortie d’Azougui, rendez-vous à la belle guelta d’Oum-Lehat, une réserve d’eau naturelle ombragée par des palmiers.

Terjît

A 30 km au nord d’Atâr.
Sur la route venant d’Akjoujt, à la sortie d’un virage, une petite piste s’ouvre sur la droite. A quelques kilomètres, là où la montagne barre l’horizon, se dresse Terjît, une magnifique oasis de verdure encastrée dans la montagne. Son charme n’a pas échappé aux touristes français. A l’initiative d’un professeur de Grenoble et de sa fille, toutes deux passionnées par la Mauritanie, un jumelage s’est établi entre des élèves français et ceux de l’école de Terjît.
Ces échanges se sont concrétisés en un projet commun : construire une bibliothèque pour l’établissement mauritanien. Pari réussi, puisque depuis le mois d’avril 2004, Terjît possède une des plus belles bibliothèques scolaires du pays. L’oasis du désert est donc devenue un lieu de savoir exemplaire. Les Grenoblois ont d’autres idées pour le futur, comme la réparation du toit de l’école ou une collecte de fonds pour faire venir des élèves mauritaniens en France.
Le samedi après-midi – l’équivalent de notre dimanche -, la distraction des habitants de la cité est la course de dromadaires.
Même les vendeurs de souvenirs désertent leurs boutiques et les femmes du village encouragent bruyamment les concurrents. Le vainqueur, ovationné, reçoit son prix des mains du maire et il est de coutume qu’il redistribue une partie de sa récompense aux spectateurs.

Calculez l’âge du dromadaire

Les chameliers de l’Adrar savent facilement déterminer l’âge d’un jeune dromadaire en fonction de l’état de sa dentition. Jusqu’à sept ans, cette dernière n’est pas encore définitive. En effet, les 22 dents de lait de l’animal sont progressivement remplacées par 34 dents permanentes qui ont la caractéristique d’être beaucoup plus foncées. Un dromadaire d’un an possède ainsi huit molaires sur sa mâchoire supérieure et six molaires sur l’inférieure.
A quatre ans et demi apparaissent les premières incisives. A cinq ans, toutes les molaires provisoires sont remplacées par des dents permanentes. Ces indications, qui pourraient nous sembler anecdotiques, sont particulièrement utiles aux Mauritaniens lorsqu’ils souhaitent acheter un dromadaire !

Piscines

Ouvert tlj. Accès aux bassins payant.
Le petit village est alimenté par deux sources, ce qui reste exceptionnel dans cette partie de la Mauritanie. Des sentiers très praticables mènent jusqu’au lieu de baignade. L’impression est magique : en plein désert, on se détend au frais, avec le bruit de l’eau qui ruisselle !

Oujeft

A 40 km au sud de Terjît.
Cette oasis aux maisons rondes caractéristiques abrite une agréable palmeraie, comme on en trouve beaucoup dans les environs d’Atâr. On y accède facilement par la passe de Toufine.

La piste Atâr-Tidjikja

Pour aller vers le sud, on emprunte la nouvelle route de Chinguetti. Deux kilomètres après le col de Nouatil, c’est le début de la piste qui file sur Tidjikja. Celle-ci s’engage sur une plaine caillouteuse, seulement ponctuée de quelques touffes d’herbes basses. Environ 40 km après Atâr, on aperçoit au loin l’immense masse noire desmonts Zarga. Il y pousse de nombreux Caoltropus procera, arbustes aux larges feuilles oblongues vert foncé, dont la sève blanchâtre produit une sorte de latex qui peut servir de colle.
Près de 30 km plus loin apparaît le cratère d’Aouelloul, créé par une météorite de 300 m de diamètre et 40 m de haut. Entièrement envahie par le sable, cette formation est aisément discernable dans cette région. Les chutes de météorites n’y sont pas plus fréquentes qu’ailleurs, mais elles sont plus repérables, car le paysage a été peu remanié par les cultures et les constructions.

Suivez le guide !

Attention aux barkhanes, ces dunes mobiles, jaune soutenu, en forme de croissant. Les voitures y restent très souvent piégées.

Fort Saganne

A 50 km à l’est d’Atâr et à 10 km au nord de Chinguetti. Entrée libre.
Entrés à Atâr le 9 janvier 1909, les Français arrivent à Chinguetti peu après. Le commandant Claudel (qui n’a rien à voir avec l’artiste) pénètre dans la cité, répondant à une invitation d’une délégation de notables de la ville. Le fort Claudel est construit en son honneur en 1919. Il sera restauré en 1983 par le réalisateur Alain Corneau, pour les besoins du tournage de son film Fort Saganne, avec Catherine Deneuve et Gérard Depardieu.
Pour la petite histoire, le groupe électrogène du film a été laissé à Chinguetti et permettait il y a peu l’éclairage de la ville trois heures par jour ! On accède au fort par une piste proche de Chinguetti. Sur le chemin, on peut d’ailleurs d’apercevoir les méandres de l’ancienne piste en contrebas.

Le bâtiment

Le fort proprement dit tombe en ruine. On y pénètre par une grande porte, avant d’emprunter un escalier monumental qui donne accès aux tours d’angle, à une cour intérieure puis à une terrasse formant un chemin de ronde. Dans la grande cour, une véranda, à arcades en ogives, est posée sur des piliers massifs. Une coopérative féminine est installée pour le moment dans une partie du bâtiment qui était destinée autrefois aux soldats.

Passe d’Amogjar

A 11 km à l’est d’Atâr.
Au début du siècle, il fallait environ 8 h aux caravanes pour franchir la passe d’Amogjar. Celle-ci était si étroite qu’il fallait, pour la traverser, décharger les chameaux et porter leurs charges à dos d’homme. La vieille route est encore parfois empruntée par les caravanes se dirigeant vers le sud. Il est possible de l’utiliser mais cela oblige le voyageur à faire un détour d’une demi-journée, car les parties les plus délicates de la piste sont impraticables. Il est donc indispensable de retourner sur la nouvelle route.

Route Ebnou

Désormais, pour se rendre à Chinguetti, le plus rapide est la nouvelle route de Choum. On la nomme Ebnou, du nom d’un commerçant de Chinguetti, Mohammedou Ould Ebnou, qui la fit construire dans les années 1980. Parce qu’il refusait de voir sa ville natale mourir ensablée et isolée, il consacra sa fortune et son temps à cette voie. Cette dernière a été littéralement « découpée » dans la montagne par des ingénieurs chinois.
Avec un dénivelé de plus de 250 m, elle s’élève au-dessus de la plaine d’Atâr, puis traverse un plateau pierreux où la végétation est rare. La montée par paliers permet de découvrir des paysages toujours nouveaux : les reliefs tabulaires se succèdent et l’on aperçoit au loin le mont Teniagouri, point culminant du massif de l’Adrar.

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