Bénéficiant d’un climat sec et ensoleillé à longueur d’année, la côte sous le Vent est l’enfant privilégié de la Réunion. Elle se pare en outre des couleurs admirables de l’unique lagon de l’île et c’est donc tout naturellement qu’elle séduit les vacanciers avec ses plages de sable fin. C’est bien entendu sur cette côte que se concentre l’essentiel de l’activité touristique balnéaire de la Réunion.

Saint-Paul

A 25 km à l’ouest de Saint-Denis.
Après avoir enjambé le large lit endormi de la rivière des Galets par un pont moderne qui double l’ancien ouvrage en fer, la route littorale s’élève quelque peu, avant de plonger vers l’immense baie de Saint-Paul. Héritage d’un découpage ancestral, qui offrait aux propriétaires des terres allant du bord de la mer jusqu’au sommet de la montagne, la commune de Saint-Paul est la deuxième de France en superficie. Elle englobe en effet toutes les villes de Saint-Paul à la Saline et les Hauts, y compris le cirque de Mafate.

Vestiges historiques

C’est grâce à sa baie protégée que Saint-Paul accueillit les premiers colons de la Réunion et qu’elle devint la première capitale de l’île. La ville garde de ces fastes d’antan quelques beaux bâtiments coloniaux légués par la Compagnie des Indes, tels l’hôtel de Lassays (devenu une caserne de pompiers) ou la mairie, et d’autres longeant le front de mer.
Ce dernier glisse vers la mer par une longue plage de sable noir noyée sous les cocotiers. La ville regorge de vieilles maisons créoles, comme la maison Desvignes, ou, sur la Chaussée Royale, la Grand Cour, qui abrita l’école franco-chinoise avant d’être abandonnée. Toutes ces maisons ajoutent, à l’atmosphère tropicale ambiante, une touche d’architecture coloniale.
On les découvre en flânant dans les rues du centre-ville, bien souvent encombrées par un marché forain coloré et fleuri, immense corolle de senteurs et de saveurs qui se déploie plus particulièrement sur le front de mer, les vendredis après-midi et samedis matin, dans une ambiance de kermesse où les jus de fruits frais coulent à flots. Dans la partie nord de la ville, un temple tamoul dédié à Shiva dresse son architecture colorée rue Saint-Louis.

Cimetière marin

Route littorale. Ouvert tlj.
A la sortie sud, le cimetière marin constitue une halte obligée et l’on se plaira à chercher, à l’ombre des frangipaniers, les tombes des plus célèbres de ses silencieux pensionnaires. C’est en effet là que reposent, entre autres, dans un voisinage iconoclaste, le pirate Olivier Le Vasseur, dit La Buse, et Charles Leconte de Lisle,bercés dans un même sommeil par les flots de l’océan Indien.

Grotte des Premiers Français

A la sortie sud de Saint-Paul.
De l’autre côté de la Route nationale, la grotte des Premiers Français ouvre sa bouche béante dans la falaise qui servit d’abri aux premiers habitants de l’île, mutins exilés de Madagascar en 1646.

Etang Saint-Paul

Au nord de la ville.
L’étang fut une véritable réserve de nourriture pour les colons français avant d’être envahi par les plantes aquatiques. Aujourd’hui lieu de villégiature dominicale, il accueille de nombreux Réunionnais venus y pique-niquer et faire du ski nautique ou une promenade en barque.

Saint-Paul, capitale mondiale du géranium

Cultivé à la Réunion depuis 1870, le géranium rosa, en fait un pélargonium, doit son succès à ses feuilles poilues que l’on récolte tous les deux mois. Elles sont distillées dans un alambic artisanal, souvent composé d’un vieux chaudron rouillé sous un toit de paille, et dont on peut apercevoir les colonnes de fumée grimper dans le ciel dans les Hauts de Saint-Paul. Chaque cuisson comporte 300 à 400 kg de feuilles et de tiges trempées dans de l’eau qui, une fois la vapeur distillée, produisent environ 50 cl d’huile.

Hauts de Saint-Paul

Au milieu de la plaine sèche de Savanna si bien nommée, l’enclave de végétation dense de Tour des Roches fait jaillir, dans une moiteur toute tropicale, ses essences de type humide : songes, bambous, papyrus et cresson entourant un moulin à eau. Les promenades vers la Rivière des Roches permettent en outre de partir à la rencontre d’une Réunion populaire et traditionnelle, aux antipodes des rivages touristiques de la côte.
Cases en tôles, jardins sauvages, cochons en liberté, enfants nus se baignant dans la rivière…
Cette promenade hors des sentiers battus ne manque ni de charme ni d’intérêt, ne serait-ce que pour les rencontres souriantes que l’on y fait.

Le Temple Siva Soupramanien de Saint-Paul, La Reunion

Le Temple Siva Soupramanien de Saint-Paul, La Reunion par: Philippe Vieux-JeantonCC BY-NC-SA 2.0

Boucan-Canot

A 32 km au sud-est de Saint-Denis.
Après Saint-Paul, l’ancienne Route nationale no 1 devient plus étroite. Elle serpente le long du littoral, à flanc de falaises, parfois creusées de tunnels et au pied desquelles les vagues de l’océan Indien viennent lécher des platiers rocheux d’où les pêcheurs en mer lancent leurs lignes. C’est d’ailleurs du Cap La Houssaye que vous aurez peut-être la chance d’apercevoir une baleine ou des bancs de dauphins.

Plage

Si le récif de corail n’y dessine que quelques bancs profonds, Boucan-Canot (prononcer « canote ») est bien souvent considérée comme la plus belle plage de la Réunion. Mais, avec ses vagues et ses courants parfois forts, c’est une plage où l’on ne peut se baigner que par temps calme. Courants et vagues n’empêchent néanmoins pas « Boucan » d’être à la mode et donc un peu snob.
Sa plage est principalement fréquentée par la jeunesse huppée de l’île ou les métropolitains qui viennent s’essayer au surf. Il faut dire que la plupart du temps, l’eau y est sublime de transparence et c’est un plaisir d’y nager ou de s’y laisser bercer par les vagues. En revanche, si Boucan-Canot offre un long cordon de sable blond, la zone de surveillance et de baignade est, elle, restreinte au début de la plage, là où les terrasses aménagées à l’ombre des cocotiers et des filaos descendent en degré depuis la petite promenade agrémentée de snack-bars et de petites échoppes.
Cette promenade est malheureusement située de l’autre côté d’une rue qui longe la plage et qui peut être encombrée et bruyante. En suivant cette rue vers le sud de la plage, on découvre, en bord de plage, quelques villas splendides noyées sous les cocotiers et les bougainvilliers géants.

Des fonds sous-marins riches et colorés

Même si la Réunion ne peut être comparée aux Maldives ou à Maurice pour ce qui est de la densité et de la beauté des récifs de corail, la plongée sous-marine demeure néanmoins une activité agréable à pratiquer le long de son littoral. Celui-ci offre de nombreux spots recherchés par les amateurs, notamment aux alentours de Saint-Gilles-les-Bains et de Saint-Leu, de part et d’autre de l’unique barrière de corail de l’île.
Si le bateau est nécessaire pour atteindre ces spots, nul besoin de filer vers le grand large où les fonds atteignent vite 4 000 m. C’est notamment pour cette raison que l’on croise souvent en plongée de grands poissons pélagiques (thons, espadons, marlins) et des requins avec lesquels les plongeurs réunionnais ont depuis longtemps appris à composer. Parmi les sites de plongée les plus réputés, on peut citer le tombant de la pointe au Sel et l’épave du Hïa Sïang, au large de Saint-Leu.

Saint-Gilles-les-Bains

A 35 km au sud-est de Saint-Denis.
Souvent comparée à « Saint-Tropez » ou plus grossièrement surnommée « zoreille-land » pour l’affluence de métropolitains, Saint-Gilles-les-Bains est à n’en pas douter la grande station balnéaire de l’île, là où la concentration en maisons et appartements de villégiature, hôtels, activités nautiques, etc., est la plus importante. La longue plage de sable blanc y est bien sûr pour beaucoup et c’est tout naturellement que l’ancien petit bourg côtier est devenu le rendez-vous de tous les amateurs de soleil et de mer.

Centre-ville

L’ambiance y est plutôt jeune, bronzée et festive, de jour comme de nuit.
Dans la rue du Général-de-Gaulle, s’ouvrent de nombreuses boutiques d’activités nautiques et sportives, des magasins de maillots de bain et de souvenirs, des échoppes de fruits et légumes odorants. Cette animation est remplacée, le soir, par celle des bars branchés et des nombreux petits restaurants servant une cuisine variée mais rarement bon marché. Car, afflux touristique oblige, les prix sont à Saint-Gilles-les-Bains un peu plus élevés qu’ailleurs.
Plus tard dans la nuit, les quelques discothèques enfiévrées de Saint-Gilles-les-Bains vivent au rythme de la fête qui attire, au-delà des touristes de passage, les Réunionnais et Réunionnaises avides de musique et de rencontres avec les métropolitains.

Les Roches Noires

La plage, bordée de bars et de restaurants, est régulièrement prise d’assaut pour ses vagues régulières et peu dangereuses qui attirent surtout les jeunes têtes blondes. Grosse affluence les mercredis et les week-ends. Possibilité de louer planches et body boards sur place. De l’autre côté de la ravine Saint-Gilles s’étend l’ancien port de pêche, aujourd’hui reconverti en marina de plaisance.
Cette dernière accueille aussi les bateaux de plongée, les bateaux à fond de verre et ceux destinés à la pêche au gros.

Aquarium de la Réunion

Port de pêche et de plaisance. Ouvert du mardi au dimanche de 10 h à 18 h. Entrée payante. www.aquariumdelareunion.com

L’aquarium trône au centre de la marina de Saint-Gilles-les-Bains et présente les différents paysages sous-marins de l’île peuplés de nombreuses espèces colorées. Le parcours de la visite chemine à travers le lagon jusqu’aux profondeurs récifales et le grand large en passant par les pentes volcaniques et la barrière de corail : 600 000 litres d’eau de mer et une splendide collection des poissons et de coraux.

Suivez le guide !

Sacrifiez à la tradition en allant boire une bière Bourbon, appelée communément Dodo en raison de son emblème, ou un punch maison dans l’un des bars surplombant la plage des Roches Noires tout en admirant le coucher du soleil.

L’Hermitage-les-Bains

Au sud de Saint-Gilles.
A la sortie du port débute le lagon de Saint-Gilles qui file vers le sud jusqu’à Trois-Bassins, bordé par un immense cordon de sable fin et une forêt de filaos qui tente de résister tant bien que mal aux assauts des promoteurs immobiliers. Hôtels et résidences de tourisme poussent ici comme des champignons et l’Hermitage-les-Bains, encore sauvage il y a une dizaine d’années, ne fait plus qu’une avec les infrastructures balnéaires et hôtelières de Saint-Gilles-les-Bains.
Plus familiale, cette zone est plus paisible, sauf le dimanche où toutes les familles de la région et même de Saint-Denis se donnent rendez-vous pour d’immenses pique-niques joyeux et colorés à l’ombre des filaos.

Jardin d’Eden

155, Route nationale n° 1, tél. : 0262 33 83 16. Ouvert tlj sauf vendredi de 10 h à 18 h. Entrée payante.
Conçu à l’anglaise, ce jardin paysager de 2,5 ha, situé à la sortie sud de l’Hermitage-les-Bains, propose une remarquable promenade végétale organisée autour du rapport de l’homme avec les plantes. Plus de 700 espèces sont ainsi regroupées sur des thèmes tels que la médecine, l’hindouisme, les épices, les senteurs tropicales, les plantes aphrodisiaques, les espèces comestibles, les plantes aquatiques ou encore les fleurs bleues. Un marais, des rizières et un jardin zen complètent cette visite bucolique et bien agréable.

Suivez le guide !

Passez un dimanche à l’ombre des filaos de l’Hermitage en compagnie de familles réunionnaises qui offrent une fois de plus une vision de la diversité ethnique et culturelle de la Réunion.

Lagon

Le sable de la plage est d’une rare finesse et le lagon est, à cet endroit, vaste et sublime, offrant toutes les images classiques du paradis tropical et maritime dont les touristes sont tellement friands. C’est bien entendu leur plage préférée. Ils s’y délectent de son décor de carte postale en bronzant, tout en bénissant la protection de ses arbres, bienvenue dès que le soleil se montre un peu trop pressant sur leur peau.
L’eau y est d’une clarté absolue et les coraux, dont il faut se méfier dans les parties peu profondes, regorgent de poissons colorés que l’on découvre avec ravissement muni d’un simple masque. Idéal pour les enfants en bord de plage, le lagon est néanmoins balayé par un petit courant de marée qui se renforce au niveau des passes, et notamment face au Poste de Secours, où ont été installées des cordelettes de sécurité.

La Saline-les-Bains

Peu après l’Hermitage, La Salineles-Bains est plus tranquille. Elle est essentiellement fréquentée par les Créoles réunionnais, notamment à son extrémité sud et à la plage du Trou d’Eau, juste avant la fin du lagon. Au-delà, la pointe de Trois-Bassins offre un spot de surf et une plage naturiste.

Les Hauts de Saint-Paul et de Saint-Gilles-les-Bains

Les hauteurs qui s’élèvent dans l’arrière-pays de Saint-Paul et de Saint-Gilles-les-Bains regorgent de points d’intérêt. En quittant Saint-Paul, la route atteint tout d’abord Le Bernica où s’éteignit Leconte de Lisle, puis Le Guillaume où débute l’ascension vers le célèbre piton Maïdo. La route s’élève peu à peu dans les champs de canne qui cèdent bientôt la place, à l’approche de La Petite-France, à des cultures de géraniums où fument encore de nombreux alambics. Situé à 1 200 m d’altitude, ce village, qui rappelle un décor savoyard ou suisse, doit son nom au climat frais qui le caractérise.

De Maïdo 1 500 au piton Maïdo

Une série de lacets serrés conduit jusqu’à Maïdo 1 500, un parc de loisirs en pleine forêt où de nombreux chalets en bois attendent les visiteurs pour des randonnées parmi les tamarins des hauts. La route s’élève encore, quelquefois dans les nuages, et l’on débouche alors sous un soleil radieux dans le splendide décor des landes d’altitude où quelques kiosques offrent des points d’observation privilégiés.
Ces derniers forment autant d’aires de pique-niques et il vaut donc mieux éviter cette route sinueuse et étroite le dimanche, car elle est alors très fréquentée. L’atmosphère se rafraîchit au fur et à mesure que la route grimpe au milieu des bruyères aux fleurs jaunes, jusqu’à atteindre le site du Maïdo.

Relais du Maïdo ou parc de la Luge

Route de Maïdo, La Petite-France, tél. : 0262 32 40 32. Ouvert du mercredi au dimanche de 9 h 30 à 17 h 30. Entrée payante. www.lugereunion.com
Bucolique et sylvestre, ce parc permet de pratiquer la luge en plein air, d’effectuer des balades à dos de poneys et de profiter des nombreux parcours de VTT, sentiers botaniques, sites de pique-niques et randonnées balisées.

Piton Maïdo

Perché à 2 202 m au sommet d’un rempart vertigineux qui referme le cirque de Mafate sur son bord ouest, ce piton rocheux offre une vue époustouflante sur ce dernier. Depuis les multiples aménagements sécurisés en bord de falaise, la vue, tout à la fois panoramique et plongeante, est sans conteste l’une des plus belles que la Réunion puisse offrir de manière aisée.
On peut tout à loisir admirer les ravines profondes et les hauts plateaux, les îlets, qui composent le paysage de Mafate 1 000 m plus bas. A gauche, la rivière des Galets, seule voie d’accès naturelle vers l’intérieur du cirque, file vers la mer. Sur le versant opposé du rempart trônent les hautes silhouettes du piton des Neiges (3 070 m) et du Gros Morne (2 991 m) et, plus bas, vers la gauche, celles de la Roche-Ecrite et de Dos-d’Ane.

P’tit fleur fanée

Issue du folklore traditionnel, P’tit fleur fanée est sans aucun doute la chanson réunionnaise la plus connue dans l’île, comme en métropole, où son refrain est fredonné avec tendresse et nostalgie depuis plus de 40 ans.
« Vi souviens mon Nénène adoré, /
Le p’tit bouquet, qu’ou la donne à moin, /
Na longtemps que li l’est fané, /
Vi souviens, com’ ça l’est loin.
Refrain
P’tit fleur fanée / P’tit fleur aimée / Di à moin toujours / Couc’ c’est l’amour.
Mi marché dans la forêt, / Y faisait bon y faisait frais, / Dans z’herbes n’avait la rosée / Dans le ciel zoiseaux y chantaient.
[Refrain]
Depuis ça le temps a passé, Y reste plus qu’un doux souvenir, Quand mi pense mon cœur est brisé,Tout ici com’ ça y doit finir.
[Refrain] »

Le Grand Bénare

Au départ du piton Maïdo, un sentier rejoint vers la droite le Grand Bénare (2 896 m) et la Glacière, une grotte où Mme Desbassyns, grande figure des colons de la fin du XVIIIe siècle, envoyait ses esclaves récupérer la glace qui s’y accumulait l’hiver pour ses plantations de la côte. Longtemps resté la seule source de froid de l’île, l’endroit n’est aujourd’hui que très rarement gelé à cause des changements climatiques.
Il témoigne néanmoins des basses températures qui peuvent caractériser cette zone des remparts et, lors d’une excursion au Maïdo, il vaut mieux emporter avec soi quelques vêtements chauds.
Dernière précaution : il est préférable d’effectuer la montée au petit matin, avant que les nuages ne se forment en altitude et ne remplissent la cuvette de Mafate, rendant du même coup la vue nettement moins intéressante.

La longue litanie des calvaires

Nombreuses dans le paysage de l’île, les manifestations de la croyance des Réunionnais sont particulièrement frappantes le long des routes parsemées ici et là de nombreux calvaires. Croix, chapelles, statues et exvoto fleurissent ainsi sur le bord du chemin avec une nette prédilection pour les moindres anfractuosités de la montagne, de la grotte pouvant accueillir plusieurs personnes à la simple petite niche rocheuse.
Celles-ci s’illuminent de nombreux cierges qui mettent alors en lumière une concurrence parfois rude entre la Vierge et les cultes parallèles comme celui de saint Expédit. Le nombre d’autels de couleur rouge dédiés à ce saint pas comme les autres est ainsi en perpétuelle expansion.

Route des Hauts

En revenant du Maïdo, on emprunte, à partir du Guillaume, la route des Hauts pour descendre par Saint-Gilles-les-Hauts. On peut alors visiter le musée historique de Villèle puis l’Eperon qui abrite un village artisanal regroupé autour d’une ancienne usine aux allures d’église. Non loin de là, devant un intéressant temple tamoul, des combats de coqs sont parfois organisés, reconnaissables aux attroupements et aux cris des parieurs. Peu avant le théâtre en plein air de Saint-Gilles-les-Hauts, une route conduit vers la ravine Saint-Gilles au fond de laquelle une série de bassins en étages offrent l’occasion d’une excursion rafraîchissante.

Musée historique de Villèle

Panon-Desbassyns, Saint-Gilles-les-Hauts, tél. : 0262 55 64 10. Ouvert du mardi au dimanche de 9 h 30 à 12 h 30 et de 13 h 30 à 17 h 30. Entrée payante. Visite guidée toutes les 30 min.
Ancienne propriété coloniale de l’une des plus grandes familles de planteurs de la Réunion à la fin du xviiie siècle, cette bâtisse de style indo-portugais assez rare dans l’île abrite un musée historique qui rassemble quelques souvenirs à la manière d’un inventaire de Prévert : pendule offerte à la famille Desbassyns par Napoléon, service en porcelaine de Maurice évoquant Paul et Virginie, l’œuvre de Bernardin de Saint-Pierre, souvenir de Roland Garros, boulet de canon anglais… Le domaine présente en outre les ruines d’une ancienne sucrerie, des jardins en terrasse et la fameuse chapelle Pointue de style néo-gothique érigée pour accueillir la dépouille de Mme Desbassyns, célèbre figure légendaire du développement colonial et agricole de la Réunion et qui régnait d’une main de fer sur plus de 300 esclaves.

Bassins Malheur, du Cormoran et des Aigrettes

Dans les Hauts de Saint-Gilles.
Le fond de la vallée, qui conduit aux bassins Malheur, du Cormoran et des Aigrettes, bénéficie d’une végétation dense, et la chaleur peut parfois y être étouffante. La balade vaut surtout pour ses premiers hectomètres empruntant un ancien système d’irrigation qui apportait l’eau des bassins jusqu’aux plantations autour de Saint-Gilles-les-Hauts. Le petit canal creusé dans la roche emprunte quelques tunnels obscurs percés à travers la falaise.
Il sert de guide et l’on y marche dans une eau fraîche et vivifiante. La partie où les canalisations métalliques prenaient un temps le relais, posées sur des grilles suspendues dans le vide, est fermée aujourd’hui mais certains promeneurs continuent de s’aventurer le long de ce sentier escarpé qui mène à de sublimes cascades. Elle fut la source, durant quelques années et avant leur dégradation prononcée, de nombreux frissons parmi les promeneurs.

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