C’est la côte qui présente la plus grande diversité de paysages, entre la luxuriance du Nord et la désolation du Sud, dominée par le volcan et ses fréquentes coulées de lave modelant le décor. C’est aussi le littoral le moins visité de l’île, sans pour cela qu’il manque de charme. Bien au contraire.

Le Grand Brûlé

A 12 km de Saint-Philippe.
Après Saint-Philippe, la route pénètre dans la zone littorale la plus sauvage de l’île, dominée par la majesté inquiétante du volcan. Invisible, elle est dans un premier temps presque ensevelie sous une végétation dense qui semble vouloir phagocyter le ruban d’asphalte. La présence du géant assoupi est néanmoins palpable à chaque virage. Les prémices apparaissent aux abords du village de Takamaka, qui a été entièrement évacué lors de l’éruption de 1986.
Les coulées de lave du piton de la Fournaise eurent, cette année-là, la fâcheuse idée de se répandre hors de l’enclos qui les canalise le plus souvent.

La coulée de 1986

La pointe de la Table témoigne de cette éruption majeure qui rajouta, à ce niveau de la côte, quelque 30 ha de superficie à l’île en se déversant dans l’océan. La lutte homérique entre le feu et l’eau a fait s’élever pendant des jours un panache de vapeur de plusieurs centaines de mètres de hauteur. Un site d’information détaille, non loin du puits Arabe, un ouvrage français du XVIIIe siècle creusé directement dans la lave ancienne, l’évacuation des 500 habitants de Takamaka avant que la lave ne se fige à seulement 300 m des maisons.
Un peu plus loin, avant le village du Tremblet, les restes de la coulée principale de 1986 ayant traversé la route pour se rendre à la mer commencent tout juste à être colonisés par des mousses et des lichens. Leur hauteur en dit long sur l’importance de cette éruption, qui est expliquée sur des panneaux disposés de part et d’autre de la route. Les quelques rares maisons qui osent, dans cette région, défier la fougue du volcan ont, ce jour-là, eu très chaud.

Suivez le guide !

Assistez, le 15 août, à la grande cérémonie religieuse et populaire qui se déroule autour de la Vierge au Parasol vers laquelle convergent des milliers de pèlerins.

Les Grandes Pentes

Dans les hauteurs du Grand-Brûlé.
Après le Tremblet, la route emprunte une fois de plus le bord de la falaise vertigineuse pour contourner, au niveau de la pointe du Tremblet, une monumentale avancée rocheuse qui barre le paysage. Il s’agit en fait du vaste rempart qui entoure la caldeira de l’ancien volcan et qui circonscrit en temps normal les coulées de lave du piton de la Fournaise.
Le paysage de désolation qui s’offre alors au regard, contrastant avec l’exubérance qui précède, confirme l’entrée véritable dans le domaine du volcan dont les hauteurs sont désormais bien visibles au sommet des Grandes Pentes à moitié dénudées. Les coulées de lave successives qui ont depuis des lustres dévalé le Grand Brûlé, en fait la partie littorale de l’enclos, ont accumulé des champs de lave chaotique où seule une végétation chétive a su pallier l’absence de sol véritable.
Les coulées les plus récentes, celles de 2002, totalement stériles, zèbrent encore la pente de rivières noires, désormais immobiles, comme des cicatrices qui ne se seraient pas encore tout à fait refermées.

Les champs de lave

Les maigres arbres qui bordent les champs de lave offrent le spectacle d’une forêt incendiée et inanimée. C’est dans ce décor qu’un artiste érigea douze statues de basalte de 4 m de haut qu’il nomma « Symbiose pour volcan et oiseau ». Une partie de ces statues a malheureusement été emportée par les coulées récentes mais elles devraient rapidement retrouver leur place dans le décor. A la sortie du Grand Brûlé, une petite Vierge blanche et bleue veille sous un parasol, d’innombrables fleurs et quelques ex-voto à ses pieds, à seulement quelques mètres d’une des coulées de lave de 2002.
Amenée de Saint-Denis au XIXe siècle en char à bœufs par un planteur, la Vierge au Parasol était censée protéger les cultures de la région des coulées de lave. Elle dut cependant être déplacée plusieurs fois pour ne pas être engloutie par les humeurs du volcan. Ce qui n’a pas encore été le cas du petit autel dédié à saint Expédit disposé au pied de la coulée de 1998…

Sainte-Rose

A 35 km au nord de Saint-Philippe.
Au-delà du rempart de Bois-Blanc, la nature reprend peu à peu ses droits et la végétation redevient dense aux abords de la route. Après la désolation du Grand Brûlé, le premier écrin de douceur a pour nom l’anse des Cascades. Ce site verdoyant du bord de mer est entouré de hautes falaises d’où se déversent de majestueuses et rafraîchissantes cascades dans sa partie sud.
Sous les grands arbres, dont d’étonnants « palmiers aux pieds d’éléphants », et entre les petits ruisseaux qui naissent de ces cascades, l’endroit est idéal pour un pique-nique et une après-midi de détente. C’est l’un des grands rendez-vous dominicaux pour les Réunionnais de la côte est qui viennent y préparer leurs caris de poissons sur de grands barbecues.

Suivez le guide !

Dégustez au petit restaurant de l’anse des Cascades la fameuse « salade du millionnaire » à base de cœurs de palmiers.

Le domaine des pêcheurs

La grève de galets n’est pas assez accueillante pour que la baignade y soit un délice, et le rivage est plutôt le domaine réservé des pêcheurs qui y entretiennent des barques colorées. En fin de journée, on peut aller à leur rencontre lorsqu’ils rentrent de la pêche et c’est un régal de les voir décharger des poissons aussi bigarrés que leurs esquifs. On peut admirer entre leurs mains des mérous, des poissons-perroquets, des vivanneaux, des thons et, plus rarement, des espadons et des marlins.
C’est bien entendu l’occasion rêvée d’acheter l ‘ un de ces poissons à la chair tendre qui fera le régal des convives une fois cuisiné en cari. Après la sieste, de nombreuses balades littorales s’offrent aux promeneurs du dimanche et notamment celle dite du quai de la Sardine, en direction de Piton Sainte-Rose.

L'enclos du volcan

L’enclos du volcan- Piton Sainte-Rose La Réunion

Piton Sainte-Rose

A 17 km au sud de Saint-Anne.
Peu après une forêt de palmistes, la route débouche sur Piton Sainte-Rose. La localité est restée célèbre car, en 1977, une coulée est sortie de l’enclos et a complètement enseveli les quelques maisons de l’endroit peu après que tous les habitants eurent été évacués. Seule rescapée de cette furie volcanique, la petite église a été totalement encerclée par la lave mais a été « miraculeusement » épargnée. Elle fut tout naturellement rebaptisée Notre-Dame-des-Laves.

Bananaland

Route nationale 2, Bellevue, tél. : 0262 87 21 47. Ouvert tlj de 9 h à 17 h. Entrée payante.
Cette bananeraie de 6 ha propose un circuit thématique autour de la culture de la banane et de son histoire. On apprendra comment se développent les bananiers, la façon très particulière qu’a la tige florale de se transformer en régime de bananes et comment ce dernier se retourne pour faire mûrir ses fruits du bas vers le haut. On y découvrira aussi toutes les différentes variétés de bananiers et les utilisations variées qui en sont faites.

Suivez le guide !

Régalez-vous d’une baignade dans les eaux rafraîchissantes du bassin Bleu, à la sortie du joli village fleuri de Petit-Saint-Pierre, peu avant Sainte-Anne.

Sentier littoral

Un peu plus loin, la commune de Sainte-Rose fut le théâtre d’une attaque victorieuse de la marine anglaise en 1809 pendant laquelle le commandant en second de la flotte, le commodore Corbett, fut tué. Un sentier de randonnée part du petit port, au pied du monument qui lui a été élevé par ses compatriotes, et longe le littoral parmi les vacoas et les filaos jusqu’au lieu-dit Guyane.
La ville de Sainte-Rose vit essentiellement de la pêche, et la spécialité culinaire est le cari de poissons rouges. Dans les Hauts de Sainte-Rose, on peut explorer la forêt Mourouvin et le brûlé du même nom, entrecoupé de coulées de lave plus ou moins récentes.

Sainte-Anne

A 15 km au nord de Sainte-Rose.
La route entre Sainte-Rose et Sainte-Anne est splendide et le décor quelquefois vertigineux. C’est notamment le cas au passage de la rivière de l’Est où, du nouveau pont qui enjambe la gorge, on peut apercevoir l’ancien ouvrage, un pont suspendu vieux d’un siècle et dominant la rivière de 42 m. Certains historiens de l’île prétendent que, lors de sa mise en service en 1894, il était le pont suspendu le plus long du monde. Aujourd’hui désaffecté, il sert de tremplin aux amateurs de saut à l’élastique.

Eglise de Sainte-Anne et grotte de Lourdes

Au nord de la commune.
La commune de Sainte-Anne possède une église à l’exubérance pour le moins étonnante. Sa façade et son clocher sont en effet décorés de maints angelots, guirlandes fleuries, grappes de vigne, choux frisés, soleil et tourelles sculptés, œuvre d’enfants et de paroissiens dirigés par un prêtre alsacien, le père Dodemberger, à la fin des années 1920. Plus sobre dans son intérieur, l’église est classée monument historique et prend des teintes roses admirables au coucher du soleil.
C’est dans ce décor baroque que François Truffaut tourna une scène de son film La Sirène du Mississippi avec Catherine Deneuve et Jean-Paul Belmondo. L’autre attraction de la ville se trouve sur la route littorale, peu après la sortie nord de la ville. Il s’agit de la grotte de Lourdes, qui abrite un édifice religieux dédié à la Vierge Marie. Il fut édifié après que les habitants de la commune vinrent se réfugier dans la grotte pour échapper à un raz-de-marée qui dévasta la côte en 1862. Ils furent tous épargnés.

Suivez le guide !

Allez assister à l’office dans l’église de Sainte-Anne où des petites filles en robes du dimanche entonnent de façon émouvante des cantiques à pleine voix.
Seul bistrot du coin, Il était une fois dans l’Est est une halte rafraîchissante et surtout étonnante. Deamndez donc au patron de vous montrer ses curieuses bébêtes…

Saint-Benoît

A 8 km au nord de Sainte-Anne.
Capitale fruitière de l’île et principale ville de la côte est, Saint-Benoît est entourée de terres fertiles où poussent d’immenses vergers de manguiers, d’arbres à litchis, d’orangers, de mandariniers au milieu de champs d’ananas, de bananeraies et de cocoteraies qui partent à l’assaut des pentes du piton des Neiges. Son centre historique ayant été ravagé par un gigantesque incendie, la ville n’offre guère d’intérêt architectural.
Longtemps restée la deuxième commune de l’île, elle est surtout réputée pour son centre commerçant très actif au carrefour de l’Est, des hautes plaines et de la côte ouest. C’est en effet à Saint-Benoît que débouche la RN 3 qui partage l’île en deux, du sud-ouest au nord-est. Si la pêche en mer n’y est guère développée, c’est en revanche un haut lieu de la pêche aux bichiques.

Rivière des Marsouins

C’est dans les Hauts de Saint-Benoît que l’on trouvera matière à satisfaire ses envies de promenade, et notamment vers le site de Takamaka. En remontant les gorges de la rivière des Marsouins, on arrive à une plateforme aménagée à 522 m au-dessus de la rivière et de l’église hydroélectrique souterraine qui y fut construite en 1969. Dans le paysage abrupt et creusé de larges puits rocheux, de nombreuses cascades crachent leurs voiles argentés qui s’effilochent dans de sombres gorges. Des sentiers de randonnée permettent de se rendre au pied des plus grandes d’entre elles, les cascades de l’Arc-en-ciel et de la caverne Bardeau.

Barrage de Takamaka

Audacieux et ayant demandé des heures et des heures de travail, le barrage de Takamaka ne dévalorise en rien le site qui produit plus de 30 % de l’électricité hydroélectrique de l’île. De la plate-forme d’observation, un sentier part en direction de la forêt de Bébour et du piton des Neiges. En redescendant vers la côte, on peut bifurquer vers la rivière des Roches pour découvrir le bassin de la Mer et le bassin de la Paix, plus sauvage que le premier, entourés de cascades et offrant un lieu de détente et de baignade très fréquenté le dimanche.

Suivez le guide !

Allez visiter la forêt de ravenalas, les fameux arbres du voyageur aux palmes en éventail, d’où l’on peut découvrir Saint-Benoît et ses environs.

Ilet-Bethléem

La route de Takamaka part de la pointe du Bourbier. Peu avant le parking menant aux bassins, un sentier descend vers la rivière des Marsouins jusqu’à l’Ilet-Bethléem qui abrite, au milieu des bambous et des jambrosades, une chapelle construite en 1855 sur l’ordre d’Hubert de Lisle, alors gouverneur de la Réunion. L’îlet est célèbre pour ses fruits et notamment ses litchis, parmi les plus délicieux de l’île. Les fruits sont, une fois encore, le point fort de Bras-Canot et d’Ilet-Coco, en redescendant sur la côte.

La route de la Vanille

Bras-Panon

A 6 km au sud de Saint-André.
Passé la rivière des Roches, où les pêcheurs de bichiques font leur office à la bonne saison, Bras-Panon est devenu le royaume de la vanille. C’est sur ces terres qu’un esclave du nom d’Edmond Albius découvrit le secret de la fécondation de la fleur d’orchidée-liane qui produit la gousse-fruit tellement recherchée. C’est ainsi qu’il mit au point le geste qui permet, encore aujourd’hui, d’effectuer cette fertilisation de manière artificielle, geste qui est toujours employé par les ouvriers agricoles de la région.

Coopérative de vanille de Bras-Panon

21, route nationale, Bras-Panon, tél. : 0262 51 61 74. Ouvert du lundi au samedi de 8 h 30 à 12 h et de 14 h à 17 h. Entrée payante.
Une visite commentée permet la découverte d’une vanilleraie et des différentes étapes de la culture et du traitement de la vanille. La coopérative est particulièrement active en septembre, à l’époque de la fécondation des fleurs de vanille. La boutique présente les différentes productions dérivées de la vanille mais aussi quelques produits régionaux et de l’artisanat. Son restaurant Le Vani-Lapropose en outre des spécialités culinaires à base de vanille.

Rivière du Mât

Entre Saint-André et Bras-Panon.
La région tout entière s’étale de part et d’autre de la rivière du Mât qui prend naissance dans le cirque de Salazie. Elle est embaumée par les senteurs de vanille auxquelles viennent se mêler, de juillet à novembre, les odeurs de sucre chaud qui émanent des sucreries de Bois-Rouge et de Beaufonds. La longueur du pont, qui enjambe la rivière du Mât et qui conduit à Saint-André, est démesurée.
Autant que la largeur du lit, chaotique et disproportionné, que l’on traverse à cet endroit à la saison sèche. On a du mal à croire en le voyant que ce lit suffit à peine à contenir le flot boueux qui dévale de Salazie en période de pluie. Comme c’est le cas d’ailleurs pour la plupart des rivières de la Réunion.

Saint-André

A 10 km au sud de Sainte-Suzanne.
La route qui remonte au milieu de vastes champs de canne file vers le plus arrosé des trois cirques réunionnais. Elle est bordée ici et là de quelques belles maisons coloniales blanches. Avec ses belles cases créoles, la ville de Saint-André est un grand centre commercial et agricole, notamment pour tout ce qui touche au sucre.
C’est en grande partie pour cette raison que la ville abrite la première communauté indienne de l’île, conséquence de la politique d’immigration et d’importation de main-d’œuvre bon marché mise en place au lendemain de l’abolition de l’esclavage. Plusieurs temples tamouls se découvrent ainsi au hasard des balades dans la région et plus particulièrement le superbe Pandialé, l’un des plus grands de l’île, situé dans le village du Colosse, sur la côte au nord-est de la ville.

Centres communautaires tamouls

A Saint-André même, au cœur du quartier du Petit-Bazar où les témoignages de la foi tamoule sont nombreux, le temple de Kali est facilement reconnaissable par son entrée monumentale, le Gopuram, qui s’ouvre sur l’avenue de l’Ile-de-France. En outre, depuis 2001, un musée de la Culture indienne s’est ouvert dans la maison Valliamee. Mais comme partout à la Réunion, Saint-André pratique la mixité étroite des religions et des cultures, ce qui lui vaut d’avoir pour devise « plusieurs races, un seul cœur ».

Les bichiques, poissons en or

L’une des pêches traditionnelles les plus prisées et les plus renommées à la Réunion est consacrée à un petit alevin transparent, progéniture d’un poisson d’eau douce ayant grandi en mer et remontant les rivières à certaines lunes. Leur capture se fait grâce à une savante technique qui repose sur la mise en place de pièges tressés de manière ancestrale, les vouves.
De façon assez mystérieuse, les bichiques sont l’objet d’une fièvre quasi mystique qui fait flamber leur prix et s’arracher à prix d’or les moindres concessions de pêche officielles. Cuisinées en cari, elles offrent au palais une saveur à la fois douce et raffinée.

Suivez le guide !

Allez faire un tour sur le littoral de Saint-André, à Champ-Borne, pour découvrir les vestiges de l’église détruite par un raz-de-marée lors du passage du cyclone Jenny en 1962.

Maison de la vanille

466, rue de la Gare, tél. : 0262 59 00 26. Ouvert du mardi au samedi de 9 h à 11 h 30 et de 14 h à 17 h 30. Entrée payante sauf pour les moins de 13 ans.
Installée autour d’une vieille maison créole superbement restaurée, cette vanilleraie possède un atelier de préparation artisanale où l’on peut découvrir le processus de la fertilisation des orchidées-lianes et du mûrissage des gousses de vanille. L’ensemble a été classé site remarquable du goût par le Conseil national des arts culinaires.

Musée Dan’Tan Lontan

2028, chemin du Centre, tél. : 0262 58 47 89. Ouvert tlj sauf lundi de 9 h à 17 h. Entrée payante.
Cette case créole a été transformée en musée du passé et rassemble de nombreux objets courants de la vie réunionnaise récupérés dans les greniers de l’île, comme sur les marchés aux puces parisiens.

Sucrerie de Bois-Rouge et distillerie de Savanna

2, chemin Bois-Rouge, Cambuston, tél. : 0262 58 59 74. Ouvert de juillet à mi-décembre. Visite guidée du mardi au vendredi sur rendez-vous.
Entrée payante sauf pour les enfants, interdite aux moins de 7 ans. Port du casque obligatoire. www.bois-rouge.fr
Découverte d’une sucrerie, avec ses énormes grues, ses balances, ses broyeurs fonctionnant dans un vacarme assourdissant et conduisant à tout le processus de préparation du sucre : déchiquetage de la canne, extraction du jus, fabrication du sirop, épuration de ce dernier et enfin cristallisation, le tout dans un dédale de tuyaux et de cuves fumants et parmi des odeurs âcres et sucrées. La visite se poursuit par la distillerie tout à côté.

Hauts de Saint-André

Dans les Hauts, on accède par une petite route à une cascade impressionnante, notamment en période de pluies, la cascade du Chien. Un peu plus haut, le belvédère de l’Eden offre un magnifique point de vue sur la côte. De là, partent de nombreux sentiers balisés et notamment le chemin forestier du Libéria, qui file à travers la forêt domaniale de la plaine des Lianes jusqu’au plateau de Bélouve.

Sainte-Suzanne

A 10 km au nord de Saint-André.
En remontant vers le nord, la route traverse le bourg de Quartier Français où les premiers colons français s’installèrent à la fin des années 1660. L’usine sucrière qui donne sur l’avenue Raymond-Vergès est l’une des plus anciennes de l’île. Jadis propriété de l’important empire sucrier de la famille Kerveguen, elle a fermé en 1982. Ses immenses cheminées ont été préservées de la démolition.
Arrosée par la paisible rivière du même nom, la petite ville de Sainte-Suzanne séduit par sa verdure et son calme que l’on a plaisir à apprécier le long des berges et méandres plantés de bambous. Ici encore, le monde de la canne à sucre domine le paysage agricole et culturel, que ce soit au travers des vieilles demeures créoles de la localité ou des grands domaines coloniaux, tel celui du Grand Hazier.

Suivez le guide !

Dans l’église du père Laval, à Quartier Français, allez admirer l’étonnante fresque peinte à l’arrière de l’autel représentant le célèbre prêtre en compagnie du Christ en discussion avec les Créoles.

Domaine du Grand Hazier

5, le Grand Hazier, tél. : 0262 52 32 81. Visites sur réservations uniquement (une semaine à l’avance). Entrée payante sauf pour les enfants. www.domainedugrandhazier.re
Vieux de trois siècles, le domaine présente une belle demeure créole et un somptueux jardin où les arbres fruitiers tropicaux côtoient les espèces endémiques. La grand case du XVIIIe siècle trône en effet au bout d’une allée bordée de palmiers et entourée de jardins et d’un verger luxuriants. Elle a conservé une bonne partie de son mobilier et de sa décoration d’époque.

Autour de Sainte-Suzanne

Sur le bord de mer, le phare de Sainte-Suzanne, phare de l’île, attire les amoureux de patrimoine maritime. Les aventuriers se dirigeront vers les Hauts pour découvrir la cascade Niagara, bassin tropical.

Sainte-Marie

A 10 km à l’est de Saint-Denis.
La ville ne possède que peu d’intérêt si ce n’est le temple Kalou Mariammen, un temple tamoul dédié à une déesse hindoue végétarienne ( !), et qui est le siège, chaque 3 janvier, d’une marche sur le feu réputée. Dans les Hauts de Sainte-Marie, on recherchera au village de Rivière-des-Pluies, la chapelle de la Vierge Noire, source de nombreuses légendes.

La marche sur le feu

Incontestablement la plus spectaculaire manifestation de la foi tamoule, la marche sur le feu a généralement lieu entre décembre et janvier et fait suite à un carême de 17 jours où abstinence et purification sont les maîtres mots. Les pénitents parcourent alors, pieds nus et en file indienne, une fosse de 5 à 6 m de long remplie de braises sur une épaisseur de 50 cm, tout en portant des gerbes de fleurs sur la tête. La cérémonie se déroule généralement au coucher du soleil, ce qui rend le rougeoiement des braises encore plus impressionnant.

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