La presqu’île du Jutland est la partie continentale du Danemark et comprend la seule zone frontalière du pays. Bien qu’administrativement partagé en trois régions distinctes, le Jutland est composé de nombreuses communautés linguistiques et culturelles. D’un bout à l’autre du territoire, on a parfois du mal à se comprendre tant les dialectes y sont prononcés.

Djursland, la pointe est du Jutland

A 64 km au nord-est de Århus.
Le « nez du Danemark » se caractérise par un paysage vallonné, apprécié des touristes pour ses plages et ses nombreuses attractions familiales. 

Skandinavisk Dyrepark, le parc aux loups et aux ours 
A 46 km au nord-est de Århus. Nødagervej 67B, Kolind. Ouvert tlj de 10 h à 17 h de mai à août, du mardi au jeudi de 10 h à 16 h, samedi et dimanche de 10 h à 17 h en septembre et octobre. Entrée payante.
Si on aime les réserves d’animaux sauvages, celle-ci est à retenir. Un domaine de 45 hectares réservé aux animaux d’Europe du Nord : des ours bruns, des loups, des élans, des biches et des cerfs et, à partir de 2006, des ours polaires. Tous ont à leur disposition des espaces suffisants pour conserver leurs comportements naturels. On les approche en effet sans perturber leurs habitudes grâce à des passerelles élevées à quelques mètres du niveau du sol. Et au moment des repas, un guide explique (en danois et en anglais) le mode de vie, le comportement social et les besoins respectifs des animaux. Une grande aire de jeu est prévue pour les enfants à proximité de la cafétéria. On peut apporter son pique-nique et louer des chariots à l’entrée.

Frégate « Jylland » 
A 50 km à l’est de Århus. Fregatøen, Ebeltoft. Ouvert tlj de 10 h à 16 h, de 10 h à 19 h en juillet-août. Entrée payante.
Le dernier navire de guerre en bois de la marine danoise date de 1860. On peut le visiter dans le port d’Ebeltoft, dans la partie réservée aux vieux bateaux. Le public a accès aux ponts, aux salons et aux cabines. Des ascenseurs ainsi que des toilettes pour handicapés sont installés à l’intérieur du navire.

Den gammle by - L'apothicaire © Lilly Darma

Den gammle by – L’apothicaire © Lilly Darma

Århus

A 189 km à l’ouest de Copenhague.
La deuxième ville du Danemark est un port de commerce né autour de 770 sous le nom d’Aros : « la ville à l’embouchure de la rivière ». Cette dernière traverse le vieux centre et lui donne une atmosphère de port fluvial. Aujourd’hui peuplée d’étudiants, cette ville universitaire dynamique compte environ 300 000 habitants. Sa croissance économique est supérieure à la moyenne nationale, ce qui la conforte dans son image de deuxième capitale du pays. Le cœur d’Århus où foisonnent les boutiques et les cafés-restaurants branchés, mais sympathiques, invite à la détente et les bords de la rivière sont particulièrement animés pendant les soirées d’été. 

Den gamle By (vieille ville) 
Viborgvej 2, Århus. Ouvert tlj de 10 h à 17 h de mars à septembre. Entrée payante.
La reconstitution dans cette ville-musée des conditions dans lesquelles vivaient, du Moyen Age au XXe siècle, les ancêtres des Danois, est l’aboutissement de recherches historiques scrupuleuses. Au fil de la visite, on traverse 75 maisons meublées d’antiquités, disposées de part et d’autre de petites rues pavées. On peut entrer dans 34 ateliers, 10 boutiques et 27 pièces d’intérieur, sans impression de déjà-vu. La collection du musée réunit environ un million d’objets, et donne véritablement l’impression de remonter le temps.

Århus kunstmuseum Aros (musée des Beaux-Arts) 
Aros allé 2, Århus. Ouvert du mardi au dimanche de 10 h à 17 h, nocturne le mercredi jusqu’à 22 h. Entrée payante.
Inauguré en 2004, le nouveau musée d’Århus rassemble sur neuf étages une collection remarquable d’art danois des trois derniers siècles et d’art international contemporain. Il est construit avec l’ambition d’offrir à la ville un lieu de culture d’envergure internationale comparable aux grands musées des métropoles européennes. Le bâtiment est un chef-d’œuvre. Conçu par le cabinet Schmidt, Hammer & Lassen, c’est un cube de 52 mètres sur 52, scindé par un passage au milieu duquel une spirale monumentale conduit aux étages. Ses murs de verre ouvrent l’espace du bâtiment sur la ville alentour.

Moesgård Museum 
A 9 km au sud de Århus. Moesgård Allé 20, Højbjerg. Ouvert tlj de 10 h à 17 h d’avril à septembre et du mardi au dimanche de 10 h à 16 h d’octobre à mars. Entrée gratuite pour les moins de 15 ans.
Autrefois désigné comme le musée de la Préhistoire, Moesgård est toujours spécialisé dans l’archéologie et l’ethnographie du Danemark, mais possède également une collection importante d’objets provenant du Moyen-Orient. L’exposition permanente est composée de quatre thèmes distincts : « L’âge de pierre danois », « L’homme de Grauballe et l’étang magique », « La vallée d’Illerup ou le visage de l’ennemi », et enfin « La salle des runes ». La partie réservée à l’homme de Grauballe est sans doute la plus impressionnante : le corps momifié et parfaitement conservé de cet homme exécuté en 290 av. J.-C. éveille l’étonnement, tout autant que l’explication scientifique de son état de conservation.

Silkeborg

A 43 km à l’ouest de Århus.
Au bord du lac du même nom, Silkeborg est une petite ville de province récente, mais dont l’attrait touristique, accentué par la pratique centenaire de cures thermales, réside dans une situation géographique exceptionnelle. En effet, le relief qui entoure la ville est unique au Danemark : c’est ici qu’on trouve les points culminants du pays, Yding Skovhøj et Møllehøj… à 170 m d’altitude ! 

La réinsertion des espèces en voie de disparition 
Très attentive à la préservation de la faune et de la flore du pays, Skov-og Naturstyrelsen (Direction des Forêts et de la Nature) garde un œil vigilant sur l’évolution des espèces en voie de disparition. Le cas échéant, elle s’oppose aux transformations paysagères qui risquent de nuire à l’équilibre d’une espèce, quelle qu’elle soit. Au début des années 2000, par exemple, la construction du tronçon autoroutier reliant Odense à Svendborg a été interrompue à cause de la menace d’extinction d’une espèce de muscardin. Skov-og Naturstyrelsen s’est opposée à la poursuite du chantier qui a dû être suspendu pendant des mois pour finir par inclure la pose de grillages et la construction de passages souterrains afin de protéger le rongeur.

Lac de Silkeborg et Gudenå (rivière de Gudar) 
A 43 km à l’ouest de Århus.
Alimenté par Gudenå, le lac de Silkeborg est un lieu de promenade idyllique en toutes saisons, où les rives revêtent les couleurs changeantes des forêts de hêtres, de chênes et de pins. En 1861, la ville inaugure un bateau à vapeur équipé de deux roues latérales pour le transport des promeneurs. Hjejlen existe encore de nos jours et transporte invariablement jusqu’à 165 passagers en haute saison vers Himmelbjerget (le mont du Ciel). Mais Silkeborg est également connue pour sa course en canoë-kayak : chaque année au mois de septembre, le Tour de Gudenå accueille près de 800 participants de clubs européens.

Silkeborg Kunstmuseum 
Gudenåvej 7-9. Ouvert du mardi au dimanche de 10 h à 17 h d’avril à octobre, du mardi au vendredi de 12 h à 16 h, samedi et dimanche de 10 h à 17 h de novembre à mars.
Dans un parc donnant sur Gudenåen, le musée d’art de Silkeborg abrite la collection personnelle d’Asger Jorn, qui compte 5 000 œuvres de 150 artistes du monde entier. Une centaine de ses propres toiles y sont également exposées, ainsi que des céramiques et des dessins. Parmi elles, les deux chefs-d’œuvre Stalingrad et Den lange rejse (« Le Long Voyage »).

La naissance de Gudenå 
Ayant enlevé la belle Else de Tinnet Krat où la rivière prend sa source, Gudar l’attacha sur un cheval qu’il lança au galop. Pour éviter qu’on ne retrouve sa trace, Gudar fit faire à sa monture de nombreux détours et contours. Le père d’Else se rendit chez un sage de Tørring qui envoya d’abord le feu après Gudar. Mais le sage se brûla les doigts et appela alors tous les ruisseaux et torrents à la poursuite du cavalier. La terre se souleva et des vallées se creusèrent, laissant passer les eaux qui rattrapèrent l’équipée à la hauteur du fjord de Randers. Le cheval et son cavalier se noyèrent, tandis qu’Else échappa à son ravisseur. C’est ainsi que naquit le ruban sinueux de Gudenå auquel on donna le nom de Gudar.

Galerie Moderne 
Skoletorvet. Ouvert du lundi au samedi de 10 h à 17 h. Entrée libre.
Spécialisée dans la période Cobra et post-Cobra, cette galerie d’art présente des reproductions et lithographies originales d’artistes établis ou d’avant-garde de la peinture danoise contemporaine. Six à huit expositions par an sont organisées au rez-de-chaussée, présentant des œuvres contemporaines du monde entier.

Herning

A 47 km à l’ouest de Silkeborg.

Musée Carl-Henning Pedersen et Else Alfelts 
Birk Centerpark 1. Ouvert du mardi au dimanche de 10 h à 17 h de mai à octobre, du mardi au vendredi de 10 h à 17 h, samedi et dimanche de 12 h à 17 h de novembre à avril. Entrée gratuite pour les moins de 16 ans.
Comme un des pionniers du mouvement Cobra, Carl-Henning Pedersen entraîne ici le visiteur dans un monde fantastique où les sujets de ses tableaux importent moins que la façon dont ils sont peints. L’alchimie des couleurs et des formes qu’on rencontre devant une toile demande parfois qu’on s’y arrête, ou qu’on y revienne, pour comprendre ce qu’elle veut montrer. Car les oiseaux, les soleils, les châteaux, les lunes et autres motifs récurrents ne sont que des médiateurs de l’idée qu’ils expriment, selon qu’ils dominent plus ou moins un autre motif ou une autre couleur à l’intérieur du cadre. Célèbre à partir des années 1950, l’autodidacte Carl-Henning Pedersen a reçu de nombreux prix (Eckersberg, Guggenheim, Thorvaldsen), au Danemark comme à l’étranger, et fait partie des rares artistes mondialement reconnus de leur vivant.

Cobra, un mouvement artistique 
Le mouvement commence au Danemark en 1948, et le nom Cobra vient tout simplement des trois villes où la vague émerge : Copenhague, Bruxelles et Amsterdam. Il est animé par la volonté de faire de l’art où liberté, imagination, spontanéité seraient des mots d’ordre. Si les conflits qui naissent entre les artistes du groupe ont raison du projet en tant que tel, il n’en demeure pas moins une unité de vue nettement reconnaissable dans leurs œuvres. Le mépris de l’establishment parisien qui juge le groupe trop conventionnel serait à l’origine de sa dissolution en 1951, alors qu’il est déjà fragilisé par des tensions internes. Toujours est-il que les signatures de Pierre Alechinsky, Mogens Balle, Ejler Bille, Corneille, Egill Jacobsen, Asger Jorn, Carl-Henning Pedersen, pour ne citer qu’eux, restent marquées par ce mouvement artistique qui fait aujourd’hui partie d’un des mouvements les plus reconnaissables du siècle dernier.

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