Maupiti 

Petite perle septentrionale de l’archipel des îles Sous-le-Vent, Maupiti est une mini Bora Bora, moins imposante que sa célèbre cousine, dont elle est éloignée de 40 km seulement, et surtout beaucoup plus sauvage et donc préservée.
La spécificité de Maupiti, c’est son unique et étroite passe Onoiau, que de forts courants marins rendent infranchissable à certaines heures de la journée, en fonction de la marée ou par grosse mer, notamment lorsque la houle du sud vient s’engouffrer entre les motuPitihahei et Tiapaa, qui gardent l’entrée du lagon.
Il s’ensuit que Maupiti est relativement peu facilement accessible par la mer, ce qui a conduit à en faire une île oubliée parmi les joyaux de la Société. Même si l’avion pallie aujourd’hui cette caractéristique maritime, Maupiti n’en demeure pas moins sauvage et peu visitée.
De faible superficie (seulement 11 km2), Maupiti est composée d’un massif central dont le sommet, le mont Teurafaatiu, culmine à 380 m et d’un grand lagon encadré dans sa moitié nord par deux larges motu, tandis que la moitié sud, vaste barrière de corail largement ouverte sur l’océan, ne peut s’enorgueillir que de la fameuse passe Onoiau, flanquée de ses deux motu gardiens.
Le tour de l’île offre un faible développement (une bonne dizaine de kilomètres, compter 3 h de marche) et permet au voyageur de passage de se livrer à une balade rituelle à travers des paysages lumineux et fleuris, emprunts d’une vie traditionnelle et sereine.

Vaiae 
Le village principal de Maupiti se situe à la pointe sud de l’île. Il est la réunion de deux villages autrefois séparés et aujourd’hui rassemblés en une même et unique agglomération. Située au centre du village, la mairie délimite les deux anciennes communes, Vaiea, vers le sud, Farauru, vers le nord. Seule caractéristique commune aux deux entités, la quasi-absence de voitures. Ici, on se déplace à vélo ou à pied.

Bora Bora, French Polynesia © Norman Allen

Bora Bora, French Polynesia © Norman Allen

Le tour de l’île 
Les petites maisons de la côte est se succèdent avec leurs jardins fleuris, où les tombes familiales font partie du décor quotidien au même titre que la pirogue ou le bateau à moteur amarré au bord du lagon.

Les petits satellites de la Société 

Autour des grandes sœurs du Vent et Sous-le-Vent gravitent quelques petits satellites de corail et de basalte au décor somptueux mais souvent inaccessible. Mehetia apparaît comme un superbe cône volcanique encore presque intact à l’est de Tahiti, tandis que Maiao, avec ses deux grands lacs, se trouve à l’ouest. Superbe anneau corallien enserrant un lagon magnifique, le petit atoll privé de Tupai se situe au nord-ouest de Bora Bora. L’atoll de Mopelia, lui, est accessible au départ de Maupiti, et l’on peut y découvrir un vaste domaine protégé où se reproduisent les nacres perlières dont les naissains alimentent les fermes de la Société et des Tuamotu. Les atolls de Scilly et de Bellingshausen sont temporairement habités et ne sont guère visités en raison de leur éloignement. Scilly est de plus totalement protégé en raison de sa grande richesse en huîtres naturelles et en oiseaux de mer.

« Marae » Vaiahu 
En se dirigeant vers l’ouest, on longe la falaise trouée qui domine Vaiae jusqu’à Tefarearii (« la maison des rois »), qui fut la résidence des anciens chefs de l’île. C’est ainsi qu’un peu plus loin on découvre, avec un peu de persévérance, les restes du « marae » Vaiahu, noyé dans la végétation, dont la particularité est de présenter un coffre fait de blocs de corail. Tourné vers la passe et souvent rempli de pierres symbolisant des poissons, il servait à attirer la bienveillance du dieu de la pêche pour de meilleures prises en mer.
Devant cette partie de la côte s’étale la baie d’Atipiti, avec ses bleus admirables que l’on peut observer un instant avant de partir à l’assaut du flanc de montagne parmi les cocotiers et les manguiers.

Tereia 
On coupe la pointe Puoro’o pour retrouver la pointe Tereia et sa superbe plage, la seule de l’île qui offre un havre de villégiature digne de ce nom.
De Tereia, on peut aisément traverser le lagon avec de l’eau jusqu’à la taille et rejoindre le « motu » Auira,qui fait face à la plage. C’est en effet sur les motu que les plages sont les plus belles et les plus accueillantes car le plus souvent désertes sur des kilomètres de sable blanc.

« Marae » et pétroglyphes 
En continuant vers le nord de Maupiti, on longe une succession de baies très peu habitées hormis par des vestiges de marae oubliés de la plupart des habitants ou tabu.
Vers l’intérieur, de nombreux pétroglyphes se cachent dans les vallées verdoyantes comme celle de Harane et au pied de somptueuses cascades.
Le site le plus ancien des îles de la Société, vraisemblablement du ve  siècle, se trouverait sur le « motu » Paeao, tout au nord de l’île. Il s’agit en fait de sépultures qui ont révélé de nombreux objets archéologiques tels que des herminettes, des pendentifs en dents de cachalot et de nombreux leurres et hameçons pour la pêche à la bonite.

 

Lire la suite du guide