La Fionie, surnommée « le jardin potager du Danemark », est connue pour ses paysages vallonnés et sa qualité de vie. Les habitants y sont très accueillants et prennent le temps de vivre. L’île est aujourd’hui accessible en train ou en voiture par Storebæltsbroen, le monumental pont suspendu au-dessus du bras de mer Storebælt. A l’inverse de toutes les autoroutes du pays, la traversée du pont en voiture est payante.

Odense

A 166 km au sud-ouest de Copenhague.
La troisième ville du Danemark compte 186 000 habitants. Berceau de Hans Christian Andersen, Odense est aussi, bien avant la naissance du conteur, un lieu de pèlerinage. Elle est en effet très marquée par l’histoire des croyances religieuses du royaume. A sa fondation par Harald Blåtand au Xe siècle, on y pratique le culte d’Odin, ce qui lui vaudra son nom. En 1086, le roi Knud le Saint est assassiné dans la cathédrale d’Albani. Il est canonisé en 1100 et ses reliques attirent de nombreux fidèles venus trouver en elles les bienfaits de pouvoirs surnaturels. En 1536, on compte à Odense six cloîtres et monastères pour une population d’environ 5 000 âmes ! 

Maison de Hans Christian Andersen 
Bangs Boder 29. Ouvert tlj de 9 h à 18 h de juin à août, du mardi au dimanche de 10 h à 16 h de septembre à mai. Entrée payante.
Hans Christian Andersen naît dans le quartier pauvre de la ville en 1805. Le musée de sa maison natale propose un voyage au temps du poète et la description du monde dans lequel il vivait. Autant de clés pour comprendre ses écrits et l’univers imaginaire dont ils émergent. Car Andersen n’était pas seulement poète, il avait aussi des dons pour le dessin et les découpages de papier. Sa vie est ainsi décrite, illustrée d’objets et de livres qui ont constitué le cadre de vie du jeune garçon avant son départ pour Copenhague.

Scuptures sur la riviere à Odense, Danemark © Ewan Munro

Scuptures sur la riviere à Odense, Danemark © Ewan Munro

Fyrtøjet (Le Briquet) 
Hans Jensens Stræde 21. Ouvert du mardi au dimanche de 11 h à 16 h, tlj de 10 h à 17 h de juin à août. Entrée payante.
Une vraie maison enchantée par les contes d’Andersen, pour les enfants et grâce à leur participation, c’est là la vocation de ce drôle de briquet. Deux mamans d’Odense sont à l’initiative du projet qui commence dans les années 1980 avec une foule de parents enthousiastes mais peu de moyens. Inspiré d’une part du courant pédagogique de Reggio Emilia selon lequel les enfants ont 100 langages mais pas assez d’occasion de les pratiquer, et d’autre part des hands on ! et please touch ! américains, le projet prend forme peu à peu. Une fois la commune et les institutions culturelles impliquées, le bâtiment (et l’entreprise) voit le jour en 1997 à côté de la maison d’Andersen. Les enfants de tous âges y sont conviés à découvrir à travers la musique, le théâtre, la danse, le dessin, le modelage, les contes d’Andersen et l’univers merveilleux qu’ils nourrissent. Tout cela bien entendu par leur participation active puisqu’ils sont eux-mêmes invités à devenir les créateurs intarissables des contes qui se mettent en scène.

Hans Christian Andersen 
Né en 1805 d’une mère lavandière et d’un père cordonnier, l’auteur de La Petite Marchande d’allumettes a côtoyé le froid et la faim. Hans Christian Andersen continuera cependant de vouer une grande admiration à son père qui, bien que privé d’éducation latine, lui avait appris la valeur de la raison et la richesse des livres. Sa mère quant à elle sombre vite dans l’alcool et la misère après la mort de son mari en 1816. Le jeune Hans Christian en garde une amertume et un chagrin qui s’expriment dans ses contes. Il quitte sa ville natale à l’âge de 14 ans pour Copenhague. Après des essais infructueux au Théâtre royal, il perce dans le monde littéraire avec ses romans et ses contes. Il meurt à Copenhague en 1875, entouré de nombreux amis et mécènes.

Nyborg

A 33 km au sud-est de Odense.
Situé sur la côte est de l’île de Fionie, Nyborg est traditionnellement lié à la mer et vivait autrefois de ses chantiers navals. Ces derniers sont à présent démolis et la ville commence à changer de visage. De nombreuses familles venant de Copenhague ou d’Odense s’y installent à cause de la hausse des prix du logement, et continuent à travailler dans les grandes villes. Le pouvoir d’achat augmente donc, mais la ville tend à devenir une ville-dortoir. 

Nyborg Slot (château de Nyborg) 
Slotsgade 11. Ouvert tlj de 10 h à 16 h de juin à août et de 10 h à 15 h en septembre, octobre, avril et mai. Entrée payante.
Sous le règne des Valdemar (1150-1250), de nombreuses villes se forment autour des châteaux fortifiés des côtes de la Baltique, construits pour empêcher les pillages des Vendes venus d’Allemagne du Nord. Le nom de Nyborg apparaît vers 1193 et désigne alors le fort aujourd’hui appelé Nyborg Slot. Le bâtiment est un fort traditionnel construit en briques rouges avec peu d’ouvertures. Il est entouré de douves et de bastions en haut desquels les canons sont pointés vers la mer. La situation centrale de la ville à l’intérieur du royaume permet au roi et aux seigneurs de s’y retrouver pour les réunions du parlamentum, ou « Danehof », comme elles seront désignées par la suite. C’est ici que la première Constitution du pays est rédigée en 1282, sous le règne d’Erik Klipping. Nyborg reste le siège du gouvernement jusqu’en 1413.

Svendborg

A 43 km au sud-est de Odense.
Comme Nyborg, Svendborg est imprégné de tradition maritime qui survit ici grâce aux îles auxquelles on ne peut accéder pour certaines que par la mer. Son surnom de « capitale de l’archipel » se comprend quand on sait que trois des îles au large de Svendborg abritent moins de 70 habitants. Le vieux centre ouvert sur le port est animé de cafés et de petits restaurants accueillants. Ses rues tortueuses et ses places lui confèrent tout le charme d’une ville historique (sa fondation remonte au Moyen Age) et la qualité de vie qu’on y trouve vaut la peine de s’y attarder. 

Egeskov Slot (château d’Egeskov) 
A 18 km au nord-ouest de Svendborg. Egeskovgade 18, Kværndrup. Ouvert tlj de 10 h à 17 h de mai à septembre. Entrée payante.
Majestueusement dressé au milieu d’un lac, le château d’Egeskov (« forêt de chênes ») date de 1554. Construit comme une demeure fortifiée à l’époque où les troubles de la Réforme rendaient le pays dangereux aux nobles et autres propriétaires, il tient son nom de la quantité de chênes qui ont été nécessaires à sa fondation sur le fond meuble du lac : « une forêt entière », raconte-t-on. Il est constitué de deux ailes reliées par un double mur qui abrite les escaliers et un puits. Les habitants ont ainsi la possibilité de se réfugier dans cette cavité en cas de siège et peuvent survivre sans avoir à quitter le château. Le seul accès à l’édifice est le pont-levis. Le parc est aménagé avec des attractions variées, comme un musée automobile, un parcours suspendu à la cime des arbres, et le plus grand complexe d’agrès Kompan du pays. De nombreuses activités sont organisées pendant l’été, de jour comme de nuit.

Iles du Sud

Tåsinge, Thurø, Drejø, Skarø et Hjortø sont des réserves de calme où les amoureux des paysages du Nord viennent se ressourcer. Peu de distractions ici, hormis le pittoresque des fermes, reconverties en café-tabac-dépôt de pain, où l’on vient chercher son journal. On y séjourne pour contempler la flore et la faune, et on s’y déplace de préférence à bicyclette. Le calme, éventuellement perturbé par les crapauds sonneurs sur Hjortø, y est presque absolu. Les habitants des îles empruntent, quand il y en a un, le ferry pour se rendre à Svendborg en voiture, mais la plupart ont aussi un bateau qu’ils utilisent comme moyen de transport.

Suivez le guide ! 
L’été, des voiliers amarrés au Træskibsbroen (le ponton des voiliers en bois) dans le port de Svendborg offrent le loisir d’une journée entière, d’un après-midi ou d’une soirée en mer. 

Ærø

Cette île de moins de 7 000 habitants est connue pour sa politique énergétique basée sur le développement intensif des énergies renouvelables. En 2002, 40 % de la consommation d’énergie en provenait ; l’objectif étant d’atteindre 80 à 100 % avant 2008. Les énergies éoliennes et solaires sont les principales ressources utilisées jusqu’à présent. 

Marstal Fjernvarme (centrale thermique de Marstal) 
Jagtvej 2. Visites guidées tlj sur réservation au 62 53 15 64 ou par e-mail : info@solarmarstal.dk. Entrée payante.
Le plus grand complexe thermique à panneaux solaires du monde se trouve sur Ærø, et approvisionne un tiers de la population de Marstal en eau chaude et en chauffage – soit environ 1 000 habitants. La visite de la centrale, durant laquelle le fonctionnement technique de la centrale, le projet et son histoire sont détaillés, dure 1 h 30 à 2 h. Une démonstration de la construction d’un panneau solaire est également prévue au programme.

Søbygård 
Søbygårdsmarksvej 2, Søby Ærø. Réservation pour le café au 62 58 18 25.
Cette demeure médiévale entièrement rénovée est animée par une association de 450 membres qui la font vivre par des événements culturels et festifs tout au long de l’année. Le pont-levis, entièrement reconstruit, enjambe les douves – asséchées aux alentours de 1770 – pour accéder à la maison de maître. Les bâtiments sont souvent utilisés comme lieu de réception le week-end, et un café permet de s’y restaurer sur réservation. On y assiste à des concerts et à des représentations théâtrales durant les mois d’été et, l’hiver, des expositions, des lectures et des conférences y sont organisées. Pour la Saint-Jean, un spectacle est donné dans les douves, et une journée de fête ouvre la chasse à l’automne.

Langeland

Plus touristique, Langeland compte 14 000 habitants. D’anciens moulins à vent animent le paysage qui s’étale paisiblement entre les plages de sable, les forêts de chênes et les prairies. On peut même y apercevoir des groupes de chevaux sauvages. De nombreux sites naturels sont protégés ou classés réserves ornithologiques. Une des particularités géologiques de l’île est ses monticules de terre et de roche d’une trentaine de mètres de haut, restes érodés d’une moraine glaciaire datant du retrait de la mer entre 15 000 et 10 000 av. J.-C. 

Langelandsfort (musée de la Guerre froide) 
Vognsbjergvej 4 B, Bagenkop. Ouvert du lundi au vendredi de 10 h à 17 h, dimanche et jours fériés de 11 h à 17 h de mai à septembre. Entrée gratuite pour les moins de 12 ans. Possibilité d’apporter un pique-nique.
Ce fort était le poste de surveillance de la Baltique occidentale pendant la guerre froide, et ses autorités étaient chargées du commandement militaire dans toute la zone. C’est d’ici que les Etats-Unis reçoivent en 1962 le signal du passage au large des côtes danoises d’un sous-marin russe chargé de missiles atomiques. On a su plus tard que le navire se dirigeait vers Cuba… Le fort, construit en 1953, n’a plus de fonction militaire depuis 1993. Il est aujourd’hui propriété du musée de Langeland. De nombreux canons y sont exposés, ainsi que deux avions de chasse : un MIG 23 soviétique provenant de Pologne, et un Draken de construction suédoise qui a servi dans l’armée danoise. Un sous-marin de guerre racheté à la Suède en 1991 sera prochainement transporté jusqu’au musée.

Bornholm

La richesse de son agriculture et les produits de la pêche font de Bornholm, depuis le Moyen Age, un point important sur les routes du commerce en mer Baltique. Souvent attaquée et toujours convoitée, l’île a dû se protéger contre l’envahisseur. C’est pourquoi, dès le XIIe siècle, les églises fortifiées, ainsi que le fort de Hammershus sont bâtis pour faire face aux attaques venant de la mer. En 1645, l’île est occupée par l’armée suédoise puis cédée au roi de Suède lors de la paix de Roskilde en 1658. Bornholm se mobilise alors contre l’occupant. C’est ainsi que le 8 décembre 1658, le commandant suédois Printzensköld est assassiné par les habitants, provoquant la capitulation des Suédois. L’île est alors rendue par ses habitants au roi du Danemark, et celui-ci leur promet en échange de ne plus jamais céder leur terre à un autre royaume. Ainsi, bien qu’historiquement marquée d’un fort sentiment d’appartenance à la Couronne danoise, Bornholm est néanmoins un territoire singulier, dont ni la culture ni la morphologie ne ressemblent au reste du pays. Les côtes, très accidentées, sont une succession de plages de sable et de falaises, qui rappellent partout la force des éléments naturels. De nombreux sites y sont dévolus à la pratique de l’escalade. 

Rundkirker (églises circulaires du XIIe siècle) 
Villages d’Østerlars, Olsker, Nylars et Nyker. Ouvert tlj hors des offices. Entrée payante.
Les quatre églises fortifiées de l’île (il en existe huit en tout au Danemark) sont évidemment une curiosité architecturale. Mais elles ont aussi une histoire singulière : à la fois lieu de culte et site défensif, elles ont servi de quartier général aux résistants qui, pendant l’occupation suédoise, préparaient la rébellion pour regagner le statut de territoire danois. La plus ancienne d’entre elles, Sankt Laurentius ou Østerlars Rundkirke, date de la moitié du XIIe siècle.

Moseløkken, une carrière de granit 
Moseløkkevej 4, Allinge. Ouvert du lundi au vendredi de 10 h à 12 h et de 13 h à 16 h d’avril à octobre. Entrée payante.
L’extraction du granit a fait partie des industries traditionnelles de l’île. On peut ici visiter une carrière en activité et découvrir l’histoire de la taille du granit. Au bord de la carrière se trouve une maison bâtie en pierres d’origines différentes. L’exposition est répartie entre l’intérieur et le jardin où l’on peut voir la structure géologique de l’île, des échantillons de plusieurs sortes de pierre, ainsi que l’histoire de l’extraction du granit. Des sculptures d’Anker Hansen et Ole Christensen sont exposées, ainsi que des exemples d’objets traditionnellement fabriqués par les tailleurs de pierre.

Bornholm Four Corner Race 
La nouvelle course à la voile de la Baltique est née d’une collaboration européenne entre la Pologne, la Suède, l’Allemagne et le Danemark. Du 31 août au 2 septembre 2006 se déroulera la première course officielle, à laquelle les participants se seront qualifiés dans le cadre de régates nationales. Le gagnant se verra attribuer le titre de Champion de la Baltique. Bornholm Four Corner Race est ouverte à des bateaux de 40 pieds, comprenant des équipages de 8 à 10 personnes. La course se déroule sur quatre journées de voile, correspondant aux quatre étapes dans les pays participants, soit Swinoujscie, Skåne, Rügen et Bornholm.

Spécialités de Bornholm 
Depuis le XVIIe siècle, où l’île connaît une période d’expansion économique, l’artisanat prend un rôle important, avec la fabrication d’horloges hautes et de céramiques, aujourd’hui cotées sur le marché des antiquités. Les fumeries de hareng, encore nombreuses, racontent l’histoire de la pêche locale, importante ressource économique de l’île. A la fin du XIXe siècle, on commence à moderniser la méthode artisanale et près de cinquante fumeries industrielles apparaissent à Gudhjem entre 1886 et les années 1930.

Une côte accidentée 
Comme la seule région du Danemark à posséder un sous-sol granitique, Bornholm étonne par ses côtes ciselées qui rappellent celles de l’Irlande ou de la Bretagne.

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