Les îles du Vent 

Ce sont les îles principales d’un point de vue administratif, notamment Tahiti, capitale de l’archipel polynésien. Elles forment, avec les îles Sous-le-Vent, l’archipel de la Société, centre historique du développement de la Polynésie moderne.
En débarquant à l’aéroport international de Faa’a, à Tahiti, après plus de 20 h d’avion, le voyageur pensera avoir enfin touché la terre promise tant rêvée. Ce n’est que partiellement vrai. Car à peine aura-t-il posé le pied sur cette terre bénie qu’il découvrira vite que l’île capitale de la Polynésie française n’est en fait que la porte d’entrée d’un domaine encore plus fabuleux, celui de l’archipel polynésien.

Tahiti, l’île capitale 

Elle recueille peu de suffrages auprès des visiteurs, qui ne font bien souvent qu’y passer, qu’ils soient en partance vers les autres îles ou de retour de celles-ci avant un départ vers la métropole. Et c’est un tort, car Tahiti mérite le détour. De loin la plus moderne des îles de l’archipel polynésien, elle souffre de l’image que lui impose Papeete, sa bruyante et besogneuse capitale.

Papeete 
Avec ses 30 000 habitants, la principale ville de Tahiti et donc de la Polynésie mérite que l’on s’intéresse à elle. Même si elle n’a rien d’une station balnéaire, l’âme polynésienne n’y vibre pas moins que le long des rivages langoureux de Bora Bora ou d’un atoll sauvage des Tuamotu. Certes, cette âme s’y exprime différemment, mais elle y est bien réelle et certainement bien plus vivace que dans les cartes postales sucrées qui conditionnent le regard de milliers de visiteurs avides d’un exotisme aux couleurs d’éden. Et, pour mieux s’en convaincre, il suffit d’aller faire un tour au marché de Papeete, le véritable cœur de la ville.

Marché 
Rue François-Cardella/rue du 22-septembre. Ouvert tous les jours de 5 h à 18 h.
C’est naturellement le matin qu’il est le plus attrayant, quand les fleurs et les fruits, chargés d’arômes et de rosée, embaument la grande halle et que les mamas venues des différents archipels y déballent leurs spécialités culinaires ou artisanales tout en s’exclamant à voix haute, à grand renfort de rires. Le cocktail sonore et olfactif est des plus savoureux.
Au milieu de l’après-midi, à l’heure où les pêcheurs débarquent le poisson fraîchement capturé, la halle vibre des clameurs des vendeurs de bonites, de thons, de perroquets et autres daurades qui feront le bonheur de leurs acheteurs du jour.
Moins authentique, la mezzanine attire néanmoins beaucoup plus les visiteurs avec ses multiples échoppes de curios qui vendent ce qui se fait de mieux côté souvenirs : paréos, colliers de coquillages, objets en bois ou en nacre sculptés, bouteilles de monoi, vannerie…

Houses (Papeete - Tahiti) © Sergio Calleja

Houses (Papeete – Tahiti) © Sergio Calleja

Boulevard Pomare 
Deuxième lieu incontournable de la capitale tahitienne, il est à la fois l’artère principale de la ville et son poumon. C’est tout au long de celui-ci que l’essentiel de la vie urbaine de Tahiti se déroule et que les visiteurs déambulent pour une première rencontre avec la société polynésienne. Ce boulevard parsemé d’acacias centenaires longe tout le bord de mer, de l’entrée de la ville jusqu’à la zone portuaire, vers le nord, prenant les aspects d’une croisette coquette vers le centre-ville proprement dit, qui fait face aux pontons accueillant des voiliers venus du monde entier.

Centre-ville 
On y trouve, au début, côté mer, les « fare » (bâtiments) de l’OTAC, sorte de maison de la culture dont la mission est de promouvoir la culture et le patrimoine polynésiens. Le rivage accueille ensuite sous ses arbres quelques grandes pirogues de course et leurs rameurs qui s’entraînent tous les jours de la semaine en fin d’après-midi.
De l’autre côté des quatre voies qui s’engorgent alternativement deux fois par jour des voitures des « banlieusards » s’élève le quartier de Paofai, célèbre pour avoir accueilli le pasteur Crook, fondateur de la cité. On y trouve les bâtiments modernes de l’Eglise évangélique, l’imposante silhouette colorée du temple de Paofai, excellent repère depuis la mer, et, lui faisant face, le musée de la Perle (ouvert du lundi au vendredi de 8 h à 19 h, le dimanche à partir de 9 h).
Le croisement avec l’avenue Bruat est gardé par deux grands tiki et arbore un peu plus haut une croix de Lorraine stylisée en mémoire du général de Gaulle. Cette dernière artère, très ombragée, conduit aux principaux bâtiments administratifs du territoire et notamment au palais de justice.

Parc Bougainville 
Peu après, toujours le long du boulevard Pomare, s’ouvre le seul espace vert de Papeete, où tous les artisans et artistes de Polynésie se donnent rendez-vous lors des fêtes du heiva (14 juillet). Au-delà du parc s’étend le quartier des bâtiments officiels, regroupés autour de la place Tarahoi et de l’Assemblée territoriale.

Quartiers animés et Centre Vaima 
Passé la poste, le front de mer se fait plus animé à l’approche des rues commerçantes et notamment du centre Vaima, qui regroupe la majorité des boutiques chic de Papeete. Autour du Tahiti Pearl Market, des dizaines de bijouteries proposent la perle noire sous toutes ses formes. On trouve également des surf-shops et un grand centre culturel. 
A ses pieds, faisant face aux voiliers et aux motor yachts proposant des départs pour les îles proches ou lointaines, Le Rétro est le café le plus couru de la ville. C’est à sa terrasse que Joe Dassin mourut d’un infarctus, en 1980.
En face, côté mer, les voiliers cèdent la place aux bonitiers des pêcheurs. Sur le quai, un ensemble de fareabrite l’office de tourisme de Tahiti et de ses îles (fare Manihini, ouvert du lundi au vendredi de 7 h 30 à 17 h, le samedi de 8 h à 12 h), véritable mine de renseignements sur les activités à pratiquer à Tahiti et dans l’ensemble de la Polynésie.

Suivez le guide ! 
Ouvert tous les jours, le musée de la Perle, situé au Centre Vaima, propose un voyage fascinant dans l’univers de la perle noire, des fermes perlières aux secrets des joailliers du fenua.

Suivez le guide ! 
Dans l’une des trois librairies du Centre Vaima, partez à la découverte des trésors de la littérature tahitienne aux travers de magnifiques ouvrages sur la Polynésie et sa culture.

Quais 
Le fare Manihini fait la transition avec le quai des Paquebots, qui accueille les grandes unités parcourant les archipels et faisant généralement escale le week-end, apportant à la ville une animation et un cachet particuliers. A leur descente, les passagers de ces luxueux navires se retrouvent face aux arcades marchandes du vieux Papeete, qui alternent échoppes rustiques et bijouteries de luxe. Ces arcades filent vers les quartiers populaires du port avec, un peu plus loin, le quai des Ferries à destination de l’île de Moorea, toute proche.

Zone portuaire 

Le quai des Ferries marque l’entrée de la zone portuaire, occupée tout d’abord par les infrastructures de la Marine nationale, qui cèdent bientôt la place à la zone industrielle de Fare Ute, puis au nouveau port de Motu Uta. C’est là que l’on découvre, un peu perdu, le nouveau quai des Goélettes, où de petits cargos mixtes sont en partance pour les multiples archipels polynésiens. Dignes héritiers des goélettes d’antan qui assuraient le ravitaillement des îles lointaines et le transport de leurs autochtones, ces cargos perpétuent, comme l’Aranui vers les Marquises, une certaine idée du voyage traditionnel.

Les roulottes 

Dès la tombée du jour, les parkings situés entre le quai des Paquebots et celui des Ferries se vident de leurs automobiles pour mieux accueillir le ballet des roulottes, restaurants ambulants qui proposent jusque tard dans la nuit une cuisine variée et populaire. Si y siègent les immanquables pizzerias et quelques crêperies bretonnes – l’exotisme pour les Tahitiens -, on y trouve surtout de nombreux Chinois avec leurs chow men,soupes de pâtes, légumes et viande, et quelques Polynésiens proposant poissons et fruits de mer locaux. Outre leur aspect haut en couleur et très animé, les roulottes sont une bénédiction pour le porte-monnaie dans un Papeete où la restauration est souvent onéreuse.

Le Papeete des traditions
 
Derrière le centre Vaima, la place Notre-Dame entoure la cathédrale de Papeete et ouvre sur le quartier de la Mission. Ce dernier accueille de nombreux collèges, le siège de la brasserie Hinano, bière la plus célèbre de Polynésie, de belles demeures mariant avec bonheur le style colonial et le style polynésien, et le domaine de l’Archevêché, avec la résidence épiscopale et la magnifique église Maria No Te Hau (Sainte-Marie).
Passé le marché qui trône au milieu du quartier le plus populaire de Papeete, avec ses arcades parfois délabrées, ses magasins de tissus polynésiens et ses vieilles échoppes chinoises en bois où l’on trouve de tout, se tient la mairie(rue Colette/ rue Paul-Gauguin), qui domine l’ancien quartier chinois. Inauguré en 1990, année de célébration du centenaire de Papeete, ce bâtiment d’inspiration néocoloniale, flanqué de sculptures marquisiennes, reproduit en trois fois plus grand le palais de la reine autrefois situé place Tarahoi.
En remontant un peu vers le nord, on débouche sur l’avenue du Prince-Hinoi, qui conduit vers l’est de la ville et de l’île.

Temple chinois de Mamao 

A l’angle de l’avenue Georges-Clemenceau et de l’avenue du Commandant-Chessé. Ouvert de 6 h à 12 h.
Bâtiment remarquable dans ce concert de petites maisons, c’est une grande pagode jaune et rouge au milieu d’un vaste espace vert. Surchargé dans son architecture comme tous les édifices du genre, il fut inauguré en 1987 et montre l’importance de la communauté chinoise à Tahiti qui, lors du nouvel an chinois, organise de nombreuses manifestations animant l’ensemble de la ville.

Vers l’intérieur 

A quelques centaines de mètres de là, la route de Fautaua conduit à la vallée du même nom, lieu privilégié d’une randonnée permettant d’accéder, à travers une végétation variée, à une cascade et à l’ancien bain de Pierre Loti (un peu plus de 2 h de marche).
En prenant à gauche du pont qui précède la cascade, on longe l’Aorai pendant 45 min pour atteindre le belvédère (600 m d’altitude), auquel on accède également en voiture et au sommet duquel on peut s’offrir l’une des plus belles vues sur Papeete. Le restaurant qui y a élu domicile est notamment célèbre pour sa fondue savoyarde, plat exotique qui prend, sous ces latitudes, toute sa saveur en hiver.

Côte nord 
A l’est de Papeete et dans sa continuité, Pirae (PK 1) est le point de départ des visites de la côte est. Celles-ci démarrent avec Arue et le tombeau de Pomare V (PK 4,7, côté mer), amas de corail pyramidal couvert de mousses et de fougères. Il est situé sur la terre Papaoa, qui recèle quelques autres vestiges de la dynastie Pomare, comme le cimetière Toanui (200 m plus loin à gauche après l’école), avec ses pierres dressées et ses tombes royales.
D’Arue, on peut partir à l’assaut du mont Aorai, l’un des sommets du centre de l’île, excursion de plus de 6 h dans une végétation remarquablement belle.

Baie de Matavai 

PK 10.
Elle constitue un ancrage historique pour de nombreux explorateurs, dont le célèbre capitaine Cook, qui vint ici avec une équipe de scientifiques observer le passage de Vénus devant le soleil, en 1769. C’est ainsi qu’ils donnèrent le nom de cette planète à la pointe qui ferme la baie, havre de paix et de tranquillité coralliennes.

Pointe Tahara’a 

PK 7.
On y parvient en continuant la route côtière, puis en grimpant à l’assaut des vestiges d’un petit volcan qui s’avance dans la mer, formant la pointe, dont le panorama splendide embrasse Papeete et Moorea dans un concert de bleu et de vert.

Papenoo 

PK 13.
Le rivage se fait plus sauvage à l’approche de Papenoo et de la côte au vent, où les rouleaux font la joie des surfeurs tahitiens, qui viennent ici par dizaines s’adonner à leur sport favori. Papenoo tient en fait son nom de la plus grande rivière de Tahiti, qui se jette au débouché d’une vallée que l’on peut explorer et qui permet même de traverser, en véhicule tout-terrain, l’île du nord au sud pour déboucher de l’autre côté, à Mataiea.

Excursion de Papenoo à Mataiea, à l’extrême sud 

Entre les flancs escarpés de volcans endormis et les marae de Fare Hape, on découvre le site archéologique de Tahinu (à 1 km de Fare Hape), avec ses nombreuses habitations instituées en un véritable village regroupé autour du plus grand marae de la vallée.
La route traversière serpente de gué en gué, et l’on visite le site d’Anapua (km 10), avant de grimper vers le rebord de la caldeira, où le paysage devient réellement spectaculaire, notamment le long de la galerie (km 30), qui creuse, sur près de 200 m, le col Urufau.
En descendant du volcan, on admirera le lac Vaihiria (km 34), célèbre pour ses mystérieuses anguilles à oreilles, et les terrasses archéologiques de Pautuna (km 38), avant de déboucher sur Mataiea, après plus de 45 km d’expédition verte.

Les trucks
 
A Tahiti, impossible de ne pas remarquer les trucks, transports en commun locaux, aux cabines en bois bariolées posées sur un châssis de camion, généralement conduits par des Tahitiens de bonne stature. Bruyants et le plus souvent bondés, de voyageurs tassés sur leurs sièges en bois comme de marchandises diverses et même parfois d’animaux, les trucks sillonnent les routes de l’île, chargeant et déposant leurs passagers selon des codes qui échappent encore aux règles d’une organisation pourtant bien mise en place depuis quelques années. Un geste de main, une onomatopée, et vous voilà à pied d’œuvre. Outre leur convivialité – impossible de ne pas y lier connaissance -, ils sont peu onéreux. La gare centrale se situe sur le boulevard Pomare, à hauteur du fare Manihini.

Côte sauvage 
Après Papenoo, vers l’est, le littoral se fait encore plus sauvage. La côte de basalte déchiquetée est battue par les vagues argentées qui éclaboussent, par gros temps, la route en corniche, jaillissant en geyser au trou du Souffleur (PK 22) et hurlant dans un lava-tube (tube de lave inclus dans la falaise de basalte) tout proche.
Peu après cette curiosité naturelle, une petite route s’enfonce à droite vers les cascades de Faarumai (à 3 km de la route principale), régal de fraîcheur par grande chaleur. Attention toutefois aux moustiques, qui ne feront, dans cet environnement de vasques de roche noire et de végétation tropicale, aucun cadeau !
De retour sur la côte, on pourra pousser toujours vers l’est vers les districts plus préservés de Mahaena (PK 27) et Hitiaa (PK 38), où les activités traditionnelles comme la pêche au eina’a (filet circulaire) sont encore vivaces. C’est dans cette dernière localité qu’est supposé avoir débarqué Louis-Antoine de Bougainville le 6 avril 1768, et une plaque commémore le passage du commandant de La Boudeuse à qui la passe doit ici son nom.