Côte ouest 

Très urbanisé car agréablement placé sous le vent, le littoral au sud de la capitale tahitienne conduit tout d’abord à Faa’a (PK 5,5) et à son aéroport international, où toutes les histoires d’amour avec la Polynésie commencent, au son des to’ere et dans le parfum d’une fleur de tiare offerte à la descente de l’avion.
De Faa’a à Punaauia (PK 9), la côte n’est qu’une longue succession d’îlots urbains, ponctués çà et là de quelques grands complexes hôteliers et de marinas très prisées. La circulation automobile y est importante, notamment lors des embouteillages biquotidiens vers ou en provenance de Papeete.
Le littoral et son sable blanc sont rarement accessibles tant les constructions ont pris d’assaut un espace côtier idyllique. Mieux vaut, pour admirer le lagon, prendre de la hauteur et s’enfoncer vers la montagne.

Suivez le guide ! 

Ne manquez pas de visiter les bassins supérieurs des cascades de Faarumai, beaucoup plus tranquilles, certains jours, que le premier, facile d’accès.

Route du mont Marau 

Une fois passé les niches de villégiature parfois somptueuses bâties à flanc de colline, qui offrent une vue inoubliable sur Moorea et sur ses couchers de soleil flamboyants, on pénètre dans le sanctuaire des majestueux remparts volcaniques du mont Marau, du Diadème, du mont Aorai, du mont Orohena et de leurs pitons échancrés.
On accède à ces paysages par une piste qui grimpe, au départ de Faa’a, jusqu’à 1 400 m et qui tutoie avec détachement quelques à-pics vertigineux.

Hā: Breath of Life © Burt Lum

Hā: Breath of Life © Burt Lum

Punaauia 
Dans la marina Taina de Punaauia (PK 9), on visitera le Lagoonarium (PK 11, ouvert tous les jours de 8 h à 17 h), qui offre une visite du monde sous-marin à pieds secs, et le musée de Tahiti et des Iles (PK 15, ouvert tous les jours de 9 h 30 à 17 h 30), qui présente, en bordure du lagon, une collection d’objets archéologiques ainsi que des documents historiques racontant le passé culturel et les traditions ethnographiques des archipels polynésiens. De Punaauia, on s’enfonce vers l’intérieur par la vallée de la rivière Punaruu jusqu’au plateau des Orangers (à une dizaine de kilomètres de la route circulaire), qui accueille, au mois de juillet, une récolte haute en couleur.

Vers le sud tranquille 

A partir de Punaauia, le littoral devient un peu moins urbain, et Paea (PK 19) impose son importance religieuse ancestrale par la présence de nombreux marae, dont celui d’Arahurahu, qui revit chaque année lors des fêtes du heiva.
Non loin de là, la pointe Maraa (PK 28) est plus qu’un simple éperon rocheux séparant les districts de Paea et de Papara. Elle constitue notoirement une véritable frontière climatique au-delà de laquelle on constate une réelle augmentation de la pluviosité.
La grotte de Paroa (PK 28,5), toute proche, ouvre, au fond d’un jardin tropical exubérant, une énorme bouche obscure habitée d’un petit lac aux eaux noires.

Les PK 
A Tahiti, comme bien souvent en Polynésie, on se repère sur la route grâce à un système de plots kilométriques qui ponctuent un ruban d’asphalte d’où rayonne l’ensemble de la vie économique et sociale de l’île. Ainsi, l’appellation « PK » suivie d’un nombre signifie bien plus que la simple mesure kilométrique qu’elle exprime au départ du PK 0 de Papeete (au pied du centre Vaima) ou de Taravao pour la presqu’île. Elle rythme la vie des Tahitiens, qui en ont fait un élément de leur quotidien et qui s’y référeront immanquablement si on leur demande son chemin. Il faut donc savoir que les 120 km qui ceinturent Tahiti Nui sont fractionnés en deux (est et ouest), de Tahiti, PK 0, à Taravao, PK 60.

Côte sud 
Papara 
PK 36.
La ville est surtout connue pour son musée du Coquillage, d’une grande richesse (PK 36,5, ouvert du lundi au vendredi de 8 h à 16 h 30, le samedi et le dimanche de 9 h à 12 h et de 13 h à 16 h 30), sa splendide plage de sable noir à l’embouchure de la rivière Taharuu, site réservé des surfeurs, et son domaine d’Atimaono, ancienne et vaste plantation dont seule subsiste aujourd’hui une rhumerie en ruines.

Mataiea 
PK 42.
Le lieu offre une halte fraîcheur avec les bains Vaima et la cascade Vaipahi, entourée d’une végétation sublime.

Musée Paul-Gauguin 

PK 51. Ouvert tous les jours de 9 h à 17 h.
Il vaut largement le trajet tant l’hymne au peintre de Pont-Aven respire le « jouir » si cher à l’homme tombé éperdument amoureux de la Polynésie. Même si les œuvres originales y sont rares, on y trouvera néanmoins de nombreux documents et objets retraçant la vie de l’artiste et témoignant des étapes de son œuvre ainsi que de ses sources d’inspiration.

Jardin botanique 

PK 51. Ouvert tous les jours de 9 h à 17 h.
Il constitue un vaste et somptueux parc d’inspiration naturaliste présente, tant un florilège des espèces végétales indigènes et de celles introduites à Tahiti.

Taravao 

PK 60.
La route arrive finalement à Taravao, située à l’opposé de Papeete et qui constitue, comme la capitale tahitienne, le nœud de passage entre la côte est et la côte ouest. C’est aussi la porte d’entrée vers la presqu’île de Tahiti, bien moins peuplée que le reste de l’île.

Presqu’île de Taiarapu, royaume sauvage 
Côte est et côte ouest de Tahiti Nui (la grande Tahiti) se rejoignent donc au niveau de l’isthme de Taravao, qui ouvre vers le domaine de Tahiti Iti (la petite Tahiti), massif volcanique secondaire encore plus sauvage que son grand frère.

Vers les hauteurs 

Les plateaux de Taravao offrent un dépaysement total avec leurs troupeaux de vaches charolaises et limousines ruminant à l’ombre des cocotiers et des manguiers. Du belvédère, la vue est superbe sur l’ensemble de Tahiti Nui surgissant de l’océan.

Côte ouest 

On passe Toahotu (PK 3), puis la marina Punnui (PK 6,5), pour découvrir le port naturel de Vairao (PK 7,5), repérable à ses énormes bittes d’amarrage. C’est en effet le seul endroit de l’île qui puisse accueillir des bateaux de très fort tonnage tels que le France, qui y fit escale en 1972 et en 1974.
Après les bassins d’aquaculture de l’Ifremer, institut qui élève des crevettes et des chevrettes (eau douce), la route s’arrête à Teahupoo (PK 15).

Côte est 

On traverse d’abord la zone de cultures vivrières et d’élevage d’Afaahiti, avant de découvrir un paysage qui devient de plus en plus sauvage à l’approche de Tautira (PK 18), petit village du bout du monde qui séduisit Robert Louis Stevenson, qui y séjourna deux mois en 1888. Tautira marque la fin de la route et ouvre, comme Teahupoo sur la côte ouest, sur un domaine sauvage d’une rare beauté.

Au cœur du Fenua Aihere 
Les randonnées – de bon niveau – pour découvrir les pétroglyphes cachés au cœur de cette portion de littoral isolé et peu fréquenté entre Tautira et Teahupoo sont légion.
La piste du Pari (8 km) est certainement la plus célèbre, ralliant la pointe extrême de la presqu’île. Attention, il ne s’agit pas d’une simple balade à envisager à la légère tant les passages dangereux et les corniches exposées aux vagues sont nombreuses. On pourra alors découvrir, entre la pointe Hihitera et la vallée de Vaipoiri, le trou du Diable, la grotte Anaihe, la baie de Pierere et celle de Faroa, niches de nature quasiment vierges qui donneront un goût de ce que les aventuriers des mers du Sud purent ressentir en abordant sur cette île magique.

Teahupoo, la vague du bout de la route 

A l’aube du xxie siècle, en août 2000, la vague de Teahupoo, petit village de pêcheurs au bout de la route qui mène à la presqu’île de Tahiti, devient en quelques heures la plus célèbre des vagues du monde, grâce à la « Millenium Wave » de l’Hawaiien Laird Hamilton, la plus effrayante et la plus belle des déferlantes jamais domptées par un homme. Inscrite au calendrier du championnat du monde de surf depuis 1999, Teahupoo est aujourd’hui la vague la plus crainte et la plus respectée par les surfers du monde entier. Ce véritable monument liquide attire des centaines de curieux chaque année en mai, durant le championnat, mais l’on peut partir à la découverte de ce magnifique phénomène de la Nature tout l’année, grâce aux pêcheurs locaux qui vous emmèneront au large de la passe ou en louant des kayaks. Frissons garantis.