Moorea, l’île sœur 

A un peu plus de 15 km au large de Tahiti, Moorea offre au visiteur sa forme de cœur échancré couronné par un massif montagneux aux pointes volcaniques acérées.
L’île, bien souvent première étape dans la découverte des archipels, constitue un havre de villégiature privilégiéimmédiatement accessible qui permet de se remettre rapidement du voyage et du décalage horaire.
Son littoral nord, le plus clément, le plus ensoleillé et donc le plus peuplé, abrite la plupart des grands hôtels, qui ouvrent sur un lagon sublime. Calme, fleurie et encore préservée d’un urbanisme sauvage à la tahitienne, Moorea est peu à peu devenue la « banlieue » résidentielle de Tahiti, un cadre de vie voluptueux que privilégient notamment de plus en plus les artistes du territoire.

Vaiare 
En venant de Tahiti par le ferry, on débarque sur le quai de Vaiare, qui s’anime à chaque rotation des navires transportant écoliers et touristes, 4×4 chargés d’enfants et de mamas, camionnettes remplies de fruits et de fleurs odorants. On se retrouve alors sur l’unique route circulaire de 60 km de long, dont les plots kilométriques ont la forme de l’île. Beaucoup moins encombrée que celle de Tahiti, elle longe, à travers les vestiges d’une immense cocoteraie plantée à la fin du xixe siècle, un littoral encore bien préservé et se révèle très agréable à parcourir en truck, en scooter ou même à vélo.

Polinesia (www.viajar24h.com)-34 © Viajar24h.com

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Vers l’intérieur 
Du centre de Vaiare, une route s’enfonce côté montagne sur quelques centaines de mètres avant de céder la place à un sentier. Ce dernier s’élève à travers les manguiers, les caféiers et les mape à l’assaut des pentes du volcan et du mont Mouaputa, lui-même dominé par le piton massif du mont Tohiea.
A l’arrivée au col, la vue embrasse, d’un côté, la baie de Vaiare, avec Tahiti au fond, de l’autre le mont Rotuiet les remparts vertigineux de l’ancienne caldeira.
On peut alors descendre vers Pao Pao ou revenir sur ses pas et reprendre la route circulaire vers le point de vue de Toatea.

Vers Temae et les plages 
Ce dernier offre une vue splendide sur Tahiti et le lagon de Teavaro qui, avec la pointe Temae (PK 1) et les plages du même nom, constitue une première halte balnéaire incontournable. La plage publique de Nuareiest d’ailleurs considérée comme l’une des plus belles de l’île.
C’est cet ensemble aux couleurs chatoyantes que l’on peut admirer lorsque l’on arrive en avion pour atterrir à l’aéroport de Temae (PK 0), contigu au lac Temae, jadis en communication avec l’océan, aujourd’hui écosystème privilégié pour quelques poissons et la seule espèce de canards de Polynésie française.

Baie de Cook 
Au nord de Moorea.
Passé Maharepa (PK 4), qui vibre tous les dimanches des himene chantés dans son temple, cette baie est la première des grandes baies qui entaillent la côte nord de Moorea. Au fond se trouve le village de Pao Pao(PK 8).

De Pao Pao vers l’intérieur 
Après avoir visité la chapelle Saint-Joseph (PK 10), qui abrite une fresque peinte en 1946 par l’artiste Paul Heyman représentant La Nativité polynésienne, il faut prendre la petite route qui monte vers l’intérieur et les champs d’ananas – d’où son nom de route des Ananas -, puis partir à l’assaut de la montagne dans une végétation luxuriante parfois noyée dans une brume rafraîchissante.
Au bout du chemin attend incontestablement l’un des plus beaux panoramas de toute la Polynésie : adossé aux parois verticales de l’ancienne caldeira, le belvédère (à 8 km de la route circulaire) permet en effet d’admirer d’un seul coup d’œil l’ensemble de la côte nord et plus particulièrement l’énorme piton volcanique lui faisant face du mont Rotui, qui surgit de la plaine littorale, encadré des deux cicatrices bleu sombre des baies de Cook et d’Opunohu.

Baie d’Opunohu 
Au nord de Moorea.
Du belvédère, on peut redescendre vers cette dernière, plus profonde et sauvage que sa jumelle, qui accueillit en son temps l’Endeavour du capitaine Cook. En route, on ne manquera pas de s’arrêter au site archéologique de Titiroa (PK 18), avec ses multiples lieux de culte et de réunion disséminés dans une forêt de mape et en partie restaurés.

Le « cent-pieds » 
La Polynésie ne compte aucun animal dangereux sur terre. Le seul qui puisse donner quelques soucis au visiteur est le « cent-pieds ». Il s’agit d’un scolopendre venimeux comparable à celui que l’on rencontre en Europe dans les régions méditerranéennes, mais qui atteint, sous ces latitudes, plus de 20 cm. Sa morsure est très douloureuse bien que sans danger et provoque une enflure du membre atteint. L’animal aime plus particulièrement les jardins et les endroits ombragés, dans lesquels il est recommandé de ne pas marcher pieds nus.

Suivez le guide ! 
Ne manquez pas de goûter au délicieux jus d’ananas frais, spécialité de Moorea.

De Papetoai à Afareaitu 
A la sortie de la baie d’Opunohu, Papetoai est célèbre pour avoir accueilli le premier temple protestant construit en Polynésie, édifié en 1813 sur l’emplacement du marae royal de Taputapuatea dédié au dieu Oro. Cet acte fondateur, concomitant de l’adoption par Pomare II de la nouvelle religion, sonna le glas de la religion ancestrale dans l’archipel de la Société.
Après le village, le littoral devient véritablement sublime, avec un large lagon aux reflets émeraude.

Papetoai 
PK 21.
C’est naturellement dans ce cadre idyllique qu’ont élu domicile les plus grands hôtels de Moorea, qui offrent à leurs pensionnaires une villégiature à la mesure de la réputation paradisiaque de l’archipel polynésien.
La plongée y est tout particulièrement à l’honneur grâce à une faune sous-marine remarquable (requins, poissons multicolores, coraux de toutes sortes), qui attire notamment les passionnés autour des « motu » Tiahura et Fareone.
Les naturalistes dans l’âme ne manqueront pas d’effectuer des sorties en mer pour observer le groupe de dauphins ayant élu domicile dans cette zone et, à la saison de leur migration estivale, les énormes baleinesfuyant les rigueurs australes.

Tiki Théâtre 
PK 31, Haapiti. Horaires des cérémonies et manifestations variables.
En reprenant la route, on effectuera une halte à ce qui constitue un « centre culturel et folklorique où le rêve polynésien existe encore, unique village du Tahiti d’autrefois ». A prendre au deuxième degré si l’on souhaite découvrir les traditions et costumes ancestraux, au premier degré si l’on envisage un mariage folklorique haut en couleur.

Le royaume des pêcheurs 
Un peu plus loin, le « marae » de Nuurua (PK 31,5) fait replonger le visiteur dans l’histoire de façon plus véridique avec ses trois plates-formes cérémonielles en cours de rénovation.
Passé Haapiti (PK 24), l’île se fait plus sauvage, et il n’est pas rare de rencontrer quelques pêcheurs avec leurs sennes ou leurs épuisettes, notamment à l’approche de la baie et du village d’Atiha (PK 18) et vers Afareaitu (PK 10), siège ancestral de cette corporation sur l’île.

Tetiaroa, le refuge de Marlon Brando 

A quelques encablures de Tahiti, le petit atoll de Tetiaroa préfigure les images édéniques des atolls des Tuamotu. Vu du ciel, Tetiaroa en est même une expression quasi parfaite tant son anneau de bleu turquoise scintille comme un véritable bijou sur le velours sombre de l’océan. Avec ses petits motu, îles de sable peuplées de cocotiers verdoyants, sa couronne de corail et son lagon intérieur, pastille d’un bleu sublime, Tetiaroa sacralise l’idée même du paradis terrestre. La dynastie Pomare ne s’y était d’ailleurs pas trompée, qui en avait fait un lieu de villégiature royale. Marlon Brando non plus, tombé amoureux fou, en même temps que de sa partenaire tahitienne des Révoltés du Bounty, de cette merveille des mers du Sud qu’il finira par acquérir en 1966, avec un bail de 99 ans. 
Depuis la mort du célébrissime propriétaire en 2004, le seul atoll (île basse) de l’archipel de la Société attire les convoitises immobilières mais pourrait bientôt devenir une réserve naturelle classée. Tetiaroa n’a pour l’instant eu à subir que les ravages naturels liés au passage des cyclones. 
Il faut dire que l’île est difficile d’accès, car elle ne possède pas de passe et les débarquements à l’extérieur, même par faible houle, ne sont jamais de tout repos.
La hauteur maximale des 13 motu ne dépassant pas 3 m, on y trouve une flore spécifique adaptée aux embruns de l’océan où nichent de nombreuses espèces d’oiseaux de mer.

Ile aux Oiseaux 
C’est l’appellation française du motu le plus célèbre de l’atoll, celui de Tahuna Iti. Il abrite l’une des colonies les plus riches de Polynésie, où se côtoient sternes blanches, fous bruns, frégates, pailles-en-queue et, surtout, sternes huppées dont c’est la seule colonie connue aux îles du Vent. Ce paradis est accessible en bateau à voile grâce à des excursions à la journée au départ de Papeete, mais aussi en avion pour un séjour un peu plus long dans l’unique structure ouverte par le maître des lieux, sur le « motu » Tiaraunu. Le Tetiaroa Village, hôtel bâti uniquement avec des matériaux naturels, est, à l’image du cadre qui l’entoure, un modèle d’intégration dans cet univers de nature souveraine.