Bout de terre perdu dans le Pacifique à 3 700 km à l’ouest du Chili, l’île de Pâques est pourtant connue de tous: l’image de ces grands « moais » tournant le dos à l’océan a fait le tour de la planète. Elle captive les voyageurs par ses multiples mystères, son paysage polynésien préservé, ses plages de sable blanc et ses eaux transparentes.

Rapa Nui

Nom donné à l’île de Pâques par les autochtones, il signifie « nombril du monde ». Cette appellation proviendrait d’une grosse pierre, parfaitement arrondie, que les Pascuans trouvèrent dans la baie de Hanga Hoonu, la considérant comme représentant le centre de l’univers. 

Rappel historique 
Aujourd’hui, environ 3 500 personnes vivent sur cette petite île de 180 km2. L’origine de ses habitants est floue. Les historiens pensent que Rapa Nui est peuplée au IVe siècle par des Polynésiens venus des Marquises. Entre le VIIe et le XVIIe siècle, il y aurait eu environ 5 000 à 10 000 habitants, répartis en tribus gouvernées par des rois et vivant d’agriculture et de pêche. A priori, deux périodes d’immigration auraient donné naissance à deux clans rivaux: les courtes oreilles et les longues oreilles. Les derniers auraient réduit en esclavage les premiers pour construire notamment les moai. Mais les courtes oreilles se seraient révoltés, décimant les longues oreilles, puis renversant un grand nombre de statues afin de signifier leur victoire. Le 5 avril 1722, jour de Pâques, le Hollandais Jacob Roggeveen découvre l’île. Plus tard, elle devient possession des Péruviens, qui, en 1862, déportent un millier d’hommes pour en faire des esclaves ramasseurs de guano. Ils tuent plusieurs centaines de Pascuans, dont le roi et des dignitaires religieux. En 1868, des marins anglais s’emparent d’un moai, qui est de nos jours au British Museum. En 1872, des marins français mettent à terre plusieurs idoles et rapportent une tête qui se trouve au musée de l’Homme à Paris. De 1868 à 1877, les malheurs continuent avec l’arrivée de Dutrou-Bornier, aventurier français, qui se proclame maître de l’île, réduisant la population à 111 personnes avant d’être assassiné. Le 9 septembre 1888, l’île devient propriété du Chili qui la loue à une compagnie britannique pour élever des moutons. Jusqu’alors laissés-pour-compte et parqués, les Pascuans obtiennent en 1968 le droit de vote et le statut de citoyens du Chili.

Statues ou moai 
Dressées entre le VIIe ou le VIIIe siècle et le XVIe ou XVIIe siècle, elles sont disposées en bord de mer, pratiquement tout autour de l’île. Pour les indigènes, elles incarnent les esprits des ancêtres. Fabriquées en tuf provenant du volcan Rano Ranaku, elles mesurent de 3 à 20 m et pèsent entre 8 et 80 tonnes. La manière dont les Pascuans déplaçaient les moai n’est pas certifiée, mais il est très probable qu’ils les faisaient rouler sur des rondins de bois avant de les hisser sur leurs ahu, piédestal en pierre ou en terre.

Hanga Roa

Au sud-ouest de l’île. Chef-lieu et seule ville de l’île, elle accueille la majeure partie de la population. Il s’agit d’une bourgade assez étendue, tranquille et plaisante où il y a peu de voitures, les habitants se déplaçant plutôt à cheval, en moto ou à pied. 

Feria municipal (foire municipale) 
Sur la place de la mairie, près de l’office de tourisme.
Lieu incontournable pour ramener un souvenir de l’île. Les artisans proposent un grand choix d’objets dont évidemment des moai et des tablettes Rongo Rongo miniatures. Il est conseillé de marchander, car les prix sont assez élevés.

Eglise Immaculée-Conception 
Rue Tu’u Koihu.
Alors que l’extérieur de ce petit édifice est plutôt sobre, l’intérieur mérite le détour pour ses belles sculptures pascuanes en bois qui mêlent représentations religieuses catholiques et mythes de Rapa Nui, comme par exemple une Vierge à l’Enfant surmontée d’un oiseau. Le dimanche matin, la messe est ponctuée de chants locaux.

Museo antropologico Padre Sebastian Englert (musée anthropologique Père-Sebastian-Englert) 
Au nord de la ville près du centre cérémonial de Tahai. Ouvert du mardi au vendredi de 9 h 30 à 12 h 30 et de 14 h à 17 h 30, le week-end de 9 h 30 à 12 h 30. Fermé le 25 décembre, 1er janvier et Vendredi saint. Ouvert seulement le matin le 17 septembre, les 24 et 31 décembre. Entrée payante sauf pour les enfants de moins de 8 ans.
Cette institution est consacrée exclusivement à la promotion et à la présentation de la culture locale. Les 22 collections sont constituées de 15 000 objets et pièces archéologiques, tels outils, œil de moai,hameçons en os, récoltés par le père Englert qui vécut plus de 30 ans sur l’île. A sa mort, il les légua à l’Etat chilien afin que les touristes puissent découvrir la civilisation pascuane encore très peu connue. La communauté Rapa Nui compléta ce patrimoine en faisant don d’ouvrages artisanaux et de reproductions.

Suivez le guide ! 
D’Anakena, poursuivre vers la baie de Hanga Hoonu où se trouve la pierre ronde qui matérialise pour les Pascuans le nombril du monde.

Ile de Pâques Rapa Nui

Parque nacional Rapa Nui (parc national Rapa Nui)

Sur toute l’île. Entrée payante.
Avec une surface de 6 859 ha, le parc couvre aujourd’hui environ 40 % du territoire insulaire,protégeant ainsi les sites archéologiques et les ressources naturelles. 300 ahu (plates-formes de cérémonies) et presque 900 statues disposés à différents endroits de l’île sont ainsi préservés et restaurés si nécessaire. 

Site Tahai 
Au nord de Hanga Roa.
Ce secteur, proche de la ville, est formé par trois ahu : Vai Uri, Tahai et Ko Te Riku. Le premier supporte cinq moai de tailles différentes et les deux autres un seul. La statue de Ko Te Riku est coiffée d’un couvre-chef en pierre rouge et possède des yeux, ce qui est rare. Juste à côté, il y a une maison typique en forme de bateau et des fours en pierre. Tahai a été restauré entre 1968 et 1970.

Village d’Orongo 
Au sud de Hanga Roa.
Etabli au bord du cratère du volcan Rano Kau et de la falaise, Orongo est composé de cinquante maisons de pierre de forme elliptique, surveillant la mer située à 300 m. Les multiples pétroglyphes de ce village de cérémonie rappellent que les Pascuans y pratiquaient le culte de l’homme-oiseau, élu tous les printemps. Chaque postulant désignait un serviteur chargé de se rendre sur l’îlot Motu Nui chercher le 1er œuf de sterne sans le briser. Escaladant la paroi, bravant les courants de l’océan, le premier qui parvenait à l’offrir à son maître le consacrait homme-oiseau de l’année. Elevé au rang de dieu vivant, il devait se raser la tête, les sourcils et les cils et vivre reclus pendant un an jusqu’à la prochaine célébration.

Ahu Tahira 
Sur la côte est, en face de Hanga Roa.
Les murs aux blocs de basalte poli qui composent le site sont souvent comparés aux parois de Cuzco au Pérou. Les pierres sont en effet agencées de la même façon, parfaitement imbriquées les unes par rapport aux autres, taillées de manière qu’il n’y ait aucun interstice entre elles. Certains historiens imaginèrent alors que les Pascuans provenaient d’Amérique du Sud. Mais en réalité, la construction de l’ahu Tahira est antérieure à l’époque Inca.

Ahu Akivi 
A 5 km au nord de Hanga Roa.
Il se distingue de tous les autres, car les sept « moai » sont cette fois-ci face à la mer. Ils représenteraient les sept explorateurs envoyés par le roi Hotu a Matu’a, le 1er colonisateur polynésien de Rapa Nui.

Rano Raraku et l’ahu Tongariki 
A l’est de l’île, vers la péninsule de Poike.
La carrière de Rano Raraku est l’un des emplacements les plus importants de l’île de Pâques. En effet, la plupart des moai ont été taillés à cet endroit. Aujourd’hui, sur la pente sud du volcan tout proche, il reste encore 400 statues non terminées permettant de voir les différentes étapes de façonnage. On ignore toujours pourquoi elles sont restées inachevées. A côté, l’ahu Tongariki est le site le plus imposant de l’île, car il regroupe 15 moai.

Plage d’Anakena et ahu Nau Nau 
Près de cette plage au sable blanc et à l’eau turquoise, où d’après la tradition orale auraient débarqué les premiers hommes provenant des Marquises, l’ahu Nau Nau est l’endroit où fut retrouvé pour la première fois un œil de moai fabriqué en corail.

Les tablettes Rongo Rongo 
Le missionnaire européen Hypolite Roussel découvre en 1870 dans les mains des Pascuans des tablettes de bois gravées qu’ils appellent Ko Hau Rongo Rongo: « bois parlants ». Beaucoup d’entre elles vont être détruites par des religieux chrétiens, et l’élite capable de les décrypter sera déportée par les Péruviens. Des ethnologues et linguistes essayent d’analyser et de déchiffrer cette écriture. Différentes hypothèses sont avancées: graphie syllabique, écriture mixte où certains signes représenteraient des choses ou des êtres et d’autres une action, chants rituels de cérémonie… Les avis divergent et le mystère demeure.

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