Avant Christophe Colomb

Cuba a été habitée par des hommes « préhistoriques », ainsi qu’en témoigne la « Grotte Numéro Un » (Cueva Numero Uno) à Punta del Este, dans l’île de la Jeunesse, qui comporte des témoignages, de présence d’Indiens siboneys. C’est un ensemble de 213 peintures rupestres, partiellement polycrhomes, sur les parois et les plafonds. Cette grotte a été découverte par un géographe français au début du xxe siècle et vulgarisée par un savant cubain, Fernando Ortiz, en 1922. Au cours des travaux de nettoyage et de mise en valeur, d’autres peintures ont été découvertes en 1967. Une reproduction de cette grotte est présentée au Musée des Sciences Naturelles Felipe Poey à La Havane. À l’arrivée des Européens, Cuba était peuplée d’Indiens arawaks, ou araucos. Selon certaines estimations, la population indienne de Cuba était de 200 000 personnes à la fin du xve siècle. En 1532, il n’y en aurait plus que 5 000 et, à la fin du XVIe siècle, plus aucun ; ils avaient été exterminés par les massacres, les maladies ou les travaux forcés. 

Affiche en faveur de Fidel Castro

Affiche en faveur de Fidel Castro

La colonisation espagnole

le 28 octobre, Christophe Colomb, dans le cadre de son premier voyage, aborde Cuba ; il est émerveillé par la beauté des lieux. L’Histoire a retenu que c’est par Port Bariay situé au nord de Holguin que Colomb a pénétré Cuba. l’explorateur Sebastian de Ocampo bouclant le tour de Cuba se rend compte que c’est une île. Diego Velazquez de Cuellar chargé d’organiser la « conquête » de Cuba affronte la résistance des Indiens. le 2 février, l’Indien Hatuey est brûlé vif par les Espagnols. L’Histoire garde la mémoire du premier héros de la « guerre coloniale » à Yara. Cuba « pacifiée » et « conquise » par Diego Velazquez. 
Début des massacres systématiques des Indiens. le 16 novembre, fondation formelle de la ville de La Havane le jour de la Saint-Christophe sous le nom de San Cristóbal de La Havana. « importation » massive de Noirs d’Afrique comme esclaves, dans les mines et les plantations. ‘Espagne met en place une administration locale. le 10 juillet, le corsaire français Jacques de Sores attaque La Havane. Cuba et sa « capitale », La Havane, se développent. Les navires espagnols chargés des ors et des pierres précieuses en provenance des autres colonies (notamment Pérou, Mexique, Colombie, Saint-Domingue) s’y regroupent pour former cortège avant la grande traversée transatlantique vers Séville et Cadix. Période agitée par la flibusterie. le Traité de Ryswick « met fin » à la piraterie dans la mer des Caraïbes. en août, occupation anglaise de La Havane rendue aux Espagnols en échange de la Floride par le Traité de Fontainebleau (6 juillet 1763). création de la fonction de capitaine général de Cuba, qui donne une relative autonomie de gouvernement pour les affaires locales. « premières » manifestations d’indépendance à Cuba contre l’Espagnol qui se voit progressivement bouté hors du sud du continent américain. à Cuba, premier chemin de fer de tout l’Empire espagnol, avant même la métropole. le 10 octobre, Carlos Manuel de Céspedes libère ses esclaves et engage les « Cubains » à se libérer de l’Espagne. 

« Première » Guerre d’Indépendance : la « Guerre de Dix ans ». proclamation de la république à Guaimaro avec Carlos Manuel de Céspedes comme président. à la bataille de San Lorenzo, Carlos Manuel de Céspedes est vaincu. La lutte continue jusqu’en 1878 avec Antonio Maceo. l’Espagne rétablit son autorité sur Cuba. abolition générale officielle de l’esclavage. le « patriote » José Marti fonde le Parti Révolutionnaire Cubain. Il est fils d’un sergent d’artillerie de l’armée espagnole. au début de l’année, soulèvements armés pour l’indépendance, menés notamment par José Marti et Antonio Maceo. Le premier meurt à la bataille de Dos Rios le 19 mai 1895 et le second en 1896 à celle de San Pedro ; le général Gomez prend la tête des insurgés. Les États-Unis commencent à s’inquiéter de cette agitation à leurs portes. en novembre, l’Espagne propose « l’autonomie » à Cuba, que rejettent les insurgés. le 15 février, explosion tragique à bord du croiseur Maine appartenant aux États-Unis dans la baie de La Havane : 266 marins américains tués. 1898 : le 18 avril, la chambre des représentants des États-Unis vote le retrait des Espagnols de Cuba et le droit de l’île à l’indépendance. 

le 25 avril, les États-Unis entrent en guerre contre l’Espagne. le 10 décembre, signature du Traité de Paris entre les deux belligérants ; l’Espagne cède aux États-Unis ses colonies des Philippines, Guam et Porto Rico ; Cuba est confié à Washington qui devra se charger de son accession à l’indépendance. L’Indépendance le 1er janvier, pendant la cérémonie de transmission des pouvoirs entre l’Espagne et les États-Unis, ceux-ci ignorent les « Patriotes » cubains conduits par le général Maximo Gomez originaire de Saint-Domingue. 

L’industriel Bacardi (le rhum’) décroche la bannière étoilée qui avait été hissée sur le sol cubain par les États-Unis. alors que les États-Unis disposent à Cuba de 6 000 hommes, une Assemblée constituante de 30 membres est nommée par eux pour rédiger la constitution de l’État cubain. 
Une commission préparatoire de 5 membres rejette les « diktats » des Américains sur les futurs liens entre Cuba et les États-Unis. le 12 juin, l’Amendement Platt, du nom du sénateur Orvill Platt, est « approuvé » par l’Assemblée constituante cubaine. Il prévoit le droit pour les États-Unis d’intervenir à Cuba chaque fois que la paix sociale et la sécurité des citoyens américains est en péril. le 20 mai, transmission des pouvoirs des États-Unis au premier président de la République cubaine, Tomàs Estrada Palma. le 22 mai, traité finalisé entre les États-Unis et la République cubaine. Base U.S. à Guantanamo, avantages économiques, etc. ; en contrepartie, garantie pour Cuba d’écouler son sucre sur le marché américain. es États-Unis interviennent à Cuba en vertu de l’Amendement Platt. le 15 janvier, arrivée au pouvoir du colonel Fulgencio Batista qui renverse le gouvernement de Ramon Grau San Martin constitué en août 1933. en juillet, Batista se fait élire président de la République cubaine et se retire aux États-Unis, son mandat terminé, en 1944. le 10 mars, Fulgencio Batista s’empare à nouveau du pouvoir et gouverne en dictateur. Il transforme Cuba en capitale du jeu et de la corruption. le 26 juillet, en plein carnaval, un groupe de 120 jeunes gens conduits par Fidel Castro attaque la caserne de La Moncada, près de Santiago, dans l’espoir de renverser Batista. Ils échouent et sont faits prisonniers. amnistie des « mutins » de La Moncada. le 2 décembre, débarquement de 82 partisans venus du Mexique à bord du yacht Granma, conduits par Fidel Castro, son frère Raul, Camilo Cienfuegos, et un jeune médecin argentin Ernesto Guevara, dit le « Che ». Surpris par les forces de Batista, Fidel et douze de ses compagnons se réfugient dans la Sierra Maestra. Début de la guérilla cubaine. 

La révolution castriste

le 1er janvier, « l’armée révolutionnaire » entre à La Havane. Batista s’enfuit en République Dominicaine. Vague d’émigration des anti-castristes. e 3 janvier, rupture des relations Cuba-USA. en avril, échec d’un débarquement anti-castriste armé par les Américains à Playa Giron dans la baie des Cochons. La révolution cubaine est solennellement déclarée « socialiste ». en février, blocus des États-Unis contre Cuba décrété par John Kennedy, suivi par l’ensemble de l’Amérique latine en juillet, à la conférence de l’Organisation des États Américains (O.E.A.) tenue à San José de Costa Rica, chaque pays définit sa politique vis-à-vis de Cuba. en février, approbation par référendum de la constitution cubaine. 
À la fin de l’année, élections législatives. « Événements » dit du port de Mariel. Fidel Castro laisse partir vers les États-Unis les éléments anti-révolutionnaires, los Marielitos, au nombre estimé de 125 000. début de la campagne de « rectification des erreurs et tendances négatives ». en juillet, condamnation à mort et exécution « pour trafic de drogue » du général Ochoa, ancien compagnon de Castro. Fin de l’aide soviétique avec la disparition de l’URSS. début de la « période spéciale en temps de paix ». en août, Cuba accueille les xie Jeux Panaméricains. le 26 juillet, légalisation du dollar des États-Unis. 
Les Cubains peuvent librement manipuler et percevoir des dollars. en septembre, légalisation du travail à son propre compte. pendant l’été, exode de milliers de Cubains à bord d’embarcations de fortune, les balseros. en septembre, promulgation de la nouvelle loi favorisant les investissements étrangers dans l’économie cubaine. le 24 février, deux avions civils étasuniens sont abattus par des Cubains. Quatre morts. Le 12 mars, promulgation aux États-Unis de la loi Helms-Burton renforçant l’embargo contre Cuba ; cette loi permet de sanctionner les sociétés qui entretiennent des relations commerciales avec Cuba. L’embargo est condamné par l’ONU. Au troisième trimestre, légalisation des paladares (petits restaurants privés). Le 19 novembre, le pape Jean-Paul II reçoit Fidel Castro au Vatican. 
À la fin de l’année, première déclaration de revenus pour les personnes physiques en vue de la perception de l’impôt. en janvier, visite historique du pape Jean-Paul II à Cuba. Cuba renoue des relations diplomatiques avec plusieurs pays d’Amérique latine. L’affaire du petit Elian (écolier cubain dont les USA et Cuba se disputent la garde et qui sera rendu à Cuba) attise les tensions avec les USA. En novembre, La Havane accueille le sommet des pays ibéro-américains et le roi d’Espagne. les relations avec les USA se durcissent après l’élection de Georges W. Bush. les négociations autour d’une Zone de libre-échange des Amériques (prévue pour 2005) rejettent la participation de Cuba. la base américaine de Guantanamo héberge des prisonniers islamistes capturés en Afghanistan. En mai, visite de l’ancien président de USA, Jimmy Carter (prix Nobel de la Paix en 2002).

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