4 - Se déplacer de ville en ville

La côte pacifique du Mexique

 

Puerto Vallarta, vue panoramique - Mexique © Carlos Sanchez

Le littoral pacifique du Mexique semble béni des dieux du farniente. Parés d’une végétation luxuriante, les contreforts de la sierra Madre occidentale plongent ici dans un océan d’azur, préservant quelques baies ourlées de sable doré. Le tourisme de masse s’est certes entiché des grandes stations balnéaires, mais quelques villages de pêcheurs raviront les amateurs d’authenticité.

 

Matzatlán

Principale ville de l’Etat côtier de Sinaloa, Matzatlán est aussi considéré comme la capitale mondiale de la crevette, grâce à son importante flottille de pêche. Son statut de station balnéaire bon marché attire les touristes, Mexicains et Nord-Américains, depuis les années 1950. Dans la vieille ville, la présence hispanique n’a guère laissé de patrimoine architectural notable, hormis le teatro Angela Peralta, construit en 1860, la cathédrale au style néomauresque (1890), et quelques hôtels particuliers entourant la plaza Machada. Le fuerte Carranza, construit par les Espagnols, rappelle combien le port et ses galions venant des Philippines suscitaient la convoitise des pirates anglais et hollandais.

Acuario Matzatlán

Avenida de los Deportes. Ouvert de 9 h 30 à 18 h 30. Entrée payante.
Le plus grand aquarium du Mexique présente un panorama complet de la faune marine de l’océan Pacifique, de l’hippocampe au requin, en passant par les macaires, les coryphènes et les espadons-voiliers, autant de trophées recherchés au large de Matzatlán par les pêcheurs au gros.

Zona Dorada
Seize kilomètres de plages bordent le Pacifique. La concentration hôtelière y est irrégulière, mais devient parfois excessive, comme à Las Gaviotas, où le littoral prend des allures de costa Brava… Trois ravissantes îles permettent d’échapper aux plages parfois trop bondées de la zona Dorada : Los Pájaros, qui abrite une réserve ornithologique, Los Venados et Los Chivos, qui offre quelques plongées sous-marines intéressantes.

Mexcaltitán
A 200 km au sud de Matzatlán, entre terre et mer, au milieu des lagunes d’émeraude du Nayarit, Mexcatitlán est un pur joyau. L’île parfaitement ronde ressemble à un village flottant, avec une petite église blanche en son centre. De son parvis partent quelques ruelles, telles les branches d’une étoile : vue du ciel, on imagine un bourg en rosace, la rue circulaire qui fait le tour de l’île vient souligner cette image.

San Blas
A une soixantaine de kilomètres au nord-ouest de Tepic, la capitale de l’Etat de Nayarit, cette petite bourgade coloniale fut, dès 1590, un port vital pour la couronne d’Espagne jusqu’au début des années 1800. Sous la garde d’un fortin aujourd’hui en ruine, les galions venus des colonies de Philippines y débarquaient leurs précieuses marchandises, qui gagnaient Veracruz avant de traverser l’Atlantique jusqu’à Séville. On y vient désormais pour goûter aux plages de sable fin et glisser, en barque, dans la jungle lagunaire hantée de milliers d’oiseaux aquatiques. Seul inconvénient de ce lieu enchanteur : les jejenes, minuscules moustiques particulièrement voraces…

 

Suivez le guide !

El faro du cerro del Crestón, haut de 154 mètres, est le deuxième phare du monde après celui de Gibraltar. La vue sur la ville et le Pacifique est imprenable.

 

Puerto Vallarta

Lorsque la sierra Madre occidentale se décide à rejoindre le Pacifique, l’union fait le délice des touristes. Le fond de la bahía de las Banderas, une des plus grandes baies du monde, est tapissé de plages de sable blanc, séparées par des contreforts rocheux à la végétation touffue, plongeant dans une mer d’azur où s’ébattent des centaines de dauphins… Il a suffi que Hollywood découvre Puerto Vallarta pour que le petit village de pêcheurs devienne, en quelques décennies, la plus huppée des stations balnéaires mexicaines. Tout a été conçu pour plaire au vacancier Nord-Américain, jusqu’au coût de la vie, plus élevé que dans le reste du pays. Le front-de-mer est surtout urbanisé au nord du centreville, dans la marina Vallarta, le Nuevo Vallarta et les zones résidentielles de Flamingo Estates. Cependant le site demeure superbe.

Centre historique
Si le développement immobilier effréné a largement transformé le visage de Puerto Vallarta, les ruelles pavées de galets, les massifs de flamboyants et quelques élégantes demeures coloniales peintes à la chaux permettent au centre-ville d’entretenir une image quasi méditerranéenne. Symbole de la ville, le clocher de l’église Nuestra Señora de Guadalupe est surmonté d’une réplique géante de la couronne de l’impératrice Carlota, épouse de Maximilien 1er. Le mercado municipal est l’endroit le plus indiqué pour faire le plein de souvenirs.

Malecón
Le front-de-mer devient, au coucher du soleil, l’endroit le plus prisé de Puerto Vallarta. Sur plusieurs kilomètres, les boutiques de luxe, restaurants, terrasses de cafés et boîtes de nuit se succèdent.

Plages
Bordées de langoureux cocotiers, une vingtaine de plages ourlent la bahía de las Banderas, dont les plus belles ne sont accessibles que par la mer. Notamment Las Animas, Quimixto et Yelapa, à l’extrême sud de la baie, que l’on peut rejoindre pour la journée ou pour plusieurs nuits. Plus proche de Puerto Vallarta, Mismayola est aussi plus fréquenté. A l’extrême nord, la punta de Mita comblera les amateurs de surf et de plongée.

 

Richard Burton, Ava Gardner et la Nuit de l’iguane

En 1963, le réalisateur américain John Huston adapte au cinéma une nouvelle de Tennessee Williams, la Nuit de l’iguane. Lieu du tournage : la sublime plage de Mismayola, à Puerto Vallarta, où le réalisateur possède déjà une maison. Ava Gardner, plus sulfureuse que jamais, emporte Richard Burton dans les abîmes de l’amour et de ses tourments. Le film est un chefd’œuvre. Le monde entier découvre alors les charmes balnéaires et tropicaux de Puerto Vallarta. Le petit village de pêcheurs en sera bouleversé à jamais.

 

Colima

Principale ville de l’Etat du même nom, posée au milieu d’une vaste plaine encerclée d’imposants volcans, Colima fut le foyer d’une petite civilisation préhispanique. Occupé dès 1522 par les conquistadors, son centre historique témoigne d’un riche passé colonial, bien que les principaux édifices aient été à maintes reprises endommagés, puis reconstruits, suite à des tremblements de terre.

Museo de las Culturas de Occidente

A l’angle desrues Calzada Galván et Ejercito Nacional. Ouvert tlj sauf lundi de 9 h à 19 h. Entrée libre.
La civilisation de Colima, dont l’âge d’or embrasse l’ensemble de la période classique (200 av. J.-C. à 850) précolombienne, a légué des chefs-d’œuvre de terre cuite, ce qui laisse à penser que la région fut un des berceaux de l’avènement de la poterie en méso-Amérique. Le petit musée des Cultures occidentales, à la casa de la Cultura de Colima, témoigne de cette brillante maîtrise. Des centaines de figurines retrouvées dans des tombes illustrent le monde réel en miniature, à la manière de l’Antiquité égyptienne, où les défunts emportaient, dans l’au-delà, d’innombrables symboles du monde terrestre : petits temples, danseurs, instruments de musique, femmes portant des enfants dans les bras, animaux sauvages et domestiques, dont une impressionnante collection de chiens rondouillards, largement repris par l’artisanat local.

Bahía Santiago
A une centaine de kilomètres de Colima, au nord de la ville portuaire de Manzanillo, Bahía Santiago déroule ses pentes couvertes de jungle jusqu’à une succession de ravissantes plages : La Audiencia, Playa Santiago, Olas Altas et Miramar. A proximité, les quelques hôtels de Las Hadas ont choisi l’option du luxe et de l’intégration dans l’environnement.

 

Suivez le guide !

Proche de Puerto Vallarta, se trouve le charmant village de pêcheurs de Sayulita. Situé sur côte de Nayarit, cette destination est prisée des américains et canadiens amateurs de surf...

 

Zihuatanejo et Ixtapa

Comment deux stations balnéaires voisines peuvent-elles être différentes à ce point, et pourtant complémentaires ? Les heureux hasards de la nature alliés à la planification touristique ont donné naissance au couple Zihuatanejo/Ixtapa, au développement prometteur. Depuis les années 1970, en effet, le ministère du Tourisme s’est appuyé sur des études informatiques et satellitaires pour implanter une quinzaine de nouvelles stations touristiques sur le littoral mexicain. Ixtapa est de celles-là. Mais elle s’est épaulée sur une station déjà existante, Zihuatanejo.

Zihuatanejo
Le petit bourg de pêcheurs, descendant en pente douce jusqu’à une agréable baie protégée des rouleaux du Pacifique, s’est doucement transformé en une agréable station balnéaire, noyée dans la verdure. Petits hôtels de charme, animation nocturne réduite, la station conviendra aux férus de repos.

Ixtapa
Buildings de luxe en front-de-mer frôlant les 20 étages, galeries commerciales à air conditionné, restaurants aux enseignes américaines… Ixtapa, créé en 1975, s’adresse à une clientèle touristique radicalement différente. On peut cependant se féliciter du souci écologique qui a présidé à sa création : recyclage des eaux, préservation du manteau végétal, espacement des immeubles… C’est d’autant plus heureux que les plages sont superbes.

 

Acapulco

Dans l’inconscient populaire, Acapulco sonne comme la quintessence de l’exotisme. Pour ceux qui découvriront la mythique station balnéaire mexicaine, gare aux déceptions. Le site de cette immense baie en demi-lune est certes superbe. Mais la ville ne cesse de grossir, comptant désormais 2 millions d’habitants, dont la plupart vivent du tourisme. La station favorite des habitants de Mexico (la capitale est à 3 h 30 de route) est dévouée au tourisme de masse, mais c’est aussi une authentique ville mexicaine, ainsi qu’une escale de la jet set internationale : nombre de stars y possèdent une villa. Bref, Acapulco mélange et satisfait tous les goûts. A la nuit tombée, Acapulco offre un tout autre visage. L’animation nocturne est particulièrement intense, et l’illumination de la baie est un spectacle fascinant. Les noceurs ne se lasseront pas de la vue depuis certaines boîtes de nuit perchées sur les hauteurs, telles l’Extravaganza ou le Palladium.

Zócalo
Loin de la playa Condesa, la zone balnéaire la plus fréquentée d’Acapulco, le Zócalo évoque à nouveau le Mexique, avec sa petite cathédrale à la façade jaune pimpante, son kiosque à musique et les terrasses de ses petites cantinas, dont les prix sont nettement plus raisonnables que dans le reste de la station. Agréablement fleurie, la place est un lieu de rendez-vous pour les familles du quartier.

Fuerte de San Diego

Ouvert tlj sauf lundi de 9 h 30 à 18 h 30. Entrée payante, libre dimanche.
Acapulco fut dès 1531 le principal port de la Nouvelle-Espagne sur le Pacifique, accueillant les galions chargés d’or et d’épices arrivant des Philippines, du Pérou ou du Chili. Pour parer les abordages des flibustiers, la ville se dota de remparts, dont témoigne le fort de San Diego, édifié en 1617. Reconstruit à la Vauban au XVIIe siècle, aujourd’hui minutieusement restauré, il demeure le vestige historique le plus intéressant d’Acapulco, dont le petit musée narre l’histoire de la cité et des routes commerciales entre l’Asie et le Mexique.

 

Huatulco

Bahías de Huatulco
Encore une station balnéaire désignée par les études informatiques du fonds d’investissement touristique : il y a dix ans à peine, les neufs baies de sable fin de Huatulco étaient totalement vierges. L’authenticité mexicaine n’est pas vraiment au rendez-vous, mais tous les éléments ont été réunis pour que les touristes y passent un agréable séjour. La plupart des hôtels se concentrent sur les pourtours de la bahía de Tangolunda. Huatulco est cependant nettement plus calme que ses grandes sœurs d’Acapulco ou Puerto Vallarta, les hôtels y sont agréables, et si la région n’offre aucune attraction culturelle, la nature y demeure très préservée, sur terre comme sous l’océan.

Puerto Escondido

Pas de discothèques, de galeries commerciales, d’immeubles ou de restaurants à air conditionné : à 120 km au nord de Huatulco, Puerto Escondido (le port caché), n’a pas été conçu par ordinateur… C’est sans conteste un des plus ravissants endroits où passer un séjour balnéaire au Mexique. La plage est magnifique, et si les impressionnants rouleaux interdisent de se baigner au large, on ne se lasse pas d’y admirer les performances de quelques téméraires surfeurs, notamment dans les rouleaux de Zicatela. La baie est délimitée au nord par de petites falaises, derrière lesquelles la petite anse protégée de Puerto Angelito offre les plus délicieuses baignades. Au coucher du soleil, on assiste au retour des pêcheurs. Leurs prises se retrouvent bien vite sur le grill d’un de ces petits restaurants à toits de palme, dont les terrasses donnent directement sur la plage.

 

Les plongeurs de La Quebrada

Derrière le Zócalo, le quartier de La Quebrada est mondialement célèbre pour ses plongeurs. Du haut d’une falaise de plus de 20 mètres, ils s’élancent dans un étroit goulet, dans lequel s’engouffre la houle de l’océan. La performance est aussi dangereuse qu’impressionnante, surtout à la nuit tombée, lorsqu’ils sautent une torche dans chaque main. Le haut du rocher abrite une petite chapelle où les plongeurs se signent devant l’effigie de Nuestra Señora de Guadalupe, avant leur saut de l’ange. Ils ont entre 15 et 20 ans. Au-delà, lorsque la raison l’emporte sur l’inconscience, ils cèdent la place aux plus jeunes…

 

Suivez le guide !

Allez à la petite anse de Puerto Marqués, une plage familiale et populaire, agrémentée d’une succession de petits restaurants aux toits de palme. L’accueil est authentique, les fruits de mer exquis et bon marché.

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