4 - Se déplacer de ville en ville.

Le Bajio : Querétario & Guanajuato

 

Queretaro, place - Mexique © Bruce Herman Entre montagnes et déserts, la vaste plaine du Bajío délimite la pointe méridionale de l’Altiplano mexicain. Son évangélisation mais surtout la découverte de fabuleuses mines d’or et d’argent ont donné naissance à de magnifiques cités coloniales. Théâtres d’événements cruciaux durant la guerre d’Indépendance et la révolution mexicaine, ces villes ont forgé le Mexique d’aujourd’hui. Ici bat le cœur du pays.

 

Querétaro

Capitale dynamique de l’Etat du même nom, Querétaro devint dès 1531 une ville-étape stratégique entre Mexico et les villes minières du Nord. De la guerre d’Indépendance à la mort de Maximilien 1er, en passant par la rédaction de la Constitution mexicaine au sein du Téatro de la República, Querétaro peut s’enorgueillir d’un destin national. Circonscrit à une dizaine de rues piétonnes dallées à l’ancienne, le centre historique a conservé une sage atmosphère embourgeoisée, avec ses vieilles demeures coloniales crépies d’ocre et d’orange, ses délicieuses fontaines baroques, ses placettes arborées et ses églises aux ravissants clochers de tuiles émaillées.

Casa de la Corregidora

Plaza de la Independencia. Ouvert tlj de 7 h à 21 h. Entrée libre.
Cet élégant palais du XVIIIe siècle fut l’ancienne maison de Josefa Ortíz de Dominguez, la Corregidora (épouse du prévôt des marchands), l’une des instigatrices de l’insurrection contre la Nouvelle-Espagne. Grâce à elle, les conjurés purent échapper à leur arrestation et lancer la guerre d’Indépendance, le 16 septembre 1810.

Museo de Arte de Querétaro

Allende Sur 14. Ouvert tlj sauf lundi de 10 h à 18 h. Entrée payante.
Installé dans un ancien couvent augustinien, cet agréable musée expose une collection de peintures européennes et mexicaines (XVIIe au XXe siècle), ainsi que quelques petits chefs-d’œuvre d’art religieux sculptés par des mains anonymes, tel ce précieux Niño Jesús, couvert d’une robe d’or et de fleurs rouges.Convento de Santa CruzAvenida Independencia. Ouvert tlj de 9 h à 14 h et de 16 h 30 à 18 h. Entrée libre, mais les dons sont appréciés.
Cet ensemble de bâtiments religieux fortifiés, dont les murs peints en jaune citron atténuent la rigueur, servit aussi bien de garnison que de couvent depuis le XVIIe siècle. Maximilien y établit son dernier quartier général avant de capituler face aux troupes libérales. Aujourd’hui rendu à l’ordre augustin, sa visite permet d’entrevoir des bribes de vie monacale.

 

Suivez le guide !

Face au couvent Santa Cruz, empruntez la calle Republicano, jusqu’à un belvédère offrant une belle vue sur l’aqueduc de Querétaro, construit en 1735.

 

Guanajuato

Encerclée de collines arides et rocailleuses, la capitale de l’Etat de Guanajuato serait sans doute demeurée un petit village tarasque sans la découverte des plus fabuleux filons d’argent de la Nouvelle-Espagne, dès 1548. D’où son opulente architecture, jaillissant d’un austère massif montagneux. Si la plupart des villes coloniales privilégient certains tons pour plus d’homogénéité, les habitants de Guanajuato n’obéissent qu’à leur humeur : ici les maisons se déclinent en rose bonbon ou jaune canari, bleu turquoise ou vert jade… L’atmosphère est gaie, la vie culturelle et universitaire intense, à l’image du festival international de théâtre des entremeses cervantinos (les intermèdes cervantins), en octobre. Les ruelles, propices à la flânerie, sont parfois étroites jusqu’à pouvoir se toucher, d’un balcon à l’autre, comme dans la bien-nommée cajellón del Beso, la ruelle du Baiser. Chaque soir, une troupe de théâtre ou un orchestre anime le Zócalo, alors que la jeunesse locale disserte et flirte à l’ombre de ses lauriers d’Inde ou en face, sur les marches du monumental teatro Juárez.

Alhóndiga de Granaditas

Calle Positos. Ouvert tlj sauf lundi de 10 h à 14 h et de 16 h à 18 h, dimanche de 10 h à 12 h. Entrée payante.
Un mois après le « cri de Dolores », le 16 septembre 1810, les indépendantistes prenaient d’assaut ce grenier à grain tenu par les Espagnols. Un an plus tard, les têtes coupées des insurgés Allende, Hidalgo, Aldama et Jiménez furent accrochées aux quatre coins du fortin, dix années durant… Un crochet, au-dessus du portail d’entrée, rappelle ce macabre épisode. Le musée qui occupe les lieux évoque l’histoire de Guanajuato.

Autour de l’université
Construit en 1955, l’imposante université de l’Etat de Guanajuato (qui compte plusieurs salles d’expositions temporaires), de style néo-mauresque, n’a nullement défiguré le quartier. Elle jouxte le magnifique templo de la Compañía de Jesús, achevé en 1747, la principale église jésuite de Nouvelle-Espagne. Le plus beau palais colonial de la ville lui fait face : le museo del Pueblo de Guanajuato, ancienne demeure des marquis de San Juan de Rayas, enrichis par l’exploitation argentifère.

Museo de las Momias
Ouvert tlj de 9 h à 18 h. Entrée payante.
Photos et vidéos payantes. Au cimetière municipal, sur les hauteurs de la ville, se tient un étrange musée. Dès la fin du XIXe siècle, voulant remédier au problème de place, les fossoyeurs découvrirent des cadavres momifiés, miraculeusement conservés par la composition minérale et l’extrême sécheresse du sol. De quoi alimenter la fascination toute mexicaine pour la mort : le musée des Momies, où s’alignent sagement plusieurs dizaines de défunts sous vitre est aujourd’hui le site le plus visité de la ville…

 

Le berceau de l’indépendance

Dolores Hidalgo aurait pu demeurer un petit bourg agricole, à mi-chemin entre Guanajuato et San Miguel de Allende. Les convictions du père Miguel Hidalgo y Costilla en décidèrent autrement. Ce prêtre peu orthodoxe, qui ne cachait pas son goût pour la danse, le jeu et la chair, fut rallié à la cause indépendantiste par Ignacio Allende. Il lança, du parvis de son église, le 16 septembre 1810, le fameux « cri de Dolores » avant de marcher sur Guanajuato. Capturé le 30 juillet 1811 à Chihuahua, fusillé quelques mois plus tard, le père Hidalgo demeure aujourd’hui le plus vénéré des héros du Mexique. Depuis 1948, Dolores Hidalgo est officiellement classé « Cuna de la Independencia », berceau de l’Indépendance, avec ses deux petits musées perpétuant le souvenir du rebelle.

 

Aux environs

La Valenciana

Musée de la mine ouvert tlj sauf lundi de 9 h à 18 h. Entrée payante.
Au sommet d’une petite colline dominant Guanajuato, la mine de la Valenciana fut longtemps un des gisements les plus prospères du monde. A lui seul, le filon de la Veta Madre, découvert en 1558, représentait 20 % de la production mondiale ! A quel prix : l’entrée du puits principal s’appelait la boca del infierno (bouche de l’enfer), les mineurs indiens y travaillaient à 640 mètres de profondeur, où les accidents mortels étaient quotidiens. Malgré la chute des cours, un peu d’or, d’argent, de nickel et de plomb continuent d’en être exhumés. En face, la petite église churrigueresque de San Cayetano a été édifiée en pierre rose de Cantera à la fin du XVIIIe siècle par les propriétaires de la mine.
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