4 - Se déplacer de ville en ville


Le Nord-Est : Annaba, les Aurès

Algerie 1977 Les Aures © iJuliAn

Annaba et sa région

A 600 km à l'est d'Alger.
Quatrième ville du pays, Annaba jouit d'une situation géographique privilégiée. Blottie au fond d'une baie protégée par le cap de Garde et le massif de l'Edough, elle profite d'un arrière-pays bien pourvu en ressources agricoles, forestières et minières. Les navigateurs phéniciens y fondèrent au XIe siècle av. J.-C. Hippo Regius, que les Romains rebaptisèrent plus tard Hippone. La cité fut un grand foyer du christianisme en Afrique du Nord, et eut pour évêque saint Augustin. Après un long déclin, elle se déplaça de quelques kilomètres pour occuper son site actuel et se fit appeler tour à tour Balad-al-Unnâb (« le pays des jujubiers »), Annaba, puis Bône par les Français. Aujourd'hui, elle reste pour ses habitants « Annaba la Coquette », la capitale d'une région très accueillante où les centres d'intérêts ne manquent pas.

Ces eaux qui guérissent tous les maux
Les Algériens sont de grands adeptes du thermalisme. Le nord du pays compte en effet de nombreuses sources où l'eau jaillit du sol à des températures parfois bouillantes. Elles auraient, semble-t-il, de nombreuses vertus, dont celles de guérir les rhumatismes et d'apaiser certaines douleurs incurables. Les Romains avaient fait construire de nombreuses stations thermales que l'Algérie indépendante a remises à la mode. Au centre, Hammam-Righa reste une station très fréquentée. A l'est, près de Guelma, les sources ferrugineuses de Hammam-Meskoutine coulent au milieu d'étranges formes calcaires et laissent s'échapper de jolis rideaux de vapeur. Le site attire aussi bien les curistes que les touristes.

Cours de la Révolution
Au centre-ville.
C'est la place centrale d'Annaba. Sur 500 m, elle constitue une agréable promenade à l'ombre des palmiers et des ficus. Elle est bordée de cafés, d'arcades et de façades de style colonial. Elle débouche au sud sur les quais du port, et à l'est sur la vieille ville, où l'on peut admirer la mosquée Sidi Bou Mérouane, édifiée au XIe siècle en intégrant dans la salle de prière des colonnes rapportées des ruines d'Hippone.

Ruines d'Hippone
A 2 km au sud-est de la ville.
Le site archéologique, abandonné depuis de nombreuses années, laisse malheureusement la végétation prendre le dessus sur les ruines. Entre les touffes d'herbes et les buissons sauvages, on parvient cependant à distinguer les vestiges d'un ancien quartier chrétien, une grande basilique où saint Augustin officia jusqu'à sa mort, des villas, des thermes et un forum.

Musée archéologique
Route d'Hippone. Ouvert tlj du dimanche au jeudi, de 8 h à 11 h et de 14 h à 17 h. Entrée libre.
Il abrite plusieurs statues, des stèles, mais surtout une précieuse collection de mosaïques. Certaines représentent des scènes fantastiques où l'on voit s'affronter des divinités chevauchant des monstres marins. La mosaïque de la pêche représente une vue de la cité prise depuis la mer.

Basilique Saint-Augustin
Au-dessus des ruines. Ouverte tlj de 9 h à 11 h 30 et de 14 h 30 à 16 h 30 sauf le samedi. Entrée libre.
Achevé au début du siècle dernier, cet édifice monumental abrite sous son abside le cubitus droit de saint Augustin, encastré dans une sculpture représentant le saint sur son lit de mort. La basilique reçoit chaque année de nombreux pèlerins. Le parvis offre un joli point de vue sur la baie avec, au premier plan, les ruines d'Hippone.

Les environs d'Annaba

En périphérie de la ville, le village forestier de Seraïdi est le lieu de balade incontournable de la région. Pour la baignade, on peut profiter le long de la côte des belles plages du Caroube, de Chetaïbi (ex-Herbillon), qui s'ouvre sur la splendide baie de Takouch, ou encore de Djenane-el-Bey.

Skikda
A 100 km à l'ouest d'Annaba.
Cette ville côtière connaît une intense activité depuis l'Antiquité où elle envoyait huile et céréales aux quatre coins de l'Empire romain. Aujourd'hui, son port s'est spécialisé dans l'exportation d'hydrocarbures. En ville, le théâtre romain et de nombreux édifices de style néomauresque comme la gare ou l'hôtel de ville sont à voir. Au mois de mai, la fin des récoltes de fraises donne lieu à une grande fête gourmande. Dans les environs, on peut profiter des petites plages typiquement méditerranéennes de Stora, ou bien poursuivre plus à l'ouest et s'arrêter à Collo, un charmant petit port qui fête la sardine en été.

El-Kala (La Calle)
A 87 km à l'est d'Annaba.
Dernière ville avant la frontière tunisienne, le petit port de pêche d'El-Kala clôt de belle manière la côte algérienne. Réputée pour son corail, elle a longtemps attiré les pêcheurs européens. Aujourd'hui, de nombreux touristes viennent assister aux foires d'été, rassemblant pêcheurs, artisans et joailliers. Dans l'arrière-pays, le parc national d'El-Kala, classé sur la liste des réserves biosphère par l'Unesco, est occupé par de grandes zones marécageuses accueillant de nombreuses espèces d'oiseaux lors des périodes migratoires.

Guelma
A 65 km au sud-ouest d'Annaba.
Située au cœur d'une vallée fertile, la ville de Guelma conserve les ruines de l'ancienne colonie romaine de Calama. Le théâtre romain, qui a été restauré à plusieurs reprises, compte 4 500 places et possède un mur de scène contre lequel se dressent les statues colossales d'Esculape et de Neptune. Le musée de la ville(ouvert tlj sauf le vendredi matin et le samedi. Entrée libre) renferme plusieurs collections de statues impériales et divines.

Souk-Ahras et ses environs
A 95 km au sud d'Annaba.
La ville de Souk-Ahras (« marché des lions ») s'élève près des ruines de l'ancienne Thagaste, cité qui a vu naître saint Augustin. Un pèlerinage catholique sur les traces de l'enfant le plus célèbre du pays est organisé chaque année au printemps. Depuis Souk-Ahras, les passionnés d'histoire peuvent prolonger le voyage jusqu'à Tébessa, à quelques pas de la frontière tunisienne, qui renferme le temple de Minerve, une basilique, des temples païens ainsi qu'un arc de triomphe.

Les Aurès

Après la côte, les forêts et les plaines fertiles, la région des Aurès, qui englobe le massif du même nom, offre un tout autre visage de l'Est algérien. De ses montagnes austères et ses steppes arides se dégage une impression de solitude. La végétation y est plutôt pauvre et seules quelques vallées recouvertes de palmiers viennent apporter un peu de fraîcheur à un paysage chaotique. De Batna à Biskra, ouverte sur le désert, le voyage promet toutefois une transition intéressante vers le Sahara.
Cette partie de l'Algérie est peuplée de Chaouias (bergers), un peuple berbère, qui, comme les Kabyles, reste fièrement attachés à sa terre. Son histoire est celle d'une longue lutte contre l'envahisseur. Contre les Romains d'abord, qui vécurent longtemps retranchés dans leurs forteresses de Timgad et Lambèse, puis contre les Arabes, qui eurent toutes les peines du monde à vaincre la Kahina. Grand foyer de résistance à la colonisation française, c'est dans les Aurès que fut tiré, le 1er novembre 1954, le premier coup de feu de la guerre de libération.

Batna
A 435 km au sud-est d'Alger.
De construction assez récente, Batna n'est pas d'un grand intérêt touristique. La ville compte cependant quelques hôtels assez corrects et reste le point de départ des excursions vers les sites archéologiques de la région.

Timgad
A 40 km à l'est de Batna.
Planté au cœur d'une plaine désolée et encadré au loin par les monts de l'Aurès, Timgad est l'un des sites les plus réputés d'Algérie. Les historiens n'hésitent pas à le comparer avec Pompéi, tant ses ruines demeurent bien conservées. Vers l'an 100 apr. J.-C., l'empereur Trajan fit construire à cet endroit la colonie de Thamugadi, censée protéger la frontière de l'Empire des tribus barbares. Elle connut un brillant essor et s'enrichit de nombreux monuments. Elle mourut au VIe siècle, saccagée par des montagnards berbères. Conçue comme un camp militaire carré, Timgad offre un parfait exemple de ville en damier. Selon une rigueur toute romaine, les voies perpendiculaires forment plusieurs blocs d'habitations. Bordées de colonnades, les voies du cardo nord et du decumanus desservent la bibliothèque, le magnifique arc de Trajan, le forum, les thermes et le marché de l'est. Plus au sud, le théâtre dispose de trois larges marches où prenaient place les personnalités les plus fortunées de la ville. En haut des gradins, la vue balaie toutes les ruines, avec, en arrière-plan, le Chelia (2 327 m), plus haut sommet du nord de l'Algérie. A l'extérieur de la ville primitive se dressent les vestiges d'un fort byzantin, un marché, des thermes ainsi qu'une cathédrale donatiste, témoin d'une époque où la région fut un des foyers du schisme prêché par l'évêque Donat.

Lambèse
A 10 km à l'est de Batna.
Le deuxième camp romain des Aurès n'a malheureusement pas été aussi bien conservé que son voisin. On peut s'y arrêter pour voir l'arc de Septime Sévère, quelques temples ainsi que le prétoire. Juste à côté, le musée du village de Tazoult renferme quelques le prétoire. belles mosaïques et une importante collection épigraphique.

Le Medracen
A 50 km au nord-est de Batna.
Ce remarquable monument numide rappelle par sa forme de tumulus le Tombeau royal maurétanien près de Tipasa. Erigé au sommet d'une colline vers la fin du IIIe siècle av. J.-C., il est attribué au roi berbère Massinissa ou à son fils Micipsa.

La vallée de l'oued el-Abiod
Entre Batna et Biskra, par l'est.
Les grands canyons de cette vallée profonde donnent à la région des allures de Grand Ouest américain. A partir du balcon du Rhoufi, on peut pleinement profiter d'une vue imprenable sur l'oued qui coule entre de gigantesques falaises ocre. Au fond de la vallée, l'humidité a permis l'épanouissement d'une magnifique forêt de palmiers au milieu desquels se cachent quelques petits hameaux très pittoresques.

Les gorges d'el-Kantara
Entre Batna et Biskra, par l'ouest.
Entre les monts de l'Aurès et de Belezma, les gorges d'el-Kantara, à plus de 500 m d'altitude, constituent l'un des éléments incontournables du tourisme régional. D'après la légende, elles auraient été formées par un coup de pied d'Hercule. Elles débouchent ausud sur une immense palmeraie et un ensemble de plusieurs petits villages. Le Sahara n'est plus bien loin.

Biskra
A 125 km de Batna.
Eternelle gardienne du désert, la capitale de la région des Ziban s'étale à l'orée du Sahara. Biskra constitue l'une des plus belles oasis d'Algérie. Sa palmeraie de 150 000 arbres permet à la ville de prospérer sur le commerce de la deglet nour, une variété de datte tendre et sucrée. Il est préférable de se rendre à Biskra à la fin de l'automne. C'est à cette période que les récoltes prennent fin et que la ville fête ses dattes dans une ambiance très folklorique.

Suivez le guide !
Offrez-vous une petite promenade au parc Landon de Biskra. Ses cyprès ont vu défiler de nombreux écrivains en quête d'inspiration : Oscar Wilde, André Gide…

Hammam-Salihine
A 8 km à l'ouest de Biskra.
Réputée pour ses eaux chaudes sulfurées bienfaitrices, l'antique station thermale Ad Piscinam accueille aujourd'hui encore de nombreux patients qui viennent faire soigner des problèmes de varices.

Sidi-Oqba
A 15 km au sud-est de Biskra.
Cette petite localité possède l'une des plus vieilles mosquées d'Algérie (Xe siècle). Soutenu par des colonnes en troncs de palmiers, l'édifice abrite le tombeau de Sidi Oqba, grand conquérant arabe qui fonda Kairouan au VIIe siècle.

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