4 - Se déplacer de ville en ville


Les environs d’Alger

Complexe touristique de la Corne d'Or (Tipiza) © dalbera

Les plages à l'est d'Alger

Sur le rivage oriental de la baie d'Alger, puis de l'autre côté du cap Matifou, se succèdent sur une soixantaine de kilomètres un certain nombre de plages où les Algérois viennent trouver un peu de fraîcheur en été. En longeant la côte vers l'est, la route passe par Bordj el-Kiffan (ex-Fort-de-l'Eau), puis Alger-Plage et Lapérouse-Tamentfoust, dont le petit de port de plaisance est dominé par un bordj turc du XVIe siècle et classé monument historique. De l'autre côté du cap Matifou, de grandes plages de sable fin s'étalent sur des kilomètres : Aïn Taya, Surcouf, puis Zemmouri et Le Figuier dans la wilaya de Boumerdes.

La côte à l'ouest d'Alger

De Raïs-Hamidou, qui marque l'extrémité de la baie d'Alger, à Aïn-Beniane, la côte est échancrée de petites criques rocheuses dominées depuis la corniche par de vieilles maisons coloniales. Un peu plus à l'ouest, la balade mène vers El-Djamila (ex-Madrague), qui a hélas perdu son charme de petit village côtier depuis que sa plage a été transformée en port de plaisance. L'endroit propose toutefois quelques belles terrasses face à la mer. A quelques kilomètres de là, Staouéli reste réputée pour ses restaurants de choua (brochettes, grillades).

Sidi-Fredj (ex-Sidi-Ferruch)

A 25 km au sud-ouest d'Alger.
A quelques kilomètres de Staouéli se trouve la station balnéaire de Sidi-Fredj, en forme de presqu'île tout au bout d'une baie. Autour de la marina, un important complexe touristique comprend restaurants, boutiques, hôtels, base de loisirs, théâtre en plein air, etc. L'endroit est très animé les soirs d'été. C'est à Sidi-Fredj que la flotte française fit débarquer en juillet 1830 plus de 30 000 soldats, marquant le début de la colonisation.

Tipasa

A 70 km à l'ouest d'Alger, sur le littoral.
Située dans un décor typiquement méditerranéen, Tipasa fait partie des plus beaux joyaux de la côte algérienne. Elle fut d'abord un petit comptoir phénicien avant de devenir au IIe siècle une colonie romaine riche et prospère. La présence de nombreuses traces antiques est signalée dès l'entrée de la ville par un ancien caveau punique, curieusement incliné et émergeant hors de l'eau dans le bassin du port. A 200 m de là s'étendent entre mer et pinède les ruines de Tipasa. Un site d'une beauté incomparable où l'ocre des pierres s'accorde parfaitement avec le vert et le bleu de la nature environnante.

Suivez le guide !
Sur la route de Tipasa, le petit port de pêche de Bou-Haroun constitue une agréable halte. On y sert de l'excellent poisson apporté le matin même par les chalutiers.

Parc archéologique
Rue des Thermes. Ouvert du dimanche au vendredi, de 9 h à 12 h et de 14 h 30 à 18 h 30. Entrée payante.
Site classé au patrimoine mondial de l'Unesco, le parc archéologique de Tipasa recèle des vestiges phéniciens, romains, paléochrétiens et byzantins. Depuis les restes d'un grand amphithéâtre et de deux temples, le decumanus maximus conduit au Nymphée, une superbe fontaine où l'eau cascadait autrefois entre marches et colonnes de marbre. Au bout de cette large allée se dresse le théâtre, dont il ne reste que quelques marches, les voûtes extérieures et la scène. En direction de la mer, on accède à la Grande Basilique chrétienne, édifiée au IVe siècle, à une époque où Tipasa était un bastion du christianisme en Afrique du Nord. Elle est entourée d'une grande nécropole renfermant plusieurs sarcophages en pierre, des tombeaux, une crypte et les restes d'une chapelle. A droite de la basilique, un sentier permet de descendre vers l'allée du cardo, où certaines dalles manquantes permettent d'observer un ancien système d'égouts se jetant directement à la mer.
Plus à l'est, la partie la plus ancienne de la colonie abrite de nombreuses villas, des thermes, une basilique judiciaire, un forum, ainsi que la basilique de Sainte-Salsa, construite en hommage à une fervente chrétienne jetée à la mer par les païens. La légende raconte que son corps fut rapporté à Tipasa par les vagues. La visite s'achève par un détour au musée de Tipasa (rue du Musée, ouvert de 9 h à 12 h et de 14 h à 17 h 30. Fermé le vendredi matin et le samedi. Entrée payante) qui renferme un nombre considérable d'éléments retrouvés sur le site : stèles, statues, amphores, céramiques, bijoux et mosaïques.

Tombeau royal maurétanien
A 12 km à l'est de Tipasa. S'adresser au gardien.
Cet édifice fut longtemps surnommé à tort « Tombeau de la Chrétienne ». Contrairement à la croyance populaire, ce mausolée n'était pas celui de Cléopâtre Séléné, fille d'Antoine et Cléopâtre, et épouse du roi Juba II. Il s'agit en fait d'un tombeau de rois numides, édifié entre le IIIe et le Ier siècle av. J.-C. Monument circulaire de 63 m de diamètre, il est surmonté d'un cône à gradins de 40 m de haut. Soixante colonnes ioniques décorent la paroi extérieure. A l'intérieur, un long couloir circulaire débouche au centre du tombeau sur deux chambres funéraires totalement vides.

Le Chenoua
A la sortie de Tipasa.
A l'ouest de Tipasa, un énorme massif verdoyant se détache de la côte pour descendre progressivement vers la mer. Le mont du Chenoua (905 m) est un site remarquable sur le chemin menant à Cherchell. La vue depuis la falaise est remarquable mais celle du col offre un point de vue tout aussi somptueux sur la mer, les collines du Sahel à l'est et les monts de l'Atlas au sud. Au-delà du Chenoua, la route en corniche surplombe une mer turquoise. Il est possible de s'y baigner car il existe en contrebas de la route d'agréables petites criques.

Cherchell

A 100 km à l'ouest d'Alger, sur la côte.
Cherchell est en quelque sorte la sœur jumelle de Tipasa. Cette petite ville côtière connut à peu près le même sort que sa voisine. Escale fondée vers le IVe siècle av. J.-C. par les Carthaginois qui l'avaient surnommée Iol, elle devint une rayonnante cité maritime, capitale de la Maurétanie. En l'honneur de l'empereur Auguste, son protecteur, Juba II, la fit appeler Cæsarea. Après une visite fortement recommandée au musée de la ville, on se rend depuis la place des Martyrs sur le port, qui a conservé ses allures antiques, puis vers les ruines du forum, de la basilique judiciaire, du théâtre romain ainsi que des thermes de l'ouest à la sortie de la ville.

Musée de Cherchell et parc des Mosaïques
Place des Martyrs. Ouvert tlj sauf le vendredi matin et le samedi, de 10 h à 12 h et de 14 h 30 à 17 h.
Il renferme une collection impressionnante de sculptures grecques, rapportées par Juba II lors de ses conquêtes, de statues romaines ainsi que de très belles mosaïques trouvées sur le site archéologique de la ville. On peut y voir notamment une sculpture d'Apollon ainsi qu'une Vénus sans tête. De l'autre côté de la place des Martyrs, dont la fontaine est décorée de sculptures originales, le parc des Mosaïques expose une quantité de fresques illustrant la vie quotidienne à Cherchell à l'époque romaine.

Blida

Celle que l'on appelle encore Ourida (la « Petite Rose »), est idéalement située entre la plaine agricole de la Mitidja au nord et les monts de l'Atlas blidéen au sud. Elle fut fondée au XVIe siècle par des immigrants andalous qui avaient apporté avec eux l'art de l'irrigation et de la culture des arbres fruitiers, qui parfument aujourd'hui encore les jardins de la ville. Les mosquées Ibn Saadoun et El-Hanafi sont les uniques rescapées du terrible séisme qui ravagea le centre historique en 1825. Même s'il ne reste donc plus grand-chose à voir à Blida, d'intéressantes balades nature peuvent être effectuées dans les environs.

Chréa
A 18 km au sud de Blida, dans le massif de Blida.
Au sud de Blida, une route sinueuse s'élève à travers une forêt de cèdres et atteint, à plus de 1 100 m d'altitude, la petite station de sports d'hiver de Chréa. Le terrorisme qui a sévèrement touché la région dans les années 1990 a malheureusement porté un coup fatal à ses activités. Il y a bien longtemps que le téléphérique et les télésièges ne fonctionnent plus. En été, les bois se prêtent idéalement aux pique-niques et aux excursions.

Le ruisseau des Singes
A 16 km au sud-ouest de Blida.
Au cœur de l'Atlas blidéen, les gorges de la Chiffa ouvrent un passage étroit vers le sud du pays. Au pied de l'un des ravins, surnommé le ruisseau des Singes, des petits primates ont élu domicile aux abords de la route. Très joueurs, ces petits singes magots viennent souvent grimper sur le toit des voitures.

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